dimanche 20 juin 2010

"Je vous propose d'aller vous faire sodomiser, espèce d'enfant de péripatéticienne à l'hygiène douteuse" *


*assertion désormais célèbre du grand penseur Anelka.

(Crédit photo: Slate.fr.
)

Dîtes, je vous avais dit que j'avais commandé mes 10 bouquins pour survivre à la Coupe du Monde.
Bon, "Apocalipstick" de Charlotte Marin, c'est lu. "Le livre de ma mère" d'Albert Cohen, c'est lu (très biens, tous les deux, d'ailleurs)

Mais là, y a comme qui dirait une p'tite pause qui s'impose. J'ai l'impression que je ne vais pas parvenir à tous les lire à temps. En effet, un phénomène assez imprévisible arrive: depuis que cette grande sauterie du sport tourne au psychodrame au sein de l'Equipe de France,
je me surprends à rester scotchée tous les jours devant les débriefs de matches sur les chaines sportives. (En même temps, j'ai pas trop le choix, on n'a qu'une télé, et je suis étonnamment très cool avec Jean-Chou sur le programme -faut dire que je m'en fous, de la télé-)

Il m'arrive même de parcourir, parfois, des articles de l'équipe.fr! Lorsqu'on sait ce que je pense de ce sport en général et de la presse spécialisée en particulier, ça tient du miracle! (pour preuve, lire ma rubrique "spécial homme")
Je ne sais pas si c'est mon côté pervers qui ressort, ou mes instincts pas très avouables de charognarde un peu voyeuse, mais contempler toutes ces starlettes du foot se comporter comme des petites racailles niveau collège, me met dans un profond malaise, mais m'interpelle, aussi. C'est à croire que mon potentiel de ménagère-lectrice de presse people n'a jamais été aussi concret.
En fait, ça me fait honte, et à la fois, ça m'intéresse; un peu comme quand on regarde un vulgaire programme de télé-réalité, vous savez. On sait que c'est misérable, mais on visionne pourtant jusqu'à la fin, à moitié en cachette, pour voir comment ça va se terminer.

Je ne suis pas très surprise par le comportement de ces petites merdes millionnaires (mes talents de medium m'avaient judicieusement fait deviner que ce grand barnum ne volerait pas haut), mais c'est à croire que ma capacité de révolte est restée intacte: je suis dégoutée par tout ce qui se passe.
En fait, j'ai honte que la France soit représentée par des types pareils. Des gens pour qui le seul patriotisme valable, le seul drapeau à défendre, est celui de l'argent. Des imbéciles même pas heureux, pour qui porter les couleurs de notre pays n'a aucun sens. Des mercenaires de grands clubs, qui vont là où se font les plus gros profits, et qui n'hésitent pas à cracher sur le maillot de l'équipe de France, et, partant, sur leurs supporters. Des types qui vivent dans d'autres sphères, un autre monde, et dont la bêtise parait inatteignable et infinie. Mais qui n'oublient pas pour autant de répéter en interview à quel point la famille est importante pour eux, que la religion a changé leur vie ou que les valeurs du sport sont essentielles dans leur stabilité.

Des analphabètes qui se comportent en petites frappes, en caïds, et qui nous font un coup d'Etat. Un chef qui n'a aucun pouvoir sur ses hommes, et qui préfère s'écraser un peu plus, jour après jour, plutôt que de démissionner sur le champ et de les laisser se débrouiller tout seuls.
Quels que soient les torts de chacun, l'image de notre pays est en piètre état. Qu'on le veuille ou non, quoi qu'on en dise, et même si "ça n'est que du foot", la polémique prend un tour international, et nous ridiculise. Ça risque même de devenir une affaire d'Etat, et vous m'en voyez bien chagrinée.

On dirait une salle de classe qui se rebelle contre son prof... et malheureusement, on est en 2010: les quelques petits seigneurs de guerre qui composent la classe auront sa peau, au pauvre chef.
Elle est belle, l'image de l'autorité, du respect de la hiérarchie, de l'esprit d'équipe, tiens. Il est high-level, l'exemple pour les gosses.
Les voilà qui nous expriment des velléités de coup d'Etat. Heureusement qu'ils ne font pas de politique, ces moutons, j'aurais peur pour mon pays.

C'est bien simple, quand j'entends tous ces commentaires dépités sur notre équipe minable, j'ai juste l'impression de lire un épisode du blog de ma copine Ingliche Titcheur, qui nous conte, avec force talent, ses aventures avec Jean-Kévin et consorts, en lycée classé ZEP. Ou de regarder un épisode de Secret Story. En moins rigolo.

Une chose reste toujours bien d'actualité, en tous cas: je sais pourquoi j'ai écrit un post il y a peu sur la manière dont j'aimerais que mon fils soit élevé. J'y disais que la première valeur que je voudrais lui transmettre, ce serait celle de ne jamais s'inscrire au foot.

PS1: Alain Finkielkraut, ici, dénonce les dérives mafieuses des joueurs (cette recherche du "traitre"), bien éloignées de l'esprit du sport, et voit dans leur comportement de voyous des conflits religieux et inter-ethniques au sein même de l'équipe... je demande à voir, mais ce serait une bien triste photo de la société française...

PS2: il est vachement premier degré mon post, hein? Oui, je réagis un peu à chaud, c'est pour ça ;-)

2 commentaires:

  1. J'aurais pas dit mieux! Même mes élèves se comportent mieux les uns avec les autres!
    Tsss...

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  2. J'ai eu exactement la même attitude « charognarde » que toi, qui fait que je ne me suis intéressée à cette coupe du monde que quand ça a commencé à virer au grand n'importe quoi… à la différence près que, n'ayant pas la télé, j'ai suivi la saga sur le net (ma timeline Twitter, hier entre 16h et 18h, fut à ce titre un grand moment de rigolade).

    Ce qui me chagrine le plus, dans cette histoire, c'est de me dire qu'effectivement, bien que ce ne soit « que du foot », il semblerait bien que le pays tout entier soit jugé à l'aune de la connerie de cette poignée de types mal élevés !

    … et que des gens a priori intelligents soient chagrinés par tout ça, alors que la plus saine des réactions serait finalement de ne même pas en parler :)

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