mercredi 8 juillet 2009

Vaste campagne de recrutement! Venez nombreux!


Ah, et puis juste un petit coup de gueule: je suis outrée par ces boîtes de comm', agences physiques ou sur le net, qui lancent des "campagnes de recrutement" (sur Facebook, par exemple...). Au final, aucun CDI... juste des stages! Vous appelez ça un recrutement, vous? Pas de contrat de travail, pas de droits, et donc pas de salaire.. du pur travail dissimulé, quoi. Tu m'étonnes qu'elles fassent du fric ces boites-là. Leurs dirigeants, ce sont les mêmes qui prônent les discours humanitaires, qui portent des baskets en coton équitable à 200€ et qui enseignent à leurs gamins que la pauvreté en Inde et en Afrique, c'est triste.


Ces boites qui ne tournent qu'avec des stagiaires, pour faire du vrai job (rencontrer des clients, bosser jusqu'à pas d'heure, créer de la richesse) elles sont légion à Paris et RP. Dans la pub, l'édition, la comm', mais aussi dans des secteurs moins "précaires", comme dans l'industrie, les SSII... On est tous au courant, on est tous passés par là (les plus jeunes, vous y passerez aussi). Le vrai stage, au départ, celui qui consiste à découvrir le monde du travail, est intéressant, mais l'utilisation de la main-d'oeuvre, quasi-gratuite et très flexible, en France, je ne sais pas vous, mais moi, je ne trouve pas ça normal.
Cela ne choque pas grand-monde, mais je parie que si je décidais de monter ma boite de ménage et repassage à domicile, en n'employant les femmes de ménage que sous convention de stage, c'est à dire à 300 € par mois, sans-sécu-sans-mutuelle-sans-vacances-sans-représentation-du-personnel-sans-heures-sup', les gens commenceraient à se réveiller et à me traiter... d'esclavagiste. Et ils auraient raison.

Ce sujet ne cesse pas de me scandaliser. Je ne donnerai pas de noms, vacances et repos de l'esprit oblige, mais je suis sûre que vous en connaissez tous, des boites comme ça.
Bon, je dois me remettre un peu de crème solaire. A bientôt.

13 commentaires:

  1. Bonjour,

    Tiens-tiens,jJe viens tout justement de passer une annonce sur Facebook pour recruter... des stagiaires. Hasard ou coïncidence ? :)
    Si tu montais une entreprise, Marine, tu aurais de suite les moyens d'embaucher des gens avec des salaires à 3000 e net, une mutuelle et des tickets restaus ? Si oui, dis moi comment,ça m'intéresse :)
    De plus, des étudiants ont BESOIN de stages. Moi-même étant étudiante, j'ai été ravie de trouver un stage dans une start up qui m'a permis d'apprendre à coder des sites, à faire du buzz, des RP, etc. Personne ne m'aurait embauchée ensuite avec 0 expérience, et je n'aurais pas pu monter ma propre activité.
    Les stagiaires chez nous font des horaires tout ce qu'il y a de plus cool, ils sont avant tout formés par nos soins.

    Et 100% de mes anciens stagiaires ont trouvé ensuite un boulot en CDI dans de grosses boites, boulot que je leur ai trouvé moi-même.
    Ils riraient bien si on leur parlait d'esclavagisme :)

    Ne galvaudons pas le sens des mots.

    Parler d'esclavagisme pour désigner le travail d'un stagiaire qui va, 2 jours par semaine, écrire des articles sur un blog et être payé pour cela, interviewer ses idoles, voir ses idées mises en place et valorisées, recevoir des invitations pour des soirées, des cadeaux, valider son diplome grace à son stage, et trouver un job à la clé, c'est à mon humble avis irrespectueux pour les personnes qui recevaient des coups de fouets, se faisaient violer et voler dans les champs pendant plus de 1000 ans, et qui aujourd'hui encore dorment sur des paillasses et mangent des croutons de pains et sont privés de leur liberté.

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  2. Marlène, je comprends tes arguments, ils sont celui d'un employeur, forcément différents des miens, qui se placent plus au niveau du stagiaire. J'ai déjà publié des textes avec ce point de vue sur mon blog. Je ne vise pas ta société, mais plutôt ce système.

