lundi 15 novembre 2010

Etre parents, rester un couple

(Joseph avait-il prévu la crème anti-crevasses pour l'allaitement de sa douce? Mmmmh...rien n'est moins sûr...)

Aujourd'hui je vais essayer d'être un peu sérieuse et de vous parler d'un sujet essentiel quand on est parents, que je n'aborde pourtant pas souvent sur mon blog (j'ai beau raconter tout un tas de trucs ici sur les nains, je ne vais pas en profondeur sur ce que je considère comme intime).
Il s'agit du thème du couple.

C'est important, le couple. Avant d'avoir des enfants, on se dit: est-ce que notre couple va bien vivre tout ça? Est-ce que notre petit rythme, qu'on a trouvé à deux, va pouvoir s'adapter à la nouveauté? Et après, on réalise que oui, tout est bouleversé. Pas de doute là-dessus: la vie est différente. Très différente. Pour vous situer: un peu comme si on débarquait sur une autre planète. Ou comme dans l'émission Rendez-Vous en Terre Inconnue, où on vous enverrait découvrir les Pygmées de l'Himalaya Oriental, tendance bouddhiste-salafiste, mais sans billet de retour. A vie, quoi.

Autour de nous, on entend pas mal de remarques: "J'ai peur d'avoir des enfants, j'ai l'impression que les couples, autour de moi, se brisent une fois sur deux après la naissance d'un enfant. " ou bien "avoir un enfant, c'est la pire chose qui puisse arriver à un couple". "J'ai peur que ma femme devienne une mère, et rien de plus". "Les enfants c'est usant, on n'a plus de vie de couple, et encore moins de vie sexuelle ensuite". "mon mec ne fait rien à la maison, avec les enfants c'est pire".

Avant de devenir maman, je me suis posé tout un tas de questions. Maintenant que je le suis, je continue à me poser tout un tas de questions. (vous ai-je déjà fait remarquer sur ce blog que j'aimais bien me poser des questions?). Mais j'ai l'impression, en grandissant, que je commence, petit à petit, à trouver des réponses. Et ce sujet nous interpelle tous, forcément.

Pour tous les couples (à part peut-être chez les extra-thérèses), il y a des moments vraiment galère à gérer une fois qu'on est à la tête d'une famille de nains. Mais je crois aussi que l'on vit des choses encore plus belles à deux, une fois devenus vraiment adultes. (moi j'ai l'impression que je suis devenue adulte avec mon premier enfant, pas avant).
Alors, j'aimerais vous faire part de quelques constats que j'ai pu faire concernant le couple (pas que le mien, hein. je regarde un peu autour de moi et je résume).
Pour surmonter les difficultés, on a tous des petites astuces, des trucs, qu'on sort du chapeau si besoin.
Pas de recette miracle, mais des petits apprentissages, qu'on accumule avec l'expérience. Bon, le plus dur est évidemment de réussir à les appliquer concrètement.

Voici donc quelques unes de mes découvertes hautement empiriques sur l'épineux sujet "être parents et rester un couple".
Inutile de vous préciser que j'ai encore très peu d'expérience en la matière, que mes points de vue sont loin d'être des conclusions définitives, et que si j'écris sur ce thème c'est surtout pour vous faire parler, vous. Pour que l'on partage anecdotes, expériences et constatations sur le sujet.

(NB: toutes mes observations me paraissent uniquement valables pour les couples qui vont à peu près bien, hein, ça va de soi)

1 - se répartir équitablement les taches.

