mercredi 25 mai 2011

Les risques cachés de la campagne contre la fessée

Dois-je préciser que j'efface régulièrement l'historique des recherches Google Images qui me permettent de trouver des photos illustrant mes posts?

En ce moment, ma fille m'en fait voir de toutes les couleurs. Elle me fait des scènes comme elle ne m'en a jamais faites, où elle me cherche, me cherche... et puis, après punition-cris-menaces et autres techniques d'éducation toutes hautement réprouvées par la morale (mais qui me soulagent bien),
tout finit par rentrer dans l'ordre.

Mais quand j'en ai marre de hurler, ou que je vois que le dialogue ne marche pas, j'utilise la menace de la fessée. Ce qui n'est pas très efficace, et plutôt contre mes principes. Mais bon, les principes, une fois qu'on est parents, hein...
Avant d'avoir des nains j'étais persuadée que ma finesse, mon sens de la psychologie, ma conception du monde si ouverte et si tolérante, et enfin ma haute conscience morale (probablement due à mon éducation chez les sœurs -hum hum-), suffiraient à me conférer une autorité naturelle face à mes nains, et, ce faisant, à me hisser aisément sur le podium, au concours des Mères.
Ah, ça! j'étais pas un prix Nobel de lucidité, je le reconnais.

Toujours est-il que la menace n'a encore jamais été mise à exécution... je dis bien: pour le moment.
C'est drôle, ça! pile pendant la campagne publicitaire contre la fessée... c'est justement en ce moment que ça commence à me démanger!
De là à dire que cette campagne a un effet inverse sur moi... il n'y a qu'un pas. Et pour le coup, même en récitant cinq Notre Père et dix Je vous salue Edwige Antier, il n'est pas dit que je sois absoute.
Parce que, on le sait, la fessée, c'est très très mal.

En plus la fessée, plus jeune, m'a traumatisée: c'était en effet le titre d'un chapitre des Confessions de l'infâme Jean-Jacques Rousseau, essai affreux figurant au programme du Bac. Et je me souviens de notre prof de français qui avait une fâcheuse tendance à s'attarder, justement, sur ce chapitre-là. A notre grand étonnement. Nous, élèves de 17 ans, n'étions manifestement pas capables d'envisager le côté voluptueux, voire libidineux, de la chose (On se contentait de constater le côté chiant du cours, en fait)

En même temps, c'est vrai que les campagnes anti-trucs, reconnaissons-le, comportent un risque: celui de vous donner précisément envie de faire LE truc prohibé (mais tellement bon) auquel vous n'aviez justement plus pensé jusqu'à la diffusion du spot en question.
Une campagne contre la cigarette, par exemple, peut donner franchement envie de s'en griller une petite, ou un spot vantant la modération de la consommation d'alcool a tendance à me donner envie d'un p'tit verre. (En accouchant, par exemple, après 9 mois de privation, j'étais persuadée de lire "mojito" sur le tableau dans la salle d'accouchement... en fait il était inscrit "monito". Bref.)
J'espère donc que cette mauvaise pub contre la fessée ne va pas me faire, justement, basculer du côté obscur de la force. Ce serait ballot.

Et, soit dit en passant, si nos médias pouvaient éviter de prévoir des campagnes pour la contraception... Je n'ai pas exactement besoin de ça en ce moment.

PS: 
Pour finir sur une note plus intellectuelle, je vous propose de lire ce post sur la fessée, écrit par une blogueuse, Princesse Soso. Je trouve son opinion intéressante, et je suis d'accord avec la critique qu'elle fait de ce spot télé.

"Ca t'apprendra à te moquer de ma moustache! N'oublie jamais ça, salope: Bacchantes de bronze de Gonesse en 85-86-87! "
(ça c'était la légende de la photo, en fait)

1 commentaire:

  1. As-tu déjà lu "Au coeur des émotions de l'enfant" de Filliozat ?
    Peut-être que ça te ferait relativiser le comportement de ta fille ?

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