mardi 16 juin 2009

"Un bébé, ça pleure"


Dites, je repense à un truc: 3 semaines après la naissance de notre fille, l'année dernière, nous sommes partis dans le Lubéron, 15 jours, pour se retrouver tous les trois et profiter du congé paternité. C'est à ce moment que nous avons fait une découverte, vite oubliée, bien heureusement: un nourrisson, ça pleure.
Pas des pleurs de faim, de fatigue ou de soif, non, des pleurs tout court. Ca lui a pris vers un mois, à Miss Maaf, et ça a duré jusqu'à deux mois, précisément: "Les angoisses du nourrisson", que ça s'appelle.
Nan parce qu'un bébé, les premiers jours, c'est pas trop compliqué, ça dort tout le temps ou presque. Il "suffit" de lui donner le sein toutes les trois heures, (et donc de changer les couches toutes les trois heures aussi -l'effet de l'allaitement est redoutablement mathématique-), et sinon on gère. Mais au bout de quelques semaines, il lui vient des envies de s'intéresser au monde, au nain. Et c'est là que ça se complique.
Toute la journée, notre fille était parfaite, on visitait les petits villages perchés, Gordes, Bonnieux, Cucuron ou Lourmarin... Mais une fois rentrés à la maison d'hôtes, enfin tranquilles au bord de la piscine, elle se mettait à hurler, vers 18h, et ce, non-stop, jusqu'à 22h. Autant dire la pire heure, celle de l'apéro, du p'tit resto, du début de soirée.

Au début on s'inquiétait comme des malades, et puis, renseignements pris, on a peu à peu compris qu'un bébé, ça pleure, c'est normal. Et entre 1 et 2 mois, souvent, il a des crises en fin de journée, pour évacuer "le stress". Parfois, je me mettais à pleurer, moi aussi, les nerfs me lâchant et la fatigue aidant. Et puis sangloter en duo, c'est quand-même plus symphonique. Mais sinon, on a fini par s'y habituer, et finalement, il valait mieux être au fin fond de la campagne provençale, plutôt que d'être restés dans notre appart' parisien (rapport aux voisins qui nous auraient envoyé les flics ET la DDASS).
Je me souviens même avoir demandé à mes parents, au téléphone, entre deux sanglots et un verre de rosé: "Mais pourquoi tout le monde nous dit "Profitez, Profitez", moi, j'ai hâte qu'elle grandisse et qu'elle arrête enfin de pleurer comme ça!". Ma mère m'avait répondu: tu verras, on oublie tout ça, et puis plus les enfants grandissent, plus les problèmes deviennent de vrais problèmes."
Alors, pendant un mois, on s'est mis à chercher, à essayer, à tatonner, pour voir quelle méthode magique pourrait bien faire taire cette petite. La poussette dans la chambre (bof bof), la voiture (infaillible, mais faire 4h de bagnole tous les soirs après une journée épuisante, non merci), les bras (même pas!), faire les cent pas en la mettant dans le porte-bébé (efficace mais fatigant, surtout quand chéri veut mater les matches de l'Euro), se relayer pour le diner, le dessert, pendant que l'autre part au fond du jardin avec notre fille pour se faire plus discret: bien mais pas très romantique. La période euphorique des premiers jours suivant la naissance était passée. Je commençais à accuser le coup, à perdre patience et à réaliser qu'un bébé, ça allait être un sacré boulot.
C'est en rentrant à Paris qu'on a trouvé, petit à petit, des trucs pour calmer ses crises: le bruit du sèche-cheveux: ça marche! Poser le bébé sur la machine à laver (en mode essorage, c'est important): très bien aussi, mais on a vu plus pratique. J'ai retrouvé dans mon placard un canard vibrant qu'on m'avait offert, eh bien il aura au moins servi pour ça: sous le transat de ma fille, bien bloqué sous sa couche: ça marche aussi! c'est la méthode "Sex & the City". En fait, tout ce qui vibre (moteur, électroménager...) est parfaitement efficace.

