mardi 23 juin 2009

"A Paris y a la pollution et les parisiens sont trop stressés", "comment tu fais pour vivre dans le sud ? les gens sont cons et y a qu'des vieux"


sous-titre: pitié, arrêtez avec ces réflexions cliché!

Voilà quelques mois que nous sommes installés dans le sud maintenant, un petit bilan s'impose.

A Paris:
Ce que j'aimais:

Pouvoir descendre, à n'importe quelle heure du jour ou du soir, dans la rue, pour trouver: des sushis, diner dans notre cantine italienne d'en bas, commander un couscous, voir un film en VO, m'acheter une robe. Vivre dans la même rue que Renaud, et Shirley & Dino (sic). Marcher dans Paris, des heures durant, la nuit, en revenant de soirée. Faire le trajet, magnifique (un peu moins pendant les embouteillages) tous les matins, en voiture: Passer devant la fondation Cartier, dans le 14ème, puis Montparnasse, puis Boulevard des Invalides, Pont Alexandre III, Champs Elysées, Place Péreire, et hop, au taf. Conduire sur la place de l'Etoile ou de la Concorde. Retrouver plein d'amis du sud, qui eux aussi avaient atterri à Paname. Retrouver ma sœur et mon frère. Aller au hammam à la Mosquée de Paris, dans des appart's Haussmaniens immenses, somptueux des copains, enfin, de leurs parents (rue du Bac, Vaneau, etc...), ou dans les grands magasins. Avoir toujours le choix, de tout (ciné, concerts, restos...). Rencontrer des gens qu'on ne croise pas ailleurs (dans le journalisme, l'art, la musique, les affaires...), et les inévitables "filles et fils de". me faire coiffer à côté de Jean-Michel Aphatie (re-sic, oui, pour ce qu'il a de cheveux...). Le mois d'aout à Paris, désert et calme. Bronzer au parc Montsouris, Passer des heures au jardin du Luxembourg, remonter la rue Vavin, garer son Vélib', se faire un p'tit verre de vin blanc et un hamburger à la Rotonde le dimanche soir, puis reprendre la ligne 4. Partir se baigner à Deauville pour la journée. Aller dans les maisons de campagne des uns et des autres. Connaître plein de bons plans de marques dégriffées. Le périph "fluide". Le Chalet des Iles au Bois de Boulogne. La rive gauche. Les dîners chez les copains. Les expos, les ballets, le théatre. Retrouver ma meilleurs amie pour un déjeuner à la Coupole du Printemps. Aller au cinéma La Pagode, dans le 7ème. Flâner rue de Buci, dans le Marais, sur les quais... Boire un café en terrasse et y rester des heures, pour bouquiner/ papoter/ mater/ critiquer/ observer. Prendre une coupe de Champ' sur le Pont des Arts, l'été, puis aller dans la Cour Carrée du Louvre, et voir tous ces touristes émerveillés. Les gens, la foule cosmopolite. L'architecture, les monuments, les chefs-d'œuvre à chaque coin de rue, les pavés, les bouches de métro. Les bars, les pubs, les resto branchés, les salles de concert, le jazz dans le quartier Latin. L'impression de pouvoir tout faire, à tout moment.
Je détestais: la ligne 13, les longs trajets aller et retour pour quoi que ce soit, l'impression de ne pas avoir assez de temps, le soir, en semaine, pour profiter de la vie. Ce temps pourri. Les week-ends glaciaux, enfermés à la maison, alors qu'on est au mois de mai. Courir de RDV en RDV, puis traverser Paris à nouveau pour rentrer. Le stress. Les grèves. L'impossibilité de promener son bébé en poussette, entre les trottoirs, les pots d'échappement, le bruit. Cette impression de passer sa vie à attendre: attendre le week-end, les vacances... D'avoir tout à portée de main, mais sans jamais en profiter vraiment, finalement.

A Nice:
Ce que j'aime:
Reprendre, petit à petit, le rythme et la qualité de vie que j'avais quand j'étais plus jeune. Vivre un peu plus au rythme des saisons. Retrouver le goût et l'intérêt pour les balades dans la nature. L'hiver, manger une bonne soupe, aller skier, puis se réchauffer au coin du feu. Simplifier sa vie, ses relations, ses occupations. Ne plus avoir besoin de la dernière fringue à la mode, de mille chaussures différentes, ou de voir absolument la dernière expo. Se lever le matin, ouvrir les volets, et se dire: "Quelle bonne idée on a eue!". Recevoir tous nos amis parisiens, plus seulement pour le dîner, mais pour le week-end. Avoir ma famille pas loin. Faire du sport, du vélo, à tout moment. Ne plus regarder la télé. Passer nos soirées sur la terrasse, à écouter les oiseaux et les cigales, le cubi de rosé pas loin. Faire un plongeon dans la piscine en rentrant du boulot. Découvrir des criques, aller à la plage en fin d'après-midi. Dormir à poings fermés, sans bruits de klaxons. Faire des projets de week-ends en Corse, en Toscane, à la montagne. Me balader avec ma fille dans les rues ombragées du Vieux Nice, faire le marché Cours Saleya, planter un olivier sur la terrasse. Voir grandir ma fille, ne pas attendre les 3 semaines d'été annuelles, mais vivre l'été pendant 5 mois. Faire plein d'autres projets, malgré les contraintes du monde du travail, les incertitudes... mais qui sont de toutes façons les mêmes à Paris. Penser à Paris avec plaisir, car c'est une ville qu'on adore, la ville de mon chéri, celle de nos premières années ensemble, de notre vie d'étudiants. Y revenir ponctuellement pour voir la famille et faire la tournée des potes, mais ne plus avoir envie d'y vivre à nouveau!

