mardi 24 mai 2011

Futurs papas... comment se préparer à l'accouchement?


PRENATAL ADVISORY
EXPLICIT LYRICS
(Âmes sensibles ou qui viennent de déjeuner, on vous aura prévenues!)

Marie des Mamans Testent a publié un post très intéressant sur le ressenti des papas à l'accouchement de leur femme... en compliquant en peu les choses puisqu'elle s'est intéressée aux accouchements qui ont eu lieu sans péridurale (par choix, ou par manque de temps le moment venu...)

 Sa synthèse est très bien faite, et a le mérite de faire un peu parler les papas, qui ont du assister leur femme au moment où elle a souffert comme jamais dans sa vie (sauf si elle a déjà perdu un bras à la guerre, la pauvre -glurps-)...
On le sait, ils ne sont pas naturellement très bavards lorsqu'il s'agit de parler de leurs émotions (sauf exception mais perso j'en connais pô beaucoup de cette race-là)

J'aimerais rebondir sur son idée pour aborder le thème de la préparation des papas, notamment lorsque c'est la première fois.

Beaucoup, après coup, se disent admiratifs du courage de leur femme, étonnés par la force surhumaine dont elle a pu faire preuve... et avouent leur sentiment d'impuissance face aux souffrances qu'elle a pu subir pendant de longues, longues heures.
Une fois l'accouchement derrière eux, ils arrivent enfin à dire qu'ils étaient morts de trouille à l'idée que cela se passe mal, qu'il arrive quelque chose au bébé, et encore plus à leur femme.
Ils vivent souvent leur stress assez seuls, de leur côté... n'ayant pas envie de nous inquiéter encore un peu plus.

Même s'ils n'ont, techniquement, pas beaucoup d'influence sur le déroulement de la grossesse et de l'accouchement, ils sont pourtant essentiels.
Personnellement je ne me souviens pas exactement de ce qu'il faisait, concrètement... je me rappelle juste ses mots d'encouragement, sa main dans la mienne, ses caresses dans mes cheveux. Ses "mais bien sûr tu vas y arriver", "tout va bien", "t'es la plus forte", "mais si tu t'y prends très bien!", "je suis fier de toi" (alors qu'en fait, il était certainement en train de se liquéfier tranquilou sur le carrelage vert de la salle d'accouchement)
Un coach, en fait. Il me paraissait indispensable qu'il soit là pour m'encourager... n'ayant pas une très grande confiance en moi pour ce qui allait être d'accoucher (quand c'est la première fois, c'est pas facile facile.... mais quand c'est la 2ème ça ne l'est pas plus -peut-être parce qu'on sait à quelle sauce on va être mangée... et la 2ème fois la sauce est bien souvent beaucoup plus... heuh... épicée. Hum hum.)

 Mais lorsqu'on discute, quelques mois après un accouchement, avec des papas, on s'aperçoit que certains ont encore gardé pas mal de choses pour eux. Qu'il y a des trucs encore un peu plus difficiles à digérer.
Une femme, lorsqu'elle accouche, ne fait rien d'autre; elle est dans une espèce d'adrénaline, toute concentrée sur un unique but. Si la péridurale a fait son effet (la veinarde), elle peut même se sentir un peu shootée, dans un état second... un peu comme si elle sortait de son propre corps pour se voir accoucher.

Mais l'homme, lui, il n'a rien pour déconnecter.
Il vit le moment dans tout ce qu'il y a de plus concret; il entend le monitoring, il constate le va et vient du personnel, il déchiffre leurs expressions, il assiste aux différents contrôles de l'ouverture du col, à la pose de la sonde urinaire, de l'immense aiguille de la péridurale.... il respire au rythme des contractions, réussissant peu à peu à les anticiper, en voyant remonter la courbe sur l'écran...
Puis il se prend en pleine face les tremblements de douleur qui font presque tomber sa femme de la table, les geignements presque animaux, les cris. Les positions pas du tout sexy, les poussées. Il voit, désemparé, la table d'instruments que le gynéco tente de faire rouler discrètement sous les jambes de sa femme. Il est conscient de bruits bizarres, d'odeurs. Il voit les forceps, des ciseaux, des aiguilles, du fil, prêts à être utilisés en cas de besoin. Et la grosse poubelle qu'on installe sous sa femme juste un peu avant l'expulsion.
 Moi, je ne me suis aperçue de rien de tout ça, toute occupée à mon travail que j'étais. Et heureusement.
Jean-Chou, lui, s'en souvient très précisément.

