dimanche 11 janvier 2009

J'avoue, je ne suis pas très fan...



Le Slam. Est-ce qu'on peut un peu critiquer cet art, et surtout, et ce qu'on peut émettre quelques réserves sur le slammeur en lui-même? Allez, j'ose.
Donc voilà, depuis que j'entends du slam, je me demande quoi en penser. D'accord, ce sont des mecs sympas qui s'expriment, et puis ils parlent de leur enfance, de leur quartier, de leurs madeleines de Proust. C'est donc sensé être émouvant. Grand Corps Malade, par exemple - que je suis loin de détester, attention - il a des poèmes-chansons que je trouve plutôt intéressants (j'ai même acheté son premier album!) Mais en même-temps, je ne peux pas m'empêcher d'écouter les textes (puisque c'est bien ce qui est important dans le slam), et c'est là que ça bloque.
Les slammeurs parlent sans-cesse d'écriture, de poésie, de goût des mots. Ok, je pense qu'il ne faut surtout pas faire d'élitisme, que la langue française évolue et que tout le monde doit pouvoir s'exprimer, avec les moyens qu'il a (regardez, moi-même je m'exprime!) Mais quand-même, j'ai l'impression qu'on crie au chef-d'oeuvre alors que les textes ressemblent souvent à des rédactions de 3ème. Vous savez, quand on fait rimer "vraiment" avec "nan", et "Philosophe grec" avec "mec". Bon, en même temps, vous me direz, les chansons de variét', Pascal Obispo, et tous ses potes, là, ils ne nous donnent pas forcément de la meilleure qualité. Et puis le rap, ça n'a pas vraiment d'intérêt au niveau "grandeur littéraire", et pourtant j'aime ça.
Eh bien en fait, elle est là, la différence: Certains slammeurs (les médiatiques, je veux dire, ceux qu'on voit partout à la télé) se la pètent vraiment trop, en fait, et s'érigent en donneurs de leçons, c'est tout simplement ridicule. J'exclus Grand Corps Malade du lot. En fait, celui que j'ai vraiment du mal à supporter, c'est Abd Al Malik. Parcequ'il a le pianiste de Brel, et qu'il participe à plein de festivals de jazz, il s'aime bien. Et surtout, il manque terriblement d'humour et de recul sur lui-même! Qu'est ce qu'il est premier degré! Moi, quand j'entends un type comme lui dire: "Mes frères, il ne faut pas faire le mal, car c'est pas bien", ou "Avant, j'étais un vrai délinquant, maintenant je prêche la bonne parole car elle m'a sauvé", je craque. Le pire, c'était hier, chez Ardisson: "Non, le froid, ça ne me dérange pas, je suis Alsacien, je suis habitué. Ce qui est dur, c'est pour ces pauvres SDF". Là, je me dis qu'Abd Al Malik, c'est la Miss France du Slam.
Enfoncer des portes ouvertes avec le front décidé, faire des bons sentiments à longueur de plateaux télé, le doigt levé, et expliquer aux gens pourquoi ils ne sont pas sur la bonne voie, c'est sa mission de slammeur. Un donneur de leçons, un sage qui croit connaître la Vérité... et qui nous pond une chanson intitulée "C'est du lourd", et bien moi je me sens toute gênée après ça.
Voilà mes lecteurs, c'était mon cri du coeur du jour!
Donnez-moi vos avis, envoyez moi vos textes, sur tous les sujets qui vous tiennent à coeur!

3 commentaires:

  1. Que je suis d'accord avec toi! A force de crier au génie dès qu'un brailleur de variét' ou autre dénonce un poncif (la guerre c'est pas bien, ça fait mal), on en perd la possibilité de critiquer (sainement, sans méchanceté) ceux qui se prennent pour les dalaï lamas de la chanson.
    Je ne parle même pas de ce réflexe supra agaçant des plateaux de télé, où le public se croit obligé d'applaudir dès qu'un invité sort une platitude bien-pensante du style "Nan mais moi j'pense que la faim, ça devrait être interdit" ou "J'trouve qu'il y a trop de pauvreté et que c'est révoltant". Exaspérant!
    Au nom du politiquement correct, on en perd toute vraie liberté critique et toute audace artistique, et ça, pour le coup, c'est bien dommage.
    Moi je trouve Marine que tu ne devrais pas t'excuser de critiquer les slameurs. Ca en offensera peut-être certains, mais après tout, c'est ton blog! :)
    Bon dimanche!

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  2. merci ma Céline d'être là... tu es le pilier du blog. Surtout, ne nous quitte pas, mon blog et moi!

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  3. zut alors mon comm est pas passé ! Je disais donc que je n'aime pas le slam ni le rap, alors je fais l'autruche et je zappe à la tv ou la radio. j'ai néanmoins regardé un reportage sur envoyé spécial sur le slam au Québec, et c'était pas du rap, et c'était des beaux textes récités par hommes et femmes ,jeunes et vieux ! C'était très chouette !

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