mercredi 22 février 2012

L'éducation sexuelle de nos enfants



Comme vous devez le savoir, je me pose tout un tas de questions, moi, dans la vie.
Souvent, je réfléchis à un sujet universel, essentiel: celui de l'éducation sexuelle des enfants, et des adolescents.

En fait je crois que ce sujet me passionne. Il m'intéresse concrètement depuis que je suis mère. Mes enfants sont encore tout petits mais je me projette déjà dans le futur avec eux. D'ailleurs, à trois ans seulement ma fille m'a déjà posé quelques questions très précises au sujet de la sexualité/procréation (certainement liées à la période où ma fille m'observais lorsque j'étais enceinte, énorme, prête à explo... heuh, accoucher), auxquelles j'ai répondu de la manière la plus simple et la plus vraie possible.


J'imagine mes enfants pré-ados, ados, et j'aimerais qu'ils aient assez d'assurance, des connaissances assez solides sur la contraception, l'anatomie, les MST... mais aussi sur la notion de respect, de plaisir, entre un homme et une femme, ou entre personnes de même sexe.
Dans l'idéal, je pense que l'éducation sexuelle est d'abord de la responsabilité des parents. C'est à nous, à mon avis, de répondre aux questions de nos enfants, de leur donner les clés, de les aider à trouver l'information par eux-mêmes.
Je ne pense pas qu'il faille parler directement avec l'ado de sa sexualité à lui, ou même devancer ses questions, au risque de heurter sa pudeur, mais il faut certainement en parler de manière générale, lui montrer qu'on est disponible s'il a des questions, lui donner les numéros de téléphone utiles, les sites internet sérieux, les adresses pour pouvoir se procurer la pilule du lendemain, des préservatifs gratuits... et avoir quelques bouquins qui trainent dans notre bibliothèque, qu'il puisse aller lire discrètement, en notre absence.
Tout ça est bien théorique, pour l'instant.... mais dans l'idéal, comme plein de parents j'imagine, j'aimerais bien que mes enfants soient assez renseignés pour aborder l'adolescence correctement.



On parle tellement de l’hyper sexualisation des ados, de la puberté de plus en plus précoce, de l'invasion des images pornographiques... que l'éducation sexuelle me parait être un vrai enjeu de société. C'est cette éducation  de base qui va pouvoir leur permettre d'être à peu près à l'aise, confiants, rassurés... en leur montrant que la vraie sexualité, ce n'est pas celle qu'on voit dans les films, à la télé, que les corps photoshopés ne sont pas réels, que nous sommes tous à peu près confrontés aux mêmes doutes, peurs, et que nous avons tous soif d'amour.

Les ados, derrière leur aspect souvent mous du genou et mal dégrossis (voire moches et cons), peuvent bouillonner de questions, de curiosité, d'envie d'apprendre. Bon on verra bien quand mes petits anges aux joues roses passeront par-là... ça risque de ne pas être une partie de plaisir tous les jours... et puis il faut reconnaître qu'il y a des ados qui donnent vraiment envie de se pendre, ou, à la limite, d'aller en forêt tuer des ours à mains nues pour relâcher la pression.
Bref. J'ai l'impression d'être sortie de cette période il y a peu de temps (il faudrait d'ailleurs que je commence à réaliser que je suis bel et bien une adulte, sinon je vais finir "vieille jeune", ça risque d'être pathétique), et que donner aux adolescents (et même aux enfants) les réponses à leurs questions est un réel enjeu, qui leur permettra de vivre plus ou moins facilement la sexualité, dès le début mais aussi durant leur vie entière.

 Bref, vous l'aurez compris, donner aux ados des moyens de contraception de manière libre, gratuite et anonyme me parait être une bonne chose, cela ne va pas les "pousser au vice" ou en faire des Baby-Dodo-la-Saumure mais plutôt les responsabiliser, et permettre de prévenir plutôt que guérir.
On a été ados nous aussi, inutiles de nous voiler la face... autant être pragmatiques.
(Je me souviens d'une amie de mes grands-parents qui radotait un peu sur le fait que "les jeunes, de nos jours, pensaient à CA de plus en plus tôt, et blablabla et blablabla". J'étais jeune, mais je lui avais fait remarquer qu'elle avait connu son futur mari à 14 ans, et qu'elle l'avait épousé à 16... âge qu'il est relativement difficile de considérer comme "canonique" pour entrer dans la sexualité...ça lui avait un peu cloué le bec, à la vieille.)
Après, je verrai bien comment j'arriverai à appliquer ça en pratique, hein. Ce sera certainement une autre paire de cou... heuh, de manches (je sais ce jeu de mots est épouvantablement lourd mais il fallait le placer).

