vendredi 8 juillet 2011

(Re)devenir un enfant...

Ah! "le monde merveilleux de l'enfance"...
Notion bien connue et maintes fois rabattue, mais si difficile à appréhender.

Quel jeune parent n'a pas eu de mal, parfois, à lâcher toutes ses préoccupations d'adulte très occupé (penser au travail, penser à ses mails, à son smartphone, envie de se reposer enfin quelques minutes) pour jouer avec son enfant?

Je me souviens que, maman pour la première fois, jouer avec ma fille était parfois difficile;
selon les moments, je pouvais trouver ça ennuyeux, répétitif, monotone. Surtout le dimanche matin à 7h00...
Et puis, j'ai appris, petit à petit: à me rendre mentalement disponible pour elle, à ne plus m'occuper de rien d'autre à part elle, pendant de vrais longs moments: le soir ou le week-end, le boulot, mon chef, n'existaient plus. Les corvées à la cuisine pouvaient m'attendre, mes envies de bouquiner, boire un verre dehors, faire un hammam avec les copines ou du shopping "en vrai" (je veux dire dans des vrais magasins, pas sur le net comme maintenant) étaient moins importantes que la séance de jeu.
Je me souviens qu'au début c'était comme une discipline... les jours où j'étais stressée ou fatiguée, je jouais en me forçant un peu. Avec parfois l'envie de regarder mes mails, de bouquiner en même temps.

J'ai compris que la transition avec ma vie d'avant allait se faire tout doucement; que le premier enfant est le plus gros bouleversement: on est extrêmement heureux de ce qu'on a gagné, mais on mesure aussi un peu ce qu'on a perdu, on ne lâche pas si facilement les anciennes habitudes, ce qui peut se révéler frustrant: envie de grasse matinée, de sortir à l'improviste, de picoler avec les potes sans penser aux responsabilités du lendemain...
Je crois que la première année de ma fille a été la plus éprouvante, et m'a beaucoup appris sur moi à ce niveau-là.
Tranquillement, j'ai appris à lâcher, à continuer à penser avec bonheur à la "facilité" de la vie d'avant, tout en appréciant mieux à quel point ma vie avait pris un vrai sens, désormais.

Avec l'arrivée de mon fils, la fatigue est encore multipliée, mais bizarrement tout est plus simple; notre vie s'est déjà adaptée une fois pour l'arrivée de notre premier enfant... le système familial était donc perfectionné pour l'arrivée du 2ème!
Et jouer avec eux devient de plus en plus facile. C'est comme un apprentissage!
J'arrive à passer un temps fou allongée par terre avec eux, les laissant me grimper dessus, les regardant sauter sur leur lit, ou les entraînant dans leur fantaisie créative en ayant de nouvelles idées, en inventant des histoires avec eux, en imaginant qu'une petite souris a élu domicile derrière les murs de leur chambre, en imitant des accents débiles, ou en regardant "Cars" en entier avec eux sur le canapé, pour la 368ème fois depuis Noël.
Alors que je n'étais pas vraiment comme ça avant.

Je m'aperçois que j'arrive mieux, avec le temps, à déconnecter du quotidien, à faire, au moins une fois par jour, un temps-mort pour entrer véritablement dans leur monde, sans parasiter ma disponibilité avec des préoccupations d'adultes.
En fait pour pouvoir jouer avec ses enfants, il faut pouvoir redevenir un enfant soi-même, et ce n'est pas si évident! Mais lorsqu'on réussit cette petite métamorphose, on en tire un vrai plaisir.

Et quand je pense à mon évolution depuis ma première maternité, je mesure à quel point j'ai changé (et Jean-Chou aussi); on ne tient plus beaucoup, maintenant, à toutes nos anciennes habitudes de jeune couple sans enfants.
Les réveils le dimanche sont toujours aussi matinaux, mais moins difficiles, plus légers et conviviaux: on en a tiré notre parti... on a commencé à comprendre qu'on risquait de passer plusieurs années à prendre le petit-déj le dimanche à 7h00, à passer 3 heures chaque soir pour faire dîner/laver/laver les dents/ lire l'histoire avant d'avoir du temps pour nous... du coup, on a vite pensé à positiver: c'est fou le nombre de choses géniales qu'on arrive à faire en une seule matinée! (long petit-déj, footing, marché, balade...)

Je m'accroche moins à l'idée prétendue selon laquelle j'aurais besoin de 8 heures de sommeil... cette convention psychologique était finalement plus frustrante qu'autre chose! Depuis que j'ai enlevé 2 heures à ce préjugé, et je suis de meilleure humeur au réveil! Et je rattrape une ou deux fois par mois en me couchant tôt.

Lorsqu'on voit les amis, on sait que la soirée commencera à 18h (s'ils ont eux-mêmes des enfants, ça les arrangera aussi), que même si on fait un dîner chez nous et qu'on n'aura pas à conduire ensuite, l'un de nous au moins ne boira pas trop, pour pouvoir réagir à l'imprévu avec nos enfants pendant la nuit (cauchemar, couche qui fuit et draps trempés, etc...), et être opérationnels, qu'il pleuve ou qu'il vente, le lendemain aux aurores.

Mais il faut du temps pour réussir à lâcher du leste, à"sacrifier" certaines envies égoïstes, à mettre de côté les besoins, aujourd'hui secondaires, qui nous paraissaient essentiels et importants, dans notre vie d'avant...
Pfiou... Quel travail!

2 commentaires:

  1. Oui pas facile de se mettre en condition pour jouer avec un nain, surtout que cette espèce a tendance à aimer la répétition...
    Je me réconforte en me disant qu'avec mes nains à moi ce sera peut-être moins chiant mais bon... Apparemment ce n'est pas forcément le cas. Faut peut-être de l'entraînement.
    Quant à renoncer à "la vie d'avant", j'imagine que c'est une phase d'ajustement progressive aussi. En même temps, j'ai cru comprendre qu'on aimait bien faire tous ces nouveaux trucs avec/pour notre progéniture!

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  2. bon alors je n'ai rien à rajouter Marine si ce n'est PUTAIN QUE C'EST VRAI!!!!!

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