vendredi 16 décembre 2011

Hypersensible

Le Cri, Munch
Aujourd'hui je vais vous donner une part de moi dans ce billet. Une vraie part de moi, sans me cacher derrière l'humour ou le décalage.
Avertissement: Adeptes du "pas sincère"... merci de passer votre chemin.
(Si vous avez un commentaire à faire, je serais ravie, comme à chaque fois, de vous lire)

Hypersensible. J'étais un enfant hypersensible, et je le suis toujours, adulte. Hypersensible contrariée... car cela ne m'a jamais gâché la vie. Juste un peu compliqué.
Je ne sais pas si vous connaissez vraiment ce mot, ce qu'il définit. Il concerne 15 à 20% de la population, l'hypersensibilité représente une sensibilté plus forte que la moyenne à des stimuli, sensibilité autant physiologique, biologique que psychologique. Ce n'est pas une pathologie, c'est un tempérament.

L'hypersensibilité est à la fois un vrai handicap, et une force.


Un handicap parce qu'un hypersensible est intolérant à des phénomènes qui peuvent être considérés comme normaux par d'autres.
Tout est exacerbé, le bruit, la foule, peuvent vite être épuisants, étouffants. On peut avoir tendance à passer, en apparence, pour quelqu'un d'introverti, sur la réserve. Avec cette "particularité": tous les sens sont en éveil, on est, comme on dit, "à fleur de peau", susceptible, avec une tendance à se sentir fragilisé par une critique, une attaque d'intensité moyenne, une remarque assez "normale".
Angoisses, tendance à anticiper, à penser au pire, à bâtir des hypothèses, et ce pour le moindre évènement futur, même anodin, comme un dîner de famille par exemple. En fait, la plupart des gens sont normalement sensibles, l'hypersensible comme moi a ce côté "éponge", ce sens inné qui lui fait ressentir les humeurs négatives, les moments de tension, comme s'il "scannait" sans arrêt le monde qui l'entoure, pour en détecter plus vite que son ombre tout (gens, contextes) ce qui pourra lui causer de l'inconfort.
Vu comme ça, ça peut faire peur, hein? C'est vrai que l'hypersensibilité ne rend pas la vie simple, on est toujours (un peu plus que la moyenne) en train de cogiter, réfléchir, chercher un sens aux choses, aux paroles, comportements des autres, et ce même s'il n'y a pas nécessairement de sens à trouver dans tout.

J'étais un enfant hypersensible, quoique jamais totalement handicapée par la situation comme peuvent l'être d'autres plus touchés, puisque, en apparence, je me suis toujours comportée normalement, j'ai toujours eu une vie sociale sympa, j'étais une petite fille heureuse et équilibrée. C'est juste que je gardais ça bien enfoui. Mais au prix d'une lutte de tous les jours, pour pouvoir gérer les remarques des professeurs, les conflits avec les camarades, les disputes, etc... sans m'effondrer.
Très jeune, j'ai eu des pensées morbides, liées à la peur de perdre mes proches. Je me souviens, dès l'âge de six ans à peu près, pas un jour n'est passé sans que je craigne le pire, un accident, la mort, dès que mes parents avaient du retard pour venir me chercher par exemple, ou même lorsque, au fond de mon lit, j'entendais un trop long silence dans le salon, au dessus de ma chambre (silence = il est arrivé quelque chose).
J'étais une très bonne élève, j'étais une "littéraire" (comme on dit parfois avec une pointe de mépris), et, même si j'étais toujours entourée d'amis, de frère et soeur, j'avais besoin de me réfugier dans des activités solitaires (dessin, lecture, pendant des heures), pour pouvoir, simplement, recharger mes batteries.

L'hypersensible réagit à tout, psychologiquement mais aussi physiquement. Les maladies psycho-somatiques sont fréquentes: migraines, maux de ventre, crises d'angoisses, etc...
Tous les enfants sont plus ou moins sujets à cette difficulté, la plupart arrivent à la surmonter, pour certains le problème est plus handicapant.

