vendredi 28 août 2009

La grossesse: si c'était à refaire...


(Même Marie a du avoir des reflux gastriques pendant la grossesse! C'est juste que Laurence Pernoud n'était pas encore née pour l'écrire quelquepart.)



Avec le recul, on se fait souvent tout un tas de réflexions, comme "si j'avais su", "je n'aurais pas fait comme ça", etc...
Pour l'attente de mon enfant, par exemple, et en vrac, voici quelques petites idées qui viennent:

Si c'était à refaire...


- Avant de tomber enceinte, j'aurais mangé du caca de chat, des légumes dégueulasses, encore plus de tartares de boeuf, sans jamais me laver les mains, et tout ça, dans des favelas d'une ville prise au hasard. J'aurai peut-être enfin chopé la toxoplasmose.

- Bien avant de tomber enceinte, j'aurai inscrit mon utérus à la crèche, pour que son futur éventuel contenant y ait une place avant l'entrée au CP.

- Dès les premières semaines de grossesse, j'aurais fait faire des super photos de moi: Parce qu'avoir encore le ventre plat, et des seins de porno star, ça ne m'arrivera pas souvent dans la vie.

- Pendant les 3 premiers mois, j'aurais pris un petit oreiller-tour de cou dans mon sac, ça aurait été utile pour les siestes inopinées dans la bagnole/ aux toilettes du bureau/ sur mon clavier.

- Je me serais moins pourri la vie quant à certaines réflexions misérables, entendues à l'annonce de ma grossesse, de la bouche d'une miniscule poignée de personnes.

- Pendant la grossesse, pour me balader en ville, j'aurais pris soin d'installer une petite ceinture de barbelés autour de mon ventre/ une sirène hurlante/ une tranche de jambon périmée/ un chat noir décédé, tout pour empêcher les illustres inconnus de venir tâter mon ventre sans me prévenir (à enlever tout de même pour la révision mensuelle par le plomb... heuh, pardon, la visite mensuelle chez le gynéco).

- J'aurais fait tous les papiers nécessaires pour la sécu, mais en envoyant mes 24 dernières feuilles de paie au lieu des 3 dernières demandées, en triple courrier, avec relances téléphoniques tous les jours, double photocopies et rebelote un mois après. J'aurais peut-être fait directement des avances, même avec mon ventre de 1 m d'envergure qui m'aurait donné un air pathétique, au directeur de la sécu du 92, pour qu'il mette mon dossier en haut de la pile. Si ça avait pu m'aider, j'aurais fait des pieds et des mains pour connaître Jean Sarkozy.
Je n'aurais, ainsi, pas subi un retard de 2 mois dans le paiement de mon congé mat'. "Ah, mais madame, c'est toujours comme ça dans les Hauts-de-Seine, le délai de traitement est très long vous savez".

- J'aurais bien moins culpabilisé, avant, pendant, et après, par rapport à mon chef: La vie, ça change de toutes façons, on oublie tout ça, et qu'est-ce que c'est que toutes ces injonctions à la con qui nous bouffent la vie? (rentabilité optimum, communication parfaite, faire des heures et être toujours en forme olympique pendant une grossesse? impossible!) On ne peut pas TOUT avoir, et profiter de mon bébé est la plus belle chose qui me soit arrivée.
Et puis, quand on sait qu'on ne va même plus avoir de retraite, nous, les mères.... pffff... autant arrêter tout de suite de trop penser.

- Je me serais moins inquiétée du traitement que mes supérieurs me réserveraient à mon retour... en revanche je me serais beaucoup plus méfiée des "bons" collègues , dont on s'aperçoit que certains ne peuvent s'empêcher de vouloir prendre votre place pendant votre absence, voire vous décrédibiliser professionnellement dans votre dos avec tout un tas d'arguments d'un autre âge, car vous êtes devenue "Môman".

- J'aurais fait des stocks de lentilles en boites et de brocolis, plutôt que d'aller me casser le dos au supermarché tous les deux jours pour prendre ma dose.

