dimanche 9 mai 2010

Tu verras, la deuxième grossesse, c'est très différent!


La première grossesse, avec le recul, c'est quand-même très différent de la deuxième. Avec des avantages et des inconvénients.

La première grossesse, déjà, c'est magique, c'est fou, c'est hallucinant. C'est l'aventure d'une vie. C'est nouveau, c'est effrayant, c'est déstabilisant, c'est magnifique.

- On lit bien tous les livres de Florence Pernoud.
- On respecte bien les doses de tous les tas de trucs biens à manger (brocolis, jambon, yaourts nature, blanc de poulet)
- On se crème tout le corps, pendant des heures, après un long bain.
- On se prélasse, on se regarde dans le miroir.
- On a quand-même vachement les boules de voir son corps se déformer ainsi, petit à petit. Et on pleure un peu, en cachette.
- On fait des grasses matinées,
- On a le cœur qui bat dès qu'on a un peu mal au ventre ou dès qu'on va faire une échographie.
- On fait plein de cauchemars.
- On a peur, soudainement, et pile pendant le match de foot sur TF1, que l'homme qui nous a mise dans cet état nous laisse lâchement sur le bord du trottoir pour aller boire des bières avec ses potes au lieu de passer une nuit blanche à écouter nos plaintes et nos gémissements "beuaaaaaaah c'est afreeeeeeux tu ne peux pas savoir ce que je ressens je me sens groooooooooosse et énoooooorme et seule au moooooonde et personne ne me comprends!!!!!" puis on boude quand il nous dit qu'il aimerait bien voir la 2ème mi-temps.
- On pleure après avoir vu la sage-femme parce qu'elle nous a dit d'arrêter les Kinder-Country,
- On s'offusque que personne dans les files d'attentes chez Monop' ne nous laisse passer, ou qu'on soit obligée de rester debout dans le bus.
- On limite tous les efforts, si on fait 15 minutes de piscine en 9 mois, c'est vraiment l'exploit.
- On regarde consciencieusement les sites internet pour vérifier quelle taille a le fœtus à tel moment, et on se pâme devant les schémas médicaux, si poétiques.
- On va à tous les cours de préparation à l'accouchement, bien sagement, et on admire un peu les jeunes mamans qui sont déjà passées par là, elles.
- On n'aime pas trop quand quelqu'un fume près de nous, on le trouve même un peu irrespectueux, surtout, bizarrement, quand c'est notre belle-mère.
- On achète des fringues de grossesse, on s'offre un massage chez Nuxe spécial "femme enceinte", on achète une ceinture de sécurité spécial grossesse, des crèmes pour les mains spécial grossesse, des lunettes de soleil spécial grossesse, voire, dans des moments d'égarement, des skis paraboliques spécial grossesse.
- On prend ses petits kilos, bien tranquillement, sur son canapé.
- On fait des siestes parce que tout ça est épuisant, au fond.
- On regarde 10 fois l"Odyssée de la vie" et d'autres documentaires plus explicites sur l'accouchement, et on va vomir d'angoisse juste après.
- On aime bien se faire dorloter.