Aujourd'hui, adulte et toujours aussi cérébrale, je m'aperçois que tout ce qui permet de lever le pied, de foutre la paix à mon cerveau, de laisser mon esprit tranquillement divaguer, est un soulagement, un répit: les travaux manuels, sont un moyen de canaliser ses pensées. En occupant ses mains on a enfin l'esprit plus libre pour méditer calmement. Paradoxalement, pour quelqu'un qui a tendance à trop intellectualiser, à fourmiller d'idées, d'envies parfois contradictoires, d'angoisses, le fait de travailler de ses mains (cuisine, dessin, bricolage, jardinage...) est finalement un facilitateur pour l'activité intellectuelle.
Je pense sincèrement (et c'est très personnel) qu'une activité, un travail, purement intellectuels, si on les pratique à trop forte dose, accaparent le cerveau et finalement, empêchent de réfléchir librement à soi, sa vie. C'est presque un enfermement.

En grandissant, je progresse. Je vais, lentement mais sûrement, vers plus de simplicité. L'entourage compte beaucoup, puisque, hypersensible, on a besoin d'être rassuré, cadré, presque guidé, parfois. Je me sens bien avec des amis très sensibles comme moi, puisque c'est avec eux que je ressens le plus d'intensité dans une relation. Mais j'ai aussi besoin de contact avec des gens plus simples, plus terre-à-terre. Vous savez, ces gens qui ne se posent pas trop de questions, qui avancent et ne cherchent pas à tout intellectualiser au quotidien. Je les admire souvent, ces gens qui respirent la sérénité, la confiance en la vie. Même si j'ai sûrement leur apparence, finalement.
C'est un vrai travail sur soi-même que de surmonter son hypersensibilité, c'est comme une discipline, apprendre à gérer ça seul, seul contre ses pensées négatives... ne pas tomber dans le piège de trop les exprimer (et souvent à la même personne...), apprendre à les faire passer en douceur. A les regarder de loin, comme si elles ne pouvaient pas nous atteindre.  Ce n'est pas un hasard si les hypersensibles que je connais choisissent pour les accompagner dans la vie des partenaires qui ont souvent une personnalité opposée, complémentaire: des gens solides, simples, qui abordent la vie d'une autre manière.
La maternité, qui, pour certaines peut être source de nouvelles angoisses et difficultés, m'a, personnellement, fait beaucoup de bien. Elle m'a simplifiée, m'a allégée. Devenir mère m'a permis de sortir de moi, de mon nombril, de mes impasses... elle m'a donné l'occasion de voir la vie différemment. J'ai toujours la même façon de vivre mes émotions, mais je me connais mieux, et j'avance, je vais droit devant, je suis pleine d'envies nouvelles, d'énergie, pour, et grâce à mes enfants. Même si l'hypersensibilité n'est pas un trouble mental, je vois dans la maternité un effet secondaire non prévu et agréable: l'effet thérapeutique.

J'ai toujours aujourd'hui cette hyper-conscience, ce sentiment d'urgence, de fugacité, lié aux notions de vie, de mort, qui m'assaillent au quotidien (et quand on a des enfants... qui n'y pense pas?).
Avec une tendance au perfectionnisme, l'envie de tendre vers, voire d'atteindre... un idéal, dans divers domaines, et pas des moindres: réussir sa vie, réussir à se faire connaître de ses enfants, réussir à leur fabriquer des souvenirs tant qu'il est encore temps, à leur faire vivre une vie pleine, riche, fantaisiste, intense et légère à la fois.
Certains peuvent penser qu'élever ses enfants à plein temps (comme je le fais en ce moment) peut-être une activité sclérosante, ennuyeuse, routinière: je la trouve au contraire, bizarrement peut-être pour certains, pleine d'enjeux, passionnante(si!), exigeante...
Paradoxalement, pour quelqu'un qui a soif d'apprendre, de s'enrichir intellectuellement... je trouve que je suis servie. Faire, puis élever mes enfants me donne une nouvelle liberté de pensée, une liberté d'esprit, que je n'avais pas avant. La sensation d'aller vers ce qui est essentiel, car la vie passe trop vite pour la vivre à moitié.
Suis-je la seule à voir la vie comme ça? Parfois je me le demande. Mais je sais que non.