Essentielle, l'exigence number one pour atteindre un peu de sérénité dans le couple. Je ne parle pas d'une répartition mathématiquement égalitaire des contraintes, à la sauce CSA (faire chacun exactement 50% d'aspirateur, chacun aspirant précisément 50% de la superficie de la maison, pendant 50% d'une durée prévue à l'avance).
Je parle d'une répartition qui convienne à chacun. Et ça, c'est donc différent chez tous les couples.
A deux, lorsque l'un en fait beaucoup (ou à l'impression d'en faire trop) et que l'autre se tourne un peu trop les pouces, on peut vite entrer dans une comptabilité un peu mesquine, du genre "t'as rien fait à la maison aujourd'hui, je ne ferai pas la bouffe ce soir, tiens".
Je crois qu'avec des enfants au milieu, ben ça peut empirer très vite. C'est-à-dire que le cercle vicieux peut être le même, mais multiplié par dix en intensité: "Tu as vu tes potes hier, tu es rentré à 5h, tu as vomi dans la baignoire, c'est moi qui me suis levée toute la nuit pour les biberons, et puis ce matin aussi, puisque tu avais besoin de faire la grasse mat', ensuite tu es allé faire ton foot avec tes potes, puis tu as bossé 2h sur ton ordi et moi je n'ai même pas eu le temps de faire une sieste, entre les machines à faire et les couches à changer. Je vais donc te tirer la tronche, et pas qu'à moitié, mon salaud. "
Là, franchement (qui n'a pas vécu des situations un peu touchy de ce genre?), ça peut aller au clash très, très vite.
Il faut donc réussir à équilibrer les contraintes, et les plaisirs. Chaque membre du couple doit pouvoir se faire plaisir individuellement, souffler.... mais doit pouvoir offrir à l'autre la même-chose. Aller passer la journée au ski avec ses potes? OK, si le lendemain il vous laisse faire une grasse-mat' ou dîner entre copines. Se coucher à 6h, le soir du réveillon? Ok, si on assume le fait d'avoir des enfants qui se réveillent à 7h, et ne pas faire payer à l'autre la fatigue due aux excès de la veille (et c'est là qu'il faut vraiment être Adulte... avec un grand A!)
Si on arrive à donner du plaisir à l'autre, bien souvent on en reçoit autant. Et là, on arrive à entrer dans un cercle vertueux, avec le plaisir fou d'être ensemble.
Ben c'est chaud. C'est un travail au quotidien, à tenir sur la durée, et c'est parfois bien difficile à appliquer. Notamment parce que les enfants, à la base, ne nous laissent plus le temps de faire grand-chose, encore moins pour se faire plaisir. Mais ça vaut le coup, non?

2- séparer couple/ famille

Vie de famille et couple, franchement, ce sont deux idées assez incompatibles, soyons honnêtes. Mais, toi l'homme occidental, tu es un foufou qui aime le risque: tu as bien souvent l'audace de faire des enfants avec quelqu'un dont tu es raide-dingue. Va te débrouiller ensuite pour le cumul des mandats!
Coucher avec la douce créature qui a mis au monde tes chiards, laver les biberons puis chanter la sérénade sous le balcon de ta dulcinée, acheter de la pommade anti-crevasses à destination de ta chère et tendre (sans parler d'assister à l'accouchement) puis renouveler tes vœux de fidélité et amour à son endroit sur une pirogue dans les îles Samoa.
Toi aussi, naïve choupinette, après les difficiles journées passées avec ton nouveau-né, tes nuits entrecoupées et tes pulls customisés "vomi", file vite mettre un peu d'anti-cernes et saute sur ton amoureux dès le soir venu pour célébrer votre amour!
Nan, sérieux. C'est quoi c't'arnaque?
Une solution: séparer autant que possible ces deux notions. Couple et famille sont, de fait, complètement mélangés du matin au soir. Mais je m'aperçois qu'en distinguant psychologiquement les deux, le couple en sort grandi; le temps des enfants, c'est le temps des enfants. La fatigue, l'énervement ou la gagaterie qu'ils peuvent générer en nous ne doit pas interférer sur le couple.
Veiller à ne pas remettre en question son couple pour des problèmes qui n'ont rien à voir, tel est l'effort à déployer. Ainsi, on peut s'engueuler un chouilla avec son cher et tendre pour des questions d'éducation, ronchonner après une sale journée de caprices ou pleurer de fatigue, il faut essayer de ne pas en tirer de conclusions sur son couple. C'est autre chose. Une fois dans le moment "couple", on tirera certaines choses au clair, ou on essaiera de se parler en "amoureux", en oubliant un peu la casquette de parents.
Le plus dur dans la vie de parents, donc, c'est qu'on ne peut plus se parler librement à n'importe quel moment de la journée. Il faut se dédoubler: parfois parent, parfois amant.
Ce principe (théorique, je l'avoue) porte vite ses fruits quand on arrive à l'atteindre un peu.

