mardi 15 mars 2011

Mère épuisée

Le 3 mars dernier, est paru le livre "Mère épuisée", écrit par une mère de 3 enfants, Stéphanie Allenou. Elle y raconte les années de galère qu'elle a vécues en élevant sa fille et ses jumeaux, pendant son congé parental, et ce qu'elle nomme sa "descente aux enfers".

Je n'ai pas lu ce livre, et, bien qu'il me donne envie, je ne le lirai probablement pas maintenant; j'ai une montagne de nouveaux bouquins qui m'attendent sur ma table de chevet, et, pour être claire, je lis, en ce moment, pour m'évader, voir du pays, pas forcément pour revivre mon quotidien. Ha ha. Hé hé hé. Hum.

Bon, clairement, ce livre a l'air de faire tomber un tabou, celui de la maternité des stars, vous savez, celles qui n'en finissent pas de s'épanouir, qui font elles-même bouillir du lait de chèvre bio pendant 6heures dans une marmite parce que "je ferai ce qu'il y a de mieeeeeeeux pour mon bébé!",
tout en retrouvant un corps parfait et une tonicité du périnée à la vitesse de l'éclair (Par exemple: Gisèle Bundchen, Angelina Jolie, Claudia Schiffer... bref, toutes ces nanas dont les bébés font parfaitement leurs nuits dès le premier jour; enfin, c'est ce que leur disent leurs nounous en tous cas).

Et le faire tomber, ce tabou, j'ai envie de dire... Il était temps!
Cela suit finalement un peu le bouquin dont je vous parle dans mon post précédent. Il aborde la difficulté d'être une mère, notamment pour celles qui mettent la barre trop haut en terme d'exigence, d'éducation, de ménage, d'ordre, de principes, d'éducation...
Il montre à quel point tout repose, dans la famille, en grande partie sur la mère... et celle qui n'a pas la chance de se sentir entourée, notamment par son mari, peut vite perdre pied: épuisement, frustration, énervement face à ses enfants, cris... voire plus grave.

Je crois que Françoise Dolto disait: "Toute mère qui n'a jamais eu envie de balancer ses enfants par la fenêtre n'est pas une mère normale". Des psys disent aussi: "Avoir envie de jeter ses enfants par la fenêtre, c'est normal -c'est le faire qui est anormal-" (merci pour la précision)
Déjà, rien que de savoir ça, ça soulage, non? On croit toujours que les autres mères réussissent mieux que nous, on voit des petites familles parfaites, des mamans toujours à l'heure, au pull noir toujours super propre malgré leur nourrisson sur l'épaule... et on se dit, mais comment font-elles?

Je pense qu'on passe toutes par des moments de désespoir, de profond énervement. L'envie de tout plaquer, là, tout de suite... ça vous parle, non?
Qui parmi vous ne s'est jamais retrouvée assise par terre au milieu du salon sur des Duplo, en pleurant et en implorant le ciel pour obtenir juste un peu de sommeil, juste un peu de répit? Avec cette impression qu'on vous a un peu volé votre vie?
Qui parmi vous n'a jamais paniqué (et culpabilisé, évidemment), en pensant à la journée impossible qui vous attend (réveil -habillage - petit-déj - transports à l'école - boulot - bouffe - rdv pédiatre - imprévu - courses - retour à la maison - administratif - diner - bains - coucher - dîner en amoureux - détente - nuits entrecoupées), journée qui est bien souvent la même 7 jours sur 7?

Personnellement ça m'arrive régulièrement. Mais j'ai la chance de, globalement, retrouver la pêche assez vite, de me relever et de continuer à gérer, grâce à plusieurs facteurs, dont:
- Une vie plus facile à gérer que lorsque je vivais à Paris
- Des parents pas loin, qui, même s'ils sont toujours par monts et par vaux, sont souvent disponibles pour me garder les enfants quelques heures, quelques jours par ci par là.
- Des copines que je peux appeler, et qui me comprennent.
- Des copines qui n'ont pas encore d'enfants mais avec qui je peux faire des choses que je n'ai plus l'habitude de faire (un resto, un ciné, du shopping...)
- une femme de ménage (je n'échangerai ça pour rien au monde! rien, vous entendez? Plutôt porter Pierre Ménès une heure par jour dans mon porte-bébé chinois que de renoncer à ça!)
- un intérêt tout à fait limité pour l'ordre, le ménage, la perfection. Heureusement, car lorsqu'on est maniaque et qu'on a des enfants, on peut vraiment perdre la raison, à mon avis.
- un Jean-Chou vraiment chou. Qui est père autant que je suis mère, quoi. Qui m'écoute, me comprend, me valorise, même s'il pète un plomb lui aussi parfois, qu'il a ses soucis, ses moments de fatigue.. Il repère de lui-même assez bien les moments où je suis au bout du rouleau... et si ce n'est pas le cas, je le lui fait bien comprendre, avec la finesse qui me caractérise (mouaaaah!). Bref, j'extériorise pas mal, je garde assez peu les choses pour moi... ça a du bon, pour évacuer. Un jour, tiens, je ferai un post sur mon Jean-Chou. 