L'entourage de l'hypersensible, ses proches, sont essentiels. Ils ne comprennent pas forcément les réactions, les blocages, liés à cette personnalité... et je les comprends. Moi-même, hypersensible pas trop carabinée (ouf!), je peux trouver fatigants les "plus hypersensibles" que moi.
Mais les personnes, modèles, référents (profs, parents, adultes et alter-ego...) que l'hypersensible croise dans sa vie peuvent être très marquantes, dans leurs encouragements ou dans leur dureté, dans leur tolérance ou dans leur violence, à l'égard de sa difficulté à supporter certains aspects de la vie.

L'hypersensibilité fragilise, handicape... mais est aussi, le temps faisant, une force.
Les hypersensibles ont souvent beaucoup d'empathie, vivent la vie avec intensité, dans ses moments difficiles mais aussi dans tout ce qu'elle a de merveilleux.

L'adulte hypersensible est souvent créatif, voit la vie avec un angle original, y ajoute un grain de folie, sa fantaisie... il a une bonne capacité d'écoute, sait se remettre en question (il le fait tellement souvent!). Il est finalement doué pour l'essentialisme, le retour à ce qui est important.
Sa vie intérieure est riche, car, derrière son regard souvent lourd, chargé, se cache un esprit qui ne s'ennuie pas souvent: toujours occupé à méditer, chercher, progresser.

Concernée par le sujet, j'écris ici non pas pour vous parler de moi et seulement moi... mais parce que d'enfant hypersensible, je suis passée maintenant au statut de Parent (et toujours hypersensible, donc, si vous suivez bien).
J'ai tendance à me projeter sur mes enfants, sur ma fille surtout.. et à penser comme l'enfant que j'étais, à essayer de me mettre à sa place, à comprendre comment elle peut, dans sa petite vie, aborder les évènements.
J'aimerais que la vie soit belle et simple pour elle, et pour son frère... et en même temps j'aimerais que mes enfants aient la chance de vivre la vie aussi intensément que je peux la vivre.
J'aimerais pouvoir être là, répondre à leurs questions, les guider s'ils en ressentent le besoin. J'aimerais leur montrer qui je suis vraiment, et, s'ils croient un jour se poser trop de questions, comprendre que leur maman est comme eux.

Car derrière mon apparence de femme bien dans sa peau, cool, rigolote, un peu provoc, un peu rebelle, très chanceuse, entourée d'une famille soudée (et exceptionnelle!), d'amis proches et uniques, bien dans ses baskets-son jean slim-et son pull en cachemire, amoureuse, aimée, battante, fonçeuse, pleine d'envies, d'assurance, de projets, et même parfois un peu superficielle... il y a surtout la petite fille, l'ado, la jeune adulte, qui a toujours l'impression de se battre, de ne pas y arriver, d'être un peu nulle, de se planter.
Avec la sensation que tout peut foirer, si facilement. Toujours un peu perdue, un peu toute seule dans ce monde étrange, parallèle... pas vraiment fait pour elle. Qui fait comme elle peut, comme elle sent.
Impressionnée.
A deux doigts de tomber.
En haut des cimes.

Sur le fil (et en croisant les doigts).


pour aller plus loin:

La force des Hypersensibles (le Figaro)
Mon enfant est hyper-émotif (Les Maternelles)
Trop intelligent pour être heureux (même si, selon moi, il faudrait remplacer, dans le titre, "intelligent" par "sensible"...)


Note rajoutée le 21 décembre 2011:
lire le post sur le blog d'Isatis, très riche et plein d'exemples concrets, qui, je trouve, décrit super bien l'hypersensibilité


22 commentaires:

  1. oh ben tiens, je viens de découvrir que je suis hypersensible. J'ai l'impression de me lire dans tes mots, c'est fou.

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  2. Je me reconnais tellement dans cette description moi aussi... Ce n'etait sans doute pas facile à écrire mais quelle justesse dans tes mots !

