lundi 18 avril 2011

L'épreuve du coucher

Générique: Tan-tan-Dan-Tan-Tandan... Voix-off: Dans ces eaux limpides et poissonneuses, au pays ou la faune et la flore sont rois, et les autochtones, avec un os dans le nez et des ceintures de bananes, sont les serviteurs dévoués de Mère-Nature, heureux malgré leur dénuement et l'absence de gel douche... D. Brognard:"N'oubliez pas que si vous remportez cette épreuve dans le délai imparti, vous décrochez une immunité! Autrement dit c'est pas un concours de bronzette!"
Les gens.

En ce moment je découvre une période pas évidente: ma fille (3 ans) ne veut plus aller se coucher. Cela devient une véritable épreuve, alors qu'avant, c'était -relativement- simple.
Le rituel du soir se rallonge jour après jour, elle a beau être adorable, ça commence à me faire devenir chèvre.
On a toujours essayé de commencer à coucher les nains à partir de 19h30, pour que, après les calins, bisous et histoires, on se retrouve techniquement dans le salon, tranquilles, vers 20h00.

20h00, pour moi, c'est l'heure symbolique acceptable, celle qui annonce le début de la soirée des adultes, le moment où l'on va commencer à préparer à dîner, en écoutant les infos de loin et en se racontant un peu notre journée autour d'un verre. 
On a globalement toujours réussi à faire respecter cette limite... ma fille aimant bien bouquiner, traîner au lit puis s'endormir avec des dizaines de livres éparpillés autour d'elle. Et mon fils suivant tranquilou le mouvement.

Mais là, depuis plusieurs semaines, c'est de plus en plus dur. On met bien, bout à bout, une heure et demie chaque soir pour la coucher.
Je sais que ces troubles sont normaux, que les enfants passent par des phases où ils ont besoin d'être rassurés, que des angoisses liées à la nuit apparaissent. 
Mais rien ne m'énerve plus, en ce moment, que ces appels incessants, alors que je commençais tout juste à avoir une minute pour moi.

C'est bien simple: à peine m'assieds-je face à mon assiette fumante, près de Jean-Chou, et approché-je ma première fourchette de ma bouche, devant les 5 dernières minutes des infos (toujours les plus passionnantes, on est d'accord), j'entends:
"maman, un câlin!... maman, j'ai soif!... papa, encore une histoire!... ça me gratte tu peux me mettre de la crème magique?... j'aimerais bien avoir toutes les peluches sur mon lit!... Je trouve plus poupée!". 
C'est bien simple, j'ai l'impression que les sièges et canapés de mon salon sont recouverts d'oursins: je n'ai même pas le temps d'y poser mes fesses fatiguées que je dois me relever pour essayer, pour la énième fois, de recoucher ma fille.
Et quand je crois, après moult câlins supplémentaires, quelques récits de mon enfance pour la rassurer, et que sais-je d'autre encore, qu'elle est enfin prête à s'endormir seule... et que je m'apprête à entamer ma seconde fourchetée de mes pâtes froides, j'entends le redouté: "j'ai envie de faire caca!..."

Et alors là, je bouillonne. La bouche pleine, je me dirige pour la quinzième fois dans sa chambre, pour accompagner ma fille aux toilettes, déglutissant, en même temps que je tire la chasse et que je rectifie si besoin le niveau de propreté de la faïence, le peu de sauce bolognaise qui me reste sur la langue. 
J'essaie de garder mon calme avec ma fille, de rester fine psychologue, je ne vais pas commencer à l'engueuler pour ses besoins naturels, ça n'a aucun rapport. Mais une fois que je me rassois à table, il me faut quand-même deux minutes pour que la pression retombe. Ben ouais, s'il y a bien un truc que je gère mal, c'est de mettre une heure pour finir, en pointillés, à moitié assise sur ma chaise, le repas que je m'étais fait une joie de préparer.

Avec Jean-Chou, on alterne, et on essaie un peu tout quand elle nous invente une nouvelle raison de nous appeler (heuh... au hasard ce soir: un oiseau était bloqué dans sa chambre): l'ignorer, se fâcher, être compréhensifs, punir, priver d'histoire, crier, supplier, câliner un peu plus, patienter avec le sourire, exprimer notre colère, céder et lui donner la peluche qu'elle réclame (en lui confirmant: "on est là, toujours là pour toi, ne t'inquiète pas, on te protège, et de toutes façons il n'y a pas de loups dans la forêt ici, et puis en plus les volets sont bien fermés"), ou au contraire rester ferme et asséner durement: "c'est l'heure des grands maintenant", en serrant les dents face aux pleurs et caprices qui redoublent de plus belle, et qui réveillent son frère.

