vendredi 12 février 2010

Le conflit, la femme et la mère

(photo: RESPECT ma Zaza!)

Aujourd'hui parait le dernier livre d'Elisabeth Badinter: Le conflit, la femme et la mère.
Je ne l'ai pas encore lu, donc (les attachés de presse de Zaza m'ont mystérieusement zappée), mais je vais m'empresser de le commander.

Déjà, je m'étais passionnée pour L'Amour en plus, son bouquin démontrant, par une étude historique à travers plusieurs siècles en France, que l'instinct maternel n'existait pas.
Je me suis aussi beaucoup intéressée à Fausse Route,
essai faisant un bilan sur le féminisme, les bouleversements qu'il avait créés au sein de la société (notamment chez les hommes), et les différentes branches de mouvements de femmes, plus ou moins radicaux.

Je vais donc me ruer sur son dernier ouvrage. Elisabeth Badinter a, selon moi, des idées passionnantes. Je ne suis pas d'accord avec tous ses points de vue. Certains même me font grincer des dents. Elle en énerve plus d'un. Mais je la rejoins aussi sur beaucoup d'idées, et je trouve cette femme nécessaire.
Comme Simone de Beauvoir, dont j'ai pourtant une vision assez éloignée de ce qu'est le féminisme (sa vision trop idéologique et théorique du couple libre, de l'amour "nécessaire" et des amours "contingentes", lorsqu'on sait que Sartre en a bien plus profité qu'elle, me laisse pantoise. Ou bien sa négation absolue de la spécificité de la maternité), c'est une intellectuelle qui fait avancer le shmilblick.
Notamment en se battant contre l'idée de "nature" (la femme ne serait qu'un animal, à hormones et instinct, l'homme un chasseur testostéroné), pour donner plus de place à celle de "culture" (la femme et l'homme ont un libre arbitre, c'est la société qui les façonne, et pas leur nature)

Elle s'attaque, aujourd'hui au thème de la tyrannie de la maternité. (Lisez ici une petite interview très intéressante dans le Nouvel Obs)
Elisabeth Badinter s'insurge contre la pression, la culpabilisation latente, sans cesse infligée aux femmes, dès la naissance de leur enfant. Je ne peux qu'applaudir sa démarche.
C'est vrai, on impose, toujours, dans notre pays moderne, un jugement: Allaiter? Ne pas allaiter? Allaiter, mais trop peu de temps? Ou pas bien? Quoi que vous fassiez, jeune mère, vous entendrez des reproches de l'entourage.

Elisabeth Badinter s'offusque du naturalisme grandissant, notamment à cause des mouvements écologistes, de plus en plus forts, qui poussent la femme à rentrer à la maison, à allaiter longtemps, à avoir peur de tous les produits chimiques (biberons, savons), qui pourtant lui facilitent la vie au quotidien, à refuser les couches jetables pour subir la corvée des couches lavables... etc...
Beaucoup de jeunes mamans se dirigent avec joie vers cette forme de maternage, et c'est leur droit, mais cette idéologie peut rendre la femme encore un peu plus esclave de la maternité. Selon moi, l'Homme, le progrès, sont indispensables, et cette idée de "nature" peut être effectivement dangereuse, surtout quand elle est plus anxiogène que concrète.
On aime compliquer la vie des femmes... ça ne changera pas!

L'auteur dénonce aussi, malgrè la modernité de notre pays et son très bon taux de natalité, le parcours du combattant qu'on inflige aux femmes, une fois devenues mères, en terme de modes de gardes, de travail, de salaires.
Oui, la vie est bouleversée une fois qu'on devient maman. J'ai appris beaucoup en le devenant. Et je vois que toutes les jeunes mères de mon entourage vivent les mêmes difficultés: nous sommes bourrées de contradictions, nous découvrons que, malgrè l'égalité théorique, l'organisation censée nous permettre de continuer comme avant fait défaut.
Nous devons être partout, courir du matin au soir, avec sans arrêt cette culpabilité, tiraillée entre l'enfant, notre vie sociale, professionnelle, notre vie de couple. On craque toutes, à un moment. On n'en peut plus. Et on tombe de haut: petites, au lycée, puis étudiantes, on était les égales des garçons. On ne se posait pas de questions. Une fois mamans, on rencontre des freins qui peuvent être assez frustrants: on découvre quelque chose de nouveau: il faut faire des concessions, des choix. On a parfois l'impression de patiner dans le verglas, et donc de ne pas coller au modèle de la femme parfaite qui fait tout, et facilement.
Elisabeth Badinter a raison de le souligner: la vie des jeunes mères, à la trentaine, est très compliquée.