3- Se reposer, et laisser l'autre se reposer aussi.

Une journée composée d'un lever aux aurores + une sortie au parc + préparation du repas des enfants + coucher des enfants pour la sieste + préparation du repas des parents + lever des enfants + éducation + amener le plus grand chez le pédiatre en urgence + changer les couches + jouer aux Duplo + préparation du gouter + danse dans le salon + diner + bain + lecture d'histoire + coucher des nains + repassage + préparation du dîner peut se révéler, au choix, trépidante et joyeuse, ou totalement cauchemardesque et infernale, selon le nombre d'heures de sommeil accumulées la nuit précédente.

4- Se prévoir des petits moments réguliers pour le couple.

Ne jamais négliger de vrais moments de couple: aller au resto, sortir ne serait-ce qu'une petite heure faire une balade, ou même rester à la maison et se prévoir un super dîner le samedi soir. Les moindres petits plaisirs banals qu'on peut s'octroyer ont, désormais, un goût de "ce soir c'est la foliiiiiiiie!", ce qui finalement leur donne encore plus d'intensité qu'avant, c'est sympa. Partir une semaine au bout du monde sans les enfants est toujours une bonne idée, mais à mon avis ne règle pas grand-chose si le reste de l'année on est à 100 à l'heure et qu'on ne profite pas des petites joies du quotidien.
Et puis caler dans son agenda des petites retrouvailles, entre midi et deux, ou pour la sieste, histoire de ne pas faire QUE dormir dans la suite parentale... En d'autres termes, "planifier le spontané". Oui, c'est pas facile, vous avez bien raison les jeunes. Mais quand on n'a pas le choix, on finit par trouver ça plaisant, au bout du compte!

5- Toujours garder une haute vision de son couple:

Devenir parents et entretenir la flamme en même temps, c'est comme entrer en religion: si on ne met pas un peu de spiritualité et de vision stratégique dans tout ça, on s'y perd vite!
Alors, dans les moments pas folichons à traverser, avec une bonne crise de couple qui va bien + le mega baby-blues qui débarque (tiens! dans ta face!), + les suites de couche à gérer + une baisse extrême de libido + le stress au boulot + quelques personnes envahissantes à gérer dans l'entourage + juste l'envie d'ouvrir le gaz ou de tout plaquer... eh bien gardons zénitude et sérénité!
Pourquoi suis-je avec cette personne? Pourquoi ai-je décidé de faire un enfant avec lui? Qu'est ce que l'on pourrait faire pour arranger certaines choses? Qu'est-ce que je veux vivre, au fond, avec mon compagnon de vie? Ne suis-je pas capable de traverser cette épreuve avec lui? On veut fonder une grande famille, oui ou merde?
Et puis on serre les dents jusqu'à ce que la roue tourne. Par ce que oui, elle tourne, et que rien n'est figé, tout évolue.
Ah et puis, oui: ne pas nier le bouleversement psychologique que peuvent créer la grossesse, ou la maternité. Aussi difficiles que puissent être les neuf mois (et les quelques autres ensuite) pour le couple, cela ne signifie pas que le couple vivra l'horreur ensuite! On apprend, donc, là aussi, une chose assez importante: être patients et confiants en l'avenir.

