lundi 11 juillet 2011

L'odeur de bébé...


Sur le blog Mauvaise Mère, il y a un post avec tout un tas d'arguments loufoques sur le thème "pourquoi faire des enfants".
Il y a longtemps avant Jésus Christ, moi-même, je m'étais penchée sur la question (ici!)

C'est toujours assez marrant de se poser cette question... car globalement, on n'arrive pas bien à trouver à ce "choix" un argument objectif et valable, une réponse irréfutable. On fait des enfants, pour tout un tas de raisons.
(En revanche les arguments "contre" sont plus simples à trouver!)

Si je voulais ajouter mon petit argument minuscule et superflu à la liste de Mauvaise Mère, enfin, si je devais argumenter sur l'idée que faire un enfant c'est le kif total... j'utiliserais celui-ci:

Faire un enfant, c'est l'occasion unique d'être à nouveau à l'écoute de tous ses sens: On n'est plus uniquement dans la réflexion, l'analyse. On a, avec un bébé, plusieurs fois par jour l'occasion de céder à la tentation de vivre selon ses impulsions, ses sensations, son "instinct":
On redevient sensuel, animal:


De mon côté, depuis que mon fils est là, j'ai un plaisir très privé et privilégié: le sentir, le renifler, jusqu'à l’enivrement olfactif.
L'odeur naturelle de mon bébé, tout particulièrement celle de sa nuque après la sieste, en plein été, me transporte. Un peu forte, un peu rance, une nette odeur de transpiration de bébé: innocente, mais parfumée, presque épicée. Derrière les oreilles, dans les petits cheveux moites... une fois effacée l'odeur certes agréable, mais artificielle du savon, j'adore le renifler, lui contre moi, comme deux petits animaux qui se reconnaissent.
Cette odeur si caractéristique de mon fils, bébé, j'aimerais pouvoir la conserver, la photographier, l'archiver.
Une petite odeur de cookie un peu sucré, un peu chocolaté le matin au réveil... et au fil de la journée légèrement plus salée, transformée, intensifiée par le goût des larmes, de la sueur, de l'été: comme celle d'un petit pain tout chaud à l'huile d'olive qui sortirait du four, ou d'un gâteau oriental au miel et à la fleur d'oranger.

Cette odeur, j'en suis folle. J'en ai un besoin physique, il me faut ma dose, mon shoot, plusieurs fois par jour. Sniffer l'arrière du cou de mon fils, m'en imprégner, ce qui fait rire son père, d'ailleurs.
C'est comme si cette odeur avait un effet tranquillisant, rassurant, décontractant.
Et je sais qu'elle disparaîtra, petit à petit, comme pour sa sœur. Et que le souvenir de ce parfum finira par s'évaporer (je ne pense pas que je respirerai mon fils de cette façon quand il aura quinze ans, chaussera du 45, et reviendra tout ébouriffé de son cours d'EPS... enfin... si je me développe normalement!).

Alors, souvent je me dis que j'aimerais, comme dans Le Parfum, roman de Patrick Suskind qui m'avait marquée, retenir l'odeur de mon bébé dans une fiole, réussir à en trouver la formule pour la faire immortaliser et éditer par un Nez. Comme lorsque je goûte un vin, il me manque les mots. Je suis frustrée de ne pas avoir assez de vocabulaire pour réussir à décrire ce ressenti.
Jean-Baptiste Grenouille, dans le livre, avait su recréer l'odeursulfureuse de l'attraction sexuelle, en la volant à sa proie, dans le but d'avoir un pouvoir, une domination sur les autres...
Moi j'aimerais juste avoir mon petit flacon, ma petite fragrance de bébé, ni vanillée ni caramélisée ni quoi que ce soit... juste son odeur naturelle, un peu cuirée, finement musquée, de petit animal ensommeillé, pour la garder en souvenir.

Respirer le parfum de son bébé; voilà un des grands "petits plaisirs" de la maternité.

7 commentaires:

  1. Hé zut! Tu m'as donné faim!

    Plus sérieusement, je suis déjà accro aux odeurs de bébé (enfin pas toutes les odeurs hein, y en a dont on se passerait), donc j'ose pas imaginer comment ça va être quand le mien sera là...

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  2. Chère Marine, rassure-toi, tu décris si parfaitement la perfection de ce lien olfactif de la mère au tout petit enfant, qu'à te lire, je me souviens de mon pif collé en permanence dans le cou de mes poupons ! Ce bonheur indicible va bientôt m'échoir à nouveau grâce à Titch et Tendrépoux : quelle chance!

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  3. Mon petit a un peu plus d'un an. Au début, notamment, quand je rentrais de déplacement et qu'il dormait déjà, je préférais ne pas entrer dans sa chambre et privilégier son sommeil plutôt que mon besoin de l'embrasser. Depuis qq temps, au contraire, tous les jours, avant d'aller me coucher, je prends plaisir à ouvrir la porte de sa chambre, m'imprégner de son odeur, lui voler un petit bisou et retourner dans ma chambre. Le lien avec ton récit ? Tout simplement l'odeur quand j'ouvre sa chambre : c'est la sienne ! ;-)

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  4. idem, je ressens exactement la même chose quand je renifle ma n°3 de 8 mois...
    J'ai adoré le bouqun de Süskind aussi.

    alexa

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  5. Idem!! Je garde dans un coin de ma mémoire l'odeur des petits poings de ma première lorsqu'elle les ouvrait à peine... Je retrouve ce plaisir avec numéro 2, derrière les petits cheveux dans son cou, dans les petits plis de ses bras... Un bonheur véritablement animal!

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  6. c'est marrant, on est toutes faites pareilles ou quoi?
    ce qui est fou, c'est qu'on reconnaitrait l'odeur de notre bébé entre mille!

    allez, aujourd'hui, encore un petit shoot d'odeur de nain, pour la peine!

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  7. Pour l'instant je peux juste espérer que nos enfants sentent aussi bon que leur papa... car si y'a une odeur que je voudrais mettre en fiole, c'est la sienne... Bizarre, vous avez dit bizarre... mais j'assume (enfin... ici, pas forcément dans la vraie vie devant tout le monde !)

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