lundi 8 février 2010

Mon petit coup de coeur à Nice: Le restaurant Flaveur


Contrairement aux apparences, ce billet n'est pas sponsorisé.


Note ajoutée le 14 avril 2010:
Au mois de mars 2011, Flaveur a obtenu sa première étoile Michelin!



Une fois n'est pas coutume, j'abandonne pour aujourd'hui mes habits de citoyenne du monde, de généraliste du n'importe-quoi, de maman sereine qui a un avis sur tout ou d'intellectuelle des bas-fonds;
Ce billet, pour une fois, je vais lui donner un ton plus local, plus terroir, ambiance "nos régions ont du talent".


Oui, parce que je vis, depuis un an, dans une région et une ville magnifique, où chantent les cigales, étincellent les vaguelettes sous le soleil, se trémoussent les cagoles, en chaussures compensées et robettes à fleurs un poil trop ajustées, french manucure et cheveux dégradés méchés de frais.
Et que parfois, moi je dis, c'est pas con d'en parler un peu, de ma nouvelle ville chérie.

Il y a un truc dont il faut que je vous parle, à vous, niçois qui me lisez, et à tous ceux qui comptent faire un tour dans ma ville méditerranéenne pour les jours/semaines/années à venir:

J'ai découvert un restaurant extraordinaire: Le Flaveur.
Ce resto a ouvert il y a une petite année, est déjà recommandé par le Gault et Millau. Les propriétaires, qui ont tous une bio exceptionnelle, sont 3 jeunes de trente ans environ: les deux chefs sont les frères Tourteaux, Gaël et Mickaël, et le serveur/sommelier, Xavier.
J'ai choisi le menu découverte, et ai été bouleversée par ma soirée!
Alors attention, je reconnais que je ressemble à un critique gastronomique autant que Beyoncé en tenue de scène ressemble à une élève de l'Ecole de la Légion d'Honneur, mais je vais vous parler un peu de ma soirée, sans la technique mais avec la sincérité (pardon aux puristes);

Tout a commencé lorsque j'ai lu la carte: 50€ pour un menu dégustation, comprenant six plats. Le rapport qualité/prix promettait d'être bon.

Après une petite mise en bouche, et l'ouverture d'une surprenante et excellente bouteille de vin rouge du pays Niçois (Villars sur Var 2007, Clos Saint-Joseph), le serveur nous a apporté notre entrée:

Un pavé de saumon qui avait l'aspect du saumon cru, le goût du saumon cru, mais la tendreté du cuit. Nous avons eu confirmation que le poisson était totalement cuit, mais par un procédé tenu secret, que même le maître des frères Tourteaux, chef au Negresco, n'a pas réussi à percer.
Accompagné d'une gelée à l'eau de cuisson, de dés d'avocat et de rougail à la tomate et combawa (agrume); ce plat méditerranéen alliait mystères de la cuisson à la japonaise et inspirations créoles.

Puis nous avons gouté une dorade royale au radis noir et gingembre, citronnelle et yuzu, dans son bouillon de clémentines. Le produit de la mer était très simplement mis en valeur, tout en s'accompagnant de saveurs asiatiques plus compliquées et très prononcées.

Nous avons ensuite dégusté la viande: Petites portions de boeuf comme une daube provençale, et filet rôti. Les deux nappés de sauce au vin rouge (bordelaise), saupoudrée de fève Tonka. Résultat: des effluves incroyables de chocolat et de galette des rois à la frangipane!

Après les fromages, le dessert: mousse aérienne de rose et litchi sur lit crémeux de chocolat blanc, perles de litchis, le tout retenu par une nougatine à la rose, et accompagné d'une pipette de punch à la rose. A tomber!

Enfin, pour accompagner les café, des mignardises aux noisettes, chocolat, tellement étonnantes et raffinées que, même si nous n'avions plus faim, nous les avons dévorées.


Alors OK, ça fait un bail que je ne sors plus dîner en ville tous les week-ends, et OK, la maternité et les frustrations infligées aux jeunes parents que nous sommes nous ont peut-être fait perdre tout sens commun.
Mais un resto comme ça, franchement, pas excessivement cher, simultannément hyper créatif et proche du produit, avec une déco design juste ce qu'il faut et un service nickel et cool à la fois, je crois que ça ne nous est pas beaucoup arrivé dans la vie.

Un mot, donc: réservez immédiatement pour dîner là-bas (attention, il y a quelques semaines d'attente), et si vous vivez à l'autre bout de la France, eh ben c'est pas compliqué: vous faîtes le déplacement, et sans broncher!
(cliquez ici pour voir une petite video qui achèvera de vous allécher -inutile de savoir parler l'italien-)

Flaveur: 25 rue Gubernatis 06000 NICE Tél : 04 93 62 53 95 reservation@flaveur.net

NDLR:
D'autres restaurants sont exceptionnels à Nice...
Je pourrais vous parler du tout simple et authentique Safari sur le cours Saleya, dans le vieux Nice, pour manger des spécialités niçoises sans se faire avoir...
De La Petite Maison, lieu où il est bon de se montrer, mais où la qualité règne, et dont le pavé de thon au poivre comme un tournedos est encore tout frais dans ma mémoire,
ou des Viviers, tenus par l'ancien meilleur ouvrier de France 1996, Jacques Rolancy.
Mais étant là depuis peu de temps, je crois que j'ai encore TOUT à découvrir! (léchage de babines)