6- Dédramatiser

Bon, ça c'est un truc efficace dans toutes les situations, mais quand on est parents cela me parait essentiel: c'est fou ce qu'on peut désamorcer comme situations complètement merdiques simplement avec une phrase bien sentie, une remarque absurde ou juste une bonne blague pourrie. Là, je vous laisse à votre créativité.
Personne n'est mort? La vie continue? au pire, un bras (de poupée!) cassé? ou un ego un peu froissé? allez, on rigole un bon coup et on tourne la page.
(Bon, comptez pas sur moi pour vous aider à appliquer tout ça, hein, j'ai déjà assez de boulot avec mes propres tares.)

7- essayer de considérer l'aspect positif d'une situation qu'on ne peut éviter

Exemple: visite surprise de la tante alcoolique et envahissante, repas de famille à rallonge (et Dieu sait que j'aime pas ça, mais alors pas du tout), sortie au square pendant les grèves... et bien d'autres joyeusetés. Parents, il y a plein d'activités auxquelles on ne peut désormais pas couper. Autant essayer de les apprivoiser, plutôt que de lutter. Moi, par exemple, je me suis mise à la photo il y a quelques années, parce que c'est un bon moyen, selon moi, de tuer le temps et de positiver une situation à la base sans intérêt: Chercher un cadre, un angle intéressant, une attitude, un sourire d'enfant à capturer... ça peut vous faire passer une journée chiantissime beaucoup plus vite, et même lui donner un sens. Ecrire, aussi. Enfin, chacun ses méthodes.

8- lâcher du lest:

Ouch! ça aussi c'est difficile, mais qu'est-ce que c'est bon, quand on a réussi! En tant que maman, c'est plutôt compliqué de lâcher prise sur les enfants, de savoir déléguer, au conjoint (bon ça encore, ça va), mais aussi à la famille, voire à la belle-famille...
Mais il faut l'avouer: savoir faire confiance à quelqu'un d'autre pendant le temps durant lequel on lui confie ses enfants permet de souffler enfin, et vraiment. Et ça, c'est toujours un peu de légèreté en plus qu'on insuffle dans le couple.

9- Après bébé, la vie de couple, ça peut même être mieux!

Ah, toutes ces idées reçues, ces frayeurs concernant la libido, le manque d'enthousiasme à la "chose" des jeunes mômans, etc etc... bullshit!
La connaissance de la vie, ça va bien souvent en s'améliorant, non? Ben la vie sekssssuelle, ça peut être pareil, si on est un peu honnêtes. A trente ans c'est mieux qu'à vingt. Et après un bébé + une bonne (ré?)-éducation du périnée (et pas mal de patience et de tolérance pendant les périodes "creuses") franchement, j'en connais pas mal qui disent: merci l'accouchement! merci la sage-femme qui s'est super bien occupée de moi! merci le temps qui passe! Bref, je ne sais plus qui disait qu'une femme se libère souvent, une fois devenue mère. Elle lâche certaines angoisses, certaines postures figées, certaines idées toutes faites pour enfin penser un peu à ce qui lui plait vraiment... et c'est tout bénéf pour le couple. Manque plus qu'à trouver le temps.
(l'astuce: épilation de la jambe gauche le lundi, jambe droite le mardi, préliminaires le mercredi après le foot et passage à l'acte juste après un bib' -le ventre plein, le nain est tout de suite plus disposé à vous accorder 7 ou 8 minutes de tranquillité, ce qui devrait vous suffire -il s'agirait pas non-plus êtres trop exigeants!)

10- réaliser finalement que les enfants nourrissent le couple, l'enrichissent.

