jeudi 8 octobre 2009

Le cinéma italien fait du bien.


Connaissez-vous le film "Nos meilleures années"? C'est un film italien, datant de 2003 (La Meglio Gioventu), de Marco Tulio Giordana.
Il faut absolument le voir, louer ou acheter le DVD. Croyez-moi, vraiment.

Ce film, récompensé plusieurs fois, dure 6 heures. C'était à l'origine une série télévisée prévue pour la RAI. Je me souviens l'avoir vu en une fois, toute une soirée. Avec une petite pause au bout de trois heures, au changement de DVD, mais vraiment, raccourcie au minimum, tellement nous étions devenus accros.
L'histoire commence dans les années 60:

lundi 14 septembre 2009

Jules Matrat


Je réfléchis souvent aux livres que j'ai lus, qui m'ont marquée, que j'aimerais mettre dans mon "top ten".
Le classement est difficile, puisqu'un roman peut être détesté à un âge et vénéré à un autre.
Je mettrais, je crois, en n°1, LE roman parfait, dans la forme et dans le fond, selon moi, Madame Bovary.
Et puis ensuite, viennent plein de coups de coeur, contemporains ou classiques.

J'aimerais vous parler d'un de ceux-là: Jules Matrat, de Charles Exbrayat. (éditions du Masque)

mercredi 26 août 2009

L'insoutenable légèreté...


Bonjour les amis!

Depuis quelques jours, je suis dans la lecture de l'"Insoutenable légèreté de l'être", de Milan Kundera. Vous connaissez sûrement tous ce titre, mais je recommande chaudement à ceux qui ne l'ont pas encore lu de s'y plonger!

J'ai toujours pensé que certains livres aident à vivre, peuvent nous soutenir dans certains moments difficiles, nous aiguiller dans des périodes de doute.
En voici un qui aborde beaucoup des questions existentielles qui nous traversent:

lundi 25 mai 2009

Pourquoi fait-on des enfants?

(en photo: Famille au Vert-Galant, Willy Ronis)

Il y a quelque temps, Philosophie Magazine avait réalisé ce sondage, qui a été fortement médiatisé. "Pourquoi fait-on des enfants?" (ou veut-on on faire, c'est la même chose)
C'est une question que l'on se pose depuis peu de temps, puisqu'avant l'arrivée de la pilule et des moyens de procréation assistée, on ne choisissait pas d'enfanter, on "subissait" ce phénomène, point. Aujourd'hui nous avons le "Choix", et comme toujours avec ce mot, la liberté qu'il entraîne s'accompagne de pression, d'angoisse. Nous prenons maintenant la décision d'enfanter, à nous alors d'en assumer les conséquences, de justifier cette volonté, la façon dont on la réalise, le nombre d'enfants, les années d'écart entre chacun, le nombre de mois qui s'écoulent avant que notre projet se réalise. A nous aussi d'expliquer pourquoi n'en faire qu'un seul, voire ne pas en avoir du tout. A nous de justifier que, même si aujourd'hui, on fait un enfant quand on l'a décidé, parfois on décide mais l'enfant ne vient pas. A nous de gérer la pression de la société, et les difficultés à venir, que nous avons, finalement, "voulues", en procréant.
Mais savez-vous répondre à cette question de base, pourquoi fait-on des enfants?

Les réponses au sondage sont intéressantes:
Pour 60% des sondés, « un enfant rend la vie de tous les jours plus belle, plus joyeuse »
47% des sondés considèrent que faire un enfant « permet de faire perdurer sa famille, de transmettre ses valeurs, son histoire »
33% des personnes interrogées insistent sur l'amour : « un enfant donne de l'affection, de l'amour et permet d'être moins seul quand on vieillit »
Pour résumer, donc, on pourrait dire que nous faisons des enfants pour nous-mêmes; pour nous aider à vivre, pour transmettre, pour être entouré. Pour donner du sens à notre vie, en somme.
J'entends déjà certains commenter: "quel égoïsme!". Mais j'ai souvent été sidérée par cet argument. Est-ce que dire qu'on fait des enfants pour leur bonheur à eux, c'est réaliste? Moi, cet "égoïsme"-là, il ne me choque pas. Ces enfants, on ne les connait pas encore. Comment les aimer à l'avance? En aucun cas on ne leur fait un quelconque don!