La deuxième fois;
- On se réjouit de voir le test de grossesse positif si rapidement, alors que pour la première fois tout était si compliqué, tout en accueillant les livreurs Darty pour le frigo au même moment, à la sortie des toilettes.
- On ne réalise toujours pas bien ce qui nous arrive, les premiers mois; et puis, au fond, on s'occupe tellement de son premier enfant que cette idée de grossesse, parfois, on se dit que ce n'est pas très concret. Et même, pas si important. On trouve ça bizarre, du coup, ce détachement.
- On est carrément superstitieuse avec l'idée des "trois premiers mois", et on a hâte que le premier trimestre se termine.
- On voit, d'un drôle d'œil, son ventre gonfler d'un coup, et on se dit, que ça doit être la fameuse "mémoire du corps" qui s'exprime.
- On sent les mouvements du bébé très tôt, beaucoup plus tôt que pour la première fois!
- On se lève aux aurores. On court entre les biberons, les courses à faire, les couches à racheter, les visites chez le pédiatre. C'est à peine si on oublie d'aller voir le gynéco. Et on ne culpabilise même pas de ne pas être allée au labo faire la prise de sang. On la fera la prochaine fois.
- On trempe les lèvres un peu plus souvent dans le verre du voisin.
- On fait toujours attention à ne pas manger de légumes crus, de viande rouge, toutes ces saletés donnant la toxoplasmose, et on n'en fait même pas un drame. On est mature, quoi. "La frustration, c'est bon, on gère!" (hé hé hé en vrai c'est carrément faux)
- Quand quelqu'un fume, pas loin, on a plutôt tendance à s'en approcher dangereusement, dans l'espoir de se prendre une bonne bouffée de truc toxique dans la tronche. On en a trop envie.
- On se promet qu'on redeviendra alcoolique, après.
- On n'ouvre pas un seul bouquin sur la grossesse, parce qu'on a compris que jamais on n'arrivera à tenir l'objectif de la journée type de la femme enceinte idéale (produits laitiers, crème anti-vergetures, nuits de 10 heures, pas de contrariétés, petite marche tranquille dans la forêt, relaxation et maquillage léger, séances d'haptonomie, pas trop de trajets en voiture, idées zen et salutations au soleil tous les matins)
- Surtout, on range bien au fond d'un carton le Laurence Pernoud, qui, définitivement, ne nous apportera rien d'intéressant, on le sait.
- On se tartine bien le visage de crème solaire indice 50+, cette fois-ci. Même en février.
- On n'hésite pas à demander à passer devant les autres à la caisse, plutôt que de se lamenter sur l'absence totale d'altruisme des gens (en même temps ils ne peuvent pas deviner qu'on est enceinte, à 4 mois de grossesse, avec notre gros manteau d'hiver)
- On dort 6h par nuit quand notre premier enfant est sympa, et on n'en fait pas toute une histoire de ne même pas faire une sieste.
- On ne dit pas qu'on est fatiguée: que ce soit vrai ou pas, on n'a pas le choix, de toutes façons: il faut assurer.
- On ne pense plus trop à toutes les horreurs qui pourraient nous arriver pendant la grossesse et l'accouchement; on n'a plus beaucoup d'énergie à consacrer aux angoisses inutiles, et puis, l' expérience nous a appris que, de toutes façons, ça ne se passe jamais comme on l'imagine.
Dans les moments difficiles, on est un peu plus femme, un peu moins petite fille, avec son homme. Sauf, bien sûr, circonstances exceptionnelles, où le craquage total incluant caprices/pleurs/angoisses/envies irrépressibles de chocolat est permis.
- On se dit que ça serait cool que son conjoint puisse prendre son congé paternité. Mais s'il ne peut pas, on n'en fait pas tout un plat, on gère et puis voilà.
- On fait tout un tas de trucs physiques qu'on se serait totalement interdits la première fois: porter son enfant de 10kg sur la hanche d'un côté, et 2 pots de fleurs en terre dans l'autre main, puis passer l'aspirateur, puis se mettre à quatre pattes dans la voiture pour aller chercher le chapeau d'une poupée, percer deux trous dans un mur porteur, faire un aller-retour au parc pour aller faire du toboggan, puis donner le bain à son enfant, puis penser à préparer un truc à manger, puis s'assoir 5 minutes pour essayer de bouquiner, pour finalement se relever et aller monter en meuble en kit sur la terrasse.
- On prend, du coup, vachement moins de kilos.
- On se couche le soir, cassée en deux, en se répétant, comme un mantra, que les "pauvres petites africaines", elles, elles travaillent aux champs jusqu'à la veille de l'accouchement, et qu'elles n'en meurent pas (ou presque). On se rassure comme on peut, quoi.
- On se retrouve, parfois, exténuée, assise par terre, en pleurant de fatigue, à se dire qu'on n'y arrivera jamais et qu'on est complètement perdue et folle et irresponsable et grosse et énorme et seule au monde et incomprise. Et puis on se relève pour aller vider le lave-vaisselle.
- On se dit, que, ce qui est cool, quand on est inscrite à un club de sport, c'est que parfois, si on a la flemme, on peut décider, au dernier moment, de ne pas y aller (ma spécialité, à l'époque). Ben là, avec un enfant et une grossesse, non.
- On a quand-même vachement hâte de le voir, ce petit bout. Et on s'attache moins à toutes les éventuelles imperfections que la vie pourrait apporter à l'aventure. On prend tout, sans discuter!

