mardi 7 avril 2009

Va te confier à ta mère, et t'amuser avec ton père!


Une amie m'a envoyé un lien vers un article du Monde: Il concerne une étude sur "le travail parental" qui, malgré tous les discours sur les nouveaux pères, l'égalité grandissante et la féminisation du travail, reste toujours dévolu en majorité à la femme.
Pour lire l'interview, cliquez ici.

C'est drôle, et pour le coup, je ne vais en déduire aucune règle générale, mais plutôt parler uniquement de mon cas personnel: Je me retrouve presque totalement dans la description qui est faite dans l'article. Les pères s'occupent plus de l'aspect "loisirs, activités ludiques, extérieures", alors que les femmes s'occupent bien souvent des tâches plus contraignantes: devoirs, habillage, change...? Eh bien, je ne vais pas dire que chez moi c'est le contraire, même si le père de ma fille assume une bonne partie de ces tâches dites "féminines".
Pourtant, je ne me sens pas particulièrement soumise ou coincée à la maison. Si je fais ces choses, c'est que je le veux bien (enfin, je crois! Darwin, qu'en penses-tu?): les rôles se répartissent naturellement, et apparemment la répartition se fait à peu près de la même manière chez tous les couples, mais même si le change de mon bébé, l'habillage, peuvent être des activités contraignantes et routinières, j'aime m'en occuper. Et je suis ravie comme tout lorsque son père décide de jouer au ballon avec ma fille ou de passer une heure avec elle à mettre un cube dans un trou en forme de carré, parceque, parfois, ça me gonfle.
Qu'est-ce que ça veut dire? Que l'homme est au fond rien de moins qu'un animal évolué et que nous sommes dirigés par notre instinct? Que la femme aime l'intimité avec son enfant, reste à la maison par "nature" et que l'homme, chasseur, est un animal de l'extérieur qui va pousser ses enfants à sortir du cocon ?
Tous ces clichés sont sûrement un peu vrai, mais je trouve pourtant mon couple équilibré.
Je n'ai jamais cru que l'égalité homme-femme se matérialisait par la réalisation de tâches identiques (tu laves une assiette aujourd'hui donc je lave une assiette demain, j'ai lu une histoire dix minutes à notre fille ce soir donc tu liras une histoire dix minutes demain), mais plutôt en un partage. Effectivement, chacun dans un couple, avec ou sans enfant, petit à petit trouve sa place, et son rôle. Et une spécialisation va se faire, sans que l'on s'en rende forcément bien compte.
Bon. Est-ce encourageant, ou au contraire triste pour la libération des femmes? je n'en sais rien.
Mais lorsque ma fille part deux heures avec son père en balade le dimanche, c'est peut-être un plaisir pour son père, mais ça l'est encore plus pour moi: c'est synonyme de grasse mat', lecture de la presse devant un petit café, et bain moussant.

Cet article est donc un constat qui me parle... Mais qui ne me donne pas particulièrement d'inquiétudes concernant mon organisation actuelle. Enfin, je sais aussi que dans certaines familles les femmes sont de vraies esclaves domestiques, et que je suis une privilégiée.
Je constate quand même que la mère a toujours le mauvais rôle (regardez-vous, avec votre mère!), et que c'est toujours elle qui se fait critiquer concernant sa relation avec son bébé (trop fusionnelle, pas assez présente, trop mère-poule, ou castratrice...), alors que son homme est généralement encensé dès qu'il arrive à donner un biberon correctement ou à reconnaître son enfant du premier coup dans une foule de 3 ou 4 personnes)- et oui, c'est ça aussi être mère... c'est voir les autres s'extasier devant notre merveille et devant son père, si "présent", alors que nous on se tape au moins 50% du boulot-.
Et vous, qu'en pensez-vous? Une réaction à l'article du Monde? Faîtes-vous à peu près ce constat chez vous, et autour de vous?

6 commentaires:

