lundi 16 mai 2011

"Séducteur", "homme à femmes", "coureur de jupons"... le traitement de l'affaire DSK par les journalistes français

Aujourd'hui, surpriiiiiise! je vais vous parler de.... l'affaire DSK!!!
(sur ce lien, un chouette récapitulatif chez Slate.fr)

Je ne vais pas me prononcer sur la véracité des faits. d'abord parceque mon avis ne va pas intéresser grand-monde au niveau mondial (oui je sais, je suis lucide), d'autre part parce que je n'y connais rien, moi, à ce dossier. Evidemment.
Et puis aussi parce qu'il y a le principe de présomption d'innocence à respecter.

Je ne vais pas non-plus trop vous parler des réactions politiques à gauche... bien que je les trouve unanimement machistes ("DSK n'a pas pu faire ça! Cette femme de chambre doit être une affabulatrice!"), et à mon avis pas assez modérées, trop en la faveur de leur collègue. Mais les hommes politiques font de la politique, qu'est-ce que vous voulez. Ils ont des intérêts à sauvegarder, des relations à préserver, des carrières à bichonner... on ne va pas attendre d'eux des réactions honnêtes ou un petit mot pour la présumée coup... heuh, victime; la femme de chambre.

En fait je vais vous dire ce qui me choque, ce qui m'abasourdit: c'est la manière dont les journalistes, en France, traitent cette affaire.

Que les politiques soient partiaux, c'est comme ça. Mais que les journalistes (beaucoup d'hommes... mais aussi des femmes!) soient aussi complaisants avec les présumés faits (graves), que personne ne trouve rien à redire à employer les mots de "séducteur", d'"homme à femmes", que tous trouvent normal qu'un homme politique puisse dépasser les bornes (morales mais surtout légales), que tout le monde maintienne depuis des années une sorte d'omerta concernant les affaires sexuelles en politique, que finalement, la France est le pays du libertinage et de la séduction, et que les bonnes femmes, au fond, elles aiment ça.... C'est ça qui me dépasse.
Comme si les jeunes victi.. heuh, "conquêtes" de personnalités, influentes par leur supériorité hierarchique ou leur pouvoir, étaient complètement libres, consentantes et en position d'égalité face à un comportement de séduction bien lourde. Je ne parle pas forcément de DSK, mais des cas généraux.
Personne n'est choqué.
Sûrement une question d'intérêts à préserver, de relations fortes entre politiques et journalistes... ça doit être ça.
M'enfin j'aimerais bien entendre/lire un(e) journaliste connu(e) poser une question sur la légitimité du mot "séducteur".

Mes compétences d'analyse en la matière étant assez limitées (je tiens tout de même un bête blog de môman), voilà ce que je vous propose:
 Lisez ces deux articles A CONTRE-COURANT, qui font du bien. Qui nous rappellent que les mots sont importants. Que la honte est encore trop souvent du côté des victimes. Que la cause des femmes, dans cette affaire notamment, n'est pas beaucoup défendue. Que cette permissivité soixantehuitarde face aux dérives sexuelles de certains "importants" est malsaine. Que le message qu'on lance aux femmes, finalement, c'est: "ne portez pas plainte, vous risqueriez gros, et en plus, vous allez passer pour une hystérique/menteuse. D'ailleurs, vous n'étiez pas un peu consentante, au fond? Et puis, au fait, vous étiez habillée de manière provoquante?"
Ca me fait penser à l'affaire Polanski, quand on parlait du "terrible gâchis", tiens.

Un article du pure-player Les Nouvelles News, à propos de l'Omerta sur les violences sexuelles

et un article de LMSI, Les Mots Sont Importants, à propos du choix du qualificatif  "séducteur"

Au fait... je me trompe ou les politiques avaient dit qu'il fallait lutter contre les violences faites aux femmes? Ah, oui, c'est ça. J'ai du me tromper.

PS:
à lire aussi: un article de Courrier International (Le Temps) datant de 2008: "DSK ou l'archétype du Sexus-Politicus" (expression empruntée au livre de Christophe Deloire)
Parce que c'est bon de lire aussi les avis des étrangers.