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  3. Idem. Merci, tu arrives à exprimer parfaitement ce que je suis aussi avec des exemples similaires (les craintes pour les parents, etc, etc...) sauf que moi je n'y arrive pas mais je sais que je le suis, hypersensible donc.

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  4. Bravo pour ce billet si juste pour décrire l'hypersensibilité et dont ressort une jolie force, une belle assurance. C'est peut-être cela aussi la chance des hypersensibles bien entourés et un peu intellos: faire de leur handicap une force qui leur permet d'avancer et de faire rayonner autour d'eux tous les points forts de leur hypersensibilité (écoute, empathie, sens de l'autre, ouverture d'esprit).
    je fais partie des hypersensibles carapacés, qui pense que soulever la carapace est un risque que je ne souhaite pas prendre.
    Mais parfois elle se fissure, et alors ce n'est pas simple!

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  5. Wouah, et bien on a décidément beaucoup de points communs. Ta description est pleine de vérité, et bravo pour parvenir à faire de ton hypersensibilité une force dans cet article! Je partage vraiment ces questionnements par rapport à ma fille et à mes futurs potentiels enfants, moi qui ai connu des situations assez difficiles petite en plus d'être hypersensible: comment alléger leur enfance à eux, pour qu'ils ne souffrent pas autant, et leur apprendre néanmoins à goûter la vie avec autant d'intensité, savoir apprécier le moindre petit détail ? (quand on est dans les bons jours ;)) Une fois encore, ça fait du bien de voir que nous sommes plusieurs dans cette réflexion. Joyeuses fêtes à toutes.

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  6. Ben on est beaucoup d'hypersensibles à ce que je vois. J'avais lu un livre, "Ces gens qui ont peur de tout", je crois et l'auteur parlait justement des hypersensibles. Je crois qu'elle l'était elle-même d'ailleurs.
    Je me rappelle que ce livre m'avait énervée car elle ne parlait quasiment que de l'aspect positif de la chose alors que franchement, il y a des moments où être hypersensible, c'est très dur à vivre...

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  7. Je ne me sens pas crédible si je rajoute que moi aussi je suis aussi hypersensible. ça en fait de trop en un même lieu. A moins que ce qui nous plaise à toutes c'est justement le sentiment d'être proche de toi parce qu'on a décelé ta sensibilité proche de la notre au travers de tes billets.
    J'ai pour ma part choisi un hypersensible planqué sous une armure d'acier et nous avons fait au moins 1 hyper-sensible. Chez ma puce ça semble moins évident mais elle en planque peut-être comme toi une bonne part derrière un fort tempérament.

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  8. Oh ben tiens, ton billet résonne assez avec que je ressens assez souvent et en beaucoup plus "corsé" depuis mon AVC, mais rien à voir néanmoins avec ton hypersensibilité.
    Par exemple, physiquement, certaines odeurs, pourtant anodines, me soulèvent le coeur, la foule m'est insupportable (depuis toujours) - trop de bruit, impossible de me mettre dans ma bulle. Je réagis de manière vive quand je suis contrariée ou stressée... bref, c'est dur à gérer parfois.
    Par contre, ce que tu vis semble être bien plus difficile, alors chapeau et merci de le partager avec nous!

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  9. Je me reconnais énormément dans ce témoignage. En particulier en lisant ton dernier paragraphe.
    J'en parlais, un jour, avec ma mère, qui me disait qu'une des rares choses qu'elle regrettait dans mon éducation, c'est de ne pas m'avoir donné les moyens de me créer une carapace pour me protéger, de me blinder quand c'était nécessaire.
    J'espère que le petit bout qui se prépare dans mon ventre aura une forte sensibilité aux autres, à ce qui l'entoure, parce que je pense que c'est une vraie richesse, mais j'espère aussi que je serai capable de lui donner des armes pour mettre cette sensibilité à distance quand cela le fera souffrir, et qu'il prendra de son père une partie de sa manière simple de gérer les choses.