Je crois qu'il existe tout un tas de bonnes, et de mauvaises raisons de faire des enfants, comme de ne pas vouloir en faire.
Certains font des enfants parce que ça se fait (le poids de la tradition, de la société), ou parce qu'il est temps (l'horloge biologique), ou pour matérialiser une histoire d'amour, en créant un mélange de deux personnes. D'autres le font pour se "guérir", même si procréer dans ce seul but est un peu gênant (la grossesse, la maternité, sont des formes de thérapie, qu'on le veuille ou non), ou pour se donner un statut, une contenance, un rôle social.
Et puis il y a l'inconscient. J'avais lu que le phénomène des très jeunes mères adolescentes, en Angleterre, par exemple, était notamment lié à la précarité de la société. Pour certaines jeunes filles, la grossesse est un moyen de se réaliser, d'exister, d'avoir un statut, de trouver une place dans la société, qu'elle ne trouvent pas par le travail.
Quand je réfléchis à ça, je ne vois pas pourquoi j'aurais eu des raisons plus nobles que les autres de procréer. je crois que toutes ces raisons, en proportions diverses, sont un peu les miennes.
Puisque maintenant nous avons ce choix, décider d'enfanter parait être quelque chose d'intellectualisé. Mais peut-être que nous minimisons la force de l'instinct de survie, et de reproduction, de l'espèce humaine? C'est peut-être ça, qui nous pousse le plus, finalement. Nous, petits individus humains, n'avons peut-être pas autant de pouvoir que nous le croyons.

Plus que les raisons, moi, ce qui m'intéresse, ce sont les conséquences.
On dit souvent qu'un bébé change la vie. Matériellement, bien sûr, mais surtout psychologiquement. La grossesse est un voyage intérieur intense (ils sont utiles, ces neuf longs mois!), qui métamorphose une femme, qui la prépare à devenir mère, d'une façon ou d'une autre. C'est un moment où certains conflits se créent, d'autres se règlent. Tout se met en mouvement, pour prendre une nouvelle place. L'arrivée du bébé a été, dans mon cas, une simple continuité de ce bouleversement.
Une amie qui a un bébé de 1 an et demi, m'a raconté qu'au début de sa relation de couple, elle était dans une phase terrible d'insomnie et de dépression, à cause notamment de problèmes dans son enfance qui ressurgissaient. Le travail, la vie de couple, plus rien n'allait à ce moment-là. Elle est tombée enceinte par accident, sans l'avoir envisagé. Ce bébé lui a donné l'occasion de "sortir d'elle-même", de voir les choses autrement, de lâcher prise et d'avancer. Avoir un enfant permet aussi de progresser, parce qu'on y est obligé. En France, j'avais lu que les médecins, dans certains cas de mères très jeunes et déséquilibrées, les poussaient même à mener leur grossesse à terme, car ce bébé allait les révéler, les responsabiliser, les "soigner", en quelque sorte. Toutes ces jeunes mères n'étaient pas identiques, certaines au contraire, immatures ou irresponsables, n'auraient pu gérer l'arrivée d'une petite personne humaine. Mais quelques unes ont bien évolué, grâce notamment à cet évènement. Bien sûr, ce sont des choses qui nous arrivent sans que l'on y ait pensé à l'avance (et heureusement!), mais je constate autour de moi, que bien souvent, la grossesse donne des clés pour régler pas mal de choses en soi.

