mardi 11 janvier 2011

Le p'tit deuxième: premier bilan

l"allaitement, c'est ce qu'il y a de mieux, c'est bien connu (Robert de Niro, "Meet the Fockers")


Cela fait quelques mois maintenant que j'ai eu mon fils... et un petit bilan s'impose.
Alors, deux enfants, assez rapprochés, c'est comment?


Eh bien ça y est. J'ai l'impression que c'est au bout de 3 mois d'apprentissage, de découverte, de cafouillages et de formation terrain intensive, que j'ai eu mon p'tit diplôme de Multipare (rappel: 0=nulli, 1=primi, 2 et plus=multi).

Parce qu'il faut l'avouer, au début, c'était pas facile tous les jours.
Bon, je préciserai tout de même qu'accoucher face à la mer, et passer ses trois jours dans une super clinique surplombant les plages privées, c'est le pied total -oui, même pendant l'accouchement, enfin presque-, disons que c'était bien différent de l'hôpital à Levallois)

Pour un premier enfant, déjà, on sait que les premiers mois sont les plus durs. Mais on oublie vite, et on s'y remet dans la foulée (ah, l'instinct de reproduction!)
Eh bien, pour le 2ème, malgré la petite expérience qu'on peut avoir, le recul et la capacité de moins stresser, les trois premiers mois sont tout aussi difficiles.

J'ai eu mon petit baby-blues réglementaire, quelques jours après la naissance. J'avais lu sur le net que la simple "dépression du post-partum", très fréquente, ne devait pas dépasser 3 semaines. Sinon il s'agissait peut-être des prémices d'une vraie petite déprime, plus importante.
Alors, tous les jours, je faisais en secret mon petit compte à rebours, je me mettais une petite pression un peu con... surtout, surtout, ne pas dépasser le 9 octobre!
et OUF! Je me suis aperçue, vers les 1 mois de mon fils, que les pleurs inopinés (les miens, pas ceux du bébé), arrivant subitement dans la journée pour un oui ou pour un non, se sont rapidement raréfiés (au choix: plus rien à me mettre, je ne rentre plus les cuisses dans mes jeans, je ne trouve pas l'ouvre-boite alors que j'ai absolument envie de bouffer du thon, il faut que j'aille faire des courses il pleut c'est affreux je n'y arriverai jamais, je suis seule à la maison avec les 2 pendant que Jean-Chou est parti plusieurs jours pour le boulot je vais mourir d'incompétence c'est affreux, je suis rien qu'une grosse minable bouffie, mais mon Dieu 12 heures de sommeil par semaine est-ce bien suffisant, etc, etc).
Finalement tous les jours, en me réveillant, au départ, j'avais besoin de me fixer des objectifs, de m'auto-cadrer pour ne pas craquer, de m'obliger à ne pas trop me poser de questions (allez hop! en pilotage-automatique, mode ON) et cette petite discipline m'a bien servi: je m'imposais une mini-sieste par jour, je me suis pliée à une organisation béton pour la tranche horaire fatidique des 18h/20h, et, par nécessité extrême de DORMIR, on a cadré le sommeil de notre fils beaucoup plus vite que pour notre premier enfant!
Dans des conditions beaucoup moins zen que pour mon premier bébé (cette année, le congé paternité s'est fait attendre, ainsi que les vacances...), je m'en suis sortie.
Ça parait peut-être un peu ridicule comme ça, mais je suis assez fière de moi. Hé hé.

Voilà. Cette phase de découverte de mon enfant, d'apprentissage, de décodage de ses pleurs, cris, sourires et mimiques a en quelque sorte préparé le terrain pour que les émotions s'installent. (ah oui parce qu'il y a un truc qu'on ne dit pas forcément: on n'aime pas automatiquement son enfant dès la première seconde suivant sa naissance... il faut un peu de temps pour faire connaissance).
C'est maintenant qu'on a l'impression de profiter à fond de nos enfants, d'avoir fait sa place à notre fils, de l'avoir complètement accueilli chez nous, de l'aimer infiniment.
Et tous les matins, dans le lit, quand j'ai contre moi mes deux nains tout chauds qui prennent leur biberon, et qui me gratouillent avec leurs mini-pieds en ronronnant, je kiffe, mais je kiffe!