Là où je la rejoins moins (c'est son côté un peu féministe des seventies), c'est que, malgré son intention de se battre pour la liberté et le libre choix des femmes (c'est ça, pour moi, être féministe), elle n'en a pas moins une idée assez précise et cadrée de ce que devrait être le mode de vie des femmes: "sans travail, point de salut". De là à culpabiliser les femmes au foyer...
Il est évident qu'il faut qu'on se batte pour que les femmes puissent travailler, mieux s'organiser avec la garde de leurs enfants en bas-âge. Il faut que les modèles masculins laissent plus de place aux femmes. Que les réunions importantes ne soient pas organisée à 18h30. (on peut toujours rêver)
Mais je crois que, si une femme veut se consacrer uniquement à ses enfants, allaiter un an, enchaîner les maternités, il ne faut pas non plus la conspuer. Elle ne fait pas forcément ce choix par défaut, mais peut-être aussi parce qu'il lui correspond. C'est au contraire ce que l'on doit pouvoir rendre possible: le choix, car, même si la cause féministe nous touche toutes, nous sommes toutes différentes.

Et puis le travail n'est pas forcément libérateur, ou clé pour l'indépendance. Beaucoup de femmes ont un petit salaire, des horaires de dingue, et souffrent réellement au quotidien, avec cette sensation absurde de travailler pour faire garder son enfant par quelqu'un d'autre, et ne le voir que 25 minutes par jour. (beaucoup d'entre nous ont ressenti cette douleur!)
Toutes les femmes ne sont pas des battantes, certaines font peut-être le choix de s'adapter à la société telle qu'elle existe, plutôt que d'essayer de la modifier, et je les comprends.
Des pauses, des respirations dans une carrière, peuvent être une vraie chance, aussi.

Mais là, je vais partir en hors-sujet, on va commencer à parler du bonheur... et le but du féminisme n'a jamais été de rendre les gens plus heureux, mais de donner aux femmes les mêmes droits que les hommes.

Et dire que nous avons de la chance! Nous vivons tout de même dans un pays qui offre pas mal de choix aux femmes, contrairement à l'Allemagne, par exemple, où la femme doit choisir entre travailler et donner la vie, ou bien l'Italie, où les femmes ne font même plus d'enfants...
Mais nous avons besoin de plus! Pourquoi subir des listes d'attente d'un an avant d'avoir une place en crèche? Pourquoi l'entreprise reste-t-elle aussi rigide? Pourquoi une jeune mère est-elle si discriminée à l'embauche?

Les femmes comme Elisabeth Badinter sont indispensables, et, pour cette raison, je la soutiens par principe.
Et je me dis, en terminant ce billet, qu'il nous manque quand-même, en 2010 un bon vieux mouvement féministe digne de ce nom pour faire pression, quand-même...

17 commentaires:

  1. J'aimerais te serrer dans mes bras tellement je suis en accord avec la majorité de ton discours.
    J'aurais par contre du mal à lire ce livre car pour moi ce naturalisme qu'E.B. critique a été une vrai bouffée d'oxygène dans ma vie. Réussir à allaiter c'était 10 fois moins de contraintes pour moi que si il avait fallut que je me farcisse les biberons. Et c'est parceque j'avais mis un doigt dans cette direction que j'ai découvert qu'on pouvait très bien se laver et nettoyer sa maison efficacement avec tout un tas de produits simples et qui ne me faisaient pas fondre mon porte-monnaie et tousser , pincer du nez, tourner la tête dès que je les utilisais.
    N'étant tout de même pas jusqu'au boutiste je n'ai jamais vu ni l'intérêt ni la nécessité de passer au couches lavables: mes loustics n'ayant jamais eu les fesses rouges plus de 24h avec les vilaines couches toutes pleines de produits chimiques.