PS2 (rajouté le 17 mai):
-Article intéressant de Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles pour Libération, répondant aux questions de lecteurs.
-video de Micelle Sabban, PS, qui fait froid dans le dos, démontrant que l'esprit de corps peut-être parfois dangereux.
- Réaction de Jack Lang, plus que méprisante pour les femmes , selon qui "il n'y a pas mort d'homme quand-même"

39 commentaires:

  1. Je ne vois pas où est le problème sémantique. Pour l'heure, on ne sait pas grand chose sur l'affaire, DSK bénéficie donc toujours de la présomption d'innocence. C'est pour cela qu'on ne peut pas (encore) le qualifier de "violeur" mais seulement de "séducteur". La nuance entre les 2 termes est claire quand même ??
    Quant à se laisser aller à de telles pulsions, dans sa position et avec ses ambitions, il est vrai que cela paraît pour le moins étonnant, curieux, bizarre. S'il n'est pas assez bête pour ça, est-il assez "malade" pour violenter tout ce qui porte jupon ou bien s'agit-il de manipulation orchestrée à point nommé ? C'est la "the" question !
    Ce qui est grotesque, c'est le cirque médiatico-judiciaire américain, ce peuple puritain et gravement faux-derche s'il en est, quant au rayon Q ! Aux States, les portes des bureaux restent ouvertes pour pas que ces messieurs risquent de se faire attaquer en justice par des ladies à l'affût.
    Enfin, n'oublions pas les cas d'hommes condamnés à tort par des affabulatrices. Jacques Brel avait prêté son charisme dans un tel rôle au cinéma. Je ne sais plus le titre.
    Bref, avant de pousser des cris d'orfraie pour la victime présumée, attendons peut-être d'en savoir plus, non ?

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  2. @ queen Mom:

    pas de cris d'orfraie pour la victime présumée: bien évidemment!
    Mais pourquoi n'entend-on pas de propos mesurées AUSSI dans le camp des pro-DSK?
    il faudrait être mesuré dans les 2 sens... et le mot "séducteur", compte tenu des précédentes affaires, ne parait pas vraiment approprié.

    quant à l'argument de dire qu'aux States tout est "trop" judiciarisé, notamment les rapports hommes-femmes... c'est peut-être vrai, mais je trouve qu'en France on n'en fait peut-être pas assez.

    La présomption d'innocence, c'est un concept très bien. Mais là, il n'y a qu'à constater: la culpabilité est carrément renversée!
    Dans les medias français, Il y a présomption de culpabilité de la femme de chambre, et présomption d'innocence plus que forte du côté de DSK.
    Le principe de la présomption d'innocence est bien, mais je ne trouve pas les propos des journalistes assez impartiaux. Il pourraient un peu plus équilibrer les avis.

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  3. Autrement dit, d'accord pour lutter contre les violences faites aux femmes, mais pas au prix d'une solidarité imbécile qui se manifesterait avant même l'énoncé de tous les éléments à charge du "présumé innocent" qui se verrait transformé du coup en "présumé coupable" de choix, de par sa réputation de "séducteur".

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  4. @ Queen Mom:

    ceci étant, est-ce être puritain et pudibond que d'être choqué par une telle affaire? Pas sûr!

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  5. Quant à la présomption de culpabilité de la femme de chambre que tu dis transparaître des commentaires médiatiques, elle est implicite du fait même que DSK a droit, comme n'importe quel autre justiciable, à la présomption d'innocence. Il ne s'agit pas de décréter que la plaignante est coupable, il s'agit simplement, jusqu'à plus ample informé, de conserver à l'inculpé le bénéfice de doute. Encore une fois, il est bien tôt pour le condamner, d'abord parce que les éléments à charge ne sont pas connus totalement, et ceux à décharge non plus. Il y a un autre aspect important : le contexte politique mondial et français et la position particulière de DSK dans ce contexte.
    Je trouve particulièrement inquiétant pour la démocratie et les Etats dits de droit de condamner un homme avant même de connaître la totalité du dossier et ce, sous le seul prétexte que la plainte vient d'une femme et que le sujet de la plainte est l'agression sexuelle.
    Chacun a le droit d'avoir son opinion sur DSK mais quant à convoquer l'impartialité des journalistes, je ne vois pas en quoi ils n'en font pas montre. Car à partir du moment où certains commentateurs disent "pensons à la victime", ils induisent de fait que la plaignante est innocente et que donc, l'inculpé est coupable. C'est aller bien vite en besogne alors que des incohérences sont soulignées, que le contexte est ô combien particulier, et que personne n'a encore les résultats de l'enquête.

