lundi 28 septembre 2009

Un week-end parmi d'autres


J'ai passé un épuisant excellent week-end. Que pensez-vous?
Que j'ai goutté aux premières neiges en Haute-Savoie? Que j'ai accouché de jumeaux? Que j'ai bu toute la vodka à l'herbe de bison qui trainait dans mon congélo? Que j'ai dégagé les angles, toute seule, et repeint mon salon style "pop années 60"? Que j'ai fait un concours de danse comme dans "on achève bien les chevaux"? Que je me suis amusée à marcher au lieu de prendre ma voiture, juste pour voir si j'arriverais à sauver la planète? Que j'ai infiltré le milieu de la prostitution à Pigalle pour réaliser un exccccccellent reportage pas racoleur du tout?


Meuh non, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil: j'étais toute seule avec ma fille tout le week-end, et en plus, malade. (Moi, pas ma fille, faut pas rêver)
Eh bien écoutez. Je vais en profiter pour faire un post en forme d'hommage, de tribute to: les mères aux foyers, les nounous, les mères tout simplement, de familles nombreuses encore plus, les pères aussi par la même occasion (même si bon, hein, on est n'est pas dupes non plus, les mecs ;-), et donc un peu moi-même, en fait, excusez cette impudeur.

Dieu sait qu'on est con, quand on est jeune, mais merde. Là je me rends compte de plein de choses, depuis que je suis maman. Je crois que j'avais plein de principes avant, d'idées bien préconçues, qui volent en éclat. Par exemple: "S'occuper de ses enfants, ça doit être facile, car naturel."
On le sait, qu'un bébé, c'est fatiguant, en théorie. Mais concrètement, c'est franchement une des choses les plus dures, physiquement, que j'ai pu vivre. Si, si.
Quel bonheur évidemment, ce petit-être.... mais quel boulet aussi, parfois!
Tout bébé, déjà, avec les tétées toutes les 3 heures, on apprend à dormir comme les marins, par tranches, une heure par ci, une demi-heure par là... un peu d'anticernes par ci...

Mais plus ça grandit, plus c'est fatiguant, ces nains!
La mienne a 16 mois et quelques. Et en plus, je suis assez lucide: le pire (physiquement, hein) est à venir! Mais là c'est encore plus difficile qu'à ses premiers mois.
Quand mon corps repense (oui, mon corps pense) à ses crises de larmes, à ses (nos) nuits blanches, à ses couches à changer toute la journée.... il en aurait presque de la nostalgie, ce con! (oui, mon corps est con, aussi, parfois)

Ce week-end, j'ai passé 48h de folie. Ma fille qui me suit partout, du matin au soir. Des occupations à trouver de 7h du matin à 20h.
Pour elle, juste une heure et quart de sieste à midi, pendant laquelle je suis sensée : déjeuner-prendre mon café-lire la presse-m'épiler-somnoler-vider le lave-vaisselle-rêvasser (équation impossible).
Essayer de déjeuner avec ma copine, d'être attentive à ce qu'elle me dit, tout en ayant un oeil sur ma fille qui essaie de colorier les murs ou de jeter du pain chez les voisins d'en-dessous.
Faire de la pate à modeler. Coller des gomettes. Aller aux toilettes tout en empêchant ma fille de mettre ses mains dans la cuvette. Prendre une douche. Courir vers le pot dès que j'entends "man-man ca-ca", préparer à manger.
Sortir au parc. Déplier cette p..... de poussette avec une seule main (l'autre main étant occupée à tenir fermement ma fille pour qu'elle n'aille pas s'amuser sur la route). Parler avec les autres parents au parc. Rentrer du parc. (tiens, faudra que je voie "Mother Fucker", de Florence Foresti, d'ailleurs)
Changer ma fille qui n'a pas réussi à aller jusqu'au pot dans le délai imparti. M'assoir. Me lever. M'assoir. Me relever (mes cuisses et mes abdos ne se sont jamais aussi bien portés, merci!) Préparer le gouter. Essuyer le carrelage plein de petit-suisse. Prendre un doliprane. Penser aux soldats qui arrivent à dormir tout en marchant, eux.
Donner le bain. Ne pas céder aux caprices de la sortie de bain. Préparer le diner. Donner le diner. essayer de dormir en même temps que je donne le bib'. Lire des histoires. Ramasser toutes les pièces de M. Patate.

A cela, vous rajoutez une musique de parade du cirque, vous accélérez un peu le film, et franchement, mon week-end a ressemblé à la vie d'un clown. N'importe quoi.

A 20h, enfin.... ma fille endormie. Je me retrouve seule, tranquille avec mon rhume, sur mon canapé. Le luxe suprême: avoir quelques heures devant soi. Mais il reste tellement de choses à faire.... Tant pis, procrastination (oui), quand tu nous tiens... je remets tout au lendemain.
Je chéris ma nounou de prendre le relais. Je remercie la vie de m'avoir entourée pour me permettre de ne pas être seule avec ma fille trop longtemps. Exténuée, le dos endolori, j'allume la télé, le feuillette la presse, je flâne sur internet, je grignote dans le frigo.

Une heure passe. Je ne peux m'empêcher d'aller voir ma fille dormir. Entourée de ses petits doudous, dans un profond sommeil, la respiration forte... C'est ça mon bonheur, en fait.
Ces enfants nous vampirisent, parfois, nous bouffent toute notre énergie, nous font littéralement craquer, et pourtant: on a l'impression qu'on n'existait pas vraiment avant, qu'on ne savait pas ce que c'était que d'être heureux, qu'on ne savait pas à quel point la vie était précieuse. Même si on était plus tranquilles.
Bon, allez, je vais me coucher, aussi.

6 commentaires:

  1. Très joli témoignage et également bravo à toutes les mères célibataires

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  2. Je trouve également admirables les mères au foyer et toute personne s'occupant à temps plein d'enfant. Moi qui n'en ai pas, rien que de voir les mamans s'agglutiner au parc pour "sortir" leur progéniture qui tourne en rond dans leur 50 m² parisiens, galérer avec leur poussette dans les transports en commun, gérer les caprices au rayon sucré du supermarché, essayer de suivre leur môme en patinette sur le trottoir... je suis emplie d'une admiration sans borne.
    Et j'en profite pour savourer mes week-ends glande, à me demander si je fais ma sieste avant ou après m'être fait les ongles.
    Je sais, tu me détestes... :)

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  3. Encore une fois, je lis ce que tu écris et je me reconnais à 100%. Ma puce a 1 an ce we et ma vie a une saveur autre et si merveilleuse ! Et pourtant qu'est ce que c'est dur des fois !

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  4. Merci Marine de me faire déculpabiliser! Mon petit loup me prend tout mon temps en ce moment et même si j'en suis folle d'amour, des fois je rêve d'être un peu seule et de pouvoir de nouveau faire des choses! Je saute de joie quand mon homme prend le relais deux heures pour que je puisse aller faire trois courses tranquille... et je réalise que ça ne fait que commencer! J'avais prévu de faire plein de choses pendant mon congé maternité mais je réalise que je rêvais un peu!

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  5. Déjà le pot ? C'est une pression de trop.

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  6. @ Nudel:
    comme dit Schumacher, "la pression, nous, on la met dans la bière et dans les pneus". Mais merci quand-même de t'inquiéter.

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