En gros, se plaindre un bon coup, râler, hurler d'énervement... pour finir comme deux benêts, penchés sur le berceau des nains, autrement nommés "merveille du monde numéro un" et "merveille du monde numéro un ex-æquo", et se dire, en se regardant: "c'est fou, avec tout ce qu'ils nous font comme misères, et ce, du matin au soir, 7 jours sur 7, eh ben les voilà à peine couchés, qu'ils nous manquent déjà, nos choux des îles en sucre. Mais comment on a fait pour vivre sans eux, avant? C'était forcément insoutenable de ne pas encore les connaître... et on s'en rendait même pas compte! On était jeunes et qu'est-ce qu'on était cons surtout, hein, mon Jean-Chou?"

Bon, allez, reste plus qu'à s'y mettre, maintenant... au taf!
Merci de m'avoir lue, et surtout: A vous de compléter ma liste, et de me donner votre vision...

(PS: j'ai créé la page Facebook de mon blog, sur laquelle vous pouvez être "ami" avec moi. Clic clic clic!)

12 commentaires:

  1. Je pense que tu as plutôt bien résumé la chose. J'ai un peu plus d'expérience que toi: les loulous ont 7 et 10 ans et on a survécu une crise majeur dans notre couple en grande partie du à une inégalité des charges de travail.
    On a réussi à redresser la barre et je pense que l'on vit très bien notre statut de couple et parents et c'est quand même génial de pouvoir partager notre vie avec des mini-nous.

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  2. Dans la série, être un couple et devenir parents, y aurait aussi des choses à dire.
    Très chouette billet, Marine, comme d'habitude.

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  3. Merci du mode d'emploi, mais j'avoue certains points me semblent juste impossible ou c'est juste nous qui sommes pas normaux???

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  4. évidemment que la plupart des ces points sont difficiles à appliquer... d'où l'idée d'en faire un post!
    la vie serait moins drôle si on était parfaits, hein?

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  5. Et si on demandait un nouveau réaménagement du temps de travail pour les deux, car moi les semaines à 95h ça me fait trop. Je veux être une super nana, une super maman, une super amante et une super bosseuse, mais vu l'organisation du temps de travail actuel, la barque est trop chargée (journées trop longues en particulier)

    D'un côté on a ceux qui bossent comme des fous (les parents biactifs avec enfants) et de l'autre, des jeunes et 50 et + qui ne trouvent pas de boulot. Et si on partageait un peu plus.
    Là on changerait vraiment les choses.

    Imaginez les deux parents qui sortent tous les soirs à 17h du boulot, mais qui bossent peut être comme nos bambins plus de jours dans l'année (actuellement en débat la réforme des rythmes scolaires), ça serait pas mal non ?

    Bref ne prenons pas toujours tout sur nous (une conciliation impossible) et demandons a ce que notre société change pour quelle intègre enfin le fait que maintenant les 2 travaillent dans le couple.

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  6. très bien résumé, félicitations.je vais prendre le temps de lire tout ton blog.

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  7. très drôle j'adore ton humour, je vais ausi prendre le temps de lire ton blog. par contre moi je ne me vois pas séparer vis de couple et vis de famille. notre fille nous suit partout, et la fille de mon homme aussi (sauf lorsuq'elle est chez sa mère pendant les vacances).
    bien sur pendant qu'elles dorment on en profite pour être tout les deux, mais le reste du temps, on reste tous ensemble!

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  8. Chouette article. Bien écrit et qui soulève effectivement les remous qu'implique l'arrivée d'un bébé. Ca parait simple et en même temps, c'est compliqué! lol

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  9. C'est positif! Merci! Moi qui suis en fin de première grossesse, je me pose beaucoup de questions sur le sujet, surtout que nous, on est relativement encore un jeune couple et qu'il m'arrive souvent de penser qu'on a fait bébé trop vite.

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  10. Génial!!!! J'en rigole encore: en plein dans le mille! Je me suis dit "comment elle connaît ma vie?". Y a des caméras dans ma tête ou quoi?

    Comme je trouve compliqué de gérer avec mes multiples casquettes maman/chérie/professionnelle/ tenue d'avoir une maison bien rangée/ avec de bons repas.. ou pas!

