jeudi 22 avril 2010

Ca y est, moi aussi j'ai mes "terrible two's"!


Depuis un certain temps, j'entendais autour de moi des copines jeunes mamans, au bout du rouleau, me parlant de ces mystérieux "terrible two's" ("tu verras, tu vas en pleurer tellement c'est dur"). Et puis je lisais des trucs sur des blogs, aussi. Comme par exemple chez Evy, ou chez E-Zabel. Sans que ça ne me préoccupe plus que ça. Je faisais peut-être un peu l'autruche, aussi.

Mais voilà. Je crois que maintenant, c'est à mon tour de la vivre, cette jolie période.
Vous vous demandez encore ce que c'est? mais voyons, il vous suffit de taper "Terrible two" sur Google pour obtenir une flopée d'articles psy sur la question!

La période des "Deux terribles" a un deuxième petit nom: "la première adolescence". Elle survient aux alentours des deux ans de l'enfant.
La mienne en est à 23 mois et demi ou des poussières... je crois donc que nous y sommes, là.
L'enfant, à cet âge-là, commence à grandir: il prend de l'autonomie, tout en régressant parfois un peu dans certains domaines: il prend un plaisir fou à faire des progrès, mais il est, à la fois, assez effrayé par l'étendue des possibles que lui offre la vie.
Il prend surtout conscience de son pouvoir de dire "non". Et c'est bien sûr avec les personnes les plus proches (la plupart du temps sa mère, puis juste après, son père), qu'il fait ses classes.
C'est apparemment une période fondatrice, dans laquelle les parents doivent faire preuve de la plus grande des fermetés, afin de se faire respecter, et d'offrir à l'enfant les limites et le cadre qu'il attend.
On le voit bien, d'ailleurs; il suffit que son père hausse la voix (qu'on le veuille ou non, on revient vite aux rôles traditionnels, c'est fou!) et la punisse pour que notre fille, une minute après, revienne, toute penaude, nous faire de gros câlins et se montrer sous son jour le plus agréable. Elle a besoin qu'on la cadre.

Cet âge-là est véritablement passionnant: ma fille fait des progrès de langage de jour en jour, elle connait des chansons par coeur, a ses petits livres préférés. Elle se fait comprendre, et découvre ses capacités physiques, prend de plus en plus de risques, d'initiatives. Elle commence à inter-agir avec les autres enfants à la crèche, à se faire des copains. J'adore ça.
Mais c'est à la fois épuisant (quoi, je dis ça depuis qu'elle est née? oui mais là c'est vraiment vrai!), voire frustrant, car elle nous teste sans arrêt. Moi la première, bien sûr.
On a l'impression de devoir passer notre temps à sévir, à dire "non", à punir, à être fermes. C'est dur, parce qu'à certains moments, on aimerait pouvoir lâcher un peu la pression, souffler... au lieu d'avoir l'impression de faire du dressage.
Nous sommes plutôt fermes, et son père l'est encore plus. Un peu, finalement, à la manière d'un chien chef de meute, il doit s'imposer et se faire craindre pour que l'enfant cesse de parlementer. Ce n'est pas quelque chose d'évident, car on n'en retire aucune reconnaissance, et mon réflexe naturel serait de chouchouter ma fille plutôt que de lui mener la vie dure.
Et bien souvent, je me dis que si son père n'était pas là (ou très peu présent), je serais désemparée (les mères célibataires font tout simplement un boulot inhumain!). Je suis, comme pas mal de mères, un peu plus souple, j'ai plus de mal à me faire écouter.