Et vous, savez-vous répondre à cette question, Pourquoi? Et votre choix, a-t-il eu des conséquences inenvisagées? Cela vous a -t-il transformé? Avez-vous découvert une autre façon de voir la vie, et les gens autour de vous?

lundi 27 avril 2009

Les fiches cuisine de Tante Mildred: aujourd'hui, le poulet au gingembre.


(en photo: Bernard, un poulet chinois très sympa)


"J'aime qu'on m'enduise d'huile", disait Jean Dujardin dans le premier opus d'OSS 117. Mes chéris, je crois que cet homme ne serait pas malheureux de me rencontrer, tant mes talents de masseuse oléagineuse sont reconnus dans le petit monde de la popotte.
Mais ne nous égarons-pas. Si je suis là aujourd'hui, c'est pour vous enseigner comment conjuguer galanterie et four à micro-ondes, séduction et papier sulfurisé, amour et lèche-frite. Mon John-David aime la viande fraîche, comme tous les hommes (et on les comprend). Friand de ma daube provençale, il aime aussi passer des soirées en compagnie d'un poulet au gingembre, dépecé de mes petites mains agiles.
Aujourd'hui, ma recette sera marquée du sceau périlleux (héhéhé, rapport au Péril Jaune, trop drôle, Tante Mildred): C'est sous le signe des arts-martiaux, du "Qi", souffle de vie, et de la nem que commencera ce billet.
Je vais donc vous transmettre cette recette ancestrale, connue dans tout l'Orient, et dont les secrets sont repris jusque dans le Tao Te King, co-écrit par Lao Tseu et Jacky Chan, il y a fort longtemps, là-bas, au pays de la nouille sautée et du jean Levi's à 1 Euro. (A ne pas confondre avec le Japon, pays méprisable s'il en est, si brillamment décrit par Pierre Desproges dans "Les étrangers sont nuls", lorsqu'il dit: "Les japonais sont horribles. Quant aux japonaises (...): Si la Japonaise est la négation la plus absolue de la femme, elle est aussi la négation la plus absolue de la beauté grecque." Mais on s'égare). Revenons à pied par la Chine:

Ingrédients, pour 4 personnes:
6 blancs de poulet
1 bol de bouillon de volaille
1 bel oignon, comme dans chacune de mes recettes, coquins.
1 belle racine de gingembre
De la sauce Soja
Vinaigre, huile, poivre.
Des petites herbes (comme du persil)
(à accompagner avec du riz, tout simple)

Le coeur du sujet:
Procurez-vous les plus beaux blancs de poulet possibles, fermes et tendres à la fois. Mon John-David, comte du Sussex, me les rapporte spécialement de chasse à courre, mais vous pouvez aussi vous fournir chez vos voisins, s'ils ont un jardin. Arrivez discrètement par l'arrière, surpenez-les (les poulets, pas vos voisins), et d'un coup sec dans la nuque, envoyez-les au paradis des volatiles. Si vous êtes croyant, vous pouvez vous signer pour vous rassurer, mais je crois que les chinois le déconseillent. Dépecez-les délicatement, et coupez-les en morceaux. Faites de même avec l'oignon, qui vous fait de l'oeil depuis quelque temps dans sa petite assiette. Moi, souvent, j'ai pour habitude de fermer les yeux et de visualiser Joël Robuchon, se dandinant, en rythme, sur "La belle vie" de Sacha Distel... ça me donne du coeur à l'ouvrage.
Coupez de touts petits morceaux de gingembre, vous vous en occuperez ensuite.
Prenez une poêle enduite d'huile (ah!...), et balancez dedans, dans l'ordre: l'oignon, le poulet,,puis le bouillon. Laissez mijoter le temps qu'il faut, versez de la sauce soja. Puis jetez dans la poêle les petits morceaux de gingembre, pendant 5 minutes. Versez un peu de vinaigre, juste avant d'éteindre le feu.
Servez ce poulet accompagné de riz.

