lundi 30 mars 2009

Les fiches-cuisine de Tante Mildred: aujourd'hui, la Daube Provençale


Aujourd'hui, vous allez découvrir une nouvelle rubrique... de recettes! (Il ne manque plus que les conseils mode dans ce blog, et vous allez bientôt pouvoir jeter votre Elle!) Mildred, la tante d'outre-manche, fantasque, farfelue et qui, derrière ses airs de ne pas y toucher, ses bas de contention et son tablier vichy, rêve d'entrer dans une soirée gay à la Loco et fantasme, seule, la nuit, sur Franck Michaël, son idéal masculin, vous guidera dans la réalisation de plats inratables et sublimes. Notre perfide albionne, aujourd'hui, va vous présenter une recette familiale, chère au coeur de l'équipe d'Une Chambre à Moi, transmise de mère en fille depuis une génération: La daube de boeuf provençale!

Bonjour mes chats, c'est votre tante Mildred, le marmi-thon des coeurs et la déesse du cupcake à la myrtille, qui vous écrit. Laissez-moi vous livrer mes petits secrets gastonomiques, mes trucs en plus (soit-dit-en passant, si j'ai gardé mon John-David, comte du Sussex, depuis tant d'années, c'est que j'ai su ajouter du beurre dans les épinards, si vous voyez ce que je veux dire, les jouvencelles)

Pour 4 personnes (ou pour 15 moines Tibétains, ou pour un seul homme, menaçant, qui aurait frappé à votre porte après être sorti de prison, en vous ordonnant: "Fais-moi une daube, salope!" grrrrrr -frisson de tante Mildred-).

Préparation: 20 min. Cuisson: Trèèèèèès long, comptez une demi-journée!

Ingrédients:
Au moins 1 kg de viande à braiser (gîte, paleron, joue... de boeuf)
quelques tranches de bacon
de l'ail
un oignon
au moins 4 carottes
une boîte de tomates pelées ou de pulpe de tomate
une bouteille de vin rouge, un Côte de Provence si possible, pas trop cher, hein!
huile d'olive, sel, poivre, bouquet d'herbes de provence.
Pour l'accompagnement:
servir la daube avec des bonnes pâtes (Barilla, ou les meilleures: De Cecco), ou bien de la polenta. Prévoir une petite poêlée de champignons, et du parmesan.

Les préliminaires:
Donc: c'est très simple: Munissez-vous de votre plus beau tablier. Enduisez-vous tout le corps d'huile d'olive, et mettez-en aussi un peu dans la marmite. La daube est un plat qui se respecte, j'exige de vous que vous soyez le plus beau/ belle pour la préparer (épilation nickel, un soupçon de blush pour la bonne mine). Vous pouvez rester nu sous le tablier, tout dépend de sa longueur (au tablier).

Le feu de l'action:
Prenez une planche, saisissez de vos belles mains hydratées au beurre de karité un gros couteau de cuisine:
Les carottes, sensuelles, vous attendent, alanguies sur le plan de travail. Pelez-les délicatement, et, d'un coup sec, coupez les en morceaux grossiers.
Faites de même avec l'oignon. L'ail. Et, enfin, attaquez-vous à la star de la journée: votre viande. Coupez-la, elle aussi, avec amour mais fermeté (c'est qui qui commande ici? C'est vous), en grossiers morceaux. Vous pouvez lui faire un petit clin d'oeil pour l'attendrir, mais pas plus. Tranchez le bacon en petites tranches mignonnes.
Une fois le carnage derrière vous, foutez tout ce petit monde dans la marmite souillée d'huile, afin de les faire sauter tous ensemble 5 minutes. Ne rougissez pas, vous êtes nu, mais vos carottes et votre oignon en ont vu d'autres.
Ensuite, videz le contenu de la bouteille de vin rouge dans la marmite, pour les désaltérer un peu et passer à la vitesse supérieure.
Ajoutez la même dose d'eau. Incorporez la pulpe de tomate, les herbes, le sel.
Voilà, le plus gros du travail est fait. Remuez-de temps en temps, et ajoutez un peu d'eau si nécessaire, mais c'est tout.

Le calme après la tempête:
Vous avez maintenant devant vous au moins 4 heures, pendant lesquelles votre daube va gigoter dans son jus (thermostat 5 ou 6). Ca vous laisse le temps de lire un ou deux Barbara Cartland, de traverser Paris à pied (mais ça c'est un peu con, parce qu'après il faudra rentrer), de faire un peu de broderie, ou de refaire la toiture. Etre nu est un état d'esprit, mais si pendant ces quatre heures vous avez un peu froid, et que l'émission de Laurent Romejko est finie, revêtez une petite culotte en daim pour retrouver vos esprits.

La soirée continue, à 4:
Une fois vos convives bien installés chez vous, décontractés et disponibles, après un petit apéritif dont vous avez sûrement le secret, servez-leur cette bonne daube, accompagnée, donc, de polenta légèrement grillée ou de pâtes, ainsi que d'une poëlée de mushrooms. Laissez-les saupoudrer à l'envi le tout de parmesan.

Pour le reste, je fais confiance à votre talent d'hôte, et à votre imagination, mes chéris. Les filles, n'oubliez pas que vos devoirs conjugaux ne s'arrêtent pas à la porte de la cuisine. Une daube réussie émoustille souvent un mari. Votre John-David pourrait vous le faire savoir, une fois vos invités repartis. Aussi, n'hésitez pas à vous repoudrer le nez et à rafraîchir un peu votre toilette, au cours de la soirée. La rançon du succès?

Vous me remercierez plus tard. Une bise de tante Mildred.

1 commentaire:

  1. Quelle expérience sensorielle unique! Rien qu'à lire, ça met l'eau à la bouche.
    Mieux qu'un Arlequin, aussi pictural que C.Millet, mais appétissant comme une photo du "Tout chocolat" de Marabout.
    Merci tante Mildred (je savais pas qu'y connaissaient la daube provençale les Rosbifs).

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