vendredi 30 octobre 2009

Danse!


Parmi tous mes vices, je ne sais pas si vous le savez, mais je suis passionnée par la danse.
J'en ai fait, non-stop, de mes 5 ans à mes 20 ans, dans la même école.

Danse classique pour commencer, puis jazz et contemporaine. Le mercredi, puis, aussi, le vendredi soir, et le samedi après-midi. Cela pouvait monter jusqu'à 8 à 10h par semaine, parfois, l'année où nous répétions le concours de la Fédération Française de Danse,
à l'occasion des "rencontres chorégraphiques" (au passage, mon petit groupe et moi, à 14 ans, nous avions passé les sélections départementales, régionales ET Nationales! Grâce à notre chorégraphie contemporaine sur une musique des Tambours du Bronx. Oui môssieur! Et merci à notre prof, évidemment...)

Je n'en fais plus, pour des raisons très bêtes. J'ai quitté ma région il y a quelques années pour aller à Paris. Et donc, je n'ai jamais, vous entendez, JAMAIS voulu trouver une autre école de danse que la mienne. J'avais trop peur d'être déçue.
J'ai donc fait des cours de trucs par ci-par là, un peu de barre à terre, de stretching, de yoga ou d'assouplissements classiques. Mais chaque fois, je me disais que mon ancienne école était vraiment géniale. (et puis, pour être un peu objective, j'avais tout un tas d'autres occupations, à Paris). Maintenant, bébé, pas l'temps, machin, tout ça... bref, je me trouve plein d'excuses.

Cette école de danse, elle a accompagné toute mon enfance et mon adolescence. Tout en m'ayant appris la discipline, l'endurance et la patience (il y avait des jours, surtout petite, où j'y allais en trainant la patte, sachant à quelle sauce on allait être mangées...) elle est associée à des souvenirs vraiment agréables:
Les journées entières de répétition, au théatre, quand on a 5 ou 6 ans, où l'on voit toutes les grandes danser devant soi, quelle excitation!
Les débuts, en classique, "parce que c'est la baaaaaaaaase, mesdemoiselles!", puis l'aprentissage douloureux des pointes (pas ma tasse de thé, d'ailleurs). La joie folle de se mettre au jazz, pour se lâcher. Et enfin, le plaisir intense de la danse contemporaine, qui permet de s'exprimer, d'improviser, de créer sans cesse.

Je me souviens de mercredi et de samedi entiers avec les copines, à créer des chorégraphies, ou à répéter la même chose, une année durant, pour passer nos concours. (J'ai encore parfaitement la chorégraphie en tête, presque 15 ans plus tard!) Le soir, en rentrant à scooter à la maison, vers 22h, l'adrénaline m'empêchait de manger, ou de dormir immédiatement.
Toute l'année scolaire, j'étais passionnée par mes cours de danse, et mes révisions scolaires ou mes sorties devaient parfaitement coïncider avec l'heure de ceux-ci, pour ne surtout pas les rater.
Avec le recul, je me rends compte que ça fait un bien fou, à cet âge-là, d'être canalisé, occupé pendant tout notre temps libre. Pas de place pour faire des conneries! Et puis, c'est peut-être cliché, mais la danse est un sport complet, alliant le corps et l'esprit, qui nous enseigne beaucoup de choses pour la vie.
Et, l'été arrivant, je me souviens qu'on allait piquer un petit plongeon dans la mer, qui était à deux pas, juste après le cours de jazz du vendredi soir...
Les deux mois d'été, je me passais en boucle la cassette du spectacle du mois de juillet précédent, ainsi que des films cultes de danse comme Chorus Line.
Et je voyais revenir le mois de septembre, la triste fin du chant des cigales, avec ce plaisir: le moment des inscriptions à la danse!

