mercredi 10 février 2010

Un bébé au quotidien...


On est tous d'accord: les enfants, "c'est (que) du bonheur". Cette phrase, c'est comme une convention mondiale: irréfutable. (N'allez pas essayer de la nuancer, vous risqueriez de vous attirer l'opprobre des gens bien.)

Mais voilà; Très souvent, et plusieurs fois dans la journée, il nous arrive de nous regarder, avec Jean-Chou (ou de me regarder toute seule dans la glace, lorsque ce dernier a poney), ou bien avec mes copines, et de nous dire: "mais ils nous rendent vraiment cons, nos gosses".

Dîtes-moi, vous aussi, que depuis que vous êtes parents, vous avez l'impression de faire des activités aussi absurdes que répétitives, et que vous vous demandez parfois ce que vous foutez-là!

Par exemple, je vais vous dresser une liste, loin d'être exhaustive, des trucs qui me rendent folle:

- Ma fille adore les petits-pois. Ca tombe bien, moi aussi. Je croise toujours les doigts pour qu'elle ne termine pas son assiette, et j'en profite pour la finir. Mais fuck, vous avez pas remarqué que les bavoirs en plastique, sensés récupérer les aliments, leur servent littéralement de tremplin? J'en peux plus de courir derrière chaque petit-pois qui fait des bonds. Et puis, deux ou trois jours après, j'en retrouve toujours quelques uns, tout rabougris, sous la table basse ou dans une voiture en plastique.
Jamais ils n'ont pensé à faire des petits-pois cubiques, chez Daucy?

- Lorsque je reviens de la crèche, avec ma fille dans la voiture, c'est à chaque fois très compliqué; je me tords le dos pour aller la décrocher de son siège-auto, j'essaie d'attraper sa main, ainsi que le sac de courses, les bouteilles de vin, son doudou que je cale entre mes dents, mon sac à main, un sac de viande, des baguettes -bien trop longues!- (que je finis par plier en deux dans leur sac), tout en cherchant mon portable qui est allé se faufiler sous le siège passager. La dernière fois, j'avais acheté amoureusement deux petites tartelettes aux fraises. J'ai été trop ambitieuse, lorsque ma fille a voulu me lâcher la main pour subitement courir sur le trottoir, je les ai laissées faire un petit saut périlleux dans leur sac en papier. Il fallait faire un choix.
Le soir, nous avons donc mangé des tartes aux fraises façon tatin.

- Est-ce que vous ne vivez pas un cauchemar avec vos pochettes CD? Est-ce vous ne vous dîtes pas, de plus en plus, que les MP3, c'est vachement plus simple?
En ce moment, tous les jours, j'ai un Woody Allen dans une pochette Tchoupi, Dark Side of the Moon à la place du best of Bonnie Tyler, et Kill Bill dans un coffret de comptines. Avec, parfois, en bonus, des fiches questions-réponses de Trivial Pursuit.
Que c'est chiant, ma parole, ces étagères à CD.

- Et puis, bien souvent, un bébé vous concocte toujours sa petite surprise au plus mauvais moment. Par exemple, il ne vous est jamais arrivé, le matin, avant un RDV important, une fois bien préparé(e), habillé(e,) coiffé(e), en petit tailleur estival en lin blanc, petit top immaculé assorti, de changer votre bébé juste avant d'aller chez la nounou?
Et c'est à ce moment-là (les quelques secondes cruciales où il a les fesses à l'air) qu'il décide d'avoir la diarrhée, et de chier en spray partout dans la chambre, vous et votre petit top blanc en première ligne, bien entendu? Sans compter que le caca liquide fait bien souvent ricochet sur votre ventre, pour colorer, aussi, les murs alentours (souvent blancs, eux aussi). Gniiiii.

- C'est connu, le sommeil d'un bébé peut rendre ses parents fous. Notre fille n'a jamais été très portée sur la sieste (je ne me plains pas pour la nuit). Sauf que, la sieste, c'est le seul moment pour son père et moi où l'on puisse vraiment souffler, pendant le week-end. Autant vous dire que cette petite heure et demi a une valeur inestimable.
Il y a plusieurs petites choses affreuses qui peuvent tout foutre en l'air: par exemple, après une matinée active, de balades et jeux en tout genre à la plage, notre pire hantise est qu'elle s'endorme dans la voiture, pendant le trajet du retour (car cela signifie qu'il n'y aura pas de sieste ensuite l'après-midi). Nous usons donc de tous les stratagèmes pour l'empêcher de s'assoupir... mais, souvent, 5 minutes avant d'arriver, elle roupille profondément.
Inversement, après une sortie matinale, il nous arrive d'avoir envie de rester déjeuner en ville, quand le temps est parfait. Une fois que notre fille dort enfin dans sa poussette, on se décide à lâcher la pression: allez, osons nous installer à ce petit resto, on a une petite heure devant nous, pro-fi-tons! C'est bien souvent à ce moment-là que le serveur décide d'hurler à son collègue, par dessus notre poussette "Wow, D'jean-mi, t'y as servi l'apéro à la 22?". Là, vous pouvez surprendre chez nous, au moment où notre fille, bien évidemment, se réveille, un regard terriblement dépité.

