mercredi 18 mars 2009

De l'utilité des frères et soeurs


Ca sert à quoi des frères et soeurs? Je crois que c'est une question qu'on se pose souvent; quand on est l'aîné, ou quand on est parent d'un seul enfant. Pourquoi ne suis-je pas resté enfant unique? Faut-il faire un deuxième? Aura-t-on assez d'amour pour un autre bébé, qu'on ne connait pas encore, alors qu'on est fou du premier? Comment faire pour être juste? Pourquoi se poser cette question alors qu'on sait qu'on ne le sera jamais, justes?

Avoir des frères et soeurs, c'est plein d'ennuis: D'abord, le partage. Le partage de l'héritage, le partage du temps que nous donnent les parents, le partage des jouets, du gateau, de l'attention. Le partage de l'égo.
C'est un budget: Souhaiter les anniversaires des uns et des autres, claquer du forfait pour prendre des nouvelles, et puis Noël, les billets de train à réserver...
Et puis c'est des soucis: Il faut subir les comparaisons, de la part de nos propres parents, ou des autres; "oh, elle ressemble à sa soeur!", "oh, mon dernier, c'est le plus calme", "oh, les votres, qu'est ce qu'ils réussissent bien!", et les jalousies: "pourquoi moi, qui suis l'aînée, ai-je la même autorisation de minuit, que ma soeur qui a deux ans de moins, si on fait un calcul proportionnel elle devrait rentrer à 23h11 et moi à minuit, merde!". Et puis les injustices, les portes qui claquent, se faire engueuler à la place du frère qui, lâchement, se cache dans les jupes de notre mère en lui faisant un grand sourire... ce sont de vrais traumatismes!
C'est des drames, des disputes, des bagarres, des insultes, des conflits.

Mais avoir des frères et soeurs, c'est aussi deux ou trois trucs pas mal: C'est ne pas avoir toute la pression parentale sur les épaules, c'est pouvoir la partager. Ce sont des jeux et des univers tellement prenants, que les amis, à côté, longtemps, font pâle figure. C'est l'idée qu'on peut ne pas s'appeler pendant un mois et que la complicité est là, quoiqu'il arrive. C'est petit à petit avoir chacun sa vie, son jardin secret et ses relations, tout en n'oubliant jamais notre lien. C'est le réconfort; le partage, cette fois, des soucis, des douleurs, des peines familiales. C'est aussi le partage du bonheur.
Et surtout, avoir des frères et soeurs, c'est avoir la chance, plus tard, de pouvoir partager ses souvenirs. Avoir quelqu'un qui sache d'où l'on vient, qui ait vécu les mêmes évènements que nous, et qui puisse en témoigner, de près ou de loin, toute la vie. C'est ne pas rester totalement seul avec notre mémoire, une fois que notre vie est derrière nous.
Donner des frères et soeurs à quelqu'un, c'est en même temps imposer à l'enfant une personne qu'il n'a jamais souhaitée, mais c'est aussi lui faire un très beau cadeau. Selon moi, c'est un moyen de prolonger sa vie, de la démultiplier, et de lui donner encore plus de sens.

7 commentaires:

  1. Quel bel ode à la fraternitude! ;)
    Je partage ton sentiment étant moi-même l'aînée de 3 enfants et d'autant plus que nos parents sont divorcés. Que c'est rassurant de partager notre peine quand les parents se déchirent, de se soutenir les uns les autres quand le conflit vire à la guerre ouverte, et mieux encore, de savoir que le lien perdurera si, par malheur, la maladie emportait l'un des parents.
    Car mes 2 frères, c'est ça: c'est mon sang, ma chair, les 2 ventricules de mon coeur. Sans eux, je ne serais pas moi-même. Notre passé, notre histoire nous a façonné et aujourd'hui encore, nous gardons ce lien charnel, ce besoin de nous serrer dans les bras, de nous voir souvent... C'est un peu l'image de la corde tressée, plus résistante que la simple ficelle.
    Mes frères, c'est tout ça. Et pour ces raisons, je voudrais moi aussi un tripotée de bambins, pour que eux aussi connaissent ce bonheur. Alors, oui, je sais que ça n'est pas automatique, la bonne entente entre frères et soeurs, mais je leur dirai tout simplement ce que ma mère disait toujours quand on l'accusait de préférer l'un des 3: "Je vous aime tous les 3 pareil, et vous, vous devez vous aimer entre vous, car c'est ça d'être frères et soeurs. Vous ne vous partagez pas mon coeur, vous l'avez chacun tout entier."
    Snif!

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  2. Quelle belle ode ou (quel bel ode?) à la fraternitude toi-même!
    Elle déchire ta métaphore de la tresse :-)

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  3. Tu as raison, c'est une ode. Honte sur moi sur 15 générations!

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  4. ah marine, je reconnais là les frustrations de l'ainée...ouais d'abord pourquoi il a eu son eastpack pour ses 12 ans alors que moi je l'ai eu pour mes 15??? et pourquoi elle peut aller en boite a 16 ans alors que j'ai du attendre d'avoir mes 18??? POURQUOI??

    C'est pas moi qui vais te contredire sur la fraternitude venant d'une famille dite nombreuse et mère d'une famille dite nombreuse ;-))

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  5. Dis donc, j'en ai les larmes aux yeux...

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  6. ben ficelle... remets-toi! en tous cas c'est mignon :-)

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  7. Etre enfant unique, je ne voulais surtout pas imposer ça à ma fille, on était partis pour adopter quand on avait du mal à lancer le 2ème !
    Pour les fêtes familiales, les vacances, les jeux entre cousins par la suite, se soutenir si l'un de nous est malade, la complicité, pour moi c'est vital de ne pas être seul.
    Mais bien sûr je respecte les choix de chacun !

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