Finalement, un 2ème, c'est tout aussi surprenant qu'un premier. Même si on est déjà passé par là, c'est une nouvelle personnalité à découvrir, comme si je découvrais une deuxième fois ma capacité à devenir mère.
Et ce que que je trouve génial, c'est d'observer la relation frère/soeur qui se met en place. Mon fils regarde et écoute sa sœur, fasciné. Quand elle est là, il ne pleure pas, il est concentré, il s'en imprègne autant que possible. Finalement, c'est un repère pour lui, aussi fort que son père et sa mère. Et elle se comporte comme une petite maman avec lui, imite nos gestes, nos chansons pour l'endormir. Elle le connait aussi bien que nous, sait décoder ses pleurs, ses couinements, devine s'il a faim et le calme en lui parlant, la nuit, quand il s'agite.

Bilan, donc: POSITIF!

Une petite remarque pour finir: quand j'entends, ou je vois sur Internet, une future maman qui s'exprime un peu sur son inquiétude sur sa capacité à accoucher, ou à être mère pour la première fois, je suis toujours un peu gênée par les réponses toutes faites du genre: "meeeeuh non, c'est que du bonheur tu verras!" (= t'es trop prise de tête ma vieille, arrête de t'écouter, plein de femmes sont passées par là avant toi ou rêvent d'y passer)
C'est beaucoup de bonheur, c'est vrai, mais c'est aussi des moments pas évidents à gérer. Et après avoir entendu des affirmations définitives comme celle-là, je pense que la plupart des futures mamans se sentent encore plus gênées, et honteuses, d'avoir des coups de blues.
Chouchoutez les jeunes mamans autour de vous! même souriantes et officiellement épanouies, qui vous dit qu'elles ne sont pas au bout du rouleau intérieurement?
Contemplez sa petite merveille, évidemment, mais n'oubliez pas soudain la maman; celle-ci ne se réduit pas, une fois passée la période sacrée et protégée de la grossesse, à un simple présentoir à bébé. (quoi, ça sent le vécu? ;-)

(PS: big-up à la famille et aux amies fidèles qui se reconnaîtront, toujours disponibles pour m'appeler, m'écouter, me distraire ou venir me voir dans les moments où j'en avais bien besoin! Et merci Jean-Chou, évidemment, sans qui, bien sûr, rien n'eut été possible -ouais Marine en même temps c'est pas con comme réflexion, ça-)

9 commentaires:

  1. Je suis bien d'accord avec toi : les jeunes mamans ont besoin d'être chouchoutées, car c'est crevant, les bébés. Et pis des fois, ils sont moches, les mouflets. Me revient une anecdote qui m'a servi de leçon. Une copine qui débarque avec son nouveau-né à la maison - les miens étaient à peine plus grands- et j'étais en train de faire manger mon fils. Je tournais le dos au bébé dans son couffin et j'ai commencé (bêtement) à dire "oh comme il est mign..." tout en me tournant vers l'enfant. Pas de pot, il était très laid, avec une bouche allant d'une oreille à l'autre, évoquant tragiquement un batracien. J'ai enchaîné après un micronano temps d'arrêt genre "comme il est mign......gnon !". J'aurais dû me méfier, vu que sa mère ressemblait déjà à une grenouille et qu'elle aurait eu besoin d'être consolée de s'être si fidèlement reproduite.