- Et puis sinon, prendre la douche, seule avec votre bébé, ça va, vous gérez? Moi, toujours pas.
Deux solutions: Soit laisser la porte ouverte, mais vous prenez le risque de voir votre merveille partir faire n'importe quoi dans je-ne-sais quelle pièce alors que vous avez du shampooing plein la tête. Soit la garder avec vous dans la salle de bains, et donc s'attendre, alors que vous vous savonnez dans la baignoire, à recevoir un livre trempé sur les cuisses, ou du blush qu'elle vous aura piqué dans votre placard à maquillage. Autant dire que vous réfléchissez à deux fois avant de vous laver les cheveux. (que vous ne sècherez pas, de toutes façons).

- Ah, et puis, c'est marrant, avant d'avoir un bébé, rien ne changeait fondamentalement dans nos vies entre le moment où on s'apprêtait à aller aux toilettes, et le moment où l'on en sortait.
Maintenant, en l'espace de ces quelques minutes, vous pouvez constater que Taz est passé dans la chambre de votre nain. Et a fait place à un champ de ruines, lingettes partout sur le tapis, lait de toilette déversé sur le parquet, couches dispersées ça et là.
Désormais, aller faire pipi relève de l'inconscience. C'est d'ailleurs le signe que le parent est foncièrement optimiste.

- Enfin, il y a un truc un peu fatigant, bien qu'extrêment normal, apparemment: Alors qu'en ce moment, on parlemente du matin au soir avec notre fille, qui est dans la période "non", pour le repas, la sieste, le rangement, le coucher... eh bien, lorsque nous allons la chercher à la crèche, ou chez ses grands-parents, nous sommes accueillis par un simple: "Qu'est-ce qu'elle a été adorable! elle a dormi 2h30! Et sans broncher! elle est vraiment parfaite, votre puce!".
Un vrai bébé jacadi.

Voilà. Notre fille a un an et demi. On est déjà complètement à côté de la plaque, puisqu'on ne se rend pas compte à quel point elle est maline, déjà manipulatrice et futée.
Les rapports de pouvoir, le chantage affectif, nous narguer, elle connait déjà tout! Elle sait qu'on est fous d'elle, et elle joue avec nous, pauvres innocents, comme avec deux pantins!

Et vous, vous n'avez pas des moments où vous vous dîtes que vous allez devenir chèvre? Où vous avez l'impression de perdre vos neurones un à un?

7 commentaires:

  1. Bon, Marine, comme tu le sais j'ai à la maison une progéniture à peine plus âgée que la tienne. Et à ceci près qu'il s'agit d'un specimen mâle, je pense pouvoir comprendre - et surtout compatir - devant tout ce que tu décris. Là où l'affaire se complique, c'est que je suis d'un tempérament légèrement maniaque (tu l'as peut-être lu sur mon blog), et que j'ai une sainte horreur des mauvaises surprises qui dégénèrent. En clair, il faut que tout soit dans les cases pour que j'évite de devenir un sale con. Si si, j'assume.

    Donc, depuis la naissance, je m'astreins à une surveillance quasi-permanente de ma tornade, prêt à rattraper au vol le petit pois qui menace de valser sur le carrelage, à anticiper l'échange de DVD, à me lever le plus tôt possible même en week-end pour que ma douche et mon petit déjeuner soient pris AVANT que le petit n'ouvre l'oeil et qu'ainsi la surveillance soit otpimale. Pareil pour ce qui est de planquer les trucs dangereux ou fragiles sur des étagères inaccessibles, pour le fait de passer un jean et un t-shirt qui ne craignent rien à l'approche du bain ou d'un "changeage de couche" (celui qui me flinguera un costume, il n'est pas encore né) Je paramètre aussi les longs déplacements en voiture pour qu'ils tombent pile au moment des siestes, quitte à refuser d'aller quelque part ou à écourter le repas pour rentrer dans les meilleures conditions possibles. Pas question d'envisager une sortie au resto qui s'éternise au-delà de 13h30, et le soir, c'est baby sitter ou rien (ça dépend si on a envie de doubler le budget de la soirée). De fait, j'ai un peu l'impression d'être esclave d'une vie que j'ai moi-même choisi de m'infliger. Mais on ne peut pas se plaindre d'avoir un bébé constamment sur le dos quand on est sans arrêt sur le sien !

    Bien entendu, tout cela ne vaut que pour les moments où je suis disponible, le reste du temps c'est ma chère et tendre qui "gère", et elle est beaucoup plus cool que moi dans ce domaine. Mais tout a un prix : il faut voir son air paniqué quand notre fils déboule à toute blinde en secouant l'appareil photo par sa dragonne. Là, elle se dit qu'elle a peut-être eu tort de le laisser traîner sur la table basse...

