lundi 5 octobre 2009

Si j'étais à ta place, je ferais l'inverse!


"-Si j'étais elle, je me ferais beaucoup moins bouffer par mon enfant. Elle est beaucoup trop laxiste!
-Ca va, ce n'est pas trop dur de rester toute la journée à garder un gamin, sans vie sociale? Moi si j'étais au chômage, je ferais une dépression!
-Oh, elle, de toutes façons, elle aime tellement ses enfants qu'elle préfère bosser comme une dingue et payer quelqu'un pour les élever à sa place.
-La mère est essentielle pour l'enfant.
-Ce n'est pas la quantité qui compte, c'est la qualité! Moi, quand je serai maman, je ne serai jamais au foyer de ma vie. J'aurai des responsabilités, un boulot passionnant, un gros salaire, je serai heureuse, quoi.

-De toutes façons, s'occuper de ses enfants et dépendre de son mari, en 2009, c'est comme rouler sans permis ET sans assurance. De la folie!
-Elle, elle ne connait pas la vraie vie, puisqu'elle a un mari qui l'entretient.
-Les femmes qui bossent jusqu'à 19h et croisent leurs gamins 10 minutes le soir, elles ne savent même pas pourquoi elles ont fait un enfant. Ce ne sont pas des bonnes mères.
-Moi, quand j'aurai des enfants, je ne ferai pas de concessions. Ce sont eux qui s'adapteront!
-Tu les chouchoutes trop, tes enfants.
-Les enfants ont besoin d'air, une mère trop présente ça les étouffe!
-Ah, ça! Si les mères étaient un peu plus préoccupées par l'éducation de leurs enfants, il y aurait moins de problèmes, moins d'échec scolaire et moins de divorces!
-Elle ne fout rien de la journée et ne trouve même pas le temps d'aller chez le coiffeur... quel laisser-aller, son mari va se barrer avec la première venue!
-Tu es sûre que tu ne te complais pas un peu dans ton rôle de maman? Tu n'as pas de statut social... tu n'existes pas dans la société, et tu le paieras un jour ou l'autre.
-Moi, si j'avais des enfants, je serais bien plus stricte avec eux sur l'éducation.
-Tu les as voulus, tes enfants, alors assume et ne te plains pas!
-Travailler plus pour gagner plus!
-Les enfants sont livrés à eux-mêmes de nos jours, leurs mères préfèrent jouer aux hommes en étant toujours dehors, c'est ridicule!"

Quelques phrases adressées à mes copines, ou à moi-même, à un moment ou à un autre de notre vie de jeune mère.
Ou comment exiger des mères qu'elles soient parfaites, présentes mais pas trop, sans oublier d'être des femmes actives, épanouies et reconnues.
Les petits jugements quotidiens, sur des choix pourtant très intimes (choix d'éducation, choix de couple, valeurs, visions du bonheur), de la part de proches ou d'inconnus, sont insupportables, et pourtant trèèèèèèèèèès fréquents.
Et c'est toujours étonnant de voir à quel point on ne laisse pas les femmes tranquilles, comme si elles avaient sans cesse à se justifier de leur vie.

lire aussi mon ancien billet sur les conseils en tous genre en puériculture: "C'est les dents!"

9 commentaires:

  1. D'accord avec vous. Aucune de nous n'est parfaite et surtout pas les donneuses de leçons qui proclament comme un principe leurs propres choix de vie. Chacune de nous a le droit de choisir et c'est ce qu'il y a de bien aujourd'hui et quel que soit notre choix, il sera à la fois bon et mauvais parce que tout sur terre est à la fois bon et mauvais.

    Mais faut aussi arrêter de se raconter des conneries : dans le passé en occident et aujourd'hui sur d'autres continents, les femmes travaillent parce qu'elles n'ont pas le choix. Le problème de dire si les femmes doivent ou non travailler est un problème de riches. Au 19ème siècle, il n'y a que les bourgeoises, les femmes de fonctionnaires qui pouvaient s'occuper des enfants sans travailler. La France (et les autres pays) étaient surtout remplis de fermières qui bossaient avec les fermiers, d'ouvrières, de servantes, de nourrices, de petites mains.
    Alors les conneries de la délinquance quand la mère n'est pas au foyer, c'est des conneries. Et aujourd'hui, dans les cités, les femmes immigrées ne travaillent pas et cela n'empêche pourtant pas les violences.
    Bref chacune de nous fait ce qu'elle peut et là où nous merdons, c'est lorsque nous voulons tout faire : épouses, maitresses, mères, jobbeuses parfaites et en plus en restant souriantes, minces, soignées, élégantes à peu de frais, ...
    Et puis quoi encore ?!?

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  2. Et après je m'étonne de ne pas avoir d'amies... si c'est pour entendre ce genre d'inepties.

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  3. @ pourquoisecompliquerlavie: qu'est-ce que c'est vrai ce que vous dites!

    @ cleanette: ????

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  4. très bien vu ce billet !
    même si je pense que parmi toutes ces petites phrases, d'autres sonnent quand même un peu justes ! (mais je ne dirai pas lesquelles, héhéhé)
    en tout cas, tout à fait d'accord avec toi, pour dire que la recherche de la perfection est une course épuisante, culpabilisante...
    tentons déjà de faire au mieux :-))

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  5. et elles font toutes ces mauvaises langues des papas au foyer???

    Ah attends, laisses moi deviner, c'est pas bon pour le developpement de l'enfant ça !! Tu t'étonnes qu'il y ait de plus en plus de gays de nos jours ...
    => entendu de la bouche d'une copine ... envers un de mes proches... elle a dégusté !! Non mais!

    Courage jeunes mamans, un jour peut etre elles comprendront !!

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  6. @ Gaëlle: oui, on se retrouve bien sur toutes dans certaines phrases plus que d'autres (moi aussi!). Mais ce qui m'amuse, c'est de voir que lorsqu'on fait quelque chose, il y a tjs une bonne âme pour nous dire qu'il faudrait plutôt faire autrement. Déjà que dans la vie, on ne fait pas exactement ce qu'on veut, mais ce qu'on peut... c'est très paradoxal: il faudrait être TOUT, tout le temps. Impossible!
    On ne respecte pas assez les individualités... mine de rien la maternité est très normée, on s'en rend compte petit à petit!

    @ Ally:
    ouch! c'est vrai qu'en matière de choix de vie, d'arbitrages très personnels (concernant la valeur de l'argent, la possession, la vision de l'éducation, etc...), on a tous un avis très affirmé. Le problème est quand chacun croit détenir la vérité et estime que son principe doit s'appliquer à tous...
    Alors pour les pères au foyer, ça doit être encore plus dur, de devoir justifier sans cesse qu'ils n'en ont pas perdu leurs c....... pour autant.

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  7. Je suis en plein dedans là! enfin pour le truc de la maman qui court et qui voit jamais son gamin, d'ailleurs je file, je suis en retard

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  8. Déjà que quand on essaye de les faire ces sacrés gamins, on se prend les conseils contradictoires des uns et des autres: "N'y pense plus, ça viendra tout seul?", "Mais vous faites l'amour au moins?", "Va voir un spécialiste", "Prend de l'aspirine" (si, si, je te jure!), etc...
    Alors j'imagine bien tous les avis qui pleuvent une fois les enfants là...

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  9. Très bon titre qui illustre bien l'article!
    Généralement, en bonne nullipare, j'évite de donner des conseils :-)

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