mardi 13 octobre 2009

La semaine de l'allaitement



En visitant le blog d'E-Zabel, je viens d'apprendre que c'était la semaine de l'allaitement. Bien sûr, je n'étais pas au courant de ce genre de truc. Moi, j'en étais restée à la semaine du goût. (C'est pas aussi cette semaine?) En même temps, on pourrait dire que ça va ensemble.
Ce qui est sympa, c'est qu'elle nous propose un post sur les bienfaits de l'allaitement, et un autre sur ses inconvénients.
Globalement, avec ses articles et les commentaires, tout est dit, et c'est intéressant. J'ai l'impression qu'une fois qu'on est passées par là, on s'y connait, mais qu'avant, c'est un grand flou.


Avant ma grossesse, je ne pensais pas que j'allaiterais un jour. (Bien trop abstrait!). Dès que j'ai su que j'étais enceinte, bizarrement, je ne me suis pas plus posée la question que ça: j'allaiterais, c'était certain. Je voyais l'allaitement comme un prolongement de la grossesse, et de l'accouchement. Je me disais: "mon corps se prépare 9 mois pour ça, autant vivre cette expérience!". J'ai pris ma décision comme ça, et pas vraiment "pour le bien" de mon bébé. En effet je considère que c'est bête de faire ça par culpabilité. Si l'on n'en a pas envie, c'est une contrainte de plus qu'il ne faut pas s'imposer.

J'ai lu tout un bouquin médical sur l'allaitement, datant des années 70. (Il était dans la bibliothèque de mon père). Ce livre expliquait les différentes compositions du lait, le fait qu'il s'adapte aux besoins de l'enfant, qu'il soit plus liquide en été, plus nourrissant au début d'une tétée, etc... C'était passionnant, et ça a achevé de me convaincre.
En revanche je n'ai lu aucun livre "moderne" sur le côté pratique de la chose. Je m'étais dit: j'ai confiance en moi, mon corps est bien fait, tout se fera naturellement, j'apprendrai sur le tas.

Je suis donc sortie de la maternité tranquillou, avec bébé dans sa nacelle, sans avoir acheté un seul biberon, ni de lait en poudre (pour ne pas céder, pour aller au bout de mon projet)

- Première surprise: la montée de lait. Elle met environ 3 jours pour venir, après la naissance. (Avant, c'est un petit liquide épais qui nourrit l'enfant, le colostrum).
J'étais assise sur mon fauteuil, et nous assistions, médusés, à ma transformation: les seins qui commencent à gonfler, gonfler, à doubler de volume, et puis qui deviennent durs comme du bois.
Mon menton pouvait presque se reposer sur eux. L'angoisse. je crois que je me suis mise à pleurer, je croyais qu'ils allaient exploser, comme dans un film gore. J'ai crié "Qu'on me tèèèèèèète!" et mon homme m'a apporté mon bébé. Qui n'a pas assez tété, bien entendu.
Cette sensation qu'on va imploser, qu'on va se faire étouffer par ses propres seins, c'est marrant en théorie, (et puis le papa aime bien, en général) mais concrètement, ça m'a vraiment stressée.

- Deuxième surprise: les crevasses: Les seins qui saignent pendant une bonne semaine, avant que la peau se "fasse". Donner le sein en serrant les dents, je n'avais pas imaginé ça comme ça.

- Troisième surprise: Quand on donne un sein, l'autre coule en même temps. Où quand une tétée approche, les deux peuvent déborder et couler. D'où l'utilité des coussinets d'allaitement. A transporter toujours dans son sac. J'ai eu un entretien avec mes chefs, un mois et demi après la naissance: Calé entre deux tétées, ma fille et son père dans le bar d'à côté, à m'attendre (im)patiemment. Si je n'avais pas eu mes coussinets, j'aurais eu deux auréoles géantes sur ma chemise en plein entretien professionnel.
Et puis quand bébé pleure, les seins réagissent au même moment, et se mettent à couler. Ca c'est la magie du règne animal: Nos corps, nos besoins, sont en osmose.

- Quatrième surprise: la fatigue. Et oui, personne pour nous seconder, on l'a voulu on l'a eu: c'est à nous que revient la tâche de nourrir bébé, jour, nuit, en voiture, dans un parking, à la plage, au resto, toutes les 3 heures. Pas d'exception possible, toujours être au RDV!