L'ambiance idéale:
Comme dans tout restaurant asiatique, que serait votre plat sans une ambiance et une déco réussies? Une vulgaire écuelle de choses trempant dans un truc liquide, à l'odeur, bien qu'agréable, indéfinissable.
Customisez donc votre chignon en y enfonçant quelques baguettes. Dévêtissez-vous au maximum, et demandez à vos invités de faire de même; la cuisine du riz à la vapeur transformera votre intérieur en véritable hammam, veillez à ne pas faire courir à vos amis de dangers inutiles.
Pierre Desproges, encore, notait pertinemment que, "jusqu'à la fin du siècle dernier, les Chinois portaient des robes avec de grandes manches qui traînaient dans la soupe. Mais aujourd'hui, ils mangent avec des braguettes. En résumé, on peut dire que c'est le pantalon qui distingue l'Homme de la bête". Soyez bien inspirés, donc, de ne rien faire traîner dans la sauce.
Mettez une petite musique d'ambiance romantique pour prouver votre sino-culture, et c'est parti! Vous allez en mettre plein la vue à vos visiteurs, pour un peu ils se croiront dans le 13ème arrondissement, John-David sera tout émoustillé devant tant d'exotisme. Vous pouvez-faire une exception à la règle qui veut que les japonais soient exécrables, et leur reconnaître une qualité en empruntant à leur tradition un peu d'alcool de riz: Le saké égaye les fins de soirées, et l'apparition de ces petits hommes nus au fond des tasses est toujours un moment privilégié et distingué à partager avec ses convives.

Bon appétit, et à bientôt pour d'autres conseils de votre vieille anglaise toute dévouée!

mercredi 22 avril 2009

Le point bouquinage du jour: David Lodge


Salut lecteurs! Il ne faudrait pas que j'oublie d'enrichir ma super rubrique "critique littéraire"! Bon, je n'ai de critique que le défaut, loin de moi l'idée de me proclamer Critique avec un grand C.
Mais j'adore lire, et même si en ce moment mon rythme est un peu irrégulier, voire complètement anarchique, j'aimerais vous parler d'un auteur que j'adore, et que j'ai découvert il y a quelques années grâce à une ancienne amie:
David Lodge! Cet auteur anglais écrit à a perfection, et est surtout servi par de super traduteurs français, aux éditons Rivages (lisez sa bio ici)

Bref, si vous aimez l'esprit, l'humour anglais, la critique du quotidien, du monde universitaire et des petits milieux élitistes, des principes religieux, de la morale bourgeoise, et si le choc des cultures, ça vous branche, il faut absolument vous vautrer dans ses livres, qui sont un régal.
L'auteur a un sens de la formule de génie, qui me fait vraiment rire, tout en critiquant assez finement la société (anglaise, mais aussi américaine)

Je n'ai pas encore tout lu, mais j'ai commencé par lire "Hors de l'abri", sorte de mémoires de l'auteur, de souvenirs d'enfance, ses premières amours, avant la guerre, entre l'Allemagne et l'Angleterre. Il raconte son passage à l'âge adulte à travers ce voyage initiatique. Emouvant et passionnant. Son style ironique et critique se développera dans ses oeuvres suivantes.

J'ai adoré lire "Changement de décor", racontant un échange de poste, sur un semestre universitaire, entre deux professeurs de littérature: l'un anglais, engoncé dans sa petite vie monotone, et l'autre, Californien, bon vivant allant de fêtes arrosées en soirées peu recommandables. Changeront-ils aussi de vies? Là encore, le monde universitaire en prend pour son grade, et les clichés de l'Amérique flamboyante des années 70 mis à mal.