    RépondreSupprimer
  2. @ Cleanette: merci!
    je précise que j'ai allaité! pourtant je comprends très bien qu'on n'allaite pas!
    c'est un plaisir immense, c'est pratique, c'est fusionnel... mais c'est aussi une lente torture... physiquement et psychologiquement, c'est fatigant. Sans parler de notre besoin d'indépendance, en tant que femme occidentale! au bout d'un moment, c'est dur d'être dispo toutes les 3h, sans avoir le droit de défaillir!

    en fait, j'aurais pu tout aussi bien faire le choix inverse... c'est comme ça, je ne me suis pas plus posé la question que ça.

    RépondreSupprimer
  3. Même si je suis un homme, je ne peux qu'être entièrement d'accord avec tes propos et ton analyse. Pour être honnête, j'aurais même rêvé qu'elle se présente aux présidentielles, quelle formidable présidente elle ferait ! Mais je sais très bien que ça n'arrivera pas, elle a bien trop le goût du pouvoir et trop d'humilité pour ça, et c'est bien dommage pour nous...

    RépondreSupprimer
  4. Bravo, Marine. Ton analyse est d'une grande justesse et émouvant. Aucune solution n'est parfaite mais on aimerait que l'égalité soit un fait et non une illusion. Réserver la place de son enfant à naître pour cause de crèches en nombre insuffisant, c'est insupportable. On veut bien payer des impôts mais que ça serve à ça en premier, car c'est la première injustice. Je propose que les entretiens d'embauche soient enregistrés pour coincer les salauds qui recrutent en s'immiscant dans la sphère privée des candidates. Il reste tant à faire pour que la liberté des femmes se fasse vraiment jour. On se le fait ce women's lib moderne et efficace ??
    Quant à allaiter ou non, c'est du ressort privé de chacune, pas besoin de se sentir coupable (des bib pour reposer la mère nourricière, où est le pb?), culpabilité que la société mercantile et moralisatrice, sur fond de santé publique, réussit très bien à diffuser.

    RépondreSupprimer
  5. Mélangez maternité et féminisme...et vous aurez une bonne petite polémique!

    Rationaliser tout ce qui touche aux enfants c'est impossible. Et c'est surtout très agaçant.

    En ce qui me concerne, la tyranie exercée par les toqués des couches lavables m'exaspère. Je trouve ça très bien que quelqu'un lance un pavé dans la marre.

    Mais bon, ce petit moment de satisfaction personnelle passé, je ne vois pas très bien en quoi clouer au pilori les mamans écolo fait avancer les droits des femmes.

    Ceci étant, je trouve E. Badinter absolument passionnante à écouter et à lire (notamment ses ID sur la burqa, les crèches apportent un éclairage très interessant...)

    RépondreSupprimer
  6. Bon alors moi je vais encore faire ma nullipare de service.
    Il me semble que les inégalités homme-femme sont encore plus criantes autours de la question de la maternité. En tant que femme sans enfants, je ne connais pas ce problème. Mais je sais que le jour où j'aurai mon propre nain, c'est bibi qui va se farcir 90% du quotidien.
    Effectivement, tant qu'il sera évident pour tout le monde que seules les mères sont concernées par la problématique de s'occuper des enfants après la crèche/l'école/quand ils sont malades, et que les pères n'ont rien à faire dans l'histoire, on aura rien gagné.
    Pour une stricte égalité hommes-femmes, il faudrait que les hommes réinvestissent aussi la paternité car il n'est pas normal que devenir parent soit un tel bouleversement pour l'une et pas pour l'autre...
    Enfin, je sais pas ce qu'en pense Badinter... Pour moi dissocier les hommes du féminisme est une aberration. C'est mon opinion et je la partage comme dirait l'autre!