Certaines de mes anciennes camarades de danse, les meilleures, en ont fait leur métier. C'est vraiment toute une grande partie de ma jeunesse. J'aimerais transmettre cette passion à ma fille (Ca va, je ne vais pas la forcer à quoi que ce soit, ne vous inquiétez pas, ce serait mal me connaître!)
Je crois qu'elle commence à s'y intéresser, d'ailleurs: Au moins une fois par semaine, je la cale devant Youtube: du Béjart, du Sidi larbi Cherkaoui, du Maillot... les plus grands danseurs réalisant un pas-de-deux, le superbe pas-de-quatre du Lac des Cygnes ou de "modestes" enchainements de l'école de ballet de l'Opéra de Paris (cliquez-ici pour voir la video, c'est passionnant)... Dans quelques années, je l'amènerai au Grimaldi Forum, à Monaco, pour lui montrer son premier ballet!
Ma fille, à 18 mois, est littéralement fascinée par la danse, plus particulièrement classique. C'est étonnant, et j'adore ça!

Avis? Opinion? et puis, bon week-end les chéris!

11 commentaires:

  1. Ma maman avait été trainé de force à la danse, pour laquelle elle n'avait ni gout ni aptitude particulière; du coup elle ne nous a surtout pas mis à la danse mais à la gym et nous a inculqué un discours assez négatif des cours de danse classique: rigueur abusive, dénigrement des plus faibles, des moins constitutionnellement adaptées à la danse classique, etc. A 8 ans j'ai quand même eu le droit de faire de la danse mais ce n'était pas dans une école officielle: on dansait sur du classique dans un gymnase! On avait quand même fait un spectacle de fin d'année pour lequel on avait du répéter 2 ou 3 fois dans la grande salle de spectacle de la ville. L'année suivante on avait déménagé il a fallut attendre mon entrée en 5ème pour qu'elle me retrouve un cours de danse "à son gout": à la MJC cette fois ci on faisait des chorégraphies sur les musiques du moment. Re-déménagement et cette fois je n'ai pas retrouvé de cours de danse: le seul ou j'ai tenté les filles avait un niveau bien au dessus du mien j'étais larguée. Ensuite, j'avais d'autres chat a fouetter et surtout la conviction qu'ou que j'aille vu mon petit niveau je me retrouverais systématiquement larguée.
    Finalement c'est grâce à ma puce que je redécouverts la danse: comme la plupart des petites filles elle a réclamé à faire de la danse. J'ai éliminé d'office LE Cours de classique parce que très cher, parce que surbookée, parce que la prof correspond parfaitement au stéréotype de rigueur, d'exigence, et de manque d'humanité qui ne me semblait certainement pas convenir à une petite fille de 4ans vive et exubérante. A cet âge, je voulais avant tout qu'elle prenne du plaisir dans une activité autre que l'école. On m'a orienté vers une petite association qui justement faisait de la danse contemporaine. Elle y a fait une merveilleuse première année, le contact avec les prof était très bon et j'ai découvert le groupe des adultes lors du spectacle de fin d'année. Ce qui m'a de suite rassuré c'est qu'il n'y avait pas de profil type de danseuse et qu'il y avait à priori des niveaux différents parmi les danseuses. Du coups je me suis lancée l'année dernière, j'ai découvert du coups les concours régionaux, notre assoc' a remporté un prix pour 2 des chorégraphies sur 3 présentés. J'ai bien sur rempilée cette année, la prof m'assure que j'ai bien progressé même si je suis encore à la traine, il faut dire que je m'applique et que je me suis bien investie, bien plus que dans la gym ou ma mère me trainait plus jeune. Et la puce en fait pour la 3ème année toujours avec autant de plaisir même si elle abandonnera l'année prochaine pour faire du théatre!.

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  2. Ton billet est vraiment super bien écrit Marine!
    Ca décrit tout à fait cette sensation que plein d'amies essayaient de me décrire quand j'étais plus jeune.
    Je ne connais pas moi même cette passion pour la danse, n'en n'ayant pas fait petite. A part un cours quand j'avais 6 ans où la prof nous avait fait allonger sur le dos et nous appuyait sur le ventre avec le pied pour que notre dos soit bien plat...
    Bref, tu sais donner envie de danser, ou même juste d'aller voir un ballet.
    Je pense que la rigueur et la discipline qu'on associe à la danse classique fonctionnent un peu comme une drogue chez les danseuses car c'est la 1ère chose qu'elles mentionnent quand elles en parlent.
    En tous cas, si un jour j'ai une fille, j'adorerais qu'elle fasse de la danse, ou tout du moins qu'elle essaye. C'est dingue à quel point ça peut être structurant (cf ton adolescence).
    Tu comptes t'y remettre puisque tu es revenue dans le Sud???