J'ai été vraiment passionnée par "La Chute du British Museum", récit acerbe et hilarant sur la vie d'un étudiant catholique à Londres, qui passe son temps à bosser sur sa thèse, et à s'évertuer à ne pas mettre en route un 4 ème enfant avec sa femme, tout en s'efforçant de respecter les principes stricts du Vatican pendant les années 60.
Sur la forme, chaque chapitre est écrit à la manière d'un grand écrivain (comme kafka et sa "Métamorphose" par exemple), c'est jouissif, et moi qui suis loin d'etre férue de littérature anglaise, j'ai trouvé ces pastiches littéraires accessibles. L'étudiant travaille notamment sur Oscar Wilde, et sa célèbre citation "La vie imite l'art" a enfin pris sens pour moi à la lecture de ce livre: Ce n'est pas l'art qui imite la vie, au contraire: Chaque évènement, chaque chose apparemment extraordinaire qui se passe dans nos vies, figure déjà, sans qu'on le sache, dans un livre, classé quelque part dans le monde, dans une bibliothèque. Nous nous croyons uniques, mais chacune de nos histoires d'amour, des combinaisons qui les composent, de nos déceptions ou de nos pensées, a déjà existé, a déjà été racontée par quelqu'un d'autre, il y a dix ans ou plusieurs millénaires, et existera à nouveau après nous. Ca fout le vertige, non?
Le récit de cette passion pour la littérature nourrie par le personnage principal, alliée aux problèmes bien plus matériels et angoissants que sont la contraception pour un jeune couple catholique pratiquant, donnent lieu à des situations très drôles et piquantes. Ruez-vous sur ce livre.

Enfin, j'ai commencé " Jeux de société", je vous le raconterai peut-être une prochaine fois, mais avec ma manie de lire 4 ou 5 bouquins à la fois, ce n'est pas dit que je n'en finisse pas un autre avant. je sais aussi que je dois, un jour, lire "Thérapie", un incontournable d'ironie et d'humour, et puis aussi le dernier né de David Lodge, "la vie en sourdine"(traduction du jeu de mot, titre original, "Deaf sentence"), moins drôle, plus amer, sur la vieillesse et la perte de l'audition de l'auteur.

Connaissez-vous cet auteur? Qu'en pensez-vous? Peut-être que j'aurai donné envie à l'un de vous de s'y mettre?
à bientot mes poulpes.

mardi 10 février 2009

"Et pourtant, c'est léger l'amour!"



A lire avé l'accent, s'il vous plaît:
Marius, en revenant à terre après de longs mois en mer,lorsqu'il apprend que leur enfant, que Fanny a mis au monde, a été reconnu par Panisse, son nouveau mari, dit à celle-ci: " Quand on est le père de quelqu'un, c’est pour toujours !"
César, son père, lui répondra : « Quand il est né, il pesait quatre kilos... Mais aujourd'hui, il pèse neuf kilos, et tu sais ce que c'est, ces cinq kilos de plus, c'est neuf kilos d’amour. Et pourtant, c’est léger l'amour ! ... et toi, qu'est-ce que tu as donné? »
« La vie! » « Oui, la vie. Les chiens aussi donnent la vie... Les taureaux aussi. Cet enfant, tu ne le voulais pas. Ce que tu voulais, c'était ton plaisir.. La vie, ne dis pas que tu la lui as donnée. Il te l'a prise : ce n'est pas pareil. »
« Comment! Toi aussi! Mais nom de dieu, qui c'est le père? Celui qui a donné la vie ou celui qui a payé les biberons? »
« Le père c'est celui qui aime. », conclut César.
Je trouve ce passage magnifique (Fanny, de Marcel Pagnol) Je voulais juste le partager avec vous!

lundi 2 février 2009

Yogi Style!