  1. Je suis assez d'accord avec toi. En tant que femme, un tant soit peu féministe, je suis choquée par ce constat, même s'il ne m'étonne pas vraiment.
    Je n'ai pas encore d'enfant, mais déjà, les tâches ménagères sont clairement réparties... Mon homme n'a jamais lancé une lessive, a découvert récemment où je rangeais le produit du lave-vaisselle, n'a jamais fait le ménage dans l'appart, et ne fait pas les courses car il rentre trop tard du bureau. C'est donc moi qui m'occupe de l'intendance, du ménage, du repassage, des courses, de la cuisine,etc... (bon d'accord, et la femme de ménage aussi, cette sainte femme). Et franchement, ça me va comme ça.
    Bien sûr, je pourrais râler que mon mec ne fait rien. Mais ce n'est pas totalement vrai; il sait me faire remarquer quand il a vidé le lave-vaisselle, mis ou débarrassé le couvert. Il m'a même accompagnée faire les courses samedi! Chaque fois, il faudrait presque lui couler une statue en or sur la place publique tellement il est fier.
    Mais en fait, tout repose sur notre organisation. Etant prof, j'ai beaucoup plus de temps libre; je me tape donc les courses le lundi matin à 10h quand le supermarché est vide. Ca me prend 30 minutes pour 15 jours de victuailles. Un samedi en couple: 2 bonnes heures. En plus, c'est moi qui décide des gâteaux que j'achète! Pour le ménage, j'avoue que sans la femme de, je râlerai sérieusement. Mais mon homme m'a toujours dit qu'il était hors de question que je repasse ses chemises, il préfère encore payer le pressing! Donc là, j'ai de la chance car on a les moyens de se payer une aide.
    Donc effectivement, je me tape 90% des corvées, mais honnêtement, vu que je profite de mon homme à partir de 22h en semaine et le week end, je préfère encore m'occuper de tout et profiter de mon couple en toute quiétude, sans impératif le week end. Et tant pis si ça fait rétro!

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  2. Et comment! Et je pense que ce faux "partage des tâches" est induit d'une manière subliminale par la société. Exemple : l'épouse est souvent plus jeune que le mari, donc elle gagne souvent moins, comme il n'y a pas assez de modes de garde c'est très souvent elle qui s'arrête, donc elle se retrouve à faire BEAUCOUP plus de tâches domestiques, puis le pli est pris, elle a plus de mal à retourner à l'emploi, gagne moins, donc toujours pas assez pour avoir uen aide ménagère, donc c'est toujours elle qui les fait, ce qui arrange bien souvent le mari qui, donc, n'en a pas pris l'habitude. Un cercle vicieux un peu télécommandé, je trouve!

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  3. Je ne suis pas forcément d'accord avec tous les points de l'article, mais celui qui énonce que les pères interviennent en support sporadique dès lors que les enfants sont grands (>8 ans) me semble tres juste ! Meme lorsque les 2 parents travaillent. Je ne sais pas pourquoi mais l'homme, enfin le père, a toujours l'impression que son travail est toujours plus éreintant que celui de son épouse ... vous n'avez jamais remarqué ? Alors que l'épouse, elle qui mène de front son travail (à temps plein => a priori meme charge de travail que le père !), la logistique de la maison, les enfants, les activités péri-scolaires, les réunions d'école, les visites chez les médecins, le tout multiplié par le nombre d'enfants (personnellement j'en ai 3), l'épouse donc, elle ne doit pas etre fatiguée car sinon elle se prend au passage une petite remarque sur le ton du reproche du genre : "c'est pénible, en ce moment t'es tout le temps crevée" ... No comment !!! Mais relativisons, meme si ce n'est pas facile tous les jours pour les mères, eh bien force est de constater que ces pères là, passent totalement à coté de leurs enfants ... Je crois beaucoup à l'effet 'Boomerang', un jour ils regretteront toutes ces années de non présence effective !

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  4. j'ai entendu parler de cet article et me suis penchée sur mon cas et ai fait le constat suivant : établir les règles DES LE DEBUT sinon t'es foutue, et ce n'est pas Thècle qui me contredira.
    Donc au bout de 13 ans la répartition des tâches ménagères n'a pas beaucoup changé, on s'est chacun spécialisé dans notre domaine moi la cuisine, lui la vaisselle, moi le lave linge, lui le pliage etc etc tout ne me convient toujours pas parfaitement mais je fais avec
    coté gosses et élevage de marmots c'est un papa top, il ne réchigne à aucune tâche sauf en cas de match de rygby le samedi après midi à la tv...

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  5. J'ai lu cet article hier et ce sont plus les commentaires qui m'on t fait bondir que l'article en lui-même. Effectivement, je pense que la clé de l'harmonie c'est une partage des tâches décidé dès le départ. J'ai la chance de vivre avec un homme qui fait la vaisselle, les courses et passe l'aspirateur et la serpillère sans ronchonner. Par contre je fais le repassage parce que sinon je me retrouve avec des chemises pas fanchement portables ! Nous attendons notre premier enfant mais je sais qu'il va partager beaucoup des tâches liés au petit bout, et pour cause, il travaille de la maison et pas moi ! Il sera donc beaucoup plus dispo pour certaines choses comme aller déposer et récupérer à la crèche :-)

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  6. décidément, j'aime de plus en plus votre blog. C'est vrai, pas la peine d'être féministe militante ni bobonne au foyer ; aurions-nous trouvé un "vrai" équilibre entre être femme et euh ! un homme comme les autres ?!

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