9 commentaires:

  1. argh encore éjectée par le système...
    donc je recapépète : c'est mon rêve et cela devient le notre...petit bémol les familles qui habitent en RP... bon maintenant que mes parents sont a la retraite et qu'il partent trois mois en corse ... je me verrais bien prendre le bateau pour y faire un AR pour le week end...
    un peu plus d'ici ...
    on y viendra un de ces 4 !!!

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  2. C'était laquelle, ta rue à Paris ? C'est si bien que ça le Chalet des Iles ? Je devais y aller, et finalement ça ne s'est pas encore fait...

    J'aime bien Nice aussi, cela dit, je n'y suis allée qu'une fois mais j'ai vraiment bien aimé. Mon grand-père a travaillé là au début des années 30, il faisait les allers-retours en train pour l'Alsace sur les bancs en bois de la 3e classe, il a découvert les fruits de mer et posé des rideaux au Négresco. Du coup je regrette de ne pas connaître mieux cette région.

    Mais, euh, pour trouver du boulot ça se passe comment ? Pour moi ce serait le principal frein à retourner en province. Après, c'est sûr que ça dépend de ton métier.

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  3. Mon petit bilan serait assez proche du tien :-)
    (et en plus, j'habite dans un département voisin du tien...)
    Je rajouterai dans ce que j'aime : se sentir presqu'en vacances les WE, savourer les repas pris en terrasse, aimer les odeurs (lavande, jasmin...) et les bruits (cigales...), apprécier de ne plus me prendre la tête pour m'habiller étant donné le moindre choix de magasins et devenir une fan du e-shopping, etc.
    Côté j'aime moins : le fait que les gens du sud ne sont pas toujours très ouverts vis à vis des gens qui ne sont pas du Sud !!! et le fait que tous les événements professionnels intéressants se passent à Paname...

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  4. @ Marie: J'habitais rue Sophie Germain, Renaud rue Hallé, et Shirley & Dino et Dan Franck (l'écrivain), place du Couëdic! ;-) (dans le 14ème)
    Pour le boulot, la migration dans le sud entraîne effectivement quelques remises en question professionnelles (du moins en ce qui me concerne), mais mon chéri travaille dans un secteur présent sur tout le territoire français donc pas de pb.
    En effet les opportunités d'avoir le job parfait hyper bien payé sont moindres (encore que)... mais c'est un choix de vie.
    Un de nos potes qui est sorti d'HEC a préféré revenir dans le sud et être moins payé, plutôt que de rester à Paris et de gagner 3 fois plus. Tout dépend des besoins de chacun, de ses buts dans la vie et de sa définition du "bonheur"... (ah, vaste question). Je sais que, depuis que nous sommes ici, nous avons moins de besoins de consommation.
    Ouais, le chalet des Iles, c'est top quand-même :-)

    @ Gaëlle:
    Il y a cette idée que les gens du sud sont un peu fermés... elle est sûrement en partie vraie, mais il y a quand-même tout un tas de gens qui viennent d'ailleurs, dont pas mal de parisiens, finalement! On finit par en rencontrer du monde!

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  5. @ Evy:
    Ah oui? c'est votre rêve? Génial, ça! :-)

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  6. Quitter Paris ou y rester? Vaste question!
    On passe notre temps à faire des plans sur la comète...qui ne restent qu'en définitive que de doux rêves.
    Impossible de se décider vraiment. En fait, je pense qu'il faut un déclencheur: opportunité professionnelle (ça risque pas de nous arriver vu nos métiers à mon homme et moi...) par exemple.
    Je pense aussi que l'arrivée d'un bébé change la donne car Paris n'est pas une ville très accueillante pour les familles: petits apparts, difficultés des transports, peu d'espaces verts, problèmes de garde, etc. Quand je vois les mamans en train de porter leur poussette dans les escaliers du métro en heure de pointe sans que personne ne propose de les aider, je me dis que je serai incapable d'en faire autant. Je me prends à rêver de maison avec jardin, de gamins courant partout.
    Mais c'est vrai que, en couple ou célibataire sans enfant, Paris est un vivier d'expériences et d'aventures unique.
    Alors pour l'instant, on vit à Paris, et on squatte les copains à Nice les week-ends et l'été... :)

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  7. C'est vrai que dit comme ça on se demande pourquoi on n'a pas sauté le pas ;-)
    Moi j'ai pris option Paris en semaine et campagne le week-end. Sympas aussi mais il y a juste de sacrés travaux à se coltiner. Mais j'apprécie le calme, et la végétation.
    A +

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  8. Moi aussi j'adore la vie dans le sud ! Paris j'adore y aller mais de temps en temps, je ne suis pas trop fan du rythme de vie qu'il y a là bas :) .

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  9. Pour nous Paris, c'était les amis, les sorties, la famille, la vie ? pour moi c'était un travail correctement rémunéré et intéressant... mais les aléas de la vie font que chéri a eu une opportunité...
    Nice, pour moi, c'est les conducteurs de bus qui me font redescendre avec bébé en poussette (car il faut la fermer...je fais comment pour la fermer ? je mets bébé par terre ????), les passagers des mêmes bus qui font semblant de ne pas voir que je suis enceinte et me laissent debout, la chaleur étouffante, le bruit des avions, la solitude en journée et éventuellement le we si chéri bosse... bon c'est vrai il y a le soleil toute l'année, la taxe soleil sur les courses ;-)et maintenant les cohortes de touristes qui arrivent...

    c'est parfois dur de choisir et de ne pas idéaliser le passé : j'ai oublié les horaires fous, les métros bondés, le salon de l'agriculture etc...

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