    Parce que oui, dès fois, ça m'arrive de me dire (quand je me transforme en mère en bord de la crise de nerf) mais vous allez bientôt tous arrêter de me faire ch... !!!!!

    Mais comme tu le soulignes si bien, c'est un nouvel équilibre à trouver (ne pas chercher à récupérer celui d avant, pas possible... non, on ne gomme pas une vilaine épisio ni les saletés de vergetures!) Pas évident de se sentir au summum de sa féminité dans ces cas là!

    Essayer en effet de se recentrer sur nos envies d'avenir avec notre homme (et pour ma part arrêter de lui faire une vie d'enfer en ce moment, méa culpa chéri). La zone de turbulence va s'apaiser, le petit grandit doucement et c est chouette aussi cette vie à 3!

    Je veille aussi à communiquer différemment, en terme de ressenti, moins d'attaques, je cherche un peu de zen... mais certains soirs, ça pète...

    ... ET C EST NORMAL!!!!!

    On voudrait être parfaites en toutes occasions, ce n'est pas possible. Quand on peut se faire relayer avec le papa, il faut savoir déléguer. Certes, ils ne font pas comme nous, mais quand "maman louve" prend le temps de les regarder ensemble, alors on voit tout ce que ça apporte à l'enfant une autre façon d'être avec lui!

    Je ne vous dis pas que je ne crisais pas intérieurement les premières fois où il l'habillait ("mais le pauvre, il ne ressemble à rien, pas ce t-shirt avec ce pantalon, blablabla") mais en fait en lâchant peu à peu prise, en communiquant efficacement, en félicitant le papa quand c'est chouette, et bien ça va drôlement mieux!

    Redevenir une amante, avec du désir, c'est encore très compliqué pour ma part... J'ai laissé ma libido quelque part en court de chemin... et je la recherche activement depuis! Quelques mini sursauts de temps en temps, mais rien d'atomique! Je fais en tout cas tout pour y arriver, c est un gros défi, mais je sais qu'ON y arrivera... ensemble.

    Je partage également l'avis de la personne au dessus sur le fait que la société n'est pas très valorisante vis à vis de la femme "multi tâches", il y a une pression de dingue à devoir être heureuse et épanouie... On nous bombarde de conseils mais il y a des moments dans la vie de dingue qu'on doit mener certains jours où ça me faire bien rire... amèrement...

    Je rêverai que les cours de préparation à l'accouchement abordent tous ces sujets. Parce que finalement comment pousser, ça ne nous sert pas non plus tous les jours!
    Mais d'entendre dire que certains jours on aura envie pendant un millième de secondes de tout envoyer valser. Que notre enfant peut nous gonfler, mais d'une fooooooorce parfois! Que les folles nuits d'amour n'ont pas forcément lieu deux jours après l'accouchement... Qu'une épisio, ça peut faire très très mal, que, comme dans mon cas, ça se réopère, que des gens peuvent nous aider à surmonter ces douleurs (que mon osthéo soit béni!!!), que parfois on a l impression de couler, net, à pic...

    Il y a trop de tabous alors qu'on devient mères depuis des siècles!!! ça me fait penser au sketch de Florence Foresti, où "on ne l'autorise pas à en parler, sinon on ferait plus d'enfants!". Je ne souhaite bien sûr pas qu'on noircisse le tableau, toutes béates que nous sommes à ce moment là, mais juste qu'on l'aborde, que chaque femme sache qu'elle peut être aidée sans en éprouver de la honte...


    Merci encore pour cet article qui m'a égayée! Un vrai plaisir comme style!

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  11. Les couples heureux font des parents épanouis, aimants et détendus. C’est ce dont vos enfants ont le plus besoin pour s’épanouir à leur tour et être sereins pour aborder leurs apprentissages multiples. Plus que de parents qui se “sacrifient” à tort et oublient de vivre pour eux.

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