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  10. @ toutes:

    merci, ça me plait de lire vos commentaires!
    je pense que les hypersensibles qui ont lu cet article ont eu besoin de commenter plus que les autres.
    Je pense aussi que mes posts attirent automatiquement des lecteurs qui s'y retrouvent... je crois donc qu'il doit y avoir pas mal d'hypersensibles dans mon lectorat.

    c'est après avoir discuté de tout ça avec une amie, la semaine dernière, pendant toute une après-midi, que j'ai ressenti le besoin de théoriser mon ressenti, de tout mettre en mots.
    Je ne l'avais jamais fait avant, et ça fait du bien de l'écrire!
    (ma copine M. se reconnaîtra ;-)

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  11. Un beau billet. Vous auriez dû ajouter que l'hypersensible, à force de refouler, éclate un jour ou l'autre, et quand le mental reprend tant bien que mal le dessus, le corps mets des années à se remettre...

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  12. C'est rigolo oui, comme on se reconnait entre hypersensibles dans ces descriptions...
    Si tu ne l'as pas lu, je te conseille "Ces gens qui ont peur d'avoir peur", de Elaine Aron... C'est une psy américaine (ou canadienne), elle-même hypersensible, qui l'a écrit... Il est très bien pensé.

    Ton article ressemble beaucoup à celui que j'avais moi-même écrit après avoir lu le bouquin d'Aron, il est là : http://blog.sentierdisatis.net/?p=43


    Je confirme, ça fait du bien de l'écrire, on fait la paix avec pas mal de trucs ^^

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  13. merci Isatis!
    j'ai tellement aimé ton post que je viens de rajouter une note en bas du mien y faisant référence.
    Ce bouquin a l'air super, et ton analyse est très riche! merci!

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  14. Oh merci, c'est gentil ! :))

    Toujours un plaisir de filer un coup de patte ;)

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    1. oui et comme souvent les chiens ne faisant pas des chats.....je me sais maintenant maman hypersensible d'une fille hypersensible....c'est dire si je comprends

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  15. Dans la préparation des entretiens d'embauche, on nous dit de trouver des qualités et défauts. Un de mes défauts était sensible. Mais je disais qu'en conscience ça pouvait devenir une force...
    Je ne m'étais jamais vu comme une hypersensible... Ou du moins je crois que je n'avais jamais rien lu de tel. Ou j'ai oublié.
    Plus que sensible, à pleurer de joie, de rire... oui, on a des réflexions "elle est sensible..." mais tu as trouvé des mots très justes je trouve. Je ne sais pas si je le suis, je devrais relire ton billet et d'autres articles. Mais en tout cas ça m'a remué.

    PS : Ton billet m'a fait monter les larmes aux yeux, pathétique hein ?

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  16. Cela fait quelques jours que je lis tous tes articles les uns après les autres, en partageant la majeure partie de tes réflexions, et celui-ci en est peut être l'explication... L'hypersensibilité peut être une grande qualité mais qu'est-ce qu'elle peut également faire souffrir! J'essaye au mieux de prendre du recul sur la vie et tout ce qu'elle amène mais c'est un travail de longue haleine... Et je pense qu'une fois que l'armure se fend, c'est pas facile de revenir dans ce qui nous avait permis de nous contenir jusque là... Enfin bref merci pour toutes ces jolies réflexions

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  17. Billet instructif avec des clés pr que cela devienne un atout pr ma petite fille hyper super ultra sensible. Merci!

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  18. Je me reconnais dans se que tu dit,énormément même, je suis adolescent est cette sensibilité ne m'a fait que du mal j'ai l'impression que mon analyse des chose se porte sur 10% positifs et 90% négatif. Résultat je ne sort plus est je suis constamment angoissé (voir des amie par exemple j'ai sans cesse l'impression qu'il me critique) du coup je ne sort plus le moindre regard de quelqu'un m'angoisse, un autre exemple le travail m'angoisse plus que tous (une scolarité difficile est du coup les professeurs me détesté du à mes résultats, je n'étais pas insolent ni quoi que se soit) les critique des professeurs me "tuer" psychologiquement est j'ai du arrêter l'école du à l'épuisement mental enfin bref. Pendant un voyage en voiture par exemple j'analyse toujours tous comme la route, les panneaux,les feux rouge, etc,est tous sa c'est du TRAVAILLE je réfléchie est analyse constamment tous tout le temps. Sinon merci pour ton texte sa fait vraiment plaisir de voir que des gens arrive à gérer sa j'espère en faire autant dans les année à venir.