    RépondreSupprimer
  7. Bon alors tout d'abord je tiens à dire que je n'ai pas lu le livre mais par contre j'ai lu les interviews et je dois dire que je n'arrive pas à être d'accord avec Mme Badinter. Oui concillier travail et maternité est encore aujourd'hui trop difficile. mais accuser le naturalisme c'est... j'ai l'impression se tromper d'ennemi.
    J'ai allaiter et ma première raison n'a jamais été parce que c'était mon role de femme ou encore plus naturel. Mais bien parce que c'était plus pratique (toujours dispo, toujours à bonne température, gratuit etc...) Aujourd'hui mon petit a un an et depuis deux mois il ne veux plus du sein alors c'est le biberon et c'est la galère...
    J'ai repris le boulot parce que je le voulais mais rien n'a été fait pour que je puisse à la fois travailler et suivre mes convictions de mère (allaiter et tirer mon lait, être chez moi à 19h pour coucher mon petit etc...) Alors j'ai tapé du poing sur la table pour dire que ce n'était que pour un temps limité et que cela ne m'empéchait pas de faire tout le reste. On m'a laissé faire mais aujourd'hui ma notation et donc la prime qui va avec s'en ressent (on m'a même reproché mon congé maternité comme m'ayant empéché de m'investir totalement dans le boulot).
    ET C'est ça qui n'est pas normal!!
    Mais franchement j'ai pas forcement envie d'être celle qui se bat. Alors pour le prochain, je resterais sans doute chez moi à faire femme au foyer parce que à choisir j'aime plus mes enfants que mon boulot et aujourd'hui puisqu'il faut choisir ce sera mon choix. Un peu la mort dans l'ame...

    Enfin je tiens à dire que comme cleanette ce naturalisme pour les mêmes raisons a été une bouffées d'oxygène (oui même en utilisant des couches lavables... (environ 20min de boulot par semaines max)) et que faire en sorte de ne pas contribuer à la pollution de la planète de mon loulou ça fait du bien...
    Mais ça c'est peut-être parce que j'ai un mari qui est très dans la parité et fait tout autant que moi (ou presque ;-))

    Alors Si il y a un combat à mener c'est que les femmes puissent travailler et ou élever leur enfants sans que cela soit ni le parcours du combattant ni pénalisant à long terme. Oui je veux le beurre, l'argent du beurre et la cremière avec...

    RépondreSupprimer
  8. Pour parler de ce qui me plait moins chez Badinter, c'est sa tendance à penser que s'occuper des enfants, c'est à 95% un sacrifice et une corvée, que la mère subirait presque par masochisme.
    Là, je trouve qu'elle est trop radicale. Elle ne croit pas assez en le libre-choix des femmes.
    Le fémninisme des années 70 a fait son temps, nous voyons bien, en 2010, que rien n'a vraiment été fait pour aider les jeunes mères.
    Je comprends tout à fait que certaines fassent le choix de privilégier leurs enfants à leur "carrière".
    C'est un choix de vie plus que respectable, et peut-être bien souvent clé d'un vrai bonheur.

    S'occuper de ses enfants, c'est évidemment vivre les moments routiniers (change, toilettes, repas)... mais c'est aussi, et beaucoup, un plaisir et un épanouissement. C'est être là pour lui.
    Et tout enfant a besoin que l'on s'occupe de lui... et pas d'être éduqué uniquement par des nounous.
    En cela, Badinter me parait parfois un peu déconnectée.
    J'ai même parfois l'impression qu'elle est gênée par la maternité, l'allaitement, le don de soi, et je pense qu'il faut aussi laisser les femmes vivre leur maternité (magnifique aventure!)tranquille, sans les culpabiliser dans un sens ou un autre.

    Mais je trouve quand-même intéressant qu'elle montre que toutes les femmes ne peuvent se retrouver dans ce modèle, et qu'il faut toujours se battre pour leur laisser plus de CHOIX.

    RépondreSupprimer
  9. Je viens de revenir en France après un petit séjour sans internet et je tombe sur tous les interviews et reportage sur EB.
    Sur un point, et pour la première fois, je suis d'accord avec elle : les couches et les serviettes lavables, ce n'est pas bon pour les femmes ! J'en ai écrit un post bit.ly/bE9wb7.

    En réalité, je suis d'accord sur un autre point : l'obligation qui est faite aux mères d'aujourd'hui d'être des mères parfaites.

    NB : sur l'absence d'instinct maternel, pour éblouissante que soit sa démonstration historique, elle est médicalement fausse.