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  6. Bon moi j'aurais plutôt tendance à être d'accord avec Queen Mom. Le terme "séducteur" s'applique au personnage de DSK connu pour ses conquêtes (consentantes). Personne ne confond "violeur" et "homme à femmes" et tant que les faits n'ont pas été prouvés, on ne peut pas faire de glissement sémantique sans que ce soit abusif.
    Quant à la victime, effectivement on en parle peu, mais aussi parce que finalement on ne sait rien du fond de l'affaire: a-t-elle été violée ou pas? quand on parle d'agression sexuelle, c'est-à-dire? Il paraît qu'elle a des bleus, qui les lui a infligés? Elle a apparemment désigné DSK comme son agresseur, c'est un fait, mais comme aucun média ne daigne nous expliquer ce qu'elle a subi, bah on se range, nous Français, du côté de celui qu'on "connaît". Je dis pas que c'est normal, il y a d'ailleurs là aussi 2 poids 2 mesures: la vie de DSK est étalée dans les journaux et on ne sait de cette femme seulement qu'elle bosse dans cet hôtel, qu'elle a un gosse et qu'elle est immigrée d'Afrique. Si les journalistes faisaient leur job, ils nous expliqueraient concrètement ce qui est reproché à DSK.
    Sinon, le fait que les socialistes et les amis de DSK disent qu'ils ne l'imaginent pas faire une chose pareille je ne vois pas ce qu'il y a de choquant. Si un de mes amis proches était accusé de la même chose, même si c'est le pire des dragueurs, je serais en droit de dire que ça m'étonne de sa part, parce que je le connaîtrais personnellement.
    Voilou, reste à voir ce qui va sortir de cette histoire. Rien de bien glorieux quoiqu'il en soit...

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  7. Toute cette histoire pend des proportions démesurées. J'avoue que je n'ai pas fait attention aux termes, moi pauvre maman en congé payé ayant savouré mon jour de repos. Je me doute que DSK n'est pas clair. Mais cette histoire me parait louche. Je ne voudrais en aucun cas être à la place de la victime, mais certaines choses me paraissent étrange.
    Je ferais plus attention aux termes employés.

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  8. Si tu es choquée par cette affaire, c'est que peut-être tu prends fait et cause pour la plaignante, d'emblée, sans autre élément objectif, simplement parce que c'est une femme. Le puritanisme, c'est condamner d'emblée, des moeurs autres que rigides, sévères, prudes. Peut-être que DSK a été simplement "pressant", "insistant", sans pour autant être violent, et que la dame américaine a traduit "ah mais, qu'est ce que c'est que ce monstre ?" et de filer se plaindre au directeur ! Les Américains ont effectivement la plainte (judiciaire) facile, c'est connu et c'est un business !

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  9. encore une fois je précise que je ne me prononce pas sur la culpabilité ou non de l'auteur...
    je trouve juste malsaine cette complaisance pour les dérapages sexuels des politiques en France (en général).
    Et je me dis qu'en France, nos politiques et hommes de pouvoir, ils ont quand-même bien de la chance.

    Ensuite, je me pose une question, depuis le début de l'affaire:
    Ou sont les féministes? Et surtout, où sont les féministes PS?

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  10. Je ne te comprends pas, Marine. Que viennent faire les féministes dans cette affaire au stade où elle en est ? Faire feu de tout bois avant même d'avoir connaissance du dossier, au nom du féminisme, c'est déjà condamner l'inculpé. Il sera toujours temps de le conspuer, si sa culpabilité est prouvée.
    C'est insensé, cette solidarité féminine imbécile qui se pose en juge avant les juges ! Mais que celles qui aiment hurler avec les loups le fassent donc, peu me chaut. Ce n'est pas mon cas, ayant vu de près comment on peut salir vite quelqu'un avant de s'apercevoir que ce quelqu'un était totalement innocent.

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  11. Quant à dire qu'en France, nos politiques et hommes de pouvoir ont bien de la chance, c'est à dire ? SOus prétexte de leur pouvoir ou de leur position, tu les penses tous violeurs en toute impunité ? Où sont donc les victimes ? Elles auraient toutes peur de porter plainte ? Je sais à quel point une femme violée a tendance à ne pas porter plainte, tellement c'est dégradant et qu'en plus, la victime se sent coupable. Néanmoins, elles existent bien, celles qui ont le courage de porter plainte. Si tu les penses juste séducteurs, sans violence, ni psychologique ni physique, tu sembles les condamner comme des criminels et regretter que leur sort ne soit pas celui que l'on leur réserve outre-atlantique. Est-ce vraiment cela que tu sousentends ?

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  12. Merci pour cet article et les liens associés. Merci de soulever la question du traitement de cette information. Merci.