    Je respecte totalement les créateurs d'entreprise, et donc toi par la même occasion, et constate évidemment leur ténacité et leur prise de rique, dans un pays ou tout n'est pas fait pour leur faciliter la tâche. Le système des stages existe, en conséquence, il me parait bien logique qu'un certain nombre d'employeurs y aient recours. Je conçois tout à fait que les stages dans ta société et aient été intéresssants, insctructifs et épanouissants. Simplement, est-ce suffisant pour vendre le poste au candidat? je pense qu'un vrai contrat de travail aurait été préférable.
    C'est une question de morale, mais surtout de droit: De plus en plus de stagiaires vont en justice, et font requalifier leur stage en CDD, lorsque celui-ci s'apparentait à un réel emploi. Est-ce bien ou mal, est-ce que ça va aider à créer de l'emploi? Pas forcément, on sait bien que les stages sont avantageux aussi pour le gouvernement, qui masque les réels chiffres du chömage en classant comme "occupés", et donc non-chömeurs, les stagiaires.

    Quant aux vrais stages, ceux dits de "découverte", d'une durée pas trop longue, et pas renouvelés 3 ou 4 fois, je n'ai rien contre, et je crois l'avoir bien exprimé dans mon billet. Je suis profondément choquée par le fait de faire produire de la richesse à une personne, quasi-gratuitement. Le lien de subordination, dans un monde du travail normal, selon moi, doit être compensé par un SALAIRE, et un STATUT.
    Je sais bien que c'est le système qui est comme ça, qu'il y a trop de charges, et que c'est dur d'embaucher. C'est donc la faute du gouvernement, de la société, de tout ce qu'on veut. Mais je persiste à croire que l'employeur a toujours le choix... et que sa morale peut lui dicter d'agir selon des convictions, et pas seulement en se cachant derrière le système.

    Pour ce qui est de l'esclavage, je pense qu'il ne se limite pas aux temps des colonies, où l'on forçait les noirs à agiter une palme en chantant au dessus des blancs pour les raffraïchir, ou à se faire violer, acheter, affamer, au son des banjos. L'esclavage peut prendre différentes formes, et pas seulement cet aspect exotique. Il peut être plus discret, plus bourgeois, plus actuel, plus toléré, plus "bien comme il faut", il n'en reste pas moins de l'esclavage.
    D'autres avis?

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  3. Marine,

    C'est bien pour cela que je mentionne aussi les gens qui dorment actuellement sur des paillotes par terre et sont nourris de croutons de pains. L'esclavage est moderne aussi, mais pas là où tu l'imagines. Dire que les personnes (moi en l'occurrence) qui embauchent des stagiaires sont des esclavagistes, sans même avoir l'avis d'un ou une de ces stagiaires, de but en blanc, je trouve ça limite. Je connais les prud'hommes pour y avoir été comme salariée,et pour avoir été bénévole auprès des salariés qui se défendaient de leur employeur, et pour avoir une dizaine de parents dans les rangs des conseillers salariés. Pas à moi ce discours :)

    Pourquoi ne pas faire de contrats de travail ? Parce que certaines étudiants (ceux que nous recrutons) ont BESOIN de ce stage pour valider leur diplôme.

    Peut-être que tu es fait une école de commerce, ou une fac, ou des études où un stage n'est pas obligatoire, ou que tu avais toutes les connaissances nécessaires, et c'est très bien pour toi, mais nous, nous recevons des jeunes en bac pro, en BTS, en écoles de comm, à qui on demande, pour valider leur diplôme, de faire un stage de 1 à 3 mois au cours duquel ils vont developer un projet. Ils n'ont pas papa ou maman pour les pistonner. Ils ne connaissent personne et souvent n'ont pas fait d'autre job d'été que équipier chez McDo. (au passage, fustigeons McDo qui fait travailler dans des conditions ignobles des jeunes de jour comme de nuit, fustigeons les lois permettant au travail de nuit des femmes d'être rétabli, fustigeons les facs qui deviennent payantes...)

    On leur permet de mettre de très gros titres d presse ou de web sur leur CV et grâce à cela, ma dernière stagiaire a été embauchée chez un magazine féminin, et celle d'avant chez un gros gros site web. Elle ne l'aurait jamais été sans passer par la case "stage".

    Par ailleurs je suis un employeur mais pas une riche héritière, j'ai monté une entreprise par "la force du poignet", après des années de travail acharné, et je suis avant tout une fille et petite fille de syndicaliste, ancienne stagiaire moi-même.

    Il n'y a AUCUN rapport avec des "trop de charges". Il y a juste que des étudiants ont envie d'être formés, et d'avoir un stage. J'aimerais bien que toutes les entreprises aient des méthodes de
    recrutement comme les nôtres, aussi paritaires, aussi diversifiées, aussi égalitaires, apprennent autant de choses que nous à leurs stagiaires et leur trouvent un boulot comme nous le faisons après simplement 1 ou 2 mois de stage !

    Par ailleurs même si je n'ai pas à me justifier, cette attaque m'y oblige un peu. Je vais donc me prévaloir des cours que je donne gratuitement à des élèves en difficulté 2 heures par semaine depuis 3 ans, et des week end que je passe depuis 8 ans à faire de l'aphabétisation et des CV de femmes sans papiers pour les aider à trouver du travail.