Un an après, on ne repense plus à tous ces moments difficiles, de fatigue physique et de moral à zéro... Qu'est-ce que c'était bien, quand-même, de se réveiller pour la tétée, d'avoir ce petit câlin régulier, fusinnel, jour et nuit, et rien que pour moi... et tant pis pour les cernes, le teint terne et le réveil affreux du lendemain. C'était une très bonne idée de se retrouver tous les trois, pour enfin se découvrir...Même si la famille aurait pu nous aider un peu et s'occuper de notre fille pour nous laisser souffler. Et puis ces balades dans la nature, ces petits restos et cafés en terrasse au son des cigales m'ont aidée à récupérer, à ne pas avoir trop d'idées noires, à positiver. Et c'est vrai, qu'on oublie, finalement. Tout ce que disent les gens est vrai, alors. Il faut profiter-profiter-profiter...

4 commentaires:

  1. Point de vue d'une jeune nullipare qui galère depuis un certain temps pour avoir le bébé sus-mentionné:

    Plus le temps passe, et plus j'ai pu apprendre de choses sur les bébés. Déjà, ne pas arriver à en avoir fait que je vis un peu les grossesses de mes copines par procuration. Je sais donc déjà pas mal de trucs que d'habitude les jeunes mamans découvrent au fur et à mesure de leur grossesse et de la petite enfance: bon, les nausées, la fatigue, les sautes d'humeur, le ventre gonflé et la rétention d'eau, tout ça j'ai déjà (merci les traitements hormonaux!), les vergétures aussi (merci l'adolescence)... Pour l'accouchement, je connaissais la taille de l'aiguille de l'épidurale, mais on m'a expliqué l'épisio, la culotte en résille, le retour de couches, le baby blues qui fait oublier pourquoi on voulait un enfant, les pleurs incessants et angoissants des 1ers mois, les régurgitations, l'eczéma, les érythèmes fessiers (et leur orthographe...), l'allaitement si douloureux que les tétons en saignent, etc...
    Bref, j'ai beau être au fait de toutes ces expériences franchement pas ragoutantes, je crève quand même d'envie de les vivre à mon tour! Je ne rêve que de nuits blanches, de tétées interminables, de bébé à bercer sans fin, de couches à changer à 5h du matin... J'envie ces mères aux yeux cernés, qui n'ont pas eu le temps de se brosser les dents car le petit pleurait, car même si elles ont l'air épuisé et qu'elles mettent en garde les jeunes inconscientes comme moi que la maternité, c'est pas toujours que du rose, et bien moi, je vois surtout le regard plein d'amour qu'elles posent sur leur enfant, les doigts entrelacés du petit et de sa maman pendant qu'elle l'allaite, et plus tard, les "maman" et "papa" confiants du bout de chou qui joue avec ses parents...
    Alors moi aussi je vous dis, à vous les jeunes mamans: profitez! Vous avez de la chance!

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  2. Oui c'est vrai que tout est question de point de vue mais les pleurs incessants que dis je les hurlements stridents pendant des heurs apres neuf mois d egrossesse, un accouchement des nuits blanches et des matins aux aurores ont parfois raison de l'aspect magique qui pourtant existe,Céline, tu as parfaitement raison, il faut parfois prendre le recul necessaire pour se dire "Ok, là elle (c'est une filel aussi chez nous) me casse les pieds puissance 10 000, mais j'ai une sacrée chance de l'avoir quand même"... C'est juste que comme dit Marine, on aimerait bien se faire relayer aussi parfois... j'espère que tu auras cette chance quand tu auras ton bébé Céline, ça aide à mieux en profiter!

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  3. en fait, pour reprendre les propos de Bidi, 95% du temps on se dit, "ok, elle me casse les pieds cette petite, mais j'ai de la chance de l'avoir!" et parfois, faut avouer qu'on pense: "ok, j'ai de la chance de l'avoir, mais qu'est-ce qu'elle me casse les pieds cette petite!"
    Le bonheur est toujours là... ensuite c'est sûr que quand on a dormi 3h la nuit dernière et qu'on s'apprête enfin à faire une sieste de 15 minutes car les visites sont enfin terminées, ben on aimerait juste faire "temps-mort" et tout oublier ;-)

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  4. dis donc dis donc tu serais pas en train de penser à n°2, toi???
    Ma chipie vient de fêter ses 6 ans, p't1 que le temps passe vite.
    Mon ancien chef me disait petits enfants petits soucis, grands enfants, grands soucis...
    ALORS OUI PROFITONS !!!!!

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