pour exemple, voici ce qui est assez dur à vivre en ce moment:
- Ma fille exige, maintenant, de s'habiller seule. Je la laisse faire, évidemment, même si elle met à peu près 10 minutes pour enfiler son pyjama, car elle fait des progrès vraiment étonnants. Mais il suffit que je sois pressée et que je veuille l'habiller moi-même pour qu'elle pique une crise.
- Elle a plein de petits rituels, quasi obsessionnels, comme tous les enfants de son âge. Si elle n'a pas dans son lit son Doudou, sa poupée, son t-shirt parfumé "maman" et ses trois livres de T'Choupi, c'est la crise. Si une poussière est coincée dans son body, c'est la cata. Si elle a de la terre dans les chaussures, c'est le drame.
-Dans la voiture, elle ne supporte pas que je me mette au volant. Elle aimerait que je sois derrière, juste à côté d'elle, tant pis si personne n'est sur le siège conducteur.
- Lorsque je sors, à pied, seule avec elle, et qu'on a passé un super moment au parc, il se termine bien souvent par une crise, et je dois la traîner de force jusqu'à la voiture (avec mon ventre, en plus...). En fait, quand on a l'impression de lui faire plaisir avec des moments privilégiés, ça ne va pas car, finalement, il n'y en a jamais assez.
- Lors du dîner, maintenant, elle mange seule. Il suffit que j'aie le dos tourné pour qu'elle renverse, sciemment, son verre dans son assiette, et fasse des dessins sur le parquet avec du yaourt. Elle me regarde ensuite, l'air narquois.
- Lorsque, le soir, son père rentre du travail, et que je veux discuter avec lui, elle pique une crise à l'un ou à l'autre, car elle exige d'avoir toute l'attention.
- Si elle passe devant l'ordinateur, elle fait un caprice pour voir un T'Choupi ou un Oui-Oui sur Dailymotion (c'est maintenant totalement interdit)
- Si je lui dis de ne pas toucher le four ou la machine à laver, automatiquement, elle le fait et dérègle tout.
- Lorsqu'on joue toutes les deux, et que je veux m'absenter dans une autre pièce, elle hurle.
- Dès que je lui enlève sa couche, elle fait pipi par terre.

et j'en passe... Pourtant, hormis ces moments de grande solitude (je vous jure, je crois devenir tarée, parfois! "Lynette, sors de ce corps!"), on passe des moments exceptionnels.
Mais le plus dur, je crois, dans tout ça, c'est de voir qu'il n'y a qu'avec nous qu'elle est comme ça. Et surtout avec moi. Avec ses grands-parents, ou d'autres adultes, elle est parfaite, un vrai bébé Jacadi. Elle écoute, obéit au doigt et à l'oeil sans broncher, tout à fait charmante.
Je me sens un peu seule, parfois, car quand j'ose dire que c'est un peu dur, pour moi, en ce moment, j'entends, et bien souvent de la part de femmes ayant eu des enfants il y a longtemps: "mais voyons, elle est adorable cette petite! Ce n'est pas possible" (à croire qu'on oublie avec le temps à quel point ça peut être difficile ).

Et vous? Quelle est votre expérience avec cette période? Aviez-vous pris toute l'ampleur de ce phénomène, avant de le connaître?

12 commentaires:

  1. Bon euh alors côté expérience je peux rien t'offrir, hinhin.
    Mais je compatis.
    Dis toi que moi j'ai les mêmes mais en 15-16 ans et ils sont 25. :)
    Sinon, d'ici quelques temps, tu verras qu'elle sera à nouveau charmante et tout et tout et que c'est ton fils qui aura 2 ans à ce moment là...
    Je suis sûre que Queen Mom aura plein de conseils avisés, après tout, elle en a eu 3...

    RépondreSupprimer
  2. ;-) C'est à cette époque charnière de la vie de fiston que j'ai commencé à potasser très sérieusement l'éducation positive. Parcequ'avec son caractère, lever la voix, punir, mettre au coin, ça ne marchait pas du tout, ça mettait une mauvaise ambiance, c'était fatiguant et désagréable pour tout le monde bref ce n'était pas ma conception de la vie ni même d'une éducation efficace.
    Ci-dessous un lien vers un site avec quelques explications sur le principe mais surtout le liens vers une liste de discussion ou tu trouveras plein de gens compétent pour t'apporter leur expérience et des solutions concrètes pour faire autrement.
    http://www.wmaker.net/maisonenfant/La-liste-de-discussion-parents-conscients-sur-internet_a9.html

    A cet age là il ne faut surtout pas caler sur les choses essentielles mais il y a aussi plein de moyen de ne plus être dans la confrontation perpétuelle et une fois qu'on a compris les principes et bien adopté les automatisme, ça marche tout seul à tel point que je ne me souviens qu'à peine des terribles two de la puce.