Je ne trouve pas vraiment de méthode qui fonctionne mieux qu'une autre. Elle finit toujours par s'endormir, mais pas avant 21h, 21h30. On finit bien aussi par terminer notre dîner, en chopant les infos tardives sur I-télé, ou en attrapant, à la pub (les mauvais jours), la 2ème partie d'un vieux Steven Seagal sur NRJ12, mais avec moins de plaisir, c'est certain.
Si on passe le week-end chez de la famille, et qu'il faut, en plus, descendre et remonter les escaliers dix fois d'affilée pendant l'apéro pour accéder à leur chambre... on est encore plus vite sur les rotules. Et mettre trois-quart d'heures pour siffler ma première coupe de Champ', alors que je vois bien que les autres en sont à leur troisième, ça m'agace, mais ça m'agace!

Puis on finit bien par aller inspecter la chambre, pour constater enfin que nos nains dorment profondément... et ils nous font craquer, forcément, avec leurs petites têtes reposées et ébouriffées, bavant un peu sur leur drap, agrippant avec passion les oreilles élimées de leurs doudous respectifs.

Je crois que c'est une période que tous les enfants traversent... et qu'il faudra patienter pour que les choses rentrent dans l'ordre... mais je serais curieuse d'avoir votre retour d'expérience. 
Vous avez des trucs qui marchent? Quelques astuces à nous livrer généreusement ici? 

10 commentaires:

  1. Bon alors côté expérience, j'ai rien à dire...
    Mais t'as essayé de blinder toutes les possibilités pour qu'elle n'ait plus d'arguments valables pour vous rappeler? Genre avant de la coucher, vérifier qu'elle a bu, fait pipi/caca, qu'elle a toutes les peluches qu'elle veut, que tout est bien fermé, qu'il n'y a pas de monstre sous le lit, qu'elle a eu ses câlins et lui dire: "voilà, maintenant on a tout vérifié, tu vas dormir et tu n'appelles pas papa ou maman. On ne viendra pas."
    Parce que faire du bois de rallonge, c'est normal, mais c'est aussi peut-être le moyen de tester les parents (jusqu'où je peux aller avant qu'ils craquent?). Bon maintenant, je dis ça, ça marchera peut-être pas. Good luck! ;)

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  2. Si mon Chéri voit ce billet, il va l'imprimer pour m'en faire un contraceptif naturel à moindre frais :)

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  3. Je suis assez d'accord avec Titch. Pas question de se faire emm... par des gniards, même (et surtout) les nôtres, alors qu'il n'y a aucune raison valable. Tu te-leur rends service en restant ferme sur les prix. SInon, c'est l'escalade. J'ai un très bon pote qui trouvait le moyen d'aller endormir lui-même sa fifille chérie et unique alors qu'on était à table et qui ne revenait plus, endormi qu'il était aussi !! Changer de tactique à chaque coucher, c'est pas bon. Faut être ferme tout de suite, quitte à gueuler et sévir, et à chaque fois. Sinon, quand vous êtes pas chez vous, je serais assez pour une entorse, genre le temps de l'apéro avec les enfants, à condition qu'ils soient sages. Economie d'escaliers, convivialité et si pas sages, retour à la fermeté, un suppo et au lit !!!

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  4. Alors, je me plante peut-être mais peut-être que c'est trop tôt pour elle. Pas qu'elle ne soit pas fatiguée (encore que... elle grandit alors comme elle ne va pas encore à l'école elle a peut-être son compte avec la sieste et les moments calmes dans la journée.)
    Si je dis trop tôt, je pense surtout à mon loulou qui ne voulait pas se coucher le soir à un moment, parce que l'heure du coucher était aussi celle à laquelle moi ou son papa on rentrait du boulot. Du coup, il n'avait pas assez de temps avec papa ET maman.
    Après c'est à voir mais moi je préfère décaler d'une demie-heure l'heure du coucher si je sens (désolé pas de signes précis) qu'il n'est pas prêt à se coucher plutôt que de me battre pendant la dit demie-heure. Et je suis assez d'accord avec Queen mom, il faut laisser aller un peu dans les circonstances exceptionnelles (invités ou invitations). Après tout il y a comme une petite ambiance de fête pour nous et pour eux aussi et ils la ressentent.
    Et puis j'ai toujours remarqué que c'est quand on voulait les coucher tôt que eux n'étaient pas coopératifs. Sentiraient-ils qu'on a besoin de se "débarrasser" d'eux?