    Critiquer sans savoir, comme ça, gratuitement, "sans donner de nom parce que c'est les vacances", pour le plaisir, c'est vraiment trop facile.

    Fustiger les entreprises du CAC40 qui reversent tout à leurs actionnaires et exploitent des mères de famille au SMIC, OK, mais jeter la pierre à des petites boites qui se montent avec des gens qui bossent 24h sur 24 et font profiter des jeunes de leur réseau et de leur expérience, je dis non, c'est injuste, c'est facile, c'est méchant et c'est faux.

    Désolée d'être aussi directe, mais je n'aime pas me cacher pour répondre. Je n'aime les polémiques que quand elles sont directes, honnêtes et en face à face, ou à défaut, en clavier à clavier.

    Bonne journée à toi.

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  4. @Marlène: je crois que ce que Marine veut dire, c'est qu'il existe certaines boîtes (et la tienne, comme beaucoup d'autres, n'en fait pas partie et c'est tant mieux), qui jouent sur le turnover de stagiaires plutôt que de créer des postes.
    C'est ainsi qu'un stagiaire se retrouve non plus dans la position d'apprenant, mais dans celle de quelqu'un qui fournit un véritable travail qui rapporte de l'argent à la boîte. Au lieu de transformer ce poste utile en CDD/CDI, ces boîtes-là préfèrent embaucher un autre stagiaire (quitte à le reformer), moins cher et plus flexible, alors que le poste qu'il occupe mériterait un temps plein, normalement rémunéré.
    Alors bien sûr, il faut des stages et les étudiants sont très reconnaissants envers les boîtes qui leur mettent le pied à l'étrier, mais il ne faut pas faire d'angélisme non plus.
    Beaucoup d'entre iront de stage en stage avant de décrocher le Graal (un CDD, yeah!). Bravo à toi si tu as une éthique vis-à-vis de tes stagiaires, mais rappelle toi aussi que certaines boîtes ne se gênent pas pour exploiter le code du travail à leur avantage.
    Et pour rappel, celui stipule bien "Aucune convention de stage ne peut être conclue pour remplacer un salarié en cas d'absence, de suspension de son contrat de travail ou de licenciement, pour exécuter une tâche régulière correspondant à un poste de travail permanent, pour faire face à un accroissement temporaire de l'activité de l'entreprise, pour occuper un emploi saisonnier." (article 6-1 du Décret n°2006-1093 du 29 août 2006 pris pour l'application de l'article 9 de la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l'égalité des chances).
    Désolée de faire mon intello, je voulais juste recadrer les choses...
    Encore une fois Marlène, toutes les entreprises ne sont pas visées, mais un certain nombre d'entre elles abusent, notamment en ces périodes de chômage où les p'tits jeunes devraient déjà être bien contents d'avoir trouvé quelque chose!
    Ceci étant dit en toute sympathie. :)

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  5. Marlène, je n'ai pas fait d'attaque directe tout simplement par ce que ce n'était pas mon but. Je ne souhaite blesser qui que ce soit en emmettant un billet comme le mien. Je souhaite juste émettre une opinion, et débattre. Pas d'agression, mais de la dicussion.

    La personne qui crée sa boite comme toi n'est pas dans la même configuration que la grosse boite qui utilise du stagiaire à outrance. Je ne souhaite pas que tu te sentes visée particulièrement par mon billet, au contraire, c'est ton article qui m'a fait réagir et donné envie d'aborder ce thème, de manière "large".

    Si tes stagiaires avaient besoin de ce stage, et que la rémunération proposée leur convenait, c'est très bien, tu n'es donc pas concernée par les entreprises que je critique. (Même si je ne vois pas ce qui empêche l'employeur de donner aux stagiaires une rémunération correcte, si c'est vraiment "pour eux" qu'il le fait.) Je critique celles qui ne proposent que ça, à des jeunes diplômés qui préfèreraient bien évidemment un job plutôt qu'un stage (et Dieu sait qu'il y en beaucoup).
    Le problème, c'est que les stagiaires ne sont pas particulièrement en position de choisir ou de décider, en ce moment.

    Quant aux personnes embauchées à un petit salaire, je ne critique pas cela, car ça n'a pas de rapport avec le statut du stage.
    Je ne te traite donc pas d'esclavagiste directement, evidemment (je ne te connais pas, tout simplement!), je critique cet esclavagisme organisé, officiel, qui fait passer le stage gratuit comme "normal", alors qu'il ne l'est pas.