    RépondreSupprimer
  3. Ma fille à presque 4 ans maintenant et lorsqu'elle avait 1an et demi j'ai été enceinte d emon petit garçon. Alors oui, cette période je m'en souviens et j'en ai un très mauvais souvenir! C'était vraiment difficile de devoir jouer au caporal toute la journée et de voir ma fille, si "parfaite" au demeurant ;-), devenir un benito en un quart de seconde.
    Comme tu le dis si bien, une poussière dans le tshirt, une manche un peu courte, une culotte sans motif princesse, la moindre contrainte... crise ! MAis le pire, c'était le NON permanent! NON à tout. Infernal!
    Surtout enceinte!
    Je ne dirais pas que tout est rentré dans l'ordre mais quasi! Peut-être aussi que ma fille à tout simplement le caractère de sa maman, les chiens ne font pas des chats non plus!
    Courage à toi.
    Ta princesse redeviendra elle-même dans quelques mois.

    RépondreSupprimer
  4. je t'avais dit que ca viendrait....on n'y coupe pas et C EST RESERVE QUE AUX PARENTS !! evidemment sinon ce ne serait pas drole, gniark gniark...
    chez nous elle se roule par terre, en versant de chaudes larmes, et en hurlant...une vraie comédienne...
    je compatis grandement, il n'y a qu'une chose à faire, tenir bon, ne pas craquer, respecter sa ligne de conduite... sinon t'es foutue ...COURAGE ce n'est que la petite adolescence...tu verras dans 10 ans tu te diras que c'etait de la gnognotte ;-D

    RépondreSupprimer
  5. Sur mes 3 enfants, la première a connu cette fameuse période (elle a maintenant 9 ans). Cela nous a fait tout bizarre, elle qui était si facile et si obéissante avant :-).
    Pendant un trimestre (qu'il a pau long ce trimestre !!!), elle n'a pas arrêté de nous chercher, d'être dans le conflit et le non. C'était épuisant et très déstabilisant. Au début, c'était donc le conflit perpétuel et les punitions pleuvaient. Mais cela ne satisfaisait personne bien sûr. Alors, nous avons adopté une autre stratégie (car oui, l'éducation relève parfois de l'art stratégique :-)), celle de ne pas laisser passer les choses que nous jugions vraiment importantes et en revanche, être plus souple, moins rigide sur les petites choses,les détails. Cela a permis d'alléger un peu l'atmosphère et de ne pas passer son temps à dire "non"...et puis, au bout de trois mois, tout est rentré dans l'ordre, elle est redevenue une petite fille facile...Comme quoi, un peu de patience et des nerfs solides !
    Et comme le dit Evy, je crois que cela sert d'entraînement pour plus tard aussi.

    RépondreSupprimer
  6. Merci les filles! si j'ai bien compris il faut serrer les dents, alors! ça finira par passer!

    Cleanettte, merci pour ton lien... j'avoue que je ne sais pas du tout ce qu'est l'éducation positive (même si le titre m'a l'air explicite), je vais voir ce que c'est.
    Même si je suis a priori plus du genre à faire confiance à mon instinct et mes valeurs pour éduquer ma fille, plutôt qu'à des principes.
    Bien que je ne sois pas du tout adepte des châtiments corporels, et que je ne punisse en effet que pour des choses "essentielles" (je suis plutôt cool pour la plupart des détails, notamment parce que je n'ai pas envie de passer mon temps à dire NON) pour moi une punition n'est pas forcément "négative". Je ne veux pas me faire bouffer par mes enfants, et je pense que je suis assez à l'écoute comme ça, pour au moins avoir le droit de les punir lorsqu'ils vont trop loin.

    on verra bien avec le temps, donc! :-)

    RépondreSupprimer
  7. Notre "monstre" entre 18 mois et 3 ans était épuisant, minant, usant, irritant et tout et tout, tout les jours au lever je poussais la porte de sa chambre et dans le noir j'entendais nooooooooooooon, p'tit déj, non, habillage,non, le mettre dans son siège auto = combat de catch, descendre de la voiture chez la nourrice non, et dès qu'il la voyait il lui sautait dans les bras en lui faisant une gros câlin avec un petit regard en coin, le retour le soir idem que le matin.