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  5. @ Titcheur:
    oui... mais elle invente un nouveau truc à chaque fois! pas bête cette petite bête.

    @ Psycho:
    oh, tu sais, il y a plein d'autres trucs relous qui pourraient dissuader ton chéri de faire des nains. Mais avec un peu de chance (pour lui), et selon les dernières statistiques... tu as 90% de probabilité de te taper toi-même le boulot ;-). Dis-le lui, ça pourrait le convaincre :-))

    @ Queen Mom:
    je suis bien d'accord avec toi, je ne veux pas négocier sur la fermeté, sinon, ma santé mentale est en péril. Mais parfois j'ai l'impression que ça ne marche pas... et donc ça me fout les boules d'imaginer, qu'avec tout ce que je donne pour mes enfants en terme d'écoute, de disponiblité et de douceur, il faille en donner toujours un peu plus!

    @ Emilie: moi aussi parfois je me demande si ce n'est pas trop tôt pour elle... en même temps avant aussi elle mettait une heure avant de s'endormir... mais au moins elle restait tranquille à bouquiner!
    Je veux bien que son heure soit 21h30... mais en pratique c'est invivable pour nous! On ne peut pas faire des Duplo et lire des histoires jusqu'à cette heure-là... au risque de n'avoir vraiment plus une seule minute à consacrer à notre couple!

    et pour l'apéro... en théorie je suis plutôt d'accord avec vous, la laisser rester avec nous. En pratique c'est difficile, elle est encore un peu jeune, il faut surveiller ce qu'elle fait, en plus elle est très bavarde;-)
    Et surtout, il faut bien la coucher à un moment... et si je la couche après l'apéro... soit tout le monde se met à table et j'arrive pour le fromage, soit tout le monde m'attend et on bouffe à 22h! grrrr.

    bref, vivement que ça passe.

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  6. Je ne sais pas quoi ajouter de plus...
    En général, je couche mon grumeau vers 20h30, après le bain et après avoir mangé. Je suis quasiment sur qu'il est fatigué. Certes, je ne suis pas seule avec mon homme mais une fois le grumeau dans son lit, oui. Il a son câlin, ses doudous et son petit jeu avant de se coucher. Je l'entends jouer un peu avant de s'endormir. C'est sur 21h, pour toi c'est tard (pour moi aussi au final) mais je suis sûre d'être tranquille pour la soirée.
    Courage à vous, j'espère que ça lui passera vite.

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  7. Les nôtres ont presque-7 et 4 ans et d'mi, à 20h20 c'est "pipi-les dents-câlins-dodo", extinction des feux à 20h40 en gros (le grand qui sait lire a le droit à 10/15 minutes de lecture seul dans son lit).
    En fait, le bain c'est 19h, eux mangent à 19h30, ensuite c'est dessin animé, eux sur le canap', pendant que nous on dîne. A 20h20 (oui, c'est précis!), zou...
    Il y a en gros 2 ans, la petite faisait des aller-retours chaque soir, un coup soif, un autre pipi, un coup câlin, un autre popo, un coup j'ai peur-y'a un loup dans ma chambre (abruti de Petit Ours Brun tiens...)bref, elle sortait de son lit pendant 20 minutes mini, ça pouvait durer jusqu'à 21h30/22h...
    Le fait d'aller à l'école l'a recadré, elle était fatiguée donc s'endormait plus vite.
    Pas de solution miracle, au début on câline/rassure, puis au fur et à mesure, la moutarde nous monte au nez! Et ça a parfois fini en gueulante...
    Là depuis l'été dernier, elle a une veilleuse dans sa chambre, alors qu'elle s'en passait jusque là, puis elle a commencé à vouloir qu'on laisse la porte ouverte, petit à petit on a réussi à la refermer, là il y a une petite cale qui maintient une minuscule ouverture mais qui suffit à la rassurer...(sauf quand elle est malade, là on ouvre grand!).
    Je pense que la peur est venue après une mauvaise expérience à l'école (une autre petite qui lui collait des tartes, elle a mis 2 mois à nous en parler...).

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  8. ah le coucher et les nuits des enfants... Une promesse de fun sans cesse renouvelé, comme dit Psycho, à lui seul ce pourrait être l'argument massue contre la procréation.

