lundi 11 janvier 2010

La critique cinématographique que vous ne lirez pas ailleurs


Aujourd'hui j'ai appris la mort du réalisateur Eric Rohmer, digne représentant du cinéma d'auteur français.
Je suis loin d'avoir vu tous ses films (dieu m'en a-t-il préservée?) mais il m'a, dans une certaine mesure, marquée. Comme on se souvient de ce que l'on faisait les jours du 11 septembre ou de la mort de Lady Di, je me rappelle exactement le jour où j'ai visionné un Rohmer.
A ma façon, je vais essayer de vous parler de cet homme, de ce qu'il représentait pour moi, et dans quelles circonstances je l'ai découvert.


C'était fin 2007. Un soir pluvieux, à Paris. Au lit pour cause de début de grossesse risqué, et épuisée par l'ébullition de mes hormones, je sortais de ma sieste, à 18h00, dans un piteux état. Ca devait être un mardi (ou un jour nul de ce genre-là). Une ambiance à regarder Arte.
Par chance, le Théma portait sur l'œuvre d'Eric Rohmer, plus précisément sur ses "Contes de 4 saisons".

Déjà, la semaines précédente, j'avais vu, non sans difficulté, le Conte d'Eté. Le jeu des acteurs, leurs silences, les maillots de bain "so 90ies" et les peaux blanchâtres de ceux qui passent le mois d'août en Bretagne m'avaient laissée coite.
Ce soir là, donc, c'était au tour du Conte d'Automne. Le soir de trop?
Nul ne peut l'affirmer. Un faisceau d'indices, cependant, me ferait pencher pour cette hypothèse.

Je me souviens, après ma sieste, m'être levée pour faire quelques pas jusqu'au salon. J'ai mangé un colin d'Atlantique surgelé au riz et petits légumes "Marie" (Comme vous le constatez, ce genre de détail reste en mémoire), amoureusement préparé, vous vous en doutez, par moi-même.
Nauséeuse et sans défense, j'ai assisté, dans le petit écran, à la présentation d'une dame au style douteux, brune et frisée. Elle cultivait des vignes dans la Drôme et cherchait un mari. Parfois, des gens venaient lui rendre visite et lui dire deux ou trois choses. Et puis elle disait, finalement, qu'elle ne voulait pas vraiment chercher de mari. Elle avait des jeans taille haute et des t-shirts d'homme. Sans aucune bande originale. J'ai trouvé ça un peu long.
Et puis j'ai vomi.

Voilà pourquoi, depuis, j'ai une sorte de réflexe pavlovien: Au mot "Rohmer", mon inconscient me répond: "vomi".
Je voue une sorte de dégout profond pour tout ce qui touche de près ou de loin à la Drôme. Jamais vous ne m'y croiserez, sauf conditions exceptionnelles, et qui plus est, en automne. Et j'ai du mal avec les femmes viticultrices quelles qu'elles soient, surtout si elles ne sont pas maquillées.

La mort d'Eric Rohmer a donc réveillé en moi ces sensations désagréables. Mais ça m'a aussi touchée.... Ma fille est finalement née dans des circonstances parfaites, sa naissance fut un des plus beaux jours de ma vie et c'était évidemment, un magnifique bébé. Rohmer n'avait peut-être pas fait tant de dégâts, au fond.
Si je suis enceinte à nouveau, j'essaierai de me regarder le Printemps et l'Hiver, tiens.

Mon hommage à moi, quoi.

(NDLR: Si vous avez aimé ma critique cinématographique rigoureuse, retrouvez-moi chaque semaine dans le mensuel "Croûtes et choucroutes", le premier magazine en noir et blanc à destination des chiens, mêlant l'art et gastronomie)

2 commentaires:

  1. Je n'ai pas le souvenir d'avoir vomi après un film de Rohmer. Faut dire que je n'ai jamais été enceinte non plus... Mais c'est promis, le jour où je me retrouverai tout seul dans un hôtel à Valence, que j'aurai mangé du poisson et qu'Arte diffusera un de ses films, je ferai gaffe :-)

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  2. J'adore tes critiques cinéma. Beaucoup plus digestes que le Télérama, et moins intello que Télé Z.
    Heureusement que tu ne nous dis pas que ses films étaient à chier... désolée.
    Fatiguée.

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