    Je crois comprendre la colère de Queen Mom, si elle a vécu ce genre de situation de près. Moi j'ai vu de près comment on peut nier l'inceste (et le fait que DSK est peut-être coupable, l'analogie n'a rien à voir, mais la structure de pensée oui) au sein même d'une famille, j'ai donc forcément un autre point de vue.

    Dans tous les cas, on pourrait faire l'effort de parler de présumé violeur et de plaignante, le temps d'avoir plus d'information...

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  13. @ queen mom:

    je soulève la manière dont le cas est traité, je m'intéresse au "débat de société" qu'est le viol en général.
    Et aux clichés associés à ces violences ("la victime était habillée comment?" "mais enfin le violeur avait un profil de bon père de famille, classe aisée, éduqué et tout et tout!").

    Il y a certainement des gens accusés à tort, victime d'opprobre, c'est dégueulasse pour eux.

    Il y a aussi, et j'en connais plus de 2 autour de moi, pas mal de victimes d'agressions sexuelles qui la ferment, et pas forcément par manque de courage: pression familiale, peur des représailles, agresseur à la fois voisin et ami de la famille, état de choc... peur aussi de faire de la peine à ses parents, parce que, finalement, "on s'est en sortie, y a pas mort d'homme... on va se débrouiller pour gérer le traumatisme toute seule".

    Et pour avoir, une fois dans ma vie, entendu des flics me dire "mais vous étiez habillée comment mademoiselle?", je peux te dire que la société, elle non-plus, ne t'aide pas forcément à porter plainte.

    Le sujet me touche, je vais arrêter là dans mes commentaires. (mais les votre restent bienvenus! tous les avis sont évidemment bons à écouter)

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  14. Mais moi aussi, le sujet me touche ! Tant du point de vue de l'accusé, sali à tort que par la victime, marquée à vie, l'une ayant porté plainte, l'autre pas, trois affaires différentes, l'accusé poursuivi pour recel, ayant fait 3 semaines de prison et au secret, du fait de sa position, avant d'être reconnu innocent, mais après avoir été sali par la presse dès le départ...
    Quant aux victimes de viol que je connais aussi, l'une a réussi à faire condamner son agresseur, l'autre ayant renoncé à porter plainte, en toute liberté, juste pour ne pas voir son nom traîner dans les journaux.
    Quant à DSK, la jeune femme n'a pas hésité une seconde à porter plainte, tant aux USA, on fait des procès à tout bout de champ et pour tout. Alors, peut-être que pour la cause des femmes victimes, c'est une avancée, de pouvoir mieux se faire entendre, au bémol près que la judiciarisation à outrance ouvre la porte à des dérives, surtout dans un pays puritain qui voit le mal partout, et parfois là où il n'est pas...

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  15. en tout cas, le problème de dsk avec les femmes n'est désormais plus un secret....
    Mais ce qui m'étonne c'est le traitement de l'affaire en tant que tel, on ne parle pas d'un bisou mais de tentative de viol, enfin la gravité de l'accusation tout le monde s'en fiche!!tentative de VIOL enfin pour moi le viol est un crime et ça, c'est totalement occulté par les "ohhhhhhhhhhh mais dsk ils aiment bien les meufs c'est tout"
    ba voyons....
    vrai ou pas, je trouve que cet aspect du probleme est COMPLETEMENT mis de coté et consternant pour les femmes
    vive la dignite des femmes!
    c'est ecoeurant!

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  16. et je voudrais ajouter que c'est LA que le feminisme a a faire: que dsk soit le pov'gars qui s'est fait avoir et que la victime PERSONNE N'EN PARLE!
    hors si lui est presumé innocent
    cette femme est PRESUMEE VICTIME!
    c'est consternant je trouve et les feministes ont encore bcp de boulot