et pour vous?

14 commentaires:

  1. J'ai pu me dire que j'ai bien fait de ne pas bosser à l'époque (selon les ordres de mon mari), ce qui m'a permis de profiter de l'état de femme enceinte et de mes petiots, sauf qu'aujourd'hui, divorcée, ventre mou et professionnellement pas encore autosuffisante malgré des jobs connexes et intellectuellement gratifiants, même que si j'avais pas eu une famille sympa et généreuse, je serais à la rue...Donc, la liberté (l'indépendance financière), ça se paie, tôt ou tard !

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  2. Bien résumé, mais la grossesse est une aventure si magique!
    C'est vrai on a plus le temps d'être égoïste, on ne peut plus profiter nos petites coquines nous rappelle à la réalité, mais tous ces changements, ces sensations sont magiques!
    Et puis tout est devant toi, je crois que ce qu'il y a de plus déstabilisant (et tu les seras bientôt) c'est la perception que tu as de ton ainé.
    Pour ma part j'ai laissé ma petite princesse à 5 heures du mat tout endormie (elle avait 2 ans et demi) pour partir à la maternité, et quelques heures après lorsqu'elle est venue faire la connaissance de son frère ,elle avait grandie, changée, mûrie, c'est assez violent.
    Quoiqu'il en soit profite de cette deuxième aventure, effectivement très différent, mais tout aussi exceptionnelle.

    Christelle (la soeur de Céline V)

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  3. @ Quenn Mom: dis, j'ai un peu de mal à comprendre ton message, là... tu peux répéter? ;-)

    @ Christelle: ah mais tu lis mon blog! :-) merci pour ton commentaire, et effectivement, bcp de questions se posent à propos du premier enfant... comment va-t-il se comporter avec l'arrivée du 2ème? etc...
    m'enfin, il faut laisser les choses se faire, ça arrive à tout un tas de gens très bien, dans le monde, d'avoir un petit frère ou une petite sœur.

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  4. Ben quasi ça: j'ai eu la chance de pouvoir profiter à fond de ma première grossesse et la 2 ème s'est passé bien plus discrètement parceque j'avais bien moins de temps à lui consacrer entre le premier loulou et le boulot. Mais de toute façon c'est pas la grossesse qui compte c'est le résultat! Et le résultat lui t'inquiète: une fois qu'il est là il ne nous oublie pas.

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  5. C'est pourtant clair : bosser enceinte et s'occuper de l'aîné, c'est pas toujours une mince affaire. Moi, j'ai juste profité de faire la maman et je ne me rappelle donc aucun stress particulier, ni angoisse de bien ou mal faire puisque la grossesse, c'est pas une maladie et qu'après, quand on est là pour ses enfants à temps plein, ça baigne ! Je disais juste qu'après avoir été empêchée de bosser par un ex-mari soucieux de voir sa progéniture s'épanouir auprès de la mère, et qu'après avoir été jetée comme une malpropre, c'était dur de ne pas regretter une indépendance financière si difficile à conquérir...

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  6. idem que toi...
    Un petite garçon quand ma fille a eu 2 ans et demi!
    Et je me disais (et me dis encore aujourd'hui;-)) comment je pouvais me sentir débordée et épuisée losque je n'avais que moi à gérer!!
    On est pleine de ressources moi je te dis ;-)
    Bonne continuation.