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  3. @ Cleanette: mes profs de classique étaient d'anciennes danseuses d'opéra. Forcément: dures, rigoureuses, pas super sympa. beaucoup d'exigence avec nos corps, notre façon de nous tenir, de nous regarder dans la glace. Disons qu'il ne fallait pas être mal à l'aise avec nos corps....Et en même temps, la danse aide beaucoup à s'accepter. C'est paradoxal.
    Et puis la prof assise sur notre dos en grand écart... les doigts de pied en sang avec les pointes... j'ai connu aussi! C'est vrai que c'est spécial. Beaucoup de filles laissaient tomber au bout de quelques mois, d'ailleurs. Mais d'autres, comme moi, y ont trouvé plus de plaisir que de souffrance. Va savoir... ;-)


    oui, c'est ça, Céline: une drogue! malgré la rigueur, les remontrances, la douleur... on en tire un plaisir physique et psychologique inouï!
    je pense, comme dans tout sport.
    mais la danse, permet, en plus, de s'exprimer. Il y a un truc intellectuel en plus, en fait. Du moins, c'est ce qui me manque dans un sport "lambda".
    J'y ai appris beaucoup.

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  4. Je suis aussi une passionnée de danse, je vais voir des ballets régulièrement (d’ailleurs je te conseille d’aller jeter un coup d’œil sur le programme du Centenaire des Ballets Russes, ca va surement te plaire) et je ne manque pas de me renseigner sur les spectacles en représentation lorsque je visite d’autres villes (Romeo et Juliette à Budapest, ballet moderne à Copenhague), ça apporte un charme supplémentaire à la découverte du lieu. De mon côté, jamais de concours mais toujours beaucoup de plaisir à assouplir, renforcer et laisser s’exprimer mon corps. Classique toute petite (mais pas jusqu’aux pointes, ce que je regrette car ça m’a toujours fait rêver !), jazz pendant longtemps, contemporain et finalement danse africaine (des mouvements et enchainements auxquels je n’étais pas habituée, une révélation !). J’ai adoré mes années de danse contemporaine, enseignée par un ancien danseur des ballets de Béjart. J’ai maintenant arrêté car mes horaires et déplacements de travail affectaient mon assiduité et mon envie de rentrer à 22h30 à la maison les soirs d’hiver… mais je continue de pratiquer le yoga, discipline qui me fait un bien fou ! C’est vrai que c’est assez frustrant de ne pas pouvoir poursuivre une activité, et même si à chaque fois que je vais voir un ballet, sans exception, je me dis « c’est tellement beau, je me réinscris à la rentrée prochaine! », nos vies changent et on ne plus pas tout faire ! On adopte d’autres rythmes, on cherche un nouvel équilibre. Je me console en allant voir ces danseuses et danseurs, dont la souplesse, la beauté et l’intensité, fruit de leur talent et de beaucoup de travail aussi, impressionnent toujours ! Mon Om, qui la première fois m’a accompagnée avec un peu de réticence (il est plutôt maillot de foot que tutu) vient maintenant avec beaucoup de plaisir !

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  5. oui MC Hoover, mon chéri est comme le tien, plus stade que ballet... et bien il adore la danse, maintenant qu'il a un peu compris en quoi ça consistait!
    ils sont adaptables nos mecs, c'est cool.