Coucou mes lecteurs! alors, vous avez passé un bon week-end?
Moi, j'ai fait un truc vraiment sympa: ma copine MC Hoover m'a traînée dans un stage de yoga dimanche. Bon, c'était à 14h30, alors j'ai un peu limité le gratin dauphinois et le vin rouge en famille. Une fois arrivés dans la salle, nos petits corps occidentaux, coincés et endoloris, ont été accueillis par une prof très sympa (et danoise, mais là n'est pas la question). Lumières éteintes, bougies partout, et vue sur la mer (oui, le cours était au bord de la plage)... pendant deux heures j'ai tout oublié! On a beau être un certain nombre dans la salle, tous allongés sur nos petits matelas, on a très vite l'impression d'être seul au monde. Pas de compétition, pas de comparaison avec les autres, pas de course à la performance, au plus beau maquillage pétasse-brushing-décollement de racines ou à la plus belle tenue en lycra fluo des années 80, comme dans la plupart des cours de gym que je déteste au plus haut point. (Non, mais faut arrêter l'académique rose et le string jaune par dessus, j'en profite pour hurler mon dégout de ces trucs là)
J'ai adoré retrouver les sensations que j'avais à l'entraînement de danse: de l'étirement intensif, couplé à une respiration accentuée, et un enchaînement de postures toutes plus physiques les unes que les autres. L'exigence et la douceur, où l'on ne pense plus à rien, sauf à chaque partie de son corps qui est en train de travailler. Puis le cours, de deux heures, s'est terminé par une séance de relaxation, je n'avais qu'une envie c'était de m'endormir sur le parquet. Moi qui ne savais plus trop quoi faire depuis la naissance de mon bébé, j'ai eu la révélation! On est complètement épuisé et heureux après un cours de yoga! Bien plus qu'après un massage, car on n'est pas passif, on n'est pas obligé d'entendre: "Mooooooooon dieu que vous avez la peau sèche! Il faut absolument que vous achetiez ce soin de grande marque, c'est primordial de bien s'hydrater pendant deux heures tous les jours madame! Moooooooon dieu que vous êtes tendue! Il faut venir vous faire masser plus souvent sinon vous ne verrez jamais l'efficacité du soin! c'est complètement irresponsable pour votre capital bien-être!" - (Bon, tu veux pas me masser en silence, C.......!)
Donc, aujourd'hui lundi, petit billet spécial pour MC Hoover! Merci de m'avoir sortie de mon lit dimanche! J'ai mal partout mais je t'en suis très reconnaissante! Mes lecteurs il faut absolument que vous tentiez ça, ça déstresse!
(L'Equipe a commis un titre ce week-end: je ne peux que vous en faire part: La banane à Split)

mercredi 28 janvier 2009

Malavita


Mes lecteurs, il faut absolument que je vous fasse part de mon coup de coeur littéraire du mois de janvier.
(oui, Josiane est en grève, elle accompagne son époux à Bastille aujourd'hui, j'y peux rien. Mais la rubrique est toujours active, et elle reviendra très vite. Posez-moi encore vos questions! vous trouverez la rubrique en haut à droite de ce blog).
Ce n'est pas Ritournelle de la faim, que j'ai trouvé très bien écrit, mais qui ne m'a pas particulièrement émue (JMG Le Clezio).
Le roman qui m'a captivée, c'est Malavita, de Tonino Benacquista, chez Gallimard.
Une famille d'américains débarque à Cholong-sur-Avre, au fin fond de la Normandie. Ces ritals d'origine se planquent dans ce coin reculé. Motif: le père est un repenti. Il bénéficie d'une protection solide, en échange de son changement de vie. New-York n'est plus qu'un lointain souvenir, et la petite famille doit donc s'adapter, encore une fois, à un tout nouveau cadre de vie, en masquant bien leur réelle identité.
L'auteur ne se prive pas de se moquer des éternels clichés sur les différences américains-français. Mais il est aussi un parfait observateur des comportements, des travers et des finesses psychologiques des hommes. Il s'en inspire, lucide et ironique, pour imaginer des personnages drôles, ambivalents, réalistes car décrits dans leur vie quotidienne. Exemple: le mari, cadre dynamique, qui n'a jamais trompé sa femme, "sauf extra-territorialement, ce qui ne compte pas". Le petit américain, au bout du monde, qui tombe amoureux d'une Playmate de mai 1972 rien qu'en apercevant un vieux magazine de l'époque. Les enfants du collège de Cholong-sur-Avre, qui publient dans la Gazette de l'école une grille de mots croisés s'avérant être truffée de réponses complètement pornographiques. Un homme du village, les deux bras dans le plâtre, qui redécouvre le plaisir physique avec son épouse, lorsqu'il doit supplier celle-ci, à cause d'une maladie de peau, de lui gratter le périnée. Ou bien les "seniors" d'une prison américaine, qui consacrent la durée de leur peine à étudier, passer des diplômes, devenir spécialistes en médecine chinoise ou en droit pénal, simplement dans l'espoir de voir réduite leur peine de 150 à 140 ans... pour bonne conduite. Et les bonnes âmes, toujours prêtes à donner et à participer aux associations caritatives, mais pour des raisons pas toujours pures. Et bien d'autres personnages encore...
L'imaginaire de l'auteur est hilarant, parfois cynique, souvent décalé et très ironique. Les sujets soulevés ici sont ceux qui m'intéressent particulièrement: La culpabilité, la morale, l'apparente bonne conduite, le pardon, les remords, la nostalgie, la repentance, la chance et l'injustice. Le repenti, notre personnage principal, a commis des atrocités, mais on s'attache à lui, car en changeant de pays il est censé avoir quitté son passé.
Ce bouquin me fait penser à "Crimes et délits" de Woody Allen, ou au plus récent "Match Point". Ces films, surtout le premier, dont l'humour me paraît littéralement génial, montrent à merveille la torture psychologique, les remords terribles dont une personne, plus qu'une autre, peut être victime, par sa propre faute.

