mercredi 10 décembre 2008

L'équilibriste

Aujourd'hui, pour la première fois depuis l'ouverture de mon blog, je vous fais lire le texte qu'une lectrice m'envoie. Merci beaucoup Céline pour ta contribution!

Comme une petite fille et son jeu de cubes, j’ai construit ma vie dans un souci architectural simple : tenir debout dans ma tour, sans que celle-ci ne s’écroule. Il fallait donc assurer les fondations…

J’ai commencé par prendre le cube « famille », volumineux, rassurant, solide et je l’ai posé à la base. Ca fera un bon pilier central. Puis j’ai dû barrer le mot « famille » et j’ai écrit « Maman » et sur un deuxième, j’ai écrit « Papa ». Figurez-vous que les cubes ne savent pas divorcer. Je les ai quand même posés côte à côte, une petite fille a bien le droit de rêver !

Les cubes « amis », j’en avais plein. Alors je les ai tous posés autour des deux premiers, pour solidifier ma pyramide. Il faut que cela reste souple, car il y a toujours de nouveaux cubes qui arrivent et d’autres qui s’en vont, ma structure n’est pas figée.

Puis j’ai saisi le cube « métier», que j’ai aligné, bien rectilignement, sur le gros cube « études ». Celui-là, j’ai bien mis 6 ans à le construire, alors il est assez imposant. Le cube « métier » est plus petit, forcément, je suis une petite fille de 28 ans.

Ensuite, je suis partie chercher le cube « amour ». Celui-là n’a pas été facile à dénicher ! Le premier que j’ai cru trouver était en fait un triangle (un peu obtus, limite droit, et en tous cas incompatible avec mes cubes). Le deuxième, était rond comme une balle rebondissante. Aussi insaisissable d’ailleurs. Je n’arrivais pas à le faire rentrer dans ma pyramide. Ma quadrature du cercle à moi quoi. Celui-là m’a échappé des mains et aux dernières nouvelles il a rebondi encore de tour en tour.

Au moment où je désespérais de trouver mon cube, je suis tombé dessus ! Par hasard. Dans le sable battu par l’océan, mon œil a été attiré par une étincelle. Je m’approche de l’objet à moitié enfoui dans le sable et commence à creuser. Et là, je découvre un magnifique cube en or ! Il est énorme et je ne peux arrêter de le regarder. Celui-là, c’est sûr, je le garde pour moi. Je l’ai rapporté à la maison et je l’ai posé dans ma pyramide. J’ai ré-agencé un peu mes cubes, pour le mettre bien au centre. Et puis avec le temps, je lui ai rajouté des petits trucs (j’aime le choyer celui-là). Alors je l’ai entouré de cubes « voyages », de cubes « week ends en amoureux », puis je n’ai pas résisté et ai mis dessus un superbe cube « mariage ».

Ma tour est quasiment construite. Il ne manque plus qu’un, deux, trois, quatre ( ?) cubes « bébé », mais ceux-là, je les cherche encore. Et comme ils seront tout en haut de ma tour, tout contre moi, leur absence ne bouscule pas mes fondations. Mais vous imaginez un sapin de Noël sans étoile au sommet ? Il manque quelque chose, non ?

Mais voilà, je croyais que ma tour tenait la route. J’avais bien tout fait comme il fallait, j’avais été une bonne petite fille. Alors comment, pourquoi, je ne sais pas, mais ma tour tangue, penche et oscille. A côté, Pise a l’air droite…

Que s’est-il passé ? Et bien le cube « maman » a commencé à aller mal. Il est rongé de l’intérieur. On essaye de le guérir et les docteurs ès cubes prennent soin de lui. Mais ça me fait du souci, car c’est un de mes cubes préférés. S’il venait à s’en aller, je crois que ma tour s’effondrerait…

Et puis le cube «métier », auquel je ne pensais plus, a commencé à me sortir par les yeux. Il prend toute la place, et je le connais par cœur. J’ai fait le tour de mon cube, j’en connais chaque facette et sa simple vue m’énerve. Alors, j’ai décidé de le jeter. Je vais le rapporter en boutique et en choisir un autre. Mais on m’a dit qu’il allait de pair avec mon cube « études » alors il faut que je change celui-là aussi et que j’en retrouve un autre…

Et puis mes cubes « bébé », que je pensais trouver facilement, tardent à se montrer. Alors je cherche du côté de cubes aux noms barbares et peu avenants « PMA » ou « FIV », qui pourront peut-être m’aider.

Aujourd’hui, je vis sur une tour dont deux des fondations tremblent et à qui il manque ses finitions. L’équilibre est précaire, l’architecture imparfaite. Certaines briques me manquent toujours. Je regarde ma tour vaciller, et parfois j’ai l’impression que je vais glisser. Mais jouer à l’équilibriste ne me fait pas peur car mon cube en or massif, lui, me rattrapera toujours si je tombe.

signé: Céline.

1 commentaire:

  1. Les cubes "fondation" sont toujours plus costauds que les autres, car justement, ce sont les fondations ! Si bien que même si l'un d'eux semble entamé, ce n'est pas grave car il n'est pas le seul à être "porteur" : les cubes "amis" sont tout autour. Que l'architecte ne se tourmente donc pas, ses calculs présidés par le nombre d'or sont fiables, sa tour inaltérable. Qu'il regarde du plus de haut de l'édifice inachevé : la vue y est déjà splendide ! A l'intérieur, la chaleur est douce grâce au cube en or massif qui va bientôt donner plein de petits cubes en vermeil, pour peu qu'on lui en donne le temps !

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