En en reparlant ensemble, il me dit à quel point il trouve que les hommes doivent absolument à se préparer à ce moment. Pour eux, pour leur couple ensuite... on se rend compte que ce moment, certes magnifique, n'est pas non plus anodin.
Jean-Chou n'est jamais allé aux cours de préparation à la naissance... il ne voulait pas vraiment, et moi non-plus, d'ailleurs. Et puis les quelques hommes qui y étaient, à chaque fois, étaient plutôt exaspérants (à faire mine de tourner de l'œil en écoutant les explications de la sage-femme, à grands coups de "oh, ah, mais c'est horrible!"). Il lisait des livres avec moi, on regardait l'Odyssée de la Vie en Boucle... bref, on était plutôt chez les Bisounours que chez Hannibal Lecter. Et c'était très bien comme ça.
Pour la deuxième grossesse, il était beaucoup moins angélique, beaucoup plus angoissé au fil des mois. Il avait beaucoup plus peur pour moi. La naissance de notre 2ème enfant a été, je crois, un soulagement encore plus grand.

Je sais que lorsqu'il en parle avec d'autres papas autour de lui, ils s'accordent sur un point: il faut parler entre hommes, se documenter, se préparer activement à la réalité de ce moment, en amont. Dans ce qu'il y a de plus beau (et ça, on n'est jamais assez préparé de toutes façons!), mais aussi, dans ce qu'il a de plus difficile.
Il faut beaucoup parler de son couple aussi, des doutes et des peurs qu'on peut avoir ensuite.
Il faut se préparer à l'après, dont on ne connait pas grand-chose la première fois... aux suites de couches, etc.  Tous s'accordent à dire qu'il ne faut pas y aller la fleur au fusil... et ne pas minimiser les angoisses qu'ils peuvent ressentir.
(Et tant qu'à faire, s'ils décident de se mettre au niveau de la tête de leur femme, et pas plus bas... c'est souvent pas plus mal).
Ça permet de garder le cap, d'avoir peut-être un peu moins peur, et d'être au RDV pour vivre le moment plus sereinement.

Qu'en pensez-vous? Comment vos hommes se sont-ils préparés? Vous ont-ils exprimé leur ressenti, leurs peurs, leurs blocages, après coup? Quel conseil donneriez-vous aux futurs papas?


Y a des hommes dans la salle?

8 commentaires:

  1. Je crois que je vais dire à Tendrépoux d'appeler Jean-Chou... pour une discussion virile...
    Déjà que moi je me sens pas prête du tout, j'imagine même pas mon homme!
    Ah euh oui et c'est quoi cette histoire de sonde urinaire????

    RépondreSupprimer
  2. ouais t'as raison! eux aussi ont le droit de partager leurs "petits soucis de grossesse"! y a pas de raison!

    quant à la sonde urinaire... c'est un détail, t'inquiète. C'est juste que la péridurale, une fois efficace... neutralise le bas de ton corps, tu n'as donc plus moyen de maîtriser les fonctions urinaires.

    RépondreSupprimer
  3. Personnellement, je n'ai pas eu de sonde urinaire avec la péridurale (qui a très très bien fonctionné!!)
    Mais actuellement enceinte de près de 7 mois pleins de mon deuxième enfant, j'avoue qu'il m'effraie beaucoup plus que le premier !