Je m'intéresse aussi un peu aux associations agréées par l'Etat qui interviennent en milieu scolaire dans le domaine de l'éducation sexuelle. Est-ce que vous, lecteurs, en connaissez?
J'ai entendu parler de l'association Sésame par exemple. Et de Denise Stagnara, pionnière dans le domaine, qui a eu l'idée de permettre aux ados de poser leurs questions de manière anonyme.
Mais l'enjeu de la sexualité est tel qu'il me parait aussi assez délicat d'en parler de manière indépendante, libre, sans influence idéologique, morale, religieuse.

Lorsque je lis "dans le respect de la vie" ou "une sexualité liée à l'amour qu'elle exprime", "un engagement dans la durée" sur la brochure de Sésame, association laïque... je ne peux pas m'empêcher d'y voir des références au mariage traditionnel (modèle contre lequel je n'ai aucune forme d'animosité)... mais aussi, et d'abord, une référence au refus de l'avortement (="respect de la vie")... (là, chez moi, ça fait tilt)

Qui donne des cours d'éducation sexuelle à nos enfants, dans les écoles? Est-ce qu'enseigner l'éducation sexuelle aux jeunes, ce n'est pas aussi leur transmettre, qu'on le veuille ou non, une forme de morale, ou tout au moins, un point de vue?
Par exemple, doit-on nécessairement expliquer qu'un rapport sexuel doit se faire dans l'amour de son conjoint, dans le cadre du mariage et de la fidélité?
 Est-ce qu'il est trop audacieux d'expliquer aux jeunes que l'amour, c'est évidemment important, notamment pour les premières fois, ou lorsqu'on s'engage dans le mariage... mais que finalement, des relations axées sur le plaisir plutôt que sur l'engagement et l'amour, si elles sont basées sur le respect de l'autre, de soi, et la confiance... sont aussi une façon d'envisager la sexualité?

Je trouve donc essentiel que nos enfants soient éduqués à la sexualité... mais je me pose aussi des questions sur la manière de le faire, les compétences/motivations du personnel bénévole, les différentes associations existantes.

Lecteurs, lectrices, si vous voulez contribuer à enrichir les maigres connaissances de votre dévouée blogueuse, ou à partager vos expériences avec vos ados, votre point de vue sur la question, n'hésitez pas à me laisser des commentaires ci-dessous.
Je suis tout ouïe.

Site du Planning Familial: cliquer ici

7 commentaires:

  1. Et bien justement je commence à entrer avec fiston dans la période ou ça devient justement indispensable et justement plus si simple à inculquer. Il ne se considère lui même plus comme un enfant, les choses du sexe et de l'amour c'est pourtant encore "beurk" selon ses propres termes. Il y a pourtant 2 ou 3 bricoles qu'il faut qu'il sache ne serait-ce que pour ne pas passer pour un benet devant ses copains pour certains malheureusement plus informé mais pas sur les plus jolis aspects du sujet.
    Du coups je lui inocule régulièrement de petites informations qu'il fait mine de ne pas vouloir entendre mais qu'on ne pourra pas me reprocher de ne pas lui avoir donné.

    RépondreSupprimer
  2. Je ne sais pas si l'éducation sexuelle peut réellement être faite par les parents... Bien sûr, on peut les orienter vers les "bons" sites internet, les bons bouquins ou laisser traîner une brochure du planning familial mais je ne sais pas si un parent est la personne la mieux placée pour répondre aux interrogations d'un ado. Est-ce à l'école de le faire? Ce n'est en tous cas pas dans les programmes (je crois). Il doit bien y avoir un cours sur la reproduction mais rien à voir avec l'éducation à la sexualité ou à la contraception.
    Les assocs? Comme tu le fais bien remarquer, on peut toujours douter de leurs motivations réelles...
    Bref, comme toi je me pose des questions sur le sujet. Je me dis que j'ai encore le temps avant d'avoir besoin d'y répondre. Je sais que j'emmènerai ma fille chez le gynéco en espérant qu'elle trouvera une interlocutrice pour répondre à ses questions mais concernant les rapports sexuels à proprement parler, je crois que c'est encore entre eux que les ados en parlent le plus... Ca va pas être facile. Heureusement, tu y passeras sûrement avant moi (ou alors Mamerveille serait très très précoce - gloups!). :)

