vendredi 19 décembre 2008

Le casse-tête du jour: la jeune maman et le monde du travail




Ca y est! Mes cartons, mes meubles et ma petite famille se sont déplacés d'un point A à un point B! Voilà une nouvelle bonne raison d'ouvrir le Champagne ce soir!
Bon... Parlons des choses sérieuses. Depuis un bout de temps déjà je me pose ces questions, mais petit à petit je suis confrontée à des situations assez ubuesques.
Je voulais parler de la jeune maman, en entretien d'embauche ou qui travaille. Et ça, les filles, ce n'est pas quelque chose qu'on nous apprend à l'école!
On nous apprend l'égalité hommes-femmes, que tout le monde peut faire les mêmes études et avoir le même type de travail. Et puis pour une fille comme moi, qui a lu presque tout Simone de Beauvoir, et qui trouve que les chiennes de garde n'ont pas l'air si dangereuses que ça, eh bien là je suis face à un gros dilemme. Je reviendrai vous dire dans 10 ans ce que j'en pense.
Pour l'instant, je constate que pour arriver à quelquechose dans le monde du travail, il faut, à base, une sacrée dose de bluff et de comédie. Mais pour les jeunes mamans, j'ai envie de dire que faire l'Actor's Studio, à côté, c'est le Club Med.
Donc, les filles: si vous réussissez un entretien d'embauche, en ayant un bébé de quelques mois qui vous attend bien sagement (ou presque) à la maison, vous êtes à peu près prêtes à passer le casting pour un film de Tarantino.
Jouer l'impassibilité: "Mais bien sûr que j'ai trouvé un mode de garde... et fiable en plus! Aucun souci, on peut commencer dans deux semaines!". Ou la femme stoïque: "Non, je ne voudrai pas d'un deuxième enfant... Mon unique bébé me comble, et je ne vous ferai pas ce sale coup!". On peut aussi en rajouter une couche: "Non, monsieur, des raisons médicales font que je ne prendrai plus jamais de congé maternité de ma vie. snif."
Même quand on est en poste, il faut se débrouiller. "Ah oui, évidemment que je prendrai part à ce déplacement en province!" (au fond, on se demande déjà: Le papa de ma fille a déjà pris 3 jours la semaine dernière pour sa bronchiolite... et-ce-que je vais pouvoir lui demander de rentrer à 17h tous les soirs pendant trois jours?". )
Pour réussir tout ça... il faut une très bonne nounou, et un compagnon hors-pair. Je crois ne pas avoir trop de malchance de mon côté... Mais tant de questions restent encore sans réponse!
Je sais que mon cas est loin d'être exceptionnel... Mais comment font tous les autres? Est-ce qu'être une femme, c'est devoir faire plus de concessions qu'un homme? Est-ce que c'est parcequ'on le veut bien, au fond? Est-ce de l'auto-censure?
Je veux tout... m'occuper de mon bébé, en profiter, et avoir un métier épanouissant. La dernière fois que ma fille était malade, j'étais restée à la maison 2 jours, en télé-travail, mon ordinateur connecté, sur mon lit, et ma fille sur mes genoux, qui pleurait pile quand j'avais un client au téléphone. Au retour au boulot, les charmantes réflexions des collègues: "Bien reposée?".
En me relisant, j'ai l'impression de lire un énième article de magazine féminin! C'est presque cliché, mais pourtant, je suis en plein dedans!
Non, là, je crois que je vais avoir besoin d'un retour d'expérience.
Et puis je n'oublierai pas de rajouter sur ma liste au Père-Noël: "Je veux tout!"

4 commentaires:

