samedi 11 décembre 2010

Mes nuits avec Patrick Sébastien



(photo: Marina Abramovic)

Ce matin, vers 5h30, je réfléchissais. Au sujet du réveil de milieu de nuit des nourrissons.
Les bébés s'agitent souvent après une phase de sommeil profond, vers 2 ou 3 heures du matin... tout l'enjeu étant de les aider à se calmer pour se rendormir aussitôt. Parfois, ça marche.
Et en ce moment, avec mon fils, ça ne marche pas du tout.

Faut dire que s'il avait été tout seul, on l'aurait laissé pleurer dix minutes pour qu'il apprenne petit à petit à se calmer tout seul. Mais avec ma fille juste à côté, c'est un peu le casse-tête, on n'a pas envie que tout le monde se réveille dans la maison, et que les voisins fassent une dépression post-partum par procuration (les pauvres chéris).

Donc, s'il vous arrive d'ouvrir l'œil à cette heure-ci, pensez à tous les jeunes parents qui sont dans le même cas que nous:
A l'heure ou vous vous étirez comme des chats sous vos couettes bien chaudes, des millions de jeunes parents marchent à grands pas dans leur salon, chantonnent, bercent, se balancent, en veillant à ne pas s'endormir ou trébucher sur un jouet dans le noir...

En ce moment, chez nous, cela dure une quarantaine de minutes. Sympa, hein?
En fait nos nuits se terminent vers 04h00; car oui, quand le petit s'endort enfin, une heure après c'est sa sœur qui pointe le bout de son nez.
Et finalement, le plus fou, c'est qu'on s'habitue à ce rythme! J'en viens à apprécier d'avoir mes 4 ou 5 bonnes heures de sommeil par nuit... un peu comme si j'avais la chance de faire une sieste énoooooorme! Et comme je suis heureusement "du matin", même explosée je suis relativement de bonne humeur.
(bon, c'est quand la journée avance que ça se corse et que le manque de sommeil se fait ressentir)

Et donc, je disais; ce matin, je réfléchissais. Je me disais qu'on n'était jamais préparé à l'épreuve des nuits, lorsqu'on est futur parent. J'ai beau avoir eu un autre bébé avant, on perd vite le rythme. Et puis celui qui s'amuse à entrecouper ses nuits, comme ça, juste pour s'entraîner et se préparer à l'arrivée de son bébé, à mon avis c'est juste un grand malade (même s'il a peut-être raison, le dingue)

En fait, les réveils de la nuit, s'il fallait les décrire à un innocent futur parent, voici ce que je vous proposerais:
Votre meilleur ami dépressif sonne chez vous en plein milieu de la nuit: vous dormiez à peine, merde! Vous vous sentez bien obligé de l'accueillir chez vous, il vous fait du chantage au suicide, le con. (Et puis, il vous met un cutter sous la gorge, ça aide). Encore ensommeillé, donc, vous vous prêtez de bonne grâce à ses exigences: chanter tout le répertoire de Patrick Sébastien, sur son matos à karaoké qu'il a, tel un relou, apporté chez vous. Vous ne savez jamais combien de temps ça va durer. Vous savez, au fond, que vous arriverez bien à vous recoucher à un moment, mais le mystère, chaque nuit, c'est le "quand?". Et puis vous pensez à ce p***** de réveil, qui, lui, sonne toujours à la même heure.

Médusé, soumis, vous le contemplez en train d'hurler sa chanson du petit bonhomme en mousse, et vous ressentez un profond énervement, mêlé à de la tendresse, quand-même: c'est votre meilleur ami. Vos yeux tout collés bataillent pour rester ouverts, vous avez juste envie de vous laisser choir sur votre lit avec deux boules Quies en criant "Qu'on en finisse!". Mais non, le voilà qui, maintenant le CD terminé et sa chorégraphie achevée (oui, il faut danser avec lui, aussi) , veut discuter avec vous à propos du monde qui va à vau-l'eau, particulièrement de la géopolitique au Bouthan. Vous le rassurez, le calmez comme vous le pouvez. Tout plutôt que d'écouter ses thèses foireuses sur les bienfaits du communisme doux en climat montagneux.
Il va mieux. Vers 5 heures du matin, il décide donc de regagner ses pénates et vous dit que vous lui avez sauvé la vie, cette nuit encore. Vous vous rendormez aussitôt en vous promettant que, la nuit prochaine, il ne vous y reprendra plus.
La journée, vous le voyez: il est gai, beau, épanoui, il vous apporte beaucoup de satisfaction. Vous avez déjà oublié la nuit anarchique, et vous pensez, plein d'amour pour lui, que ça vaut bien quelques difficultés...
Le soir venu (pas trop tard si possible), en vous couchant, vous vous promettez que, cette nuit, vous allez essayer de résister... mais vous savez, lucide, que votre résolution manque trop de fermeté pour être suivie. Vous voyez l'échéance, de plus en plus certaine, approcher.
Vous poussez un petit soupir d'auto-motivation en pensant que vous allez devoir, après 2 ou 3 heures de sommeil, tourner les serviettes en costume basque, debout sur la table du salon avec un ami psychopathe, et vous vous endormez aussi vite que possible, en serrant les poings, d'attaque. Et en espérant qu'il ne finira pas par vous rendre dingue, vous aussi.

Et vous? Ça vous parle? Vous compareriez vos nuits à quoi, de votre côté?

5 commentaires:

  1. C'est un peu ça, les poupons. Te réveiller pour te faire passer un casting de comique-amuseur-chanteur de berceuses et autres jongleries. En fait, si tu réussis trop bien, il en redemande, le petit. Mon conseil : le câliner et le rassurer, et le recoucher illico. Une fois, pas 2 !

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  2. Mon conseil: investit dans des boules quies pour ta fille et laisse le pleurer. Avec un peu de chance, ça marchera!

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  3. Je te déteste de m'avoir fait revivre ces minutes infernales grignotées sur mes nuits. Je supporte très mal la fatigue.
    Heureusement en ce moment je passe de bonnes nuits, pas suffisantes pour récupérer de la fatigue de fin d'année, mais de bonnes nuits quand même.

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  4. moi je touche ma tête / du bois et remercie saint ronflex car le naintoutneuf dort trrèèsss bien ! Un bibi vers 23h, dodo, un bibi vers 5h (comble du luxe et détestage immédiat des lectrices c'est mon mari qui se lève) puis dodo ! C'est moi qui le réveille à 8h pour le préparer et accompagner son frère à l'école.
    Bon je sens bien que personne ne m'aime maintenant alors je sors en vous souhaitant bon courage !!!

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  5. J'en suis à la 4ème nuit d'affilée à 5 h de sommeil max entre coupées de course dans le couloir pour la redresser avant qu'un glaire ne l'étouffe et/ou à errer hagarde entre chambre salle de bains et buanderie avec draps et pyjamas pleins de vomi glaireux là aussi... Bronchiolite je te hais... Bon, je me dis que c'est le retour de bâton parce qu'elle aura 6 mois demain et qu'elle fait ses nuits quasi depuis ma sortie de la mater (estelle ;-) ).
    Le manque de sommeil est cruel, mon manque de patience aussi pour le grand frère qui n'a pas encore compris qu'il est des situations où il faut savoir courber l'échine et laisser passer la tempête.
    Vivement que ça se calme.
    Bisous solidaires!

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