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  17. Je pense que tout cela n'est encore une fois que de la terminologie.
    Les féministes n'ont pas à intervenir pour l'instant: la "victime" n'est pour l'instant qu'une "plaignante", effectivement. Une femme qui porte plainte pour viol.
    DSK est accusé de viol, mais encore présumé innocent.
    Maintenant, il y a plusieurs étapes:
    - prouver le viol, auquel cas la plaignante sera vraiment une victime (et dieu sait s'il peut être difficile de prouver un viol, selon les législations, un simple témoignage peut suffire ou alors il peut falloir apporter des preuves matérielles). Ici, on parle de tentative de viol. Seule la parole de la victime peut donc faire foi, et il s'agit maintenant d'établir si elle est crédible.
    - prouver que c'est bien DSK le coupable.
    Il n'y a pas ici à être féministe ou pas. Il y a une accusation qui est portée, personne ne met en doute la parole de cette femme mais beaucoup s'interrogent: DSK est quand même un homme éduqué, respectable et certes amateurs de femme mais pas violent (d'après ceux qui le connaissent) et certains éléments sont troublants: pourquoi aurait-il dit où il se trouvait juste pour récupérer son téléphone s'il avait vraiment voulu violer une femme?
    Bien sûr, tout ça n'est que conjecture, mais il y aurait scandale seulement si, une fois sa culpabilité avérée, on continuait à remettre en cause la jeune femme. Pour l'instant, rien de tel, simplement des points d'interrogation.
    M'enfin moi ce que j'en dis...

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  18. et bien si , je regrette mais la facon dont la presse, dont les responsables ont de traiter cette affaire, je suis desolée mais il y a un angle qui est pris et la victime presumée, car je ne vois aucun pbm de terminologie ici, personne ne parle d'elle!
    c'est consternant!

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  19. enfin c'est fou on parle d'une possible affaire criminelle et ceci est COMPLETEMENT MINIMISE dans les propos de tout le monde et dans la presse
    alors si vous trouvez cela normal, apres tout chacun pense ce qu'il veut mais moi je trouve cela vraiment anormal

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  20. comme tu dis, masofi, la jeune femme est pour l'heure juste "présumée" victime ! Et on commence à peine à en savoir un peu plus sur elle, anonyme. Il est donc logique que les médias aient parlé d'abord de DSK, et de ce qu'on connaît de lui, avant de pouvoir parler de la jeune femme, sous protection spéciale. Je ne vois pas où il y a scandale. Pour être bien claire, si DSK s'est laissé aller à l'impensable et si sa culpabilité est avérée, ce cas fera figure d'exemple pour inciter toute victime d'agression sexuelle à porter plainte. Car en ce qui me concerne, ne pas porter plainte reste une erreur, même si c'est à l'appréciation de la victime et à elle seule que le choix revient in fine.

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  21. pour moi la ou il y a scandale, ce n'est pas qu'on ne parle pas de la jeune femme, mais que, l'attention etant tellement portée sur ce pov' dsk et sur son horrible souffrance, on en vient à mettre de cote la gravité des faits et la possible souffrance de cette femme
    et je crois que ça, c'est tout bonnement pas normal
    si dsk est presumé innocent, elle est presumée victime

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  22. Tout à fait d'accord avec Titcheur ! Et je ne crois pas que tout le monde se fiche du chef d'accusation... Mais peut-être que les gens attendent aussi tout simplement d'en savoir plus sur la victime et les preuves (résultat des tests ADN etc).

    Pour ma part, j'ai quelques interrogations et ce ne sont pas les publications partiales et plus dans le sensationnel qui aident :/ . À côté de ça, ceux de la classe politique qui récupèrent ce drame pour parler de morale me font doucement rire.

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  23. Mais personne ne nie la souffrance de la victime, si ses accusations sont avérées exactes. Pour l'heure, elle est seulement "présumée victime", tout comme DSK est seulement "présumé innocent". Ce qui permet de conseiller la prudence dans les deux cas : devant les accusations de tentative de viol, et devant la réputation de séducteur de DSK. Sinon, c'est le tribunal populaire et plus l'Etat de droit. Attendons avant de considérer comme véridiques les accusations de la plaignante, et donc attendons avant de la considérer d'ores et déjà comme "victime", bref avant de lapider un "inculpé", attendons qu'il soit reconnu "coupable".

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  24. je crois que dans le traitement "médiatique" de cette affaire, tout le monde se fiche de la "possible" souffrance physique et morale de cette femme, pratiquement tout le monde s'en fiche...
    si on arrive a avoir de l'empathie devant "dsk le presumé innocent " alors c'est simple on devrait en avoir, logiquement, pour la presumée victime.... ce qui n'est pas le cas!
    et personne n'a dit qu'elle etait la victime mais la victime presumée, je n'ai pas accusé dsk j'ai juste dit "ba tiens, ces derniers temps les secrets de polichinelle de ce monsieur sont devoilés"
    et les temoignages affluent a propos de sa facon de "draguer " les femmes, voire de les harceler!
    ce n'est plus une reputation puisque les langues se delient ca devient une realité!
    et j'ajoute que personne n'a dit: la plaignante dit vrai, relisez mes propos, mais je regrette autant il est ;
    presumé innocent
    autant elle est presumée victime!
    et la facon dont sa souffrance possible est tout simplement mise de coté au profit du "pov' dsk", je trouve ca consternant!