Et donc, grâce à des petits moments de répit, comme une séance chez le coiffeur, un week-end en amoureux, un ciné, un bon resto... et grâce à ceux qui nous aiment, qui prennent des nouvelles et qui nous offrent un peu de leur temps... on surmonte. On a l'énergie nécessaire pour continuer à s'occuper de nos enfants... et surtout, ces petits moments de recul nécessaires permettent, tout simplement, de relativiser et de réaliser le bonheur que nous procure notre petite famille.

Je pense très souvent aux mères célibataires... aux parents éloignés de leurs propres parents... aux femmes dont les maris sont souvent absents... je leur dis: Respect! (et je croise les doigts au passage)
C'est du boulot, la maternité. Je crois que je n'ai jamais vécu quelque chose qui soit plus difficile que ça. En plus, on a assez peu de reconnaissance sociale. Mais quand on a la chance de pouvoir se reposer un peu sur d'autres... c'est le bonheur, franchement. Et le reste parait tellement vain, superficiel.

Et vous, vous est-il déjà arrivé d'avoir envie de tout plaquer? quelles sont les situations du quotidien qui vous font le plus paniquer/ criser/ craquer?
Quels sont vos trucs et astuces pour y remédier? 

à lire: le post de Maman Travaille sur le livre "Mère épuisée"

9 commentaires:

  1. Quand les enfants sont petits, c'est physique ! Quand les enfants sont ados, c'est moral !
    Dans les 2 cas, on est épuisée ... comme dirait l'autre : ca n'arrete pas de continuer :-)

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  2. "Des psys disent aussi: "Avoir envie de jeter ses enfants par la fenêtre, c'est normal -c'est le faire qui est anormal-" (merci pour la précision)"

    Juste lol

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  3. Ouf un post qui me rassure...
    Oui ça m'est arrivée parfois de planter petit poulet et de pleurer en lui disant j'en peux plus.
    Mes astuces?! Me dire qu'une fois endormi, je pourrais me détendre et jouer avec Grand Poulet (son papa) qui m'aide bien depuis qu'il a réalisé ce que c'est être père soit après quelques remarques et découverte de l'amour immodéré qu'il porte à son petit poulet.
    Courage à toutes les mamans :)

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  4. suis dans la meme situation ! une petite fille de 3 ans + et un bebe de presque 8 mois, habite a plus de 10 000 km de la famille et ici l'ecole commence a 4 ans donc j'ai mes 2 louloutes avec moi 24h/24 c du non stop et oui des fois (meme souvent) je crise grave, reve de prendre une douche sans interuption etc etc mais pour rien au monde je ne changerai ma vie ! mais quand j'entends des copines me dire oh ben t'as le temps toi tu bosses pas j'ai juste envie de leur decapiter la tete normal ????!!!!

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    1. Ah Oui!Ce que cela peut me rendre dingue les réflexions comme: "mais tu as le temps toi, tu es à la maison..." Oui, mais avec une puce de 2ans et 3mois, une puce de 2mois et 2 semaines et un grand de 5 ans qui va à l'école (ouf) mais qu'il faut bien conduire et recherché, les journées sont bien remplie!D'autant plus que je n'ai jamais eu une passion pour le ménage et le rangement! J'ai souvent envie de dire aux mamans qui travaillent et qui ont (pour la plupart de mes connaissances) un femme de ménage 2 choses : 1. quand on est pas là, la maison ne se salit pas et le désordre s'installe bcp moins vite...et 2. en plus elles ont un ange (payé heureusement) pour tout ramasser... J'aime mes enfants et je ne donnerais pas ma place pour tous l'or du monde,mais je crois que je pourrais aduler une femme de ménage, mais je n'en ais pas les moyens ;-(snif
      Cathy

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  5. je suis e plein dedans!! j'ai presque envie d'avoir 10 ns de plus :)

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  6. je me suis tellement retrouvée dans ce livre, tant mon épuisement est grand. Je ne vois a l'heure actuelle pas le bout du tunnel. J'ai l'impression de me décarcasser jour après jour pour leur faire plaisir et ne récolte que des caprices et le reste de leurs deux frères ados. Je ne me suis jamais sentie super maman, mais Dieu que j'aimais quand je travaillais .....

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  7. Je vous comprends bien les filles! j'ai eu les 3 petits et l'épuisement physique, j'ai maintenant les 3 ado et l'épuisement moral! parfois j'ai envie de partir, j'ai pas la famille et j'ai les amies parfaites qui ne disent rien alors je garde tout pour moi et j'ai envie de pleurer mais j'y arrive pas! mes solutions: mon travail à mi-temps que j'ai toujours gardé, une amie fidèle à qui je dis tout par mail, un WE seule tous les 3 mois, et j'essaie de pas trop culpabiliser...Bon courage à toutes

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  8. Merci.
    Juste le merci d'une maman de famille nombreuse dont le papa est souvent absent et qui a ses propres parents au loin et bien peu de relais parce que c'est si bon à lire , que ça fait sourire et pleurer à la fois quand pour une fois la reconnaissance de cette lourde charge de la parentalité est dite ou au moins écrite.

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