dimanche 3 avril 2011

Pierre Ménes et moi

Depuis quelque temps, il m'arrive quelque chose d'un peu bizarre, les amis.
Moi qui, habituellement, hais tout ce qui a trait au foot, je me surprends parfois à adopter des comportements plus que louches. 
Je vais vous dire ce qui se passe: il m'arrive, parfois, de tomber sur le Canal Football Club le dimanche soir. Ce qui est surprenant, c'est que je ne déteste pas. 
Je me suis même surprise, une fois, pendant que Jean-Chou couchait les enfants, à monter le son.
Heureusement que personne ne me regardait, j'ai eu, dans les secondes qui suivirent, un peu honte.

 Je ne sais pas ce qui se passe avec cette émission. Moi qui ne peux supporter ni le foot, ni les footballeurs, ni leur mentalité, ni leur cerveau à la densité plus que discutable, ni les millions d'Euros qu'ils brassent, ni les dirigeants de ce sport, ni le nombre incalculable de matches qui passent à la télé... je me surprends à écouter sans déplaisir les débats de café du commerce des animateurs de cette émission.

Mais qu'est-ce qui m'arrive? Est-ce que j'ai un problème? Est-ce que je dois en avoir honte? Est-ce que je dois consulter? Est-ce que je dois au contraire être indulgente avec moi-même et accepter que ma part d'imperfections s'exprime désormais comme cela?
Ou bien, est-ce que, tout bonnement, c'est la preuve que cette émission n'est pas mauvaise, voire pas trop mal fichue pour pouvoir intéresser un cas aussi désespéré que moi?
Pour vous dire, je crois que, la dernière fois qu'il y avait un reportage sur un joueur, j'ai même posé une question à Jean-Chou à ce sujet! Dingue! Normalement, quand quelqu'un me parle de foot, j'enclenche le mode "automatique" pour répondre "ah! ah oui?" tout en pensant à autre chose.

Si je creuse bien, au fond, je crois savoir ce qui me plait dans cette émission. C'est Pierre Ménès. 
C'est bien simple: chacune de ses apparitions me met en joie. J'adore ses moues désabusées, son amertume désespérée, sa façon complètement misanthrope de dauber sur tout et n'importe qui. Son humeur de chien, quoi.
Sa grosse tête boudeuse me plait, chacune de ses râleries me fait rire. Je crois ne l'avoir jamais vu de bonne humeur, et ça me donne du baume au cœur. Il représente le contraire de ce qu'on pourrait appeler un "sportif", et ça m'amuse beaucoup.
Ils ont fait fort au casting chez Canal, l'audience de cette émission doit reposer en grande partie sur ce phénomène.

Je crois que Pierre Ménès est l'antithèse absolue de mon Cyril Féraud adoré. Et pourtant, dans un dîner idéal, j'imagine bien les recevoir tous les deux. 
Pierre terminerait l'assiette de Cyril, ce qui serait, au fond, bien pratique. 
En étant honnête, je crois bien que Pierre Ménès est en passe de dépasser Cyril Féraud dans mon cœur. Qui sait, dans quelque temps, peut-être que son poster recouvrira celui du bel éphèbe?
PS: si vous avez des bonnes adresses de thérapies comportementales à m'envoyer, je suis preneuse. 

à lire: l'article de Slate sur le sujet

4 commentaires:

  1. Oh, tiens, je croyais être la seule à m'être fait avoir: durant la coupe du monde je me suis surprise à regarder l'émission juste pour notre bon Pierre!

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  2. Il faut arrêter le rosé au petit déjeuner, pour commencer. Ensuite, tu peux consulter le Dr Jean Tourloupe, à Nice, spécialiste en addiction à la moquette et en comportements déviants (il a récemment soigné un ami qui ne pouvait s'empêcher de manger des tripes avant de faire du VTT).

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  3. Ouaishhhh... Pierre Menez ! Boooaufff ! il est soutenu par ses conneries et dévoré de suffisance...Un guignol même pas drôle ! pas glop...pas glop !

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  4. Ton article par contre me plaît bien, on s'est compris,...j'ai toujours aimé ta façon imagée et délicate de tailler les Brice de Nice.

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