10 commentaires:

  1. Le saumon au rougail de tomate ou plutôt le rougail tout court, ok c"est la vraie bonne idée (mais le saumon était-il sauvage ?).
    La dorade au radis noir et gingembre et jus de clémentine, ok, autre excellente idée qui me fait saliver du matin !
    Là où "j'y craindrais", c'est le boeuf en sauce saupoudré de chocolat ! On vient de m'offrir des chocolats new age parfumés au lard fumé, bin ça doit être trop raffiné pour moi, je n'y vois pas la protection de l'intérêt supérieur du palais ! En tout cas, j'ai l'impression d'être volée, je ne sais plus ce que je mange ! Et ça me déprime, et je retourne fissa à ma tablette Nestlé de chocolat noir aux éclats de fève ! Tout ça me rappelle un dîner chez la petite-fille de Pic à Valence (en revenant de Nice justement) qui avait cru bon remettre au goût du jour des légumes antiques mais insipides, et servir en dessert des émulsions plus légères qu'une danseuse du Moulin Rouge que t'as l'impression de rien bouffer (c'est vrai aussi que j'ai chopé un hoquet monstrueux pendant tout le dîner impropre à me faire apprécier quoi que ce soit !). Je trouve en général très compliqué de trouver une table qui sache préparer des produits sans en altérer la qualité et le goût par trop de recherche. Mais bon, c'est juste mon opinion et je la partage !!!

    RépondreSupprimer
  2. ça existe ça "flaveur" ?? Et dans la définition, y a le mot magique "molécules" !!! Hahahaha !!! Si les cuistots se prennent pour des chimistes, pourquoi pas l'inverse ? Non mais qu'est-ce que ça veut dire, cette prétention à enfermer l'art culinaire dans la science des particules ? A force de traquer l'atome, et de l'isoler, va y avoir fission, moi j'vous l'dis !
    C'est un peu l'art de monter en épingle à cravate une arête de brochet, tout ce flan !

    RépondreSupprimer
  3. Je note précieusement les coordonnées de ce restau qui me fait bien bien envie....!
    (je suis dans le département voisin donc cela devrait être possible...)

    RépondreSupprimer
  4. @ Queen Mom:
    détrompe-toi, rien d'alambiqué, de prétentieux ou de "moléculaire" dans ce resto!
    les aliments méditerrannéns sont mis en valeur, tu les reconnais et ils ne sont pas dénaturés. Il y a juste une créativité géniale, inspirée des pays dans lesquels les chefs ont grandi ou/et travaillé, qui apporte des surprises à chaque plat.

    Pour la viande, de qualité parfaite, le gout d'origine est respecté, la sauce apporte juste un effet étonnant à l'odorat. mais au gout, on peut dire que ça reste traditionnel.

    C'est ça qui est fort chez eux!

    RépondreSupprimer
  5. Ah bon, alors tant mieux !! Je suis pas contre les bonnes surprises !

    RépondreSupprimer
  6. Bon, eh bien une fois n'est pas coutume, "ce sera avec moi" ! Tu pourrais coiffer la casquette d'attachée de presse de ce Flaveur, Marine, car tu viens de me donner une belle envie de m'y inviter. J'ai bien compris la différence avec la cuisine moléculaire de Ferran Adria, et il me semble qu'effectivement, pour 50 € on doit en avoir pour son argent. Je connaissais quelques bons restaurants à Nice, ville où a vécu ma chère et tendre pendant les quelques mois avant notre mariage, mais il me tarde de découvrir celui-là. A une condition cependant : que les cagoles fripées s'en tiennent éloignées ! Le contenu de l'assiette ne saurait être gâché par un paysage vulgaire :-)

    RépondreSupprimer
  7. @ Charlie Grogne:
    m'est avis que la fille du port, aux cheveux noir-corbeau, le visage mutlicolore tout juste extirpé de sa trousse à maquillage, ridée comme du papier-crêpon, avé le piercing au nombril, le jean moulant taille-basse délavé, les stilletos pointus en simili-cuir et le maquillage semi-permanent des sourcils, ne se sentira pas particulièrement dans son élément, ici.

    Tu peux y aller sans crainte.

    RépondreSupprimer
  8. Ton resto, c'est une super adresse à mettre sur www.babelrepublic.com/, carnet d'adresse en ligne à partager avec ses amis. Il fait super envie!! Je ferai une tite virée à Nice cet été justement.
    Si vous avez aimé ce billet, vous aimerez les restos des Coutenceau à La Rochelle, père et fils.

    RépondreSupprimer
  9. Je note l'adresse (voire les, même si j'en connaissais certaines), habitant dans la même ville sous le soleil (enfin, la neige en ce moment !), parce que ce que tu en a dis m'a ouvert l'appétit et excité ma curiosité...
    Je peux même t'indiquer mes bonnes adresses à moi si ça te tente...
    Pour ce qui est du mot flaveur, il me semble bien qu'il s'agit d'un néologisme récent pour regrouper toutes les sensations lors d'une dégustation, et qui recouvre la saveur, la sapidité, la texture et l'effluve, qui est né avec la cuisine moléculaire, mais qui s'est répandu depuis à tous les types de cuisines.

    RépondreSupprimer
  10. @ Saint-Luc:
    oui, tes bonnes adresses m'intéressent! :-)

    RépondreSupprimer