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  6. @ Marine: bon, c'est pas non plus de l'esclavage. Les stagiaires acquièrent quand même une expérience qu'ils peuvent ensuite valoriser.
    Et ils peuvent à tout moment s'en aller si cela ne leur convient pas (même si, je suis d'accord, ils ne le font pas tellement c'est galère de retrouver quelque chose derrière).
    De toutes façons, tant que l'embauche et le licenciement ne seront pas plus flexibles, ce genre de problème persistera car les employeurs en France sont presque piégés quand ils embauchent en CDI... Il faudrait être un peu plus rationnels...
    Mais ça, c'est un autre débat que cette période estivale rend peu propice (ou alors autour d'un verre de rosé cet été!) ;)

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  7. @ Marine: tu dis " cet esclavagisme organisé, officiel, qui fait passer le stage gratuit comme "normal", alors qu'il ne l'est pas." Je ne suis pas d'accord.
    Dans un stage, le stagiaire est en situation d'apprenant (normalement). Il n'est pas là pour apporter un savoir-faire mais pour en recevoir un. On peut alors en déduire que l'absence de rémunération est compensée par le côté pédagogique du stage.
    Bien sûr, cet argument ne tient pas si le stagiaire effectue une tâche à valeur ajoutée auquel cas, c'est surtout tout bénéf' pour la boîte. :)

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  8. @ Céline, bien sûr, c'est cette hypothèse n°2 qui me gêne ;-)
    Le stage "découverte" ne me pose aucun souci.
    Ni même le stage où l'on bosse vraiment et où l'on produit de la richesse... mais à la condition qu'on reçoive une indemnité proche du SMIC.
    Je connais peu de jeunes qui sont fous de joie à l'idée d'aller faire tout un tas de trucs passionnants, pendant des mois, pour des clopinettes, surtout quand ils ont besoin d'argent pour manger, se loger, se soigner, s'habiller, alors qu'ils occupent un VRAI POSTE.

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  9. Céline,
    Amen, c'est tout pile la description de ce que nous faisons !
    Marine,
    Tu écris donc un "post" qui commence par les termes: "un coup de gueule, je suis outrée"... puis qui décrit l'activité de MA société, juste après avoir lu l'offre de stage publiée par MES soins, vue par toi sur MON profil Facebook, de ton propre aveu, en la comparant à de l'esclavagisme, illustration à l'appui, sans même me connaître, mais nous sommes là "pour débattre" et ce n'est pas moi "qui était visée".

    Tu me permettras donc, sans animosité aucune, bien sûr, et pas du tout contre toi personnellement puisque je ne te connais pas, de déplorer l'attitude de ces gens qui jugent tout le monde sans connaître personne, qui ne font jamais rien, mais qui critiquent toujours tout.

    C'est un "coup de gueule", je suis "outrée", ça me vient après la lecture de ton billet, mais ce n'est pas contre toi, bien sûr.

    Je n'en ferai pas un "post" prétendument anonyme et ne visant personne, je te réponds simplement puisque tu indiques que c'est sur mon dos que tu te payes ce petit coup de gueule . C'est bien sûr "pour rire" et "pour débattre", c'est très frais, n'est-il point. Sourire.

    Bonnes vacances !

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  10. Grmmmplf.
    Nulle part dans mon Post il n'était mentionné d'informations sur ta société... et mon but n'était pas de parler d'une société en particulier mais de comportements généraux (ton lien Facebook m'a mis la puce à l'oreille, certes, j'ai rebondi dessus sans le citer). Je n'avais pas pour intention de parler de toi à mes lecteurs... Tant pis, et navrée que tu te sois sentie visée...

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  11. Coucou...
    Je ne suis pas sur FaceBook, et pis de toute façon je ne viens pas polémiquer ou donner mon avis sur quoi que ce soit : je viens juste te souhaiter un très JOYEUX Z'ANNIVERSAIRE Miss!... Bisous et très belle journée à toi!...

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  12. Je ne veux pas remettre de l'huile sur le feu mais ... J'ai fait, il y a quelques années, un stage obligatoire dans une boîte où TOUS les employés étaient des stagiaires : 12 heures de boulot par jour, aucun avantage ni aucune reconnaissance ...
    Quelques mois après la fin de mon stage, un journaliste d'une émission d'information de la chaine M6 s'est fait passé pour un demandeur de stage et a fait un reportage pour la chaine ...
    Je pense bien que toutes les entreprises ne fonctionnent pas de la même façon et heureusement !!!!

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  13. "La vérité n'atteint que ceux qu'elle blesse"

    A méditer ...

    Ps: j'ai aussi connu des entreprises comme celles-ci donc non il n'y a pas que des gentils employeurs qui ne pensent qu'au bien de leurs petits stagiaires protégés ...

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