jeudi 14 avril 2011

J'aime plus Paris...


Bonjour!

Quand on vit à Paris, qu'on soit parisien de souche, ou plus fréquemment ancien provincial... on passe presque tous par un moment où on se dit: "j'en peux plus de cette ville, la vie serait quand-même bien plus sympa en province".
C'est bien souvent une phrase en l'air, concrètement il n'est pas si facile de quitter tout ce qui nous rattache à cette ville.
Parfois, on a la chance d'avoir la possibilité de choisir, par exemple grâce à un job qu'on peut exercer n'importe où. "Rester ou partir"devient alors une question plus concrète... Il n'est cependant pas moins difficile d'y répondre, puisque la réalité nous engage, plus que le rêve. Avoir ce choix est un peu anxiogène... la question qui suit est donc: "vais-je faire le bon choix?"

Un livre vient de sortir, que je n'ai pas lu mais qui doit être assez sympa: "Quitter Paris... ou pas?" (éditions Parigramme, écrit par deux journalistes, Eve Roger et Emmanuelle Walters, l'une Parisienne à 100%, l'autre ayant quitté la capitale pour s'expatrier).
Il doit être le genre de bouquin rigolo, démontant les clichés Paris/province, à lire lorsqu'on se pose cette fameuse question.

Parisienne pendant plusieurs années, j'ai eu la chance de revenir dans ma région. Mais j'ai adoré vivre à Paris, aussi. En fait je crois que je si on essaie de s'adapter, de regarder en arrière plus pour le plaisir de se souvenir que pour regretter, le changement est plus facile.
Un des pièges de l'envie de partir, c'est la peur de faire fausse route: partir pour quoi? Pour fuir quelque chose, pour en finir, ou pour commencer autre-chose de concret?
Et de croire qu'ailleurs l'herbe est plus verte, que tout est plus simple, loin de la pollution, du RER, de la ligne 13, du périph bouché et des prix fous de l'immobilier.

Maintenant dans le sud, je repense à certains aspects de ma vie parisienne avec nostalgie, en me disant que la vie là-bas, c'était vraiment sympa: l'impression de vivre là où il faut être, professionnellement, socialement, culturellement, dans une ville sublime qu'on ne se lasse jamais d'arpenter et qu'on finit par connaitre par cœur, les possibilités infinies de sorties, de rencontres, de lieux, de personnes à fréquenter... le fait d'avoir tous ses amis à quelques dizaines de minutes de métro.
L'art de vivre parisien: le plaisir de s'habiller, d'avoir du style, de se montrer, de séduire... et d'observer les autres qui font de même. S'assoir à une terrasse de café, s'attacher à son arrondissement comme à son village, revendiquer SON boucher, SA boulangère, SON coiffeur.
Partir en week-end, pour souffler et quitter la capitale... et pour mieux y revenir 2 jours après, comme drogué par le gris du bitume, l'agitation, la sophistication propres à cette ville.
Voir tout un tas de gens, du people, de l'élite, du populaire, du touriste, de l'étudiant, du fraîchement débarqué de province, de la famille nombreuse, de l'artiste de rue, du chalala, du gosse de riche, du séfarade du sentier, de la mannequin, de la comédienne de films d'auteurs, du cadre dynamique, du taxi, de l'épicier arabe, du fashion, du distingué, du photographe inspiré, du titi parisien, de l'ado bourgeois méchu du 16ème, du baby-rockeur, du le-ridicule-ne-tue-pas-et-j'en-suis-la-preuve-(vivante).

Mais en vivant désormais dans le sud, même si je pense toujours avec plaisir à Paris, et que certaines choses peuvent me manquer, je ne regrette pas un instant que nous en soyons partis.
On a cette impression de vivre qu'on n'avait pas à Paris. De profiter de chaque jour qui passe avec plus d'intensité. D'avoir une vie plus simple.
La vie est moins chère, naturellement, mais on s'enrichit aussi simplement parce qu'on a moins d'envies de consommation, un peu moins de tentations. Ce qui peut être important à Paris, comme l'apparence, la dernière mode, le it-bag, même si la Côte d'Azur, bien sûr, regorge d'occasions d'être superficiels, est moins essentiel ici.
On fait plus de sport, on profite plus de la nature, on prend un peu plus le temps de vivre.

