mardi 6 septembre 2011

Rentrée des classes: ça, c'est fait.


Donc aujourd'hui c'était la rentrée.
En tablier. Jaune (j'suis contente, j'ai acheté le bon tablier. de la bonne couleur. Et ma môman l'a bien brodé, avec le nom de ma fille)

La première rentrée de ma fille. En petite section de maternelle. Bon c'était un peu pour du beurre parce qu'aujourd'hui, ça ne durait qu'une heure trente, et que les parents restaient avec leurs enfants. C'était une sorte d'accueil, avec jus d'orange et Savane de Brossard sur les petites tables, servis par les parents tout proprets de l'association des parents d'élèves... un peu comme au Club Med quand vous sortez du bus,
tout décalqué après un voyage cahoteux depuis l'aéroport local, et que les G.O. vous accueillent, par 30°C à 23h30, au son des grillons, avec une sangria et un collier de fleurs (rhaaaaaaa qu'est-ce que c'est bon. Bref).
C'était tellement bien que ma fille a pleuré... mais au moment de partir. Elle voulait tellement continuer à jouer à faire la cuisine avec Oscar, son pote des bébés-nageurs qu'elle a retrouvé dans sa classe par hasard.

Donc la vraie de vraie rentrée, en fait, ça sera jeudi. 
Je crois que c'est là, sérieusement, que je vais pas faire ma fière. On va la laisser avant 8h30 dans sa petite cour des petits. Et je ne reviendrai la chercher que 3h après. Oui, j'ai de la chance, je la reprends avec moi à midi au début... alors que certains autres enfants feront la journée complète cantine-sieste-classe-garderie-du-soir d'un coup, direct, dès le premier jour.

Ce soir, notre fille est venue nous voir dans le salon, pour nous faire un dernier calin, et nous parler de quelques unes des ses craintes (Bon, minimes, les craintes. On a veillé à ne pas lui transmettre d'angoisses particulières concernant l'école. Et puis, concrètement, on est super contents pour elle, on a plutôt des bons souvenirs de l'école avec Jean-Chou, on la sent super prête, et on a confiance en elle). Mais trop chou quand-même, ses petites inquiétudes:
"Papa, maman, je veux pas que vous me laissez seule, vous savez? J'suis petite, quand-même! on va se séparer, j'ai un peu peur! Et les autres enfants ils a un peu peur, aussi?"

Rhhhaaaaa! trop chou! et tant pis si j'ai à peine commencé mon poulet au curry: un gros calin s'impose sur le canapé, à base de "mais tu sais l'école c'est encore mieux que la crèche, mais moins souvent, moins longtemps, et plus intéressant! tu vas apprendre les mots, les lettres, les chiffres, les chansons pour Noël... Tu vas te faire des copains, certains seront peut-être même tes amis pour très longtemps, jusqu'à ce que tu sois une grande, comme nous! Et puis nous, avec papa, on a confiance en ta maîtresse, elle va bien s'occuper de toi, tu ne seras pas toute seule! Et puis oui, d'accord, tu seras un peu toute seule... mais pas très longtemps, tu vois! Avec papa on est là, et je reviens te chercher très, très vite, tout le temps! Toute la vie, même! allez, on a confiance en toi, tu sais ma chérie! avec papa on trouve que t'es une super petite! hop, au lit maintenant!".

Mais jeudi, j'aurais beau ne rien lui montrer... et la rassurer sans cesse sur ses capacités à se débrouiller... c'est moi qui ne ferai pas la maline, je le sais bien. "Et comment la maîtresse, qui s'occupe de 30 nains à la fois, va faire pour s'occuper aussi bien de ma fille (exceptionnelle) que moi? Et si quelqu'un vient kidnapper ma fille, comment je vais faire pour empêcher ça? N'aurais-je pas du faire broder sur son tablier, en plus de son nom... notre n° de téléphone? Et puis son groupe sanguin aussi, tant qu'à faire? et les coordonnées du pédiatre? Et puis si elle se fait mal dans la cour? Et si elle se perd dans les couloirs?"

J'ai beau utiliser des petits mantras débilous pour me rassurer, comme: "s'il doit arriver un truc dramatique à un enfant dans la classe, il y a une chance sur 30 seulement que ça arrive à MA fille" (oui, je sais bien que c'est pas super fin... et qu' il y a tout un tas d'arguments bien plus objectifs et très rassurants, d'accord... mais quand ça nous touche individuellement, ça n'est pas si convaincant, vous savez)... et faire ma fière parce que j'ai de l'assurance en public, que je n'exprime pas trop mes angoisses et que je suis assez dans l'humour et l"understatement", dans le "je suis bien au dessus de tout ça, voyons"... tout cela reste assez impressionnant, au fond.


C'est vrai, ça! toutes mes petites angoisses à moi, j'en fais quoi, moi?
Bon... allez... j'ai trouvé: ce soir on débouche une petite bouteille de vin blanc. Et à chaque jour suffit sa peine, comme on dit. Et puis c'est arrivé à plein de gens très bien d'aller à l'école, je vais pas en faire tout un monde. Et puis les petits ethiopiens ils aimeraient bien être à la place de ma fille, tiens! sans parler des enfants violés et séquestrés dans des caves en Autriche, hein. Ouais ouais. Voilà. On a vachement de chance.
Quand je vous disais que mes petits mantras débiles fonctionnaient... j'oubliais la condition préalable: avoir bu 1 ou 2 verres à l'apéro avant! Sinon ça marche pas trop, en fait.

Et courage à tous ceux qui vivent leur rentrée!

3 commentaires:

  1. Bah l'école c'est tellement génial que certains adultes (huhuhu) ne la quittent jamais...
    La 1ère fois, ça doit être impressionnant (surtout pour les parents, parce que, concrètement, les enfants vont quand même passer la journée à jouer!) mais ça devient très vite une routine.
    Et puis, pense à tout ce temps libre où tu pourras t'occuper de n°2 voire, soyons fous, de toi!

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  2. Quand je pense que Titch voulait rester dormir à l'école, à 3 ans...ça fait toujours plaisir pour les parents, la mère surtout, qui se demande où c'est-y qu'elle a pas eu tout juste pour que sa fifille d'amour lui préfère l'école - ça c'est à jeûn- et, quand elle l'a convaincue de rentrer à la maison, elle positive en se félicitant de lui avoir si bien transmis la soif d'apprendre -ça, c'est après (hips) le verre de blanc-
    Quant à ma première rentrée, je n'en ai pas souvenir. Certaines malveillantes prétendent que, de temps à autre, je me roulais par terre sur le chemin de l'école en braillant...pour pas y aller, chez les bonnes soeurs.

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  3. J'ai vécu la rentrée en première année de maternelle de l'autre côté plusieurs fois : ma mère est instit et je passais les premiers jours de l'année dans sa classe pour prendre des photos qu'elle montrait ensuite aux parents inquiets afin qu'ils se rendent mieux compte de ce qui se passait dans la classe.
    Et je voyais la plupart du temps les parents beaucoup plus stressés et bouleversés que leurs enfants. A tel point que ma mère les poussait parfois (gentiment) à partir rapidement, de peur que leur inquiétude et leurs premières larmes ne déclenchent une crise chez le petit !
    J'avoue que j'avais tendance à regarder d'une manière un peu moqueuse ces parents, mais j'imagine que quand je serai dans cette situation, je serai dans le même état !

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