    RépondreSupprimer
  10. Je vais citer un commentaire lu sur un forum que je trouve assez bien résumer ma position, vu que je suis un homme, et je la trouve d'autant plus juste que c'est une femme qui l'a laissé :
    "L'égalité, pour moi, c'est lorsque les hommes prendront des CPEs sans se demander ce que pensent collègues et chef, lorsqu'une femme qui ne prend pas de CPE ne sera pas culpabilisée, lorsqu'on ne refusera plus le poste à une femme de 29 ans sous prétexte qu'elle va statistiquement bientôt penser à faire un enfant, c'est lorsqu'il sera évident que les femmes n'ont pas le gène "je torche le cul de mes gosses" et qu'à responsabilités égales, la femme touchera autant qu'un homme, lorsque dans les divorces les femmes n'obtiendront plus la garde 9 fois sur 10 et que les hommes ne renieront pas leurs enfants avec la femme dont ils divorcent. C'est également lorsqu'on trouvera tout aussi normal une femme sans enfant qu'une femme avec enfants et qu'on ne regardera plus de travers les mères de famille nombreuses..."

    RépondreSupprimer
  11. @ Saint-Luc:
    sans tomber dans le piège de vouloir que les hommes et les femmes soient identiques (ce que croit Badinter, mais pas moi), c'est vrai que l'égalité des droits devrait être plus évidente...
    ça fait du bien de rêver, hein! ;-)

    RépondreSupprimer
  12. Très bon article Marine, ca me donne envie de lire de livre de E.B
    je suis trentenaire, un petit enfant de 2 ans, en plein temps dans un boulot passionnant et un environnement tres masculin, et en Allemagne ou on me regarde un peu de travers pour tout ca... je me reconnais bien dans toutes les difficultés quotidiennes et je me dis (trop souvent) que je n y arriverai jamais... je signe où pour ton mouvement féministe???

    RépondreSupprimer
  13. j'adore ton billet qui en est presque un essai !!! comment se fait il que tu n'ai pas été contactée par l'agence de presse?
    etre mere c'est source de tout un tas de contradictions, et ce n'est pas facile de s'y retrouver.
    et quand je lis les commentaires, je vois qu'on est toutes dans la meme galère du bonheur d'etre mere aujourdh'ui ;-DDD

    RépondreSupprimer
  14. Oui, rêver ne coûte pas grand chose, donc on peut autant qu'on veut...
    Et je suis bien d'accord avec toi, femmes et hommes ne sont pas identiques, donc viser l'égalité n'est peut être pas si judicieux que ça, mais l'équité je pense que non seulement c'est constructif mais aussi nécessaire.

    RépondreSupprimer
  15. un petit lien pour un autre point de vue tout aussi constructif et respectueux sur le même sujet.
    http://blog.grandirautrement.com/index.php/post/2010/02/15/Reponse-a-Elisabeth-Badinter-%3A-La-femme-elevee-au-rang-d-etre-libre

    RépondreSupprimer
  16. merci Cleanette, j'aime beaucoup ce point de vue!

    RépondreSupprimer
  17. On peut effectivement se dire qu'une femme puisse faire le choix de mettre sa carrière de côté pour s'occuper de ses enfants. Ce choix peut être tout à fait libre. Je suis effectivement d'accord sur le fait qu'il ne faut pas le juger (au même titre qu'on ne doit pas juger la mère qui n'est pas prête à le faire)
    Mais là où notre société n'est pas du tout égalitaire, c'est qu'on comprends un tel choix pour une femme, mais pas pour un homme.
    Comment la société jugerait-elle un homme qui déciderait de mettre sa carrière entre parenthèse pour s'occuper de ses enfants?
    Combien d'homme seraient prêts à le faire (ou même en auraient l'idée)?
    Quand dans un couple, se pose la question de s'occuper de ses enfants ou de continuer sa carrière, qui est le plus prêts à mettre sa vie professionnelle de côté?
    Notre société considère qu'il est normal de donner ce "choix" aux femmes mais pas aux hommes. C'est peut-être pour cela que certaines femmes culpabilisent de "ne pas assez" s'occuper de leurs enfants, quand beaucoup d'hommes (aussi voire moins présents qu'elles) le vivent beaucoup mieux. C'est compliqué car le fait de donner ce choix aux femmes les amène à se confronter à un véritable dilemne, parfois douloureux. La société devrait aussi donner ce choix aux hommes. Cela permettrait de rétablir + d'égalité au sein du couple. Voilà mon avis, mais c'est très difficile à appliquer car au delà des lois, c'est surtout les mentalités et les préjugés à ce niveau qu'il faut changer, et ce n'est pas évident!

    RépondreSupprimer