lundi 8 décembre 2008

Ca y est, je l’ai fait.
Le 9 mai, je donnais naissance à mon premier bébé. La plus belle chose qui me soit arrivée au monde. Ca sonne un peu creux ? Déjà vu ? Banal ? Tant pis, c’est vrai.
Du jour où j’ai appris la nouvelle de ma grossesse (après beaucoup d’essais !) jusqu’au moment où l’on m’a posé ma fille sur le ventre, j’ai vécu la grossesse comme un voyage, une véritable aventure.
J’étais heureuse, fière, mégalomane !
« Eh oui, pensais-je en croisant les passants dans la rue, vous ne le voyez pas, mais je suis en train de fabriquer un bébé, moi ! Mon corps fait un truc magique, et vous me devez respect et admiration ! »
Les hauts, les bas.
Les « vous avez une chance sur deux que le fœtus tienne » à un mois de grossesse. La peur de perdre ce petit être d’un centimètre, après tout le mal que j’ai eu à le faire venir !
Et puis, ce battement minuscule et pourtant déjà imposant à l’échographie. Il est toujours vivant !
Ma fille, heureusement que tu t’es accrochée, tu es tellement belle !
Les nausées, l’extrême fatigue, l’angoisse du premier trimestre.
La première échographie : je vais enfin m’investir, me projeter dans l’avenir. Mon bébé tient.
La sage-femme aigrie : « Vous êtes énorme, vous ne retrouverez jamais votre ligne d’avant, ce sera dur de vous regarder dans la glace » (15 kilos en tout, pourtant, et reperdus en quatre mois !)
Des commentaires, à l’annonce de ma grossesse : « c’est bon, moi aussi je peux faire un enfant, on ne va pas parler ovaires toute la soirée ». « Et vous allez régulariser ça quand ? »
La collègue : « vu comme tu as l’air épanouie, ça ne peut être qu’un garçon ! » (sic)
Mais surtout, tous ces amis qui se sont confirmés, voire révélés !
Tous ces commentaires, ces encouragements, ces regards… font partie de ma grossesse !
Et les mouvements, grandissants, qui deviennent au fil des semaines des vagues sur mon ventre. Peut-être que je ne les revivrai plus. Profiter de la chance d’être une femme !
Me voilà, pour un temps devenue animale. Mon corps, mon ventre, mes seins, moi. 9 mois pour me recentrer.
Brocolis, épinard, lentilles, asperges. A midi, au goûter au dîner. Les fraises, très peu pour moi.
Je ne la connais pas encore, mais je crois que je l'aime, ma fille !
Le ventre qui devient énorme. La fatigue. Les leggins. Le jus de tomate à l’apéro.
Sur mon ventre, enfin. Douleur et bonheur. Les angoisses de la grossesse disparues. Plus de questions, de tourments. Maintenant, on vit, on est deux. Mes seins qui saignent. Je m’accroche.
Le regard de ma fille sur moi. Et le papa.
Est-ce que je l'aime déjà? En tous cas, je suis heureuse. Heureuse qu'elle soit là. Si elle mourrait, qu'est ce que ça me ferait? Je ne sais pas encore trop. Je suis tellement fatiguée. Puis les jours passent. Et la perspective d'une éventuelle disparition devient de plus en plus inenvisageable. Je l'aime.
J’ai pris une confiance en moi que je n’aurai pas imaginée. Je ne m’inquiète plus, je gère le quotidien, je n’éprouve pas de culpabilité. Je sens que je serai la meilleure des mères ! Louve. Animale, toujours.
Je viens de reprendre le travail. Je croyais que je n’y arriverai pas. Comment quitter mon bébé, avec qui j’ai fait corps pendant ces 9 mois, puis pendant tout le temps de mon congé maternité ? Comment accepter qu’une autre femme s’occupe d’elle ? Pourquoi tout ça ? Quelle logique à faire un enfant si c’est pour l’abandonner 10 heures par jour ?
Et finalement, j’y arrive. Comme toutes les femmes qui travaillent. Assumer.
Je viens de faire un bébé, chose à la fois banale et magique. Si vous saviez comme je suis fière !

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