    On a tenu bon, le médecin m'avais dit à l'époque soyez cohérent c'est très important, pour plus tard le plus dur sera fait.

    Il aura 16 ans dans 1 mois et il super chouette, gentil, gai, ne ronchonne pas trop pour aider, je suis certaine que d'avoir "tenu" sur les règles qui pour nous étaient importantes (et qui sont toujours d'actualité) l'ont aidées à grandir.

    RépondreSupprimer
  8. Rôôôh mais qu'est ce que c'est que cette histoire de crise d'adolescence à 2 ans ? Qui c'est qui vous a pondu un concept pareil ?! Les bras m'en tombent de voir à quel point tout et n'importe quoi fait l'objet de conseils et de pression -encore une fois- sur les gens pour leur faire faire ce qu'on veut !! Si vous commencez par avoir peur de vos bouts de choux, sous prétexte qu'on vous bassine avec une pseudo crise comportementale transitoire, vous êtes foutus, les parents ! Mais profitez de vos petiots, cajolez-les, jouez avec eux, donnez leur du temps (qualité=pas forcément quantité), tissez un vrai lien affectueux et basta. Si votre gniard est pénible, c'est parce qu'il souhaite être recadré, ce qui le rassure. Donc, suivez votre instinct, un minimum de bon sens et ne jamais le laisser se comporter en tyran. C'est ça qui est fatigant !! Mais après, regarde Titch et ses Broteurs : des amours !!!

    RépondreSupprimer
  9. Je rectifie : on trouve de tout sur Internet. Cette histoire de gosse en crise à 2 ans mais c'est normal. A 2 ans, souviens-toi, lecteur, tu as un peu plus de pouvoir et tu maîtrises l'art de ne pas maîtriser tes émotions, c'est tout!
    Ceci dit, vos interrogations inquiètes sur comment ça va se passer, est-ce que je vais y arriver gnagnagna, ça me fait penser aux gens atteints d'une maladie grave, et qui s'en remettent aux forums de discussions du net pour demander des avis à de parfaits inconnus ! Ce qu'ils récoltent, c'est surtout autant d'avis différents que de commentateurs et une angoisse qui croît plus vite que le nombre des participants. La seule personne autorisée à émettre des avis, devrait rester le médecin! Pour le sujet qui nous occupe, le médecin, c'est le parent et lui seul.

    RépondreSupprimer
  10. J'ai bien aimé ton post, je m'y suis retrouvée pas mal ;) Je ne voudrais pas te décourager mais le mien a 3 ans et demi et il n'a encore pas épuisé tous les possibles de son NON... Il nous cherche encore régulièrement et heureusement que le papa est là, toute seule, waouh...
    Par contre à l'école et avec TOUS les autres il est A-DO-RA-BLE!... Donc finalement on s'est dit qu'on y arrivait petit à petit à le civiliser notre petit et nous les parents on est là pour ça, pour qu'il se défoule ;) Et sa soeur qui a 1 an et demi s'y met, ça promet ;)

    RépondreSupprimer
  11. Pour moi les principes ce sont justement les punitions et j'ai vu le résultat de leur usage sur mes frangins et mon mari jusqu'à ce que vers 15-16 ans elles n'aient plus le moindre effet(on a échapé de peu à la catastrophe) avec en prime une ambiance super pénible à la maison pendant des années. Moi non plus je n'avais surtout pas envie de me gacher la vie et c'est ce à quoi je suis parvenue avec cette méthode révolutionnaire pour certains.

    RépondreSupprimer
  12. Diantre ! Tout est là ! La mienne a bientôt 3 ans et on est en plein dedans. D'une certaine manière, c'est assez rassurant de voir à quel point c'est banal... mais pas moins épuisant.
    Vivement l'adolescence, la vraie, qu'on rigole encore un peu !

    RépondreSupprimer