  1. Coucou! Contente de voir que vous vous êtes bien installés. Ca aura été rapide! J'espère que tu prends bien tes marques!
    Je ne pourrais pas t'apporter de contribution utile sur le problème que tu soulèves pour la raison assez évidente que je n'ai pas d'enfants. Ceci dit, j'ai l'intuition que, toutes féministes que nous soyons (et moi la première), il reste quand même des choses que seules les femmes sont prêtes à faire pour leurs enfants. Ca doit être ce côté animal dont tu parlais dans ton 1er texte. Cette relation charnelle à ton bébé qui fait que, quoiqu'il arrive, c'est à toi qu'incombe la responsabilité de t'en occuper. Là, je sens le poil des féministes se hérisser mais attention! Je dis tout ça sans vision réductrice de la femme. Je pense également que les hommes ont leur part de responsabilité dans cet état de fait et, heureusement, de plus en plus d'hommes assument leur paternité de façon plus "concrète" (rentrer plus tôt, prendre des jours quand bébé est malade, etc). Mais il est vrai que tant que les femmes porteront leurs enfants (ce qui, je crois, n'est pas près de changer), elles représenteront un "risque" pour les recruteurs frileux... Triste? Oui, en un sens, car jamais un homme ne se verra questionné sur ses désirs de paternité ou son horloge biologique (vous imaginez la question: "Et vous, côté spermatozoïdes, vous en êtes où???" ou encore: "Comptez-vous mettre votre femme enceinte dans un futur proche, et par conséquent, multiplier les absences liées à votre progéniture?").
    Moi, je serais partante pour un entretien-défouloir genre: "Oui, j'ai vu que la convention collective de votre entreprise offrait des congés maternités très intéressants, dont je compte bénéficier dès la fin de ma période d'essai. Et comme je veux former une équipe de rugby (15 pour les ignares), vous en avez pour un paquet d'années à me payer mes droits!"
    Non? Vous pensez pas?
    Allez, des bises,
    Céline

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  2. Quel dilemme en effet. Peut on s'épanouir professionnellement tout en étant une maman épanouie ? Et une femme heureuse?

    Je crois que tout est une question de choix qu'on assume ou non, et aussi de moyens malheureusement.
    Déjà rien que la mise en route est une question de choix : je fais un gosse ou pas?
    Il est rare d'arriver au terme d'une grossesse sans avoir choisi d'en arriver là.
    Evidemment on est à mille lieues de se rendre compte de tous les chamboulements émotionnels et financiers que ce minuscule petit être qui grandit en nous va avoir sur notre vie de couple, vie professionnelle, vie amicale, vie familiale.
    Alors souvent on se rend compte d'un tas de choses un peu trop tard, si seulement on m'avait dit, c'était mieux avant ?
    Peut être pour certaines.
    Pour ma part je ne regrette rien. Aucun de mes choix. Je les assume, je vis avec, je m'en accommode.

    Oui bien sûr on peut faire une carrière de ministre ! Avec une nounou à domicile ! Qui s'occupe de tout de A à Z à ta place, why not? Certaines ont fait ce choix. C'est le leur pas le mien.

    Dire qu'on peut faire une carrière fabuleuse et être une maman présente pour ses enfants , c'est un leurre.
    Pour moi tout est une question de compromis afin de trouver le juste équilibre.
    Est-ce que les femmes s'autocensurent? Sans doute plus que les hommes oui. Des nouveaux papas, il n'y en a pas tant que ça.

    Comme tu dis nous sommes face à nos propres contradictions. On veut l'amour, les gosses, la famille, le travail et l'argent ! c'est trop? Peut être, peut être pas.

    Je ne cesse de me répéter qu'on a 40 ans à cotiser pour notre hypothétique retraite, et sur les 40 je n'en ai fait que 8… j'ai encore 32 ans pour faire carrière ! Ma vie jusqu'à aujourd'hui.
    Alors oui je suis prête à mettre ma "carrière" entre parenthèses pour un petit moment car oui je veux voir mes enfants le soir, je veux diner avec eux, je veux leur lire l'histoire, chanter la berceuse, les entendre rigoler avant de leur dire bonne nuit et le dernier câlin.
    Je ne raterais ces moments pour rien au monde et j'ai de la chance car leur papa partage ce point de vue.

    Et le chef? Et les recruteurs? La façon dont je gère ma vie en dehors des horaires de travail ne les regarde pas. C'est le résultat qui compte après tout.
    Ce sont de bonnes paroles c'est vrai mais les mentalités changent petit à petit… naïve ? Oui un peu, au moins je reste enthousiaste !


    Bonne fêtes en famille ! Et 2009 t'apportera THE job de tes rêves de jeune maman !

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  3. Une Chambre à Moi23 décembre 2008 à 08:01

    Merci Evy!
    oui... je crois très fort en 2009... je suis sûre que je vais trouver les bons compromis! quant à la question d'assumer ou pas... j'ai la chance de ne pas trop culpabiliser, et de rester pragmatique une fois que les choix sont faits. J'ai tendance à penser que les enfants s'adaptent...donc si leur mère trouve son compte, ils devraient à peu près apprécier! (on verra bien :-)

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  4. Tu mets le point sur l'I existentiel de ma petite vie. Tu veux que je te dise quel est le monde du travail pour nous les femmes? Un éternel Noël où nous serions toujours les dindes. ( euh, c'est de saison...!)

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