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  25. on parle de tentative de viol et d'agression sexuelle tout de meme alors;
    autant s'il est innocent, il aura bien souffert, et ça on le met bien en avant (declarations, presse)
    mais je regrette autant si elle dit la vérité, elle aura bien morflé, et ça tout le monde passe à côté

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  26. @masofi : tu emploies toi même le conditionnel, c'est bien qu'il est trop tôt pour condamner, d'autant que nous n'avons que la version à charge...

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  27. oui queen mom, tout comme il est trop tot pour dire "oh mais non voyons, le pov',mais il n'a rien fait", et c'est surtout cela qui tourne en boucle dans les médias!
    et sinon, ce matin sur bfm, elisabeth guigou est la seule au ps, qui a bien dit que dsk etait presumé coupable, mais aussi qu'il ne fallait pas MINORER les accusations et a rappelé que viol et agressions sexuelles sont des faits graves, et la je trouve qu'elle a eu une bonne attitude en disant
    attention: ne condamnons paq dsk trop trot
    mais aussi:
    attention, ne sous estimons pas le" fond" de cette histoire !
    cad plainte pour AGRESSION et TENTATIVE DE VIOL
    on ne parle d'un supposé vol de baguette non plus

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  28. Dans cette affaire, il y a «un présumé innocent, Dominique Strauss-Kahn, et une présumée victime, cette jeune femme», qui affirme avoir été agressée sexuellement par le directeur général du FMI, a aussi relevé Mme Guigou. «Lorsque la vérité sera établie, on verra qui est victime».

    http://www.leprogres.fr/actualite/2011/05/18/guigou-(ps)-evoque-la-reputation-de-dragueur-de-libertin-de-dsk

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  29. donc là tu vois il est question de présumée victime...
    alors soit il est la victime et , avant meme que la vérité soit établie, tout ce qu'on a pu entendre sur le mode " pov' dsk, non non il a pas fait ça" et ce explicitement mais aussi implicititement

    soit elle est la victime, et là: nada, rien , rien au niveau compassion mais aussi rien en ce qui concerne les femmes en général, à rappeler que une tentative de viol et les agressions sexuelles envers les femmes ce n'est pas à comparer avec un vol de baguette ( une élue socialiste a même dit à la télé " mais enfin on parle pas d'un crime"!) et personne ne l'a rappelé cela alors que ça concerne toutes les femmes
    voilà ou se trouve l'inégalité de traitement selon moi

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  30. et oui je maintiens qu'en France, au vu de tout cela, coupable ou pas,ya encore du boulot pour les féministes....

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  31. et sur rue89.com:


    La présomption d'innocence de DSK vire au déni de culpabilité

    On parle beaucoup, dans les milieux autorisés français, de la nécessité d'une grande prudence dans cette affaire DSK. On y réclame à grands cris de la retenue et l'on brandit à n'en plus finir le maître-mot de présomption d'innocence.
    De là à évoquer la possibilité d'une machination, d'un complot, d'un coup monté, il n'y a qu'un pas que certains franchissent sans trop s'embarrasser de scrupules ni de nuances :

    •« Un coup monté » (Bernard Tapie) ;
    •« Un complot international » (Michelle Sabban, strauss-kahnienne) ;
    •« Une machination » (Christine Boutin).
    Et la présomption d'innocence de la victime présumée ?

    Or, ce faisant, c'est la présomption d'innocence de la victime présumée, cette jeune employée du Sofitel de New-York, qui est sans vergogne remise en cause par inversion des rôles. A quand le bon vieux coup de la femme violée qui l'aurait cherché ?

    Car enfin, dans tous les cas, nous ne sommes pas là dans le simple registre du vague soupçon ou de la rumeur incontrôlée, mais face à des accusations précises pour des faits précis dans des circonstances précises à des instants précis.

    Et qui plus est corroborées par des témoignages antérieurs tout aussi accablants pour le déjà ex-candidat à la présidence. Comme celui de Tristane Banon, cette jeune femme qui s'épancha jadis sur ses démêlés musclés avec notre « séducteur impénitent » (selon ses proches).

    On ne peut manquer de se rappeler l'affaire Woerth-Bettencourt où d'aucuns crièrent là aussi à la présomption d'innocence et au complot malgré des témoignages confondants.