    RépondreSupprimer
  3. Au lycée (mon dieu, c'est vieux déjà !), j'avais eu une intervention de Denise Stagnara elle même pendant un cours de bio. Elle a l'intérêt de répondre à toutes les questions "techniques", à la fois sans tabou et avec les bons mots. J'avais cependant trouvé une influence de la morale chrétienne. Pas de leçon de morale sur l'avortement ou la contraception, mais plutôt sur l'amour, l'importance de l'engagement amoureux, le lien qu'il doit y avoir entre amour et sexe, le fait que l'amour au sein du couple doit s'accompagner d'un "amour du prochain". Et j'ajouterais qu'aussi ouverte soit elle, je ne suis pas sûre qu'une personne âgée soit la mieux placée pour parler de sexualité à des ados (ou plutôt je ne suis pas sûre que les ados se sentent réellement à l'aise avec une femme de près de 90 ans pour poser toutes leurs questions).

    RépondreSupprimer
  4. L'éducation à la sexualité est, théoriquement, dans les programmes de l'école au lycée. Théoriquement toujours, il devrait y avoir trois séances par an depuis la maternelle (oui oui) jusqu'en terminale. J'ai appris ça lors de ma formation à l'éducation à la sexualité, étant professeur moi-même.

    Rien à voir avec les cours de SVT, d'ailleurs les profs de cette discipline insistent beaucoup sur ce point.

    A mon sens, cette éducation est indispensable pour assurer à nos enfants - ados la possibilité d'aborder leur sexualité de façon sereine. Et ça me parait bien plus efficace pour réduire le nombre d'IVG que toutes les actions trop ponctuelles et trop souvent à destination unique des filles. La question de la place des garçons est en effet trop souvent oubliée, c'est une de mes grandes interrogations aussi.

    Reste à savoir comment assurer cette éducation comme elle l'est prévue depuis quelques années maintenant : trop peu de personnel formé, trop peu d'information, sans parler de la récurrente question de "comment qu'on paie les volontaires quand on en trouve ?"...

    Pour ce qui est des associations, il faut effectivement se méfier : sous couvert d'éduquer à la sexualité, il est très facile de faire passer le message qu'on veut. Et le planning familial peut à mon sens faire plus de dégâts dans ce domaine que ce dont on se doute, dans une espèce de féminisme forcené niant aux hommes ou aux garçons toute implication dans les choix des femmes ou des filles, en jouant sur le ton "c'est mon corps, je fais ce que je veux".
    Donc faire intervenir une association oui, mais en connaissance de cause.

    RépondreSupprimer
  5. J'imagine bien la photo n° 2 traîner innocemment sur votre table basse du salon dans quelques années...
    Par "respect de la vie", on peut aussi y lire "respect de son corps, respect de la personne"...

    J'allais te parler du planning familial (mais tu as mis le lien et je n'en sais pas plus à part que de mon côté j'ai plutôt apprécié mon unique visite dans cette structure, leur côté "je vous explique tout sans préjugé". Mais il y a peut-être des aspects négatifs.

    Le cours de SVT peut aussi donner des billes, dixit une copine prof de bio qui n'a pas la langue dans sa poche.

    Après y'a Internet, encore faut-il qu'ils aient l'idée de chercher et la méthode. J'ai longtemps participer à un forum sur la contraception et des plus ou moins jeunes venaient ouvertement poser leurs questions. Si je ne savais pas, je ne disais pas. D'où la limite de cette piste : ce ne sont pas des gens formés et certains peuvent dire n'importe quoi.

    Y'a aussi la marraine, la tante, la cousine, celle qui est passée par là et qui peut être un modèle, qui peut inspirer confiance... C'est ma marraine qui m'a offert des préservatifs parfumés ;-)

    Ca peut être l'animatrice du centre de vacances... même si ce n'est pas facile car on n'a pas réponse à tout. Ca m'est arrivée, notamment une jeune fille qui était attirée par une fille plus âgée... Dur de trouver les mots...

    Si le sujet de la contraception m'a passionné un temps, je ne doute pas que celui de la sexualité doit être intéressant aussi !

    RépondreSupprimer
  6. Effectivement, l'éducation à la sexualité fait partie des programmes scolaires. C'est souvent sous forme d'interventions d'associations, ce qui pose le problème de leur approche personnelle.

    Pour info, le sujet fait partie de la matière que j'enseigne en Lycée Pro ("Prévention Santé Environnement"), ce qui en soi est positif !

    Question : pourquoi seulement en Lycée Pro ???