Evidemment, ce changement de géographie s'est accompagné d'un autre, et non des moindres: nous sommes devenus parents. Ceci explique peut-être que nous ayons moins besoin de sortir, d'aller chaque soir dans un théâtre différent, de tester tous les restos à la mode, de perdre du temps dans des soirées de boulot, dans des "mondanités".
Nos priorités sont ailleurs, la simplicité (toute relative, hein, on vit pas comme chez les spartiates, non-plus) nous plait de plus en plus (je m'achète vachement moins de paires de chaussures, du coup!). Si je n'avais pas eu d'enfants, qui sait, j'aurais sûrement pris un grand plaisir à vivre en parisienne des années et des années.
J'ai souvent eu l'impression qu'élever un enfant, puis un ado, était encore plus difficile à Paris qu'ailleurs. Je suis tout de même lucide, je me doute que mon point de vue est sûrement un peu candide... mais je crois qu'à Paris, et malgré les stimulations toutes plus enrichissantes les unes que les autres, j'aurais peu apprécié que mes enfants évoluent dans un monde où les tentations sont légion, les apparences reines.

En fait chaque ville a ses qualités, et ses défauts. Si on est avec les gens qu'on aime, pas trop déraciné de sa culture, on peut s'adapter à tout un tas d'endroits. Mais il ne faut pas non-plus fantasmer la vie ailleurs. Les problèmes, le stress et les rancœurs se transportent très bien d'une ville à l'autre... Changer d'endroit peut ne rien résoudre. Les clichés sont dangereux, concernant Paris comme ceux associés à la province.

Dans la même veine, je n'aime pas les provinciaux qui méprisent Paris, sans jamais y avoir mis les pieds. Ça fait complexé, et, franchement, cela ne vient pas forcément à l'esprit des parisiens de critiquer la province.
Il est tout aussi idiot, à l"inverse, de prétendre: "Moi? retourner en province? Plutôt me faire enterrer vivant au Père-Lachaise!" (c'est ce que j'affirmais il y a quelques années)

Votre avis?

10 commentaires:

  1. J'ai fait complètement l'inverse de toi, j'ai quitté La Rochelle ou je vivais depuis 3 ans pour rejoindre ce qui est aujourd'hui mon ex à Paris, même si je regrette le pourquoi de ma décision, la décision en elle même et ce que j'ai fait depuis je ne le regrette pas… j'adore être ici, bon c'est sûr je suis célibataire mais quand même, je profite et pour le reste je verrais plus tard…

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  2. Hé bien moi je suis à l'opposé de Paris, je vis en catalogne nord, vers Perpignan, dans un hameau, tout au bout du hameau, au milieu de la forêt dans une maison qui a 150 ans. Je ne pense pas être complètement inculte malgré le fait que je ne vais pas souvent au théâtre ou aux concerts, ni même au cinéma.
    Pour rien au monde je ne voudrais vivre à Paris, j'y vais une fois tous les 5-10 ans et ça me suffit amplement. Je m'y sens oppressée, tout ce monde... faut dire que la dernière fois c'était pour le concert d'ACDC au stade de France, ça aide pas!
    Je prends 50000 fois plus mon pied à partager une grillade avec les potes que de chercher à avoir le dernier sac à la mode.
    Tous mes copains sont comme moi d'ailleurs, on a tous évité au maximum d'avoir aller faire des études ailleurs ou d'aller bosser à Paris ou une autre grande ville... peut-être est-on étroit d'esprit... peut-être.
    Ou alors on sait ce qui nous correspond le mieux...

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  3. Enfance en province, adulescence à Paris. Aujourd'hui, on irait bien voir ailleurs si on y est mais le boulot de Tendrépoux ne peut se faire qu'à la capitale.
    Je crois que le plus important est de se sentir bien là où l'on vit. A Paris, dans une grande ville de province, en banlieue, en rase campagne, en montagne, au bord de la mer... y a des avantages et des inconvénients partout. Mais pour moi, pas besoin de dénigrer le lieu de vie des autres pour me sentir bien chez moi. J'aime Paris avec ses défauts. J'aime aussi la province et je serai ravie d'avoir l'occasion d'y vivre à nouveau. On verra. La vie est encore longue!

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  4. Héhé, tu m'as mis la chanson en tête !

    Je suis du côté des Parisiennes. Enfin, des habitantes de grandes villes, je pense qu'une grande ville étrangère me plairait bien aussi.

    J'ai grandi dans une petite ville de province et m'y suis tellement ennuyée... C'est moins vrai avec Internet, mais l'accès à la culture dans les petites villes, ça peut se révéler assez compliqué -- en tout cas je l'ai vécu comme ça.