    Moyennant quoi, l'infortunée ex-comptable de la milliardaire passa plus de temps dans les locaux de la police que le « présumé innocent » ministre.

    Ultime rempart d'une caste malmenée autour de l'un des siens
    Il est étonnant d'entendre un chroniqueur politique aussi affûté que Thomas Legrand (de France Inter) répéter sans s'émouvoir n'avoir jamais constaté le moindre signe comportemental chez DSK laissant présager une quelconque attitude délictueuse de ce dernier à l'égard des femmes.

    Thomas Legrand et ses confrères du microcosme médiatique peuvent-ils ignorer l'affaire Tristane Banon, l'aveu implicite de la mère de celle-ci, l'élue socialiste Anne Mansouret ?

    N'avaient-ils jamais eu vent de la forte défiance d'un Jean Quatremer (journaliste à Libération) à l'égard du directeur du FMI et des précautions distantes de la députée Aurélie Filipetti ?

    Poussée à ce point d'aveuglement (involontaire, vraiment ? ), la présomption d'innocence donne vite la sale impression d'un déni préventif de culpabilité. Ultime rempart d'une caste malmenée autour de l'un des siens ?

    Ne tombons pas dans l'excès inverse en envoyant précipitamment DSK au bagne. Laissons l'enquête et la justice se poursuivre, comme disent ceux-là mêmes qui n'hésitent pourtant pas à en fournir par avance les conclusions.

    En attendant, les dégâts sont considérables et Marine Le Pen peut se frotter les mains.

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  32. Je suis complètement d'accord avec Masofi.
    C'est un débat, c'est normal qu'on ne soit pas d'accord.

    Mais c'est drôle, rarement comportement (comme celui de la caste socialiste en ce moment) m'a autant donné envie de vomir... alors que pour d'autres il n'y a rien de vraiment choquant dans ce qu'ils disent, dans le soutien malsain affiché (Michèle Saban, Jack Lang,... même Elisabeth Guigou au départ, ou Robert Badinter... qui accusent -de manière ridicule- la justice américaine de ne pas respecter les principes de la justice française!).

    En fait depuis un ou deux jours, les politiques et journalistes commencent à mettre de l'eau dans leur vin. Peut-être que leurs conseillers leur ont fait remarquer qu'ils présentent une image désastreuse de l'esprit de caste des "puissants". (intellectuels, politiques...)...

    Parce que je reste persuadée que personne parmi BHL, Badinter, et autres politiques ne se serait offusqué si on traitait de la sorte un immigré au RMI, habitant d'Outreau avec une gueule pas très catholique. Personne.
    Les faits se sont passés sur le sol américain, c'est la justice américaine qui doit s'appliquer, comme pour n'importe quel justiciable.

    "Mais enfin, on le traite comme le plus minable adolescent trafiquant de drogue! ce n'est pô juste! C'est DSK quand-même"!
    Ben pour moi, si, c'est juste.

    Il y a un autre article intéressant à lire (rue89):
    http://www.rue89.com/derriere-le-barreau/2011/05/17/violente-la-justice-americaine-et-en-france-alors-204355

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  33. une réaction de Gisèle Halimi
    http://www.leparisien.fr/dsk-la-chute/gisele-halimi-le-respect-des-femmes-doit-prevaloir-18-05-2011-1455030.php

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  34. Ce n'est pas la question du traitement qui est infligé aux USA à DSK qui est en cause, ni les commentaires des journalistes et des politiques de tout bord. Ce qui me paraît inique, c'est le fait de condamner d'office, au nom de toutes les femmes violées et du féminisme, AVANT même d'avoir tous les éléments de cette histoire en main, AVANT même que la défense ait pu s'exprimer. C'est tout. Mais visiblement, cela semble difficile à comprendre! S'il est prouvé qu'il ait réellement commis cette agression, je m'autoriserai alors à le condamner. Et la victime aura droit à toute ma compassion. Pas avant.
    Qu'on le veuille ou non, sa position de directeur du FMI justifie, tout comme la gravité des chefs d'inculpation, l'émoi actuel. Il ne s'agit pas de l'inculpation pour tentative de viol d'un citoyen lambda et qu'il soit défendu par certaines personnalités politiques ou intellectuelles n'a pas grand chose d'horrifiant. Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt avec ces histoires de "caste", de "puissants", comme si on en découvrait d'un coup le principe ! J'ose croire que vos amis vous défendraient si vous vous retrouviez en mauvaise posture un jour !

