lundi 6 septembre 2010

T'es pas un pédé!



Régulièrement, quand je suis dans un lieu fréquenté par des familles, comme la plage, le parc... et, heuh... le parc, eh bien je constate un phénomène malheureusement récurrent;

Lorsqu'un petit garçon pleure, un peu trop stimulé par son père pour plonger sans bouée/ shooter dans un ballon/ jouer à la bagarre avec ses autres frères/ nager au large, bien souvent, j'entends cette phrase de toute beauté:

"Eh, pleure pas Jason, t'es pas une fille!".
(NDLR: Jason peut aussi s'appeler Dylan, ou Jean-Logan, ou porter un autre prénom tout aussi chatoyant à l'oreille... issu du top 20 des prénoms de "tuning magazine" de 2003).

Cette phrase est effrayante. "t'es pas une fille".
Tous ces papas qui croivent (oui, ceux-là, ils croivent, c'est comme ça) que les sentiments, la honte, la peur, la gêne, l'hésitation, l'échec, sont réservés aux pisseuses. Qui transmettent à leur gosse de 5 ans qu'exprimer son ressenti, c'est faire preuve de faiblesse. Que ressembler à une fille, c'est la pire des choses.
Et puis, ce message assez encourageant, entre les lignes... qui dit "mon fils, je supporte déjà pas qu'il pleure comme une fille, j'espère au moins que sa mère va pas en faire un pédé" (avec sa manie de lui faire des bisous, aussi, elle... ça s'attrape pas si difficilement, ces saletés, faut faire gaffe!).
"Allez John-David-junior, sors des jupes de ta mère, mets tes c...... sur la table si t'es un vrai mec, et viens montrer à papa c'est qui qui commande!"

Je les plains, ces petits gars... je me dis que plus tard, ils n'ont pas intérêt à développer des passions autres que le foot, la télé ou les sorties au fast-food en famille, sous peine de se voir taxer de tafiole par leur propres géniteurs (imaginez s'ils se mettaient à aimer lire, ou pire, faire du violon... ou toute autre activité de tapette dans ce genre!)

Je me dis que ces enfants vont en tenir une sacrée couche, de problème psychologiques superflus, plus tard, tiens! Et puis ils vont bien finir par rencontrer des filles, un jour. Et là, ça va être marrant, tiens.

Pfiou... les réflexions comme ça, ça me démoralise.

6 commentaires:

  1. si tu savais comme tu as juste...Et il n'y pas que les papas qui transmettent cette division violente des genres. Les mamans ne sont pas en reste...A vite, miss
    Thomas

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  2. Carrément d'accord! Ou alors faut dire la même chose aux filles: "Arrête de pleurer tu vas noyer tes yeux"...
    Le sexisme s'apprend très tôt.

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  3. @ Thomas: c'est vrai... les mères font parfois pire! C'est fou comme on conditionne nos enfants avec nos propres peurs ou visions d'adultes... et ce, dès les premiers jours de leur vie!
    Il y a des réflexes un peu sexistes qu'on a tous, évidemment... mais il faut faire gaffe à ce qu'ils restent des points de détail!
    Bisou!

    @ Titcheur: il y a un truc qui me fatigue aussi, c'est quand on dit à une petite fille: "une vraie charmeuse, elle fait fondre son père, elle obtient tout ce qu'elle veut... ah c'est une vraie fille!"
    Ca me gênerait d'éduquer ma fille de telle sorte qu'elle arrive juste à obtenir des choses auprès des hommes grâce à ses beaux yeux (bon, ça peut aider, faut pas être naïf, mais il n'y a pas que ça ;-)

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  4. oui j'ai déjà entendu ce genre de remarque dans un endroit genre un mcdo ... quand mon fils ma fille pleurnichent, je leur dit juste qu'ils sont plus des bébés,ont passé l'age de pleurnicher et peuvent contrairement a des bébés exprimer ce qu'ils ont sur le coeur ;-)
    bon quand ils se font mal ils peuvent pleurer,quand meme, mais ca doit vraiment etre un gros bobo qui pisse le sang et tout et tout...

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  5. Mon fils est le plus émotif des trois (et le seul garçon) et j'aime bien ça.
    Les gros durs, bof, cacher ses émotions bof aussi.

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  6. Et voilà pourquoi y a des filles qu'aiment pas les garçons !!

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