- Je n'aurais pas acheté de crèmes anti-vergetures hors-de-prix. Je n'en ai mis que 3 fois pendant toute la grossesse, je n'ai pas eu une seule vergeture. CQFD?

- J'aurais beaucoup plus insisté pour avoir une chambre seule à la maternité, dès le premier jour.

- Je ne me serai pas formalisée quant à la remarque de la sage-femme sur mes kilos en-trop-par-rapport-à-ce-qui-était-écrit-dans-ses-livres. J'ai tout reperdu sans régime!

- Je n'aurais pas lu le Laurence Pernoud, mais j'aurais lu Mauvaises Mères!

- Je n'aurais pas eu l'idée absurde d'essayer tous mes jeans d'avant, à 8 mois de grossesse, "juste pour voir". Je n'aurais ainsi pas découvert que pendant la grossesse, on grossit aussi des genoux, et ça m'aurait évité une crise de larmes un peu bébête, il faut l'avouer.

- J'aurais bien pris le temps, à la maternité, de mettre du blush et de l'anti-cernes pour honorer mes visiteurs (et surtout avoir l'air d'être encore en vie sur les photos)

- Je n'aurais pas fanstasmé sur l'idée que dès le lendemain de l'accouchement, on retrouve son petit tour de taille d' il y a neuf mois.

- j'aurais bien pris les compléments en fer prescrits... (les boites encore fermées sont toujours dans mes tiroirs)

- J'aurais encore plus mis en valeur mon décolleté pendant l'allaitement... Car malgré mes kilos en trop, mes cernes, mon bébé dans les bras et mes auréoles de lait sur les t-shirts, c'était une sainte période où les vieux messieurs du Jardin des Tuileries me regardaient d'un air lubrique et où les ouvriers sur leurs trottoirs (des envoyés du ciel?) me sifflaient comme une tchorgnasse. Un peu gênant? Non, flatteur, je vous jure.

- Je n'aurais pas choisi, parmi toutes les peluches offertes à ma fille, de l'habituer à la plus chère de toutes. Celle qui est devenue son doudou va devoir être achetée en double un de ces jours (rapport à l'usure)... et franchement j'aurai mieux fait de lui confier un gant de toilette d'occasion.


Vous l'avez vu... ce sont surtout des détails d'ordre matériel, finalement!
Les 95% restants que j'ai vécus, je les revivrais avec plaisir à l'IDENTIQUE!

Et vous, quelles sont vos remarques, après coup, sur votre expérience?

9 commentaires:

  1. Pour les vergetures, tu fais partie des chanceuses. File moi tes crèmes car d'autres malchanceuses comme moi en ont même sans être enceintes.

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  2. ben, un peu comme toi, finalement... Mais on oublie...

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  3. Ben j'ai beau chercher, je ne trouve pas. Faut dire qu'en plus j'ai évité pas mal de tes impairs sauf pour la toxo Je ne me rappelle plus si je suis immunisé mais ça ne m'a pas fait flipper sauf un peu la fois ou j'ai mangé des rillettes qui ont été rappelés par le supermarché quelques jours après. mais juste un peu.

    Même le décolleté j'en ai profité au point qu'un collègue un peu coincé m'a carrément trouvé indécente lol.

    Bref la prochaine fois tu m'appelles avant ;-p

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  4. Vous ne me croirez pas, mais je vous jure, c'est vrai : je ne me suis pas rendue compte que j'étais enceinte.
    Pas dans le genre, je ne veux pas, mais dans le genre, ça fait quatre ans que j'essaie, les test grossesse, je les achetais mois après mois de plus en plus tard après le retard de mes règles, et il suffisait que je revienne de chez le pharmacien pour que je n'ai même pas à faire pipi sur le test !
    Je déjà dit que j'étais catho, alors un jour, je me suis engueulée avec Dieu (une de mes grandes spécialités) à base de "et puis merde, si vous voulez pas que j'aie un enfant, finalement je m'en fous, je serai heureuse quand même ! NA. Non mais alors".