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  35. @ queen mom:
    en fait ce qui est marrant c'est qu'on est plutôt d'accord: il y a la présomption d'innocence, pas question de juger à la place des juges, évidemment!

    mais quand tu dis: "Ce n'est pas la question du traitement qui est infligé aux USA à DSK qui est en cause, ni les commentaires des journalistes et des politiques de tout bord"

    eh bien si justement c'est ça qui est en jeu! c'est en tous cas qui m'émeut, c'est là dessus précisément que j'ai écrit mon post.

    pour certains le traitement de l'info et les réactions politiques ne sont pas choquantes, pour moi elles le sont! c'est là notre
    différence!
    Parce que sur le fond, personne ne dit bêtement que DSK est coupable a priori!

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  36. Désolée, Marine, de te contredire, mais justement si, c'est ce qui ressort de cette volonté touchante de compatir au sort de la victime présumée et aux reproches que tu fais aux médias et autres politiques !
    Je m'explique, encore et encore :
    Plaindre a priori la victime présumée, c'est condamner d'avance l'inculpé. C'est décréter d'office et avant que la défense ait pu seulement s'exprimer, que la plaignante est sincère, honnête et donc victime. Et que l'inculpé est donc coupable ! Tu auras beau tourner tout cela comme tu veux, c'est la logique même.
    Je constate que tous les émois devant les commentaires médiatiques qui ne donnent pas dans la compassion envers la plaignante, sont surtout le fruit d'un réflexe purement féministe, avant toute autre considération de de conscience et de justice. Ma conscience trouverait choquant que la présumée victime soit déjà considérée par les médias comme victime avérée, alors que l'on n'a encore entendu que les charges. Au risque de déplaire aux féministes de tout poil !
    Etre féministe, pour moi, ce n'est pas renoncer à tout esprit critique !

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  37. Je me suis bien amusée à lire ton lien. Gisèle Halimi est touchante : "comment voulez-vous qu'une femme de ménage aille inventer tout ça, quel intérêt y trouverait-elle?" . Si on suit Gisèle Halimi dans son raisonnement, elle la croit parce que 1- simplement, c'est une femme 2- son statut professionnel de femme de ménage la rend incapable de mentir ou de chercher son intérêt !
    On croit rêver ! Voilà ce que je dénonce, cet angélisme bêta et partisan qui a plus avoir avec le sexisme qu'avec la défense des droits des femmes.

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  38. @ queen mom:
    je trouve moi aussi stupide ce passage de l'interview de Gisèle Halimi. Mais je suis d'accord avec le reste.

    A lire, un texte que je trouve très clair de Titiou Lecoq (Slate):
    http://www.slate.fr/story/38337/dsk-defense-outrances

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  39. Affaire DSK: une pétition féministe lancée
    AP
    21/05/2011 | Mise à jour : 11:05 Réactions (86)
    "Le viol et la tentative de viol sont des crimes", rappellent aujourd'hui des organisations féministes, déplorant d'avoir observé en France depuis une semaine "une fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires". Elles appellent à manifester demain à Paris.

    Initiée par la Barbe, Osez le féminisme et Paroles de femmes, cette tribune publiée sur lemonde.fr revendique plus de 1000 signataires, dont la journaliste Audrey Pulvar, la femme politique Clémentine Autain, la chanteuse Agnès Bihl, l'humoriste Florence Foresti et la philosophe Geneviève Fraisse.

    Minimiser la gravité du viol

    "Depuis une semaine, nous sommes abasourdies par le déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques", remarquent les organisations féministes. Depuis l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn samedi dernier à New York pour tentative de viol, "nous avons eu droit à un florilège de remarques sexistes", déplorent-elles, en citant notamment les propos tenus lundi dernier par Jack Lang sur France-2: "Il n'y a pas mort d'homme". "Ces propos tendent à minimiser la gravité du viol, tendent à en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage", analysent les organisations féministes, en rappelant que 75.000 femmes sont violées chaque année en France.

    Les signataires fustigent "l'impunité qui règne dans notre pays quant à l'expression publique d'un sexisme décomplexé". "Les personnalités publiques qui véhiculent des stéréotypes qu'on croyait d'un autre siècle insultent toutes les femmes ainsi que toutes celles et ceux qui tiennent à la dignité humaine et luttent au quotidien pour faire avancer l'égalité femmes - hommes", concluent les organisations féministes. Elles appellent à un "rassemblement contre le sexisme" demain dimanche, à 17h, sur la place Igor Stravinsky près du centre Pompidou à Paris.

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