Voici un petit extrait de Malavita, que je trouve absolument jubilatoire:
"Plus on lui en demandait, plus Maggie fournissait, et lorsqu'elle faiblissait, que l'idée même de charité commençait à s'émousser, le cruel rappel des ses années passées venait l'aiguillonner, et le remords la faisait avancer comme une pique dans les reins du condamné. Mais peu lui importait l'origine de son altruisme, seul comptait le résultat, pas plus qu'elle ne cherchait à connaître les raisons profondes qui poussaient les autres bénévoles à se mobiliser pour des inconnus. Au tout début de son exercice, elle avait été curieuse des motivations de chacun et avait repéré divers archétypes. Elle avait rencontré des angoissés qui se consacraient aux autres afin de se débarasser d'eux-mêmes. Il y avait aussi des malheureux qui donnaient faute de n'avoir jamais reçu et, à l'inverse, des nantis mal assumés ou des oisifs fatigués de leur inertie. Il y avait les croyants qui, auréolés de leur sens du sacrifice, allaient au devant des malheureux, en se regardant de trois-quarts dans le miroir de la béatification; ceux-là avaient la gueule de l'emploi, le sourire bienveillant mais compassé, les bras ouverts comme des vallées de larmes, les yeux tristes d'avoir vu tant de misère. On trouvait aussi le progressiste à l'écoute d'autrui, par souci de bonne conscience; le simple fait de tendre la main vers les déshérités lui procurait un incomparable bien-être intellectuel. D'autres espéraient racheter, d'un coup, tous leurs torts. D'autres encore se contredisaient eux-mêmes et cessaient de justifier leur cynisme par la décadence généralisée. Sans oublier ceux qui, sans s'en rendre compte, passaient enfin à l'âge adulte.
Aujourd'hui, Maggie se foutait bien de savoir lequel ressentait une véritable empathie pour le malheur de l'autre, lequel voyait monter en lui un réel sentiment d'indignation face à l'injustice, lequel sentait vibrer dans son coeur le diapason de la solidarité, lequel saignait aux blessures du monde. Le geste primait l'intention, et la fraternité faisait feu de tout bois. A Cholong, l'apostolat devenait à la mode, de toutes nouvelles vocations s'étaient manifestées. On allait bientôt manquer de nécessiteux.
"

Alors, ça vous donne envie?

Voir: Malavita, Tonino Benacquista, éditions Gallimard.

vendredi 9 janvier 2009

La parole aux lecteurs!