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  6. Moi, danse classique et piano classique. Danse de 6 à 14 ans, avec le tutu, y compris le tutu long pour mon dernier spectacle ! Et des pointes, et moi j'ai toujours préféré les pointes aux demi pointes. Aujourd'hui, m'en reste encore (à 50 ans passés et sans être sportive) une fichue souplesse et les genoux drroits (et non pas rentrés en dedans comme toutes les filles d'aujourd'hui).
    Le piano classique, mais sans le conservatoire. Je détestais, mais au moins quand j'ai voulu recommencer à 40 ans, d'instinct (enfin à la suite d'un apprentissage de petite fille) j'ai immédiatement retrouvé la bonne position, le poignet souple, le bout des doigts sur les touches (et non pas la dernière phalange) les coudes au corps ... et j'ai pu reprendre avec le sé"rieux d'une adulte des cours pendant une petite dizaine d'années. Et là, ça a été un vrai plaisir.
    Aujourd'hui je n'ai plus le temps, mais à la retraite, je m'y remets : c'est un sport qu'on peut pratiquer jusqu'à la mort ... Ya pas de limite d'âge.
    Je suis d'une autre génération que vous mais réléchissez y avant de renoncer à contraindre vos enfants à qqch que vous n'estimez pas forcément obligatoire. Les souffrances de la danse ne vous ont aps interdit le plaisir. Et aujourd'hui, en vous y remettant, vous pourrez y retrouver le plaisir. Ce que vos enfants auront appris petits, leur restera toute la vie et ce pourra être source de plaisir après...

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  7. Moi ce que j'en dis, c'est que se quicher les pieds dans des pointes pour se les badigeonner d'escalopes de veau ensuite, ça fait quand même pas très sérieux...

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  8. @ pourquoisecompliquerlavie:
    en fait, je suis bien d'accord avec vous. Si on ne "coache" pas un peu ses enfants, ils changent d'activité pour un oui ou pour un non, au bout de 2 mois. Et ils se retrouvent, ado, à n'avoir aucune passion, aucun centre d'intérêt particulier. Et vu que je n'ai pas été comme ça, ça m'embêterait.
    Si je vois que ma fille prend plaisir à faire une activité, je pense que je ne la laisserai pas abandonner pour des raisons débiles comme la flemme. Ce ne sont pas des valeurs si anciennes que ça, finalement... ;-) il faut un minimum d'efforts pour pouvoir apprécier quelque chose! Le plaisir pour le plaisir, instantané, ça n'est pas si évident à trouver, dans la vraie vie!
    enfin, on verra bien. Je n'ai aucune idée de quelle mère je serai dans quelques années...

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  9. La danse classique, malheureusement j'y ai été collée trop jeune. Petit fille de 4 ans dans un cours de "grandes", je ne comprenais pas les consignes et m'efforçait de faire pareil que les autres avec un temps de retard. Ma mère voyait bien que je faisais n'importe quoi et m'a retiré au bout d'un trimestre (autant que je me souvienne).
    Mais ce que tu décris, je l'ai trouvé dans la natation puis dans l'équitation. Je pense que ce qui nous passionne, nous structure, et les efforts et "souffrances" sont perçus comme bons. (Encore aujourd'hui, une séance de mise en selle ou tu descends de ton canasson et tes jambes lachent et tes cuisses tremblent et t'as des courbatures pendant 5 jours... j'adore, ça m'éclate)
    Ma grande fait du ballet pour la 4e année, elle adore ça et moi j'adore qu'elle s'y plaise. Elle commence aussi plein d'autres choses en parallèle, et l'année prochaine il faudra déjà faire des choix et éliminer certaines activités.
    Je crois que chez elle l'engagement et la ténacité ne seront pas un problème.

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  10. Merci Marine,t'as raison sur plein de points!
    Allez, dès demain je montre les vidéos à ma grande...
    Je ne peux pas m'empecher de te racconter que l'autre matin, justement avant son cours de danse, je l'ai "surprise" ds sa chambre, en train de répéter les position de classique, sur son livre de Martine Petit Rat de l'Opéra...ponctués de "La vache, elle est dure celle là!"

    Bises.

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  11. Quel plaisir de te lire et de se remémorer tous ces souvenirs (avec un pincement au coeur particulier pour le passage sur les tambours du bronx bien sûr !).
    Tu as raison, quels bons moments nous avons passés durant toutes ces années ! Merci !

    Betty

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