mercredi 24 février 2010

Alors, cette Badinter?


Les jeunes. Je suis en train de lire le dernier Badinter. Il va falloir vous attendre à ce que j'en parle ici dans pas très longtemps.

Juste une chose: c'est quand-même bien de savoir de quoi on parle, en ayant lu les livres que tout le monde critique sans les avoir ouverts.

Au point où j'en suis dans ma lecture (les 2/3), je peux dire que Badinter tient des propos intelligents, plutôt modérés, et respectueux des différentes formes de maternité, contrairement à ce que l'on peut lire ici ou là.
Son propos est soutenu par beaucoup d'études, et n'a pas la prétention d'asséner des vérités.
Loin d'être une ayatollah, jamais dans son livre il n'est dit (officiellement ou entre les lignes) que l'on doit se féliciter de ne pas s'occuper de son enfant, ou que la jeune maman ne subit pas de bouleversements hormonaux la poussant à s'attacher à son petit. Jamais elle ne dit que les femmes qui allaitent font le mauvais choix, ou que celles qui restent à la maison pour s'occuper de leurs petits devraient être tondues en place publique.
Elle fait preuve de réflexion et de lucidité, et même si on n'est pas forcément d'accord avec toutes ses idées (car on peut apprécier Badinter et utiliser son esprit critique, oui oui!), on peut faire l'effort de ne pas être de mauvaise foi.

En bonne intellectuelle, elle étudie et analyse les faits de manière large, sans s'attacher à sa petite expérience de mère perso, qui, au fond, n'intéresse personne. (c'est vrai que le débat est souvent impossible, lorsque chaque lecteur -et surtout lectrice- réagit à chaud, en brandissant sa propre expérience de môman comme preuve qu'elle détient la Vérité Vraie. Reconnaissons-lui les qualités que nous n'avons pas tous: tout le monde ne sait pas raisonner)

Bref, si vous vous attendiez à ce que son dernier essai soit l'oeuvre aigrie d'une féministe ravagée des seventies, mère maltraitante sans soutif et aux cheveux longs de hippies, frustrée et célibattante, clope au bec brandie en étendart, monstre d'égoisme ne détestant pas la bouteille et laissant pleurer ses enfants avant leur sieste (damned!), et préférant la rage au lèvres plutôt que le gloss, eh bien, je crois que vous allez être un peu déçus.
Il n'y a pas de quoi la clouer au pilori. j'ai bien peur que la sorcière Badinter, malheureusement pour certains, n'existe pas.

Et comme j'ai, en même temps, plein d'autres choses truclulentes à faire dans ma vraie vie, eh bien je fais une petite pause blog (wow, ça va, quelques jours à peine).
Je fais appel, donc, à votre patience et à votre sollicitude. Tout en attendant avec impatience des commentaires de mes fidèles lecteurs!
Je reviens!

a lire: Le conflit: la femme et la mère.

l'article de Marlène sur son blog "maman travaille"
sans parler du blog des Mauvaises Mères!

5 commentaires:

  1. Ma chère Marine,

    Ce que j'apprécie vraiment dans ton blog, c'est le caractère hyper raisonné et réfléchi de tes propos. Tu ne te lances jamais dans des critiques injustifiées, tu mesures toujours tes paroles et surtout, tu fais preuve de beaucoup d'ouverture d'esprit ce qui est rare.
    Tu m'as même donné envie de lire Badinter (que je n'ai jamais lue, honte à moi). Car c'est facile de critiquer et de faire dire n'importe quoi aux gens quand on a pas vraiment lu (et compris...) ce qu'ils écrivaient. Exemple avec F. Dolto (que je n'ai pas lue non plus mais à qui on fait apparemment dire tout et son contraire).
    Merci donc pour cet exercice d'esprit critique constructif.
    Et t'as raison de faire une pause blog, moi-même je cherche l'inspiration (youhou! T'es où l'inspiration?). Vais peut-être écrire un billet là-dessus tiens...

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  2. Tu as raison. Je viens de terminer le livre en question et je me suis fait la même réflexion que toi.
    Les pires sont les journaleux, qui extraient du livre les deux pages consacrées aux couches lavables and co, et font réagir Duflot et NKM, juste pour le plaisir de pouvoir écrire que les féministes se mettent sur la gueule. Sous-entendu comme d'hab, regardez comme ces femelles hystériques ne sont pas crédibles.

    Après, je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit Badinter. Un peu comme dans "Fausse route", elle me convainc sur plein d'aspects, mais il en reste des fondamentaux avec lesquels je suis en désaccord. ça n'empêche pas que le bouquin est très intéressant et aborde un vrai sujet. Je suis très curieuse de lire ton avis une fois que tu l'auras terminé.

    (et sinon, oui, un jour, je rebloguerai...)

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  3. Non mais je vous le demande, où irait le monde sans les Badinter ? Je ne connais pas Elisabeth, moi non plus je n'ai rien lu d'elle (même pas honte), en revanche j'ai longtemps fréquenté Robert. Il était mon professeur de Droit Judiciaire Privé à la Sorbonne. Eh bien ce que je peux vous dire, c'est qu'il en imposait, le bonhomme. Et quand j'ai constaté qu'il interrogeait lui-même ses étudiants à l'oral de fin d'année (au lieu de confier cette tâche un un chargé de TD), je me suis dit "des rencontres comme ça, t'en auras pas tous les jours, t'as pas intérêt à te louper".

    Bon, j'ai eu du bol sur ce coup-là, j'ai tiré un sujet que j'avais relu la veille au soir. Mais plus que la note qu'il m'a attribuée, j'ai surtout été heureux et fier de serrer la main du type qui a aboli la peine de mort. Et - entre autres belles choses - mis en place les conditions d'une bonne indemnisation des victimes d'accidents de la route. Ça m'a fait un peu plus d'effet que le jour où j'ai fait la bise à Danièle Gilbert.

    Pourquoi je vous raconte ça ? Je sais pas, juste pour dire qu'il y a quand même de sacrés personnages dans la vie. Les Badinter sont de ceux là.

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  4. J'ai lu ce bouquin l'année dernière, juste avant d'accoucher, je n'étais donc pas encore maman...
    J'ai pourtant eu les mêmes conclusions que toi : comment a-t-on pu essayer de la clouer au pilori ? Ah oui, ils n'ont pas lu son livre...

    Maintenant que je suis maman, avec certaines idées plus arrêtées qu'il y a un an, je crois que je vais le relire ... :o

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