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  7. @ queen mom:
    oui oui je comprends bien! Bosser enceinte en tant que salariée, je l'ai fait la première fois. Pas facile de gérer l'absence d'horaires réguliers, les humeurs du chef, du N+2, des clients, les objectifs, les collègues qui pensent déjà à reprendre nos dossiers, les déplacements et les RDV à l'extérieur.
    J'avais d'ailleurs du être arrêtée assez tôt, et alitée, car contractions et col ouvert bien trop en avance!!!
    je sais que je n'aurais pas pu vivre la même chose pour une 2ème grossesse. J'aurais pété un plomb direct!
    Je la vis d'ailleurs de manière plus cool, cette fois-ci, en sachant que cette pause est une chance énorme, et je vois bien les atouts d'avoir moins de stress.

    En ce qui concerne l'indépendance, ça c'est sûr que ça ne doit pas être évident à gérer, un mari qui nous "oblige" à ne pas travailler!

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  8. Ca commence à dater, pour moi, mais je ne crois pas avoir vécu la première grossesse comme ça. Pas mon genre de suivre d'essayer de suivre des règles, même si j'ai bien tout lu le Pernoud et plein d'autres trucs. Et puis j'étais super confiante. Du coup, les grossesses suivantes étaient du même style. Et j'ai continué à trouver ça magique et à lire tout ce qui me tombe sous la main sur la grossesse, même pour ma 5ème ! La seule chose qui change, c'est qu'en lisant ces livres ou ces articles, je me donne mon propre avis en prime "Arf, c'est nawak ce truc" ou au contraire "Ah ben ça c'est bien vrai".

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  9. Comme tu le dis, la solution n'est pas dans les livres (qui peuvent aider, faire réfléchir mais ne donne aucune solution magique!)
    Pour ce qui est du lien qui va unir tes deux petits anges, il dépend (en grande partie) de ton rapport avec eux.
    Ils vont s'adorer, il faut concilier un grand qui doit partager et un petit qui n'a pas beaucoup de besoin mais à qui on veut en donner autant qu'un premier. Pas toujours facile mais il nous aide énormément à réussir!
    Et puis profite,cela fait que huit mois que mon petit prince est arrivé et je remettrais déjà ca si je pouvais, mais je n'ai pas assez de bras et trop de boulot!
    Christelle

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  10. Mais même si je m'en veux de ne pas m'assumer suffisamment, je ne saurais regretter d'avoir donné tout mon temps à mes chers petits. C'est quand ils sont allés en classe que j'aurais bien aimé aller travailler. Je l'ai fait un peu mais quand j'ai eu la possibilité d'entrer dans une bonne boîte avec un job régulier à la clef, mon mari n'a rien voulu savoir. Je n'aurais sans doute pas dû céder et me méfier...

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  11. Je sens du vécu là ... j'ai bien rigolé et me suis evidemment bien reconnue ! et pour la troisième c'est encore pire mais comme tu dis ON ASSURE car on a pas le choix ...

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  12. Enceinte de 3 mois et maman d'un petit garçon de 14 mois, je me reconnais totalement dans ton billet !

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  13. merci pour tous vos commentaires les filles!
    je vois que ça vous parle :-)

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  14. :D je viens de tomber sur ton article par hasard... je suis enceinte (7 mois pile) de mon 2ème, j'ai la chance de travailler à la maison et donc de garder mon "grand" (21 mois...), et ma journée type ressemble à ces nombreux détails que tu décris (et 11,5 kg sur la hanche... mais il s'accroche bien!)
    Pareil pour le détachement, aussi. Enfin, plus maintenant, mais au début.
    Enfin, tout ça c'est vraiment cool. En espérant que ça le soit aussi dans 2 mois! Bises à toutes les mamans du coin.

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