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  19. LES HYPERSENSIBLES SONT DES CRUCHES !

    La mode est à “l’hypersensibilité”. Ce qui est normal dans cette société dévirilisée et nombriliste. Religion des caniches fiers de leurs frisures, filon des experts en “psycho-truc” tarifant leur docte baratin, valeur dominante dans le créneau porteur des imbécillités à haut potentiel commercial et/ou égocentrique, l’excès de sensibilité (ou plutôt de sottise narcissique) est la dernière connerie en vogue la mieux partagée dans l’univers rose-bonbon des gogos.

    Un culte déjà exploité par des radios intimistes, des télévisions populaires, des articles racoleurs de journaux spécialisés (et même génériques), tous en quêtes de nouveaux secteurs publicitaires ou simplement de rubriques et reportages démagogiques susceptibles de fidéliser les nigauds en leur servant les salades qu’ils attendent. Et ouvre la voie, n’en doutons pas, à de juteux produits dérivés...

    Bref, ce concept de l’hypersensibilité n’est rien d’autre qu’une scandaleuse médicalisation de l’autolâtrie. Un signe évident de la décadence de notre civilisation, le paroxysme de l’individualisme aveugle, bête, stérile.

    Dés qu’un pleurnichard lambda manifeste ses petites contrariétés de chiot douillet avec impudeur et fracas, des marchands de vent -dans le meilleur des cas de simples parleurs creux n’ayant rien à vendre sinon promouvoir leur image- sont là pour sanctifier ses larmes puériles, en faire un sujet d’expertise, de réflexion, de débat. Ou l’art de donner des lettres de noblesse à l’insignifiance des prétentieux anonymes.

    Des perdants, des flasques pédants qui se complaisent dans l’exacerbation de leur “moi je” et qui ont inventé “l’hypersensibilité” pour se démarquer des gagnants, ces valeureux, ces forts, ces durs-à-cuire qui eux ne regardent pas à longueur de vie leurs doigts de pied mais agissent, avancent en se moquant des traînards plaintifs et larmoyants occupés à retirer des épines imaginaires de leur pied.

    Je remarque que ceux qui se définissent comme “hypersensibles” sont des ex-enfants rois qui s’emmerdent dans leur existence. Fruits insipides de ces classes moyennes ayant pris leur foin standard, c’est à dire leur culture au rabais, pour de l’or. Troupeaux de veaux avachis issus de troupeaux de moutons bêlants.

    Résultats consternants d’une éducation centrée sur “la réalisation de soi” ou “l’épanouissement personnel”, cette pacotille pédagogique érigée en religion.

    Et ils racontent en long et en large leurs frilosités de chétifs, leurs bobos d’eunuques, leurs états d’âme de peluches, leurs larmichettes d’adultes n’assumant pas leur pilosité, bref ces pauvres bébés rasés de près, à l’épiderme mental si doux, si fragile, étalent publiquement leurs couches-culottes et réclament reconnaissances et compassions pour leurs diarrhées nombrilisco-émotionnelles, ces trésors sans prix à leurs yeux...

    Vous l’aurez compris, je suis un aigle, non une fiotte. Que ceux qui volent haut me suivent !

    VOIR LA VIDEO :

    https://www.youtube.com/watch?v=oxsW_kb1EmI&feature=youtu.be

    Raphaël Zacharie de IZARRA

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    1. J'avoue apprécier assez votre texte dans la forme. Dans le fond... je ne serais pas loin d'adherer, tant vos arguments paraissent longuement réfléchis et mûris (sans parler de l'impertinence et de l'esprit de votre plume)
      On sent juste une espèce de hargne, de rage, qui paraît disproportionnée, surtout vue de l'extérieur... à croire que le sujet de l'hypersensibilité vous touche et vous concerne, à l'extrême, Et que vous y avez quasiment consacré une thèse.

      Peut être un peu hypersensible refoulé, non? 😉

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