    Du coup, je ne me suis jamais sentie aussi libre que depuis que j'habite à Paris. D'autant plus qu'ici, on peut très bien se passer de voiture, et pour moi c'est un énorme avantage. Evidemment, l'argent que je mettrais dans une voiture en vivant ailleurs part dans mon loyer ici, mais ça ne me dérange pas.
    Et puis maintenant c'est plié, j'ai le même genre de job que le mari de Titcheur, je ne peux faire ça que dans une grande ville...

    Pour les enfants je ne sais pas, je me verrais bien élever les futurs miens à Paris en fait.

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  5. Incroyable à quel point nos parcours sont similaires... Née et élevée dans le Sud, je suis "montée" à Paris pour y travailler et j'y ai vécu 7 ans. Puis je suis enfin redescendue dans la région juste avant la naissance de ma première louloutte, avec les mêmes questionnements, la peur de de tromper, de tout recommencer en moins bien... Mais 4 ans après je te rejoins, je n'y retournerais pour rien au Monde!
    Y aller en week end c'est devenu la meilleure façon d'en profiter : un peu du charme parisien, l'élégance, la classe, étrenner les talons de douze qu'on n'a jamais l'occase de porter à la sortie de l'école mais ne pas être obligée de s'endetter sur 42 ans pour 2m2 et ne pas laisser son salaire s'envoler en fumée chaque fois qu'on sort tellement les tentations sont grandes...!
    Donc oui à la Province, entre les collines et le manège de Boulogne mon choix est fait!

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  6. Quitter paris pour aller ou ?
    Partir de paris pour le sud dans l'idéal etpasser l’hivers au soleil.
    Partir vivre ou travailler en-province ?
    Mieux que les ponts des jours fériés en mai et autres vacances scolaires, sans calculs des prise de congés payés rtt pour les cadres.

    Limiter son budget loisirs ? Impossible car je vais souvent voir ma famille en province.
    j’ai réduis au maximum tous les frais mensuels.

    Les économies ACCUMUL2ESsont multipliées x 12 ,plusieurs milliers d’euros d’économisés par an…  Ainsi je suis à l’aise au niveau budget pour partir de Paris voir ma famille en province.

    http://budgetsanssepriver.com/

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  7. je suis en province narbonne bien sur l academie du temps libre mais la ville minuscule les memerants les cerveaux d accariens je rev d habiter Paris le parimoine les conferences spectacles le marais etc surtout lire et partir l anonymat aussi je reve Paris m habite est en mon coeur les beaux quartiers ce sera sans doute ds une prochaione vie...au midi de la mienne les quelques escapades que le peux y faire m enchantent je repars avec tjrs ce je ne sais quoi ce presque rien qui illuminnera ma petite province LA OU IL Y A VOLONTE IL Y A CHEMIN ...

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  8. super articles.et surtout 100% vrai je suis actuellement maman de 2 fillesde 3 et 6 ans native de paris mais avec mon mari on voudrait partir...je cherche des conseil guide.merci je me suis reconnu dans vos mots

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  9. Après avoir grandi dans le même Sud que toi, les études m’ont fait bouger et j’ai passé 6 ans à Paris, que nous avons finalement quitté à la naissance de notre premier enfant, il y a 4 ans.
    On a choisi un autre Sud, plus occidental. Et je m'y plais beaucoup aussi.
    Je retour e autres se souvent à Paris pour le boulot et pour y retrouver mes amis. J’apprécie toujours la parenthèse mais suis tellement contente de rentrer chez moi après!
    Tout endroit à ses avantages et ses inconvénients. Moi, ce qui me pesait à Paris, c'était les temps de déplacement et la perspective d'une logistique complexe pour faire garder et récupérer mon fils.

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  10. Ce n'est pas Paris, le problème, ce sont les parisiens. Si nous étions plus propres, plus sympathiques, plus citoyens et moins égoîstes, Paris serait une ville extrêmement agréable à vivre. Elle est belle et romantique entre 02:00 et 06:00 du matin, quand les parisiens dorment.;-) Sans le bruit des scooters débridés qui passent au feu rouge, sans l'odeur de pisse, sans les détritus et les crottes de chien laissés par des feignasses, sans les bandes de dealers qui squattent au coin de la rue, sans les bourrins qui montent dans le bus aux heures de pointe comme s'ils étaient touts seuls, sans les mendiants qui te harcèlent 10 fois par jour, Paris serait une ville formidable ! Paris au mois d'Août est un paradis sur terre... J'adore ma ville mais pas ceux qui la peuplent...

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