    Je suis des cours de préparation à l'accouchement où la sage femme inclue le papa mais qu'à deux séances et notamment celle où il faut partir à la maternité et surtout comment aider le papa. Et ben j'ai été relativement surprise d'apprendre que cela intéressait beaucoup le papa qui s'est effectivement senti inutile le jour J.
    Je partage ton post très intéressant sur mon fessecroute pour que tous les papas et futurs papas le lisent si jamais je vois des commentaires intéressants je te les partagerai !

    Mary !

    PS : je viens de découvrir ton blog qui se rajoute à ma longue liste de blog à consulter !!!

    RépondreSupprimer
  4. @ Mary
    bienvenue! t'es trop sympa ;-)

    moi aussi j'étais plus terrorisée par le 2ème que par le premier... notamment parce qu'on m'avait dit et redit que ça se passait souvent 2 fois plus vite.
    Et le souci d'organisation qui m'a pris la tête pendant des semaines: comment vais-je faire pour réagir au quart de tour, pour faire garder ma fille, me faire accompagner à la maternité, joindre Jean-Chou qui, à cette période, commençait juste un job très prenant...
    finalement tout s'est super bien goupillé, grâce à une copine qui a été dispo en pleine nuit pour qu'on lui amène notre fille... et on peut dire qu'il était moins une pour que je n'ai pas le temps d'avoir la péridurale.... ouf, ouf ouf et re-ouf :-)
    L'organisation stressait encore plus Jean-Chou.
    C'est vrai que c'est parasitant tous ces détails hyper concrets.
    bon courage et à bientôt!

    RépondreSupprimer
  5. Je n'ai eu le ressenti de papa que très tard lorsqu'il en a parlé à ses amis non parents. Il a très bien géré, il a tout suivi, meme pas peur! Il était un peu largué (oubli du sac de mater dans la voiture) mais super! :)

    RépondreSupprimer
  6. Le meilleur copain (témoin du mariage) de Daddy to Be va être papa. Cool, au moins on ne sera pas les 1ers ;-) (même si y'en a d'autres autour de nous)

    Je pense qu'on en discutera avant et après car on parle de plein de choses.

    S'il le souhaite, il lira peut-être des bouquins. Il en avait lu Jean-Chou ? Celui qui est en photo ?

    PS Lol le y'a des hommes dans la salle !

    RépondreSupprimer
  7. @ Mia:

    oui il a lu ce livre, qui est plutôt du genre humoristique (mais pas mal fait)
    en fait c'est après mon 2ème accouchement que j'ai découvert un livre génial, que je te conseille: "Naitre, de l'idéal de l'accouchement à la réalité de la naissance"

    http://unechambreamoi.blogspot.com/2011/03/naitre-de-lideal-de-laccouchement-la.html

    il dresse une petite histoire de l'accouchement, mais ce sont surtout les différents témoignages de mères qui sont extrêmement utiles. Les hommes notamment qui l'ont lu l'ont trouvé très instructif:
    il permet de mieux concevoir la notion de douleur, selon les femmes, selon les accouchements. Il permet de comprendre les difficultés psychologiques de la femme, son ambivalence envers sa grossesse puis son nouveau né. Il prend en compte ses angoisses, ses peurs, ses tiraillements, et nous en explique les causes.
    Il parle aussi des difficultés concrètes de l'accouchement, physiquement bien sûr (il faut se préparer à ce que jamais rien ne se passe comme on l'avait prévu, en fait) mais aussi psychologiquement. En abordant notamment l'idée de "bébé rêvé", du fantasme qui devient, non sans difficulté parfois, un bébé réel.

    Franchement, si ton homme lit ce bouquin avec toi avant ton accouchement, il sera sûrement un peu plus au fait de ce qui se passe, vraiment, dans le corps et la tête de sa femme (et pas juste en apparence).

    RépondreSupprimer
  8. Merci. J'ai répondu sur le billet en question.

    RépondreSupprimer