mardi 7 février 2012

Les Infidèles... et les affiches censurées


Vous avez entendu parler de cette polémique?

Les affiches du film les Infidèles ont été censurées... après plusieurs plaintes émanant de personnes y voyant un dénigrement de la femme.
Comme dans ce bon article du Nouvel Obs (Plus), je ne comprends pas très bien cette censure, et trouve que les féministes qui crient au scandale se trompent de combat (et manquent sérieusement d'humour).


Je les trouve très drôles, ces affiches. On peut être une femme, et même féministe, et avoir de l'humour... mieux: saisir le second degré! Si, si