    En ce qui me concerne, j'ai eu 2 expériences très différentes, avec mes 2 gnomes...
    Mais quand j'essaie d'en faire la synthèse, je crois que c'est l'option fermeté absolue qui a marché le mieux.

    Ma 1ère a eu un passage difficile similaire vers 2 ans et demi, et comme chez toi le rituel n'est finissait plus de s'allonger jusqu'à l'exaspération totale des parents et l'épuisement total de l'enfant.
    Après consultation des autorités compétentes (dans notre état de désespoir ca allait de Marcel Rufo à Mme Irma), nous nous sommes dits que nous allions essayer le Point of No Return.
    C'est à dire ne pas céder le moindre pouce de terrain : après le rituel (le vrai pas celui à rallonge!), on l'a mise dans son lit et on lui adit "c'est pas la peine de pleurer ni de nous appeler, on ne remontera pas".

    Elle a pleuré. Fort. Elle nous a appelé. Fort. On n'est pas remontés (le mur se souvient encore de mes traces d'ongles, peut être de mes dents même).
    Un seul soir.

    Elle l'a plus fait.
    Je sais que ça parait con, du style le remède idéal du marabout "retour de l'être aimé sous _ jours sinon remboursement d'1% des arrhes".
    Mais ca a marché.

    Sinon pour la deuxième gnomette (qui n'est pas encore arrivée à l'âge du terrible two, mais pas loin, elle est précoce la bougresse), j'ai eu un autre passage difficile vers ses 6 mois, elle ne voulait plus faire de sieste. Du tout. L'horreur intégrale, parce qu'elle était tellement fatiguée qu'elle avait changé de personnalité.
    Et là encore Internet mon ami a frappé. Fort. Parce que la méthode était la même "Ne pas céder", mais là ça a duré plus longtemps qu'un soir...Ca a été super dur de tenir. Vraiment. Mais je ne regrette pas.

    Parce que depuis, et ça fait plus d'un an, c'est le bébé le plus facile que j'ai jamais eu pour se coucher. Bon en même temps j'en ai eu que 2, mais ça fait une bonne moyenne.

    Alors je sais que le sort m'attend au tournant pour me niaquer plus tard, quand elle sera plus grande, mais là je peux dire que sans trop hésiter j'opterais pour la manière forte.
    "Dodo c'est dodo.
    Et c'est maintenant." Quel que soit le volume sonore de l'appel.

    On est tous d'accord, ça c'est la méthode quand tout va bien pour eux (pas malade, pas peur, pas machin).
    LE site qui m'a personnellement beaucoup apporté c'est celui ci, avec une nana qui s'appelle Brigitte LANGEVIN :
    http://www.zoneparents.com/zoneblogues/?cat=1

    le forum est super complet, tu peux déposer ta question sur ton enfant elle répond toujours, même si la question a été posée 36 000 fois, et la dame est très convaincante dans sa thèse sur le sommeil des enfants à tous âges. Le tout en déculpabilisant les parents qui s'inquiètent toujours de savoir si la fermeté ne va pas traumatiser leur enfant.

    Voilà pour mon retour perso, j'espère que ça pourra aider et navrée pour la tartine.

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  9. Ps : j'en rajoute encore un peu car j'ai bien relu ton billet, et là je vois le chantage au caca.
    Langevin dit notamment que la majorité des enfants de cet âge passe par là, et que là aussi il ne faut pas céder, si la case toilette a été cochée avant le coucher JAMAIS ils ne se feront dessus, ce n'est que du gros bluff.
    Et si je me souviens bien la mienne avait essayé l'appel "pipi!!".
    Bon elle l'a pas fait.

    J'avoue c'est pas super tentant à essayer.
    Mais quand on est au bout du rouleau...

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  10. @ toutes!
    merci beaucoup! notamment à zazaszu, tes réponses m'ont l'air bonnes!

    en fait on a passé une semaine difficile, mais depuis que leur père a pris une semaine de vacances, tout est rentré dans l'ordre!
    Ma fille ne fait pas forcément de sieste tous les jours... et le soir tout va mieux, elle ne s'endort pas très tot mais elle est tranquille dans son lit à bouquiner, comme avant.

    Leur père a beau être vachement là pour eux, il n'y a rien à faire... quand il rentre à 19h50, ma fille ne peut pas se contenter d'un quart d'heure avec lui!

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