Bonjour tout le monde, aujourd'hui, un texte de Céline:

J’attends un enfant. Ou plus exactement, j’attends qu’un enfant se décide à venir grandir en moi. On n’est pas préparé à l’absence d’enfant et à tous ces sentiments qui vous assaillent quand les mois passent sans que les petites bandelettes du test de grossesse n’affichent le + tant espéré. L’incertitude : puis-je en avoir ? Les doutes : pourquoi cela prend-il autant de temps ? L’inquiétude : mon corps peut-il abriter un petit nous ? L’angoisse : et si aucun traitement ne fonctionnait ?
Mais pire que l’attente, c’est l’incompréhension des autres. Entre ceux, bien pensants, pas vraiment concernés, qui soit n’ont pas d’enfant, soit on en eu un en claquant des doigts et ceux dont l’indélicatesse n’a d’égale que la curiosité mal placée, cela donne le florilège suivant :
« Arrête d’y penser, ça viendra tout seul ! », « De toutes façons, tu es trop stressée, ça marchera quand vous serez en vacances » « Tu y penses trop, mets-toi la tête dans le boulot et tu seras enceinte en un rien de temps ! » « C’est dans la tête ! » « Tu veux l’adresse de mon gynéco, nan parce que mon gynéco, il est vachement bien ! » « Allo ! Salut ça va ? T’es enceinte ? » « La sœur de la collègue de ma cousine a eu la même chose que toi » « Machine, c’est quand elle a adopté un petit Chinois qu’elle s’est retrouvée enceinte » « Pour ma belle-sœur, ça a mis 10 ans, sans qu’on comprenne pourquoi » « Tu ovules bien ? » « Tu devrais voir un psy » « Et ta glaire, t’as regardé si elle était bonne ta glaire ? Il faut qu’elle soit comme un blanc d’œuf. » « Ca vient forcément de ton mari, il bosse trop » « Tu veux du vin ou je te sers un jus de fruit ? Ah, du vin ? T’es pas enceinte alors ? » « Tu me donnes les résultats du spermogramme de ton mari ? » « Ah c’est marrant que vous y arriviez pas, moi, ma copine elle est tombé enceinte alors qu’elle prenait la pilule » « En mars, vous aurez la lune en Jupiter, ce qui est très propice à la naissance de jumeaux » « C’est bizarre parce que, dans la famille, y a pas de problème de fertilité » « T’as vu un magnétiseur ? » « Vous devriez attendre 3 ans avant de vous inquiéter » « Vous plaisantez ma p’tite dame, au bout d’un an d’essais infructueux, on passe aux examens ! » « Et si on vous refaisait une hystéroscopie ? » « C’est un manque de progestérone » « C’est psychologique » « Mais vous faites l’amour au moins ? » « Est-ce que les testicules de monsieur sont bien froids ? » « Mais vous êtes encore jeune ! » « On vous a fait un dosage des oestradiols à J2 ? » « Profitez-en ! Quand vous aurez des enfants, plus de grasses mat’ ! » « Mais qu’est-ce que vous attendez pour vous y mettre ? » « Les enfants, ça vient bien assez tôt ! » « De toutes façons, vu comme tu es partie à fond dans cette histoire de bébé, j’étais sûre que tu aurais des problèmes » « Ah oui tiens, vous avez l’utérus contractile ! Ca fait mal ? » « Bon, on va faire une batterie de tests. Je vous revois dans 2 mois mais d’ici là, je suis sûre que vous aurez une bonne nouvelle à m’annoncer ! » « Vous savez comment ça marche, un test de grossesse ? (au bout du 15ème acheté dans la même pharmacie….) » « Tout ça, c’est dans la tête ! »

Oui, c’est dans ma tête, tous les jours. Je ne sais pas si enlever le bébé de ma tête le fera venir dans mon ventre. Si on peut arrêter de désirer avoir un enfant. Si on peut accepter de ne jamais en avoir. Tout ce que je sais, c’est que j’attends un enfant.