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  2. Vu que les débuts avec mon ainé ont été très difficiles, je savoure ces débuts si différents avec mon naintoutneuf : du bonheur !
    Je constate la même chose que toi sur les relations avec l'ainé, naindejardin est un véritable dieu vivant pour le naintoutneuf, ça promet pour la suite question bétises !
    Profite bien de tous ces moments !

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  3. Eh bien tu sais quoi ? Ton billet me rassure énormément !
    Je commence à envisager sérieusement les enfants, et il faut bien dire que je suis morte de trouille. Donc merci !

    (je ne blogue plus et ne commente plus trop non plus, mais reste ta fidèle lectrice !)

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  4. @ Queen Mom: mouaaaaaaaaaah! hilarante ta copine batracienne!

    @ estelle: c'est vrai que c'est magnifique à observer, cette relation qui s'installe

    @ Marie: tu sais, ça me fait vachement plaisir, ce que tu me dis. C'est vrai que lorsqu'on est lucide sur les difficultés qui peuvent survenir, on les gère mieux que lorsqu'on tombe des nues, à mon avis. Sur mon blog c'est sur que je parle plus des trucs qui déconnent que des trains qui arrivent à l'heure, alors parfois, avec le recul, je me dis que ça peut en effrayer certaines...
    Mais moi je trouve que c'est toujours rassurant de voir que les autres galèrent autant que soi, c'est pour ça que j'aime bien exprimer tous ces couacs de l'existence... on se sent moins bête quand on sait que tout le monde vit ça.
    Et pour les enfants: allez, vas-y, fonce, c'est que du bonheur ;-)

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  5. @ Marine: "c'est sur que je parle plus des trucs qui déconnent que des trains qui arrivent à l'heure, alors parfois, avec le recul, je me dis que ça peut en effrayer certaines..."

    Sur cela peut effrayer certaine mais il y a suffisament de blog qui explique q la grossesse et la maternite sont idilliques pour ne pas t'inquieter de cela.

    Pour certaine futur mamam comme moi - enceinte d'un peu plus de 8 mois- C'est une bouffee d'air, et cela rassure.

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  6. Merci d'avoir bravé la brigade des nurses qui voudraient nous faire croire que les jeunes accouchées baignent dans le rose sirupeux de leur félicité maternelle!
    Pas de langue de bois chez toi et ça fait plaisir.

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  7. "C'est que du bonheur" est la phrase que j'exècre le plus au monde... A croire que ceux qui le disent 1) n'ont pas d'enfants, 2)en ont mais sont depuis complètement décalqués du bulbe.

    Sinon comme chez toi mon aîné est un dieu vivant pour sa ptite soeur, qu'il adore, qui s'occupait très bien d'elle (genre elle 2 mois, dans son transat, lui 27 mois de plus, lui amenait des peluches et restait près d'elle tout le temps, la regardant parfois s'endormir et nous faisant "chuuuuuuuuuuut" si on avait l'outrecuidance d'oser faire du bruit pendant la Sieste de sa Soeur!!)(bon là ils se mettent régulièrement sur la gueule mais pas question d'aller se coucher sans se faire un câlin/bisous/je t'aime/à demain/dors bien)

    Et si comme tu le dis si bien, si nous on passe de "porte-foetus" à "présentoir-à-bébé", que dire du Papa, lui il n'a même pas le droit d'être fatigué/anxieux/inquiet/... pas de baby-blues pour lui, et pourtant c'est un sacré bouleversement aussi pour nos hommes!

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  8. @ leila, Titcheur, Pascale:
    vous me faites très plaisir!!!! c'est un beau compliment de savoir que ce que j'écris est déculpabilisant.

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  9. Très drôle et réaliste, j'en suis sûre! Je m'apprête à passer par là car bb2 arrive fin mars, bb1 aura alors 18 mois... Ca va être sport! Mais je compte bien prendre ça avec humour comme toi, on finit tjs par s'en sortir... et on est bien fière de soi-même!
    En tout cas merci, j'ai bien ri! et j'ai partagé sur facebook au fait...

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