- Enfin, dernière surprise: le sevrage. Je ne pensais pas que ce serait si difficile. Physiquement, il faut apprendre à "dresser" son corps, à lui faire comprendre que les tétées seront moins fréquentes. Les seins s'adaptent au nouveau rythme, mais pas immédiatement. Re-bonjour les montées de lait non soulagées! Et les draps trempés au réveil! Et puis psychologiquement, cette impression de ne plus servir à rien, d'être remplacée par un biberon, de ne plus avoir l'exclusivité de ce moment avec bébé... j'en ai bavé.
Mais heureusement, c'est très vite passé, et j'ai vite découvert aussi que de passer à autre chose, reprendre un peu mon indépendance, regouter au Chamapagne, pouvoir dormir la nuit, c'était pas mal aussi finalement!

Mais malgré ces "inconvénients" matériels, j'ai adoré allaiter. En fait, c'est difficile au début, mais il faut s'accrocher. Il faut être vraiment motivée, car ce n'est pas si évident que ça. Au bout de quelques semaines, le rythme est pris, la relation avec bébé s'installe. Et puis, avoir dans ses bras cette petite ventouse, avec ses grands yeux qui ne quittent pas les notres, c'est vraiment un moment magique. Nan?

Alors bon, il y a aussi la Leche League, toutes les pro-allaitement, qui vous en diront plein de bien, évidemment, avec des conseils assez éclairés. Sauf que j'ai du mal avec ces nanas qui frôlent souvent l'intégrisme, avec leurs Grandes Tétées dans les stades, leurs allaitements longue durée, leur " il FAUT ci, il FAUT ça..." (J'en avais rencontré une dans un train, qui allaitait son enfant de 18 mois; quand je lui avais dit que j'avais arrêté l'allaitement à 2 mois, elle m'avait répondu avec mépris que c'est comme si je n'avais pas vraiment allaité...)
Il faut vivre ça normalement, tout en admettant que nous sommes des femmes occidentales, avec nos contraintes professionnelles, notre vie de couple à ne pas négliger, notre besoin d'indépendance, etc...
Chacune de nous sait ce qui est bon pour elle (et son bébé), et fait en fonction de ses envies, de ses capacités, de son environnement.

5 commentaires:

  1. j'adoore ton billet, marine, et surtout sur le "si tu allaites deux mois c'est comme si tu n'avaisrien fait" ! super ca achève de culpabiliser! et je l'ai entendu !
    j'ai fait respectivement 15 jours, 2 mois et 4 mois d'allaitement pour mes bouts de chou.
    j'ai eu du mal, bcp de culpabilité et de fatigue. Evidemment l'allaitement que j'ai le plus apprécié est le dernier : profitant de mon congé parental je m'étais mis en tête un minimum de 3 mois exclusifs.
    Le plus dur a été le sevrage et ca je ne m'y attendais pas, je ne pensais pas que ce serait si dur...de tout arrêter , surtout qu'une petite voix au fond e moi me disait c'estpeut etre la toute dernière fois ( bah oui hein je n'ai pas l'intention de faire un 4e) (en tous les cas pas de sitot) (non non je ne cederais pas) !

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  2. Ma belle soeur a du arreter au bout d'un mois car son lait n'était pas assez "consistant" pour le bout de chou ...

    Elle l'a assez mal vécu qu'on lui dise que son lait était pas bon pour son bébé... mais quand elle a vu le papa donnait le bib au petit, beaucoup de choses se sont envolées pour faire place à d'autres...

    J'en suis pas encore a me demander si j'allaiterais ou pas, mais dans les 2 cas, je pense que chacune doit faire selon son sentiment et tirer sur les femmes qui ne veulent pas allaiter et les traiter de mauvaises meres, c'est juste de l'intolerance!!

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  3. ps: je pensais que la "Leche League" c'était un ptit jeu de mots ... Meme pas!! Apres une petite visite sur leur site, j'avoue, elles m'ont fait peur!!

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  4. T'as eu plusieurs vies pour écrire avec autant de sagesse? (ou plusieurs enfants?????)

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