    En résumé, je ne sais pas s'il y a une bonne façon de s'épargner, de s'économiser, de se poser et surtout de continuer à avoir une vie intellectuellement "riche" quand on a un bébé dans sa vie. Mais comme tu le soulignes, rien ne remplace le rapport qu'on a avec lui, et objectivement, c'est vrai, c'est "que du bonheur". Et ça devient carrément de l'extase le jour où ton fils propose lui-même de ranger ses jouets et attend sagement que tu lui aies donné ton feu vert pour allumer la télé.

    Eh oui, c'est du vécu :-)

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  2. Héhéhé... là c'est la nullipare qui va parler...
    Moi, je passe 3 heures aux toilettes à lire Elle, je m'éternise sous la douche, je fais des masques, des soins et tout et tout. Avec chéri, on décide d'aller au resto à 21h le soir même juste parce qu'on a la flemme de faire à bouffer. Les CDs sont mal rangés parce qu'on a décidé de les numériser (oui on a que ça à foutre de notre temps libre) donc on les a tous sortis. On mange pas de petits pois (j'ai pas trouvé de bavoir à la taille de mon Tendrépoux). Et personne ne nous chie dessus façon geiser.

    En même temps, on se met en 4 pour avoir un Taz nous aussi. Instinct de reproduction? neurones abimés par une ingestion massive de pesticides? conformisme social? En tous cas, on pourra pas dire qu'on aura pas été prévenu...

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  3. Moi, pour la douche, les toilettes, les trucs pour lesquels j'ai besoin de toute ma concentration pendant 5 minutes, j'utilise le parc : mes 3 enfants n'en sont pas morts, ils ont apprécié y jouer (pas 2h non plus) et moi, je reste zen... A propos, ma dernière a 18 mois et y va toujours quand j'ai besoin

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  4. @ Charlie:
    ouais, on a des comportements opposés! toi tu dépenses ton énergie en amont, et moi plutôt en aval.
    Je ne change pas grand-chose à mes habitudes, j'attends que ma fille s'adapte, je suis plutôt confiante en mon destin et quand je vois le résultat (ça marche pas!), ben je rectifie.
    je suis plutôt cool, à la base, et je m'énerve après.
    Ta stratégie a l'avantage d'anticiper les emmerdes, et donc sûrement, de moins râler!

    @ Titcheur:
    oui, même ultra-désiré, ultra-attendu, ultra-rêvé, le divin enfant, une fois apparu, a ceci de constant: il est relou! ;-)
    Mais pas que, heureusement, c'est pour ça qu'on en fait (tu noteras mon positivisme).

    @ Béa: moui, le parc, c'est une bonne idée et je suis archi-pour... c'est que je faisais avec ma fille, mais depuis qu'elle sait marcher, impossible! (je l'ai enlevé depuis 6 mois)
    elle pousse le parc par petits coups violents et réguliers, pour le déplacer de plusieurs mètres en 5 minutes. Et elle l'escalade, aussi. Sans compter que parfois, elle s'appuie de tout son poids d'un côté, pour le faire à moitié basculer.

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  5. Ayant une folle envie d'avoir des enfants, mais des études à finir entre autres choses, j'ai commencé par le niveau au-dessous : l'acquisition d'un chat.
    Eh bien mon Dieu, quelle plaie ! Bon, pas que, évidemment, je l'aime beaucoup, mais ce couillon a à peine 4 mois et sait ouvrir les portes, grimper partout (y compris sur le frigo ou les étagères les plus hautes) est maladroit comme un gosse, mange de tout (dont mes cours, ou du savon. Et fait des bulles.), se réveille aux aurores et râle quand je ne joue pas avec lui.
    Je crois donc pouvoir dire, avec quelques cernes en plus et des méthodes éducatives déjà changées une bonne trentaire de fois, ainsi qu'une pratique du balai sans cesse améliorée, que c'est un entrainement plutôt représentatif. Et que bon, finalement, un marmot à moi, j'ai le temps ... ^^

    PS : je suis sûre que tu connais déjà ça : http://grumeautique.blogspot.com/ , mais dans le doute et ne le voyant pas dans les liens, je me permets de le recommander...

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  6. j'connaissais point!
    merci et je le mets direct dans ma blogroll!

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  7. oh Marine, que ton billet me fait du bien en ce vendredi !! je vis a peu près les memes choses, forcement nos puces ont a peu près le meme age... ce matin je disais quand meme a son pere que j'en avais ras le bol que tout tourne autour d'elle....mere indigne, oui et alors !
    vivement que les terrible two passent et que ca devienne encore PIIIIIIIRE !!!!
    Ouais faites des gosses c'est que du bonheur !
    la douche c'est du vécu les livres dans la baignoire c'est un inconditionnel !

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