    J'ajoute qu'il n'y a que les aspects "rébarbatifs" pour eux : la contraception et les Infections Sexuellement Transmissibles, et ils pensent déjà tout connaître. C'est selon moi un peu gênant de n'aborder la sexualité que par ces aspects négatifs...
    De plus,cette partie est vers la fin du programme, et avec les différentes réformes, nous avons de moins en moins de temps à y consacrer, de surcroît en classe entière ce qui ne favorise pas les échanges...
    Je ne sais donc pas si beaucoup de collègues ont le temps et la possibilité matérielle d'arriver à ce stade... J'ai fait le choix d'aborder cette partie même si je n'ai pas traité les autres sujets avant : même si les élèves ont eu de l'info en collège, les questions ne sont plus les mêmes selon l'âge... et l'expérience. L'ignorance ou les mauvaises infos qu'ils se transmettent entre eux font peur.

    En fait, le mieux est quand je peux aborder le sujet de façon indirecte quand on traite un autre thème, et qu'une question est posée : comme la demande vient d'eux, l'approche est plus facile qu'un cours "dirigé".
    J'essaie d'être le plus "neutre" possible, mais avec ce sujet, c'est évidemment délicat. Ce qui ressort le plus est le manque de respect des femmes et l'homophobie (j'ai un public masculin à 99%). Mon discours essaie de donner de l'information scientifique, car ils en manquent cruellement (*), et d'orienter avant tout sur la notion de respect de soi/de l'autre, et de la responsabilité personnelle. Mais c'est très difficile !!! Surtout quand on entend leur irrespect à propos de leur origines différents, ne serait-ce que de départements différents (!)

    (*) un exemple ? Pour certains, le liquide blanc dans un bouton d'acné est du sperme...

    En tant que maman de garçons, je n'ai pas abordé directement le sujet avec eux : seulement répondu aux questions, ou enchaîné "adroitement" (ou pas ?!) après des reportages radio/télé, ou lorsque l'un d'eux a trouvé une boîte de préservatifs dans l'armoire à pharmacie... une joyeuse explication a suivi! Et les petites brochures d'info traînent à certains endroits de l'appartement et remontent régulièrement à la surface des piles de journaux...

    Je me rassure en me disant qu'en tant qu'éducateur -prof ou mère de famille- ce qui compte c'est la parole franche et l'ouverture aux questions ; qu'on sème des idées qui pourront ne germer que bien après...

    RépondreSupprimer
  7. Bravo, comme d'habitude, pour ce bel article :)
    chez nous, ça y est! on est en plein dedans: hormones et croissance, l'adolescence est là pour les 2 aînés :)
    Et finalement, ce n'est pas si compliqué que je pouvais l'imaginer (ok, à chaque jour suffit sa peine, on verra demain, je ne suis pas super sure de moi, rien n'est gagné), mais voilà ce que j'avais envie d'ajouter à ton article:
    - j'ai envie de militer pour qu'on arrête de dire que les ados sont boutonneux et moches, parce qu'ils sont dans une telle recherche d'identité que je trouve que ça ne les aide pas du tout du tout, mais ça n'est pas du tout le sujet :)
    - chez nous, c'est parole franche, plutôt pudique de mon côté, plutôt cash du côté de mon chéri; les enfants ont donc deux discours, qui disent grosso modo la même chose mais pas de la même manière
    - ils sont hyper informés, oui il y a des temps pour ça au collège et en primaire, parce qu'on leur a mis les docs à disposition, et on en parle, et on répond aux questions; ça, c'est pour la sexualité. Internet, c'est chaud de les laisser chercher sur ces sujets seuls, sinon le contrôle parentale va nipper à chaque seconde!
    Le truc qui manque, c'est leur éducation à l'amour: c'est quoi, être amoureux? avoir le coeur qui bat quand on pense à une fille? Ressentir le manque de la présence d'un ami, l'envie de faire plaisir, avoir envie de faire des choses ensemble (et pas que du sexe), chercher son regard, s'engager, oser, respecter etc... et ils ont du mal à trouver des interlocuteurs sur ces sujets, les copains sont plutôt dans la frime, difficile de se confier, nos ados le disent eux-mêmes. Raconter à nos enfants que faire l'amour sera surement plus réussi s'ils sont amoureux, qu'alcoolisé dans une soirée...
    Je fais confiance à mes ados, et j'essaie de les protéger aussi. Je les vois rougir, je console des chagrins (d'amour?), mais bon, quand je les imagine embrassant une fille ou un garçon, vite j'essaie de mettre une autre image devant mes yeux, ça va trop vitttteeeeeeeee

    ceci est un peu décousu, non?

    RépondreSupprimer