    Et donc j'ai renoncé à avoir un enfant.
    Et donc un jour, le père de l'enfant en question m'a demandé si je ne serais pas enceinte.
    Je me suis alors rendue compte que je n'avais pas eu de règles depuis 3 mois, que mes seins débordaient de mon soutien gorge. Je suis sure que mon gynéco (à la retraite) raconte encore cette histoire en se marrant : une femme sur-diplômée, de 30 ans, pas fichue de s'apercevoir qu'elle est enceinte !
    Tout ça pour dire que cette grossesse s'est déroulée de manière géniale : pas de nausées, pas de somnolences, pas de problèmes, pas de cours d'accouchement sans douleur, tout nickel.
    Le calcul de date prévisible d'accouchement faisait naître l'enfant le 13 août. Nous avons décidé avec son père qu'il serait baptisé le 15 août.
    Je n'ai pas voulu accoucher à PARIS : la famille paternelle de Fistonchéri ayant la détestable habitude de s'imposer à la clinique en nombre dès le jour de la naissance pour accueillir le nouveau né. Et quand je dis en nombre : Fistonchéri avait 7 tantes, 1 oncle et au moment de sa naissance, il n'avait que 17 cousins. Depuis, ils sont plus d'une trentaine.
    Alors je suis allée accoucher en Bourgogne, sans le dire à personne.
    Je suis restée presque en tête à tête avec Fistonchéri les premiers jours après la naissance. Les seules personnes qui venaient me voir étaient alternativement mon père ou ma mère qui m'apportaient ce qui me manquait.
    C'était génial.
    Fistonchéri a été baptisé le 15 août.
    Je referai tout pareil.

    PS : pour la toxoplasmose, j'ai toujours vécu avec des chats, je ne suis pas une maniaque de la propreté et je ne l'ai toujours pas eu !

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  5. Malgré tout, et tu pourrais continuer la liste des petits tracas ad libitum, je serais toujours un peu jaloux de ce que l'on doit vivre et ressentir quand on est enceinte...
    Particulièrement lorsque tu écris "Vous l'avez vu... ce sont surtout des détails d'ordre matériel, finalement ! Les 95% restants que j'ai vécus, je les revivrais avec plaisir à l'IDENTIQUE !"
    Alors je me console en me disant qu'au moins je n'aurais pas les inconvénients non plus...

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  6. @ pourquoisecompliquerlavie:
    c'est vrai que c'est une chose qu'on apprend, ça aussi: l'enfant, bien souvent, n'est jamais au RDV "sur demande", et arrive exactement au moment où on l'a le moins prévu!

    @Saint-Luc:
    En effet, on en ressent des choses en étant enceinte... mais je suis sûre que le compagnon aussi a son lot d'émotions fortes!

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  7. digne d'un sketch de Foresti !
    c'est vrai les photos d'avant j'aurais bienvoulu en avoir, juste pour être nostalgique du bon vieux temps ;-))

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  8. Sans doute, j'espère bien, mais je me dis que ça ne doit rien avoir à voir, ce qu'une femme doit ressentir doit être tout autre chose, radicalement différent, je ne sais pas trop comment le dire mais grosso modo je me dis qu'un homme ne pourra jamais vraiment le comprendre...
    Un peu comme dans la fameuse phrase "tu ne sais pas ce que c'est !", et bien non, on ne sait pas, on ne peut pas savoir.

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  9. @ Saint-Luc: c'est certain, cette expérience est physique, spirituelle, émotionnelle, elle multiplie les émotions par dix, donne encore plus la sensation de "vie", déclenche tout un tas de sensations et sentiments passionnants.
    Mais bon, vous les hommes, vous faites pipi debout, et ça a l'air génial! et nous on ne saura jamais ce que ça fait... si ça peut te consoler.

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