mercredi 8 avril 2009

Ma fille mange déjà des spaghetti "alle vongole".

(photo prise par mes soins, Spiaggia de la Pelosa, Sardaigne)

Ma fille est 3/4 française, et 1/4 italienne. Je suis fière d'en avoir fait une petite ragazza:

D'abord, parcequ'avec son père on pourra continuer à se faire des week-end en Italie avec elle, sans que ça gêne personne là-bas; ce sera une petite reine, elle pourra boulotter ses pâtes, s'en mettre partout, crier pendant le dîner au resto et renverser les bouteilles d'eau frizzante de nos voisins, sereine. On la punira un peu, mais pas trop non plus, puisque tous nos voisins, séduits, applaudiront à ses actes. On n'aura même pas honte. Ils sont à fond bébé-friendly, à un point! c'en est presque trop.

Ensuite, parcequ'à la maison, les pâtes sont sublimement bonnes, par la faute de ma moitié qui m'a vite transmis cette exigeance. C'est le repas sacré, et honte aux visiteurs qui viendraient nous dire: "quoi, encore des nouilles?"

Mais aussi, avoir une fille un peu rital, c'est devoir retourner en Italie, pour son éducation: c'est refaire tout le parcours que l'on aura fait en amoureux: Faire à vélo le tour des remparts à Lucca, en Toscane. Conduire dans les vallons jusqu'à Florence, Pise, descendre jusqu'à Rome. La Piazza di Spagna, boire un verre de vin blanc devant le Panthéon, avec des chips et des olives. Flâner dans les jardins de la villa Medicis, et se perdre dans les rues ocres envahies d'églises. C'est passer quelques jours à Naples, dormir dans le quartier Espagnol, et ne plus rien comprendre à leur accent de Parrains, prendre le train jusqu'à Pompéï, et terminer par une journée farniente à Capri. Faire un petit saut jet-set en sardaigne en Sardinia-Ferries, boire une coupe de Champagne à 40€ dans un bar de la Costa Smeralda, et ne plus avoir asser d'argent pour aller dîner. C'est remonter vers le Frioul et la Vénétie, pour lui montrer d'où elle vient: marcher à nouveau des heures dans ce théatre qu'est Venise, puis aller vers la frontière Slovène, ou les italiens sont plus austères et moins latins, ou l'on sent l'influence slave approcher. On la laissera, si elle a été gentille, accompagner son grand-père pour une virée chez le Lidl d'Udine ( ;-). Et c'est revenir par le Nord, passer par Milan, et faire le tour du lac de Côme, en arrivant par Bellagio, comme dans Océan's twelve (allez, on louera un Riva pour l'occasion) Puis revenir au bercail en passant par Bergame et, juste avant de passer la frontière, faire un dernier tour chez Conad, pour recharger nos stocks de pâtes, antipasti, scamorza affumicata, farine de poichiche et cèpes séchés.

C'est tous les clichés de la vespa, d'Anita Ekberg dans la fontaine de Trévi, et des clowns du cinéma néo-réaliste, qu'on sera "obligés" de revisiter, sur le terrain. C'est les vieux à aller visiter, les maisons un peu froides où il n'y a pas de canapé mais ou tout le monde se réunit, assis autour de la table à manger, la redif du match de calcio en fond sonore dans la télé sur le buffet (que l'on aura pourtant vu au stade deux heures plus tôt). C'est mettre un peu de Grappa dans le café.
On lui expliquera ses arrière grand-parents communistes, qui ont fui Mussolini en devenant des macaroni en banlieue parisienne. Son arrière grand-mère élevée dans les montagnes du Frioul qui s'est retrouvée à vivre dans un hotel à Montmartre. Les traumatismes et les 30 000 morts des tremblements de terre

On devrait aussi lui expliquer pourquoi toutes ces différences Nord-Sud, pourquoi ces provinces si opposées et parfois autonomes, lui dire que là-bas la démocratie n'est pas si vieille et que la stabilité politique est encore fragile. La précarité des jeunes dans le monde du travail, les belles-mères toujours un peu trop présentes, les femmes qui ne font presque plus d'enfants, les gros problèmes liés à l'immigration, clandestine ou non, et les relents parfois réactionnaires d'une certaine droite italienne.

Et puis on devra redoubler d'imagination et d'humour pour pouvoir lui expliquer les conneries de Berlusconi, dont celle du jour: cliquez-ici.

Je suis fière d'avoir fait une petite italienne, "bella come il sole"!

6 commentaires:

  1. merci pour ce tour d'Italie !! tu m'as donné envie de retourner à Rome en famille ;-)) et découvrir les autres contrées...

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  2. magnifique texte, et une pensée pour toutes les familles d'Italie en ce moment qui vivent des instants plus que difficiles

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  3. Mamma mia che bel pensiero, brava Marina !
    Ti racomando, guarda di trasmettere l'italiano alla bimba, é cerca d'impararlo anche tu, fatti dare qualche corsi di lingua italiana, forse la più bella del mondo, dai !
    Per quanto riguarda la tua bellissima bambina Capucina, spero ti dia grandi sodisfazzioni.
    Grazie per quel bel viaggio nella "bella Italia", continua cosi !
    Baci affetuosi
    Ivano

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  4. Quelle chance! Moi je rêve de l'Italie depuis longtemps, et je n'y ai encore jamais mis les pieds! Pour moi cette culture est synonyme d'élégance et d'"humanisme." Il me "semble" que la langue serait à portée de main. Un jour peut-être!

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  5. Salut, je découvre ton blog par celui d'e-zabel...
    je suis moitié italienne (par mes grands parents paternel), et ton récit ma mis la larme à l'oeil... J'adore ce pays et cette langue, Ivan a raison : forse la piu bella lingua del mondo...
    Moi aussi j'éspère faire découvrir l'Italie à mon fils et autres futurs enfants.
    En attendant de trouver l'opportunité d'y faire un tour (de Paris c'est plus compliqué que de Nice !) en attendant je lui parle italien de tps en tps, histoire de l'imprégnier de sa musicalité (je n'ai pas la prétention de le lui apprendre, je ne le parle pas couramment moi-m).
    En tt cas, ton blog est vraiment chouette...
    bonne continuation

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  6. Merci à tous, ravie de vous avoir fait un peu voyager!
    et Bienvenue à Anonyme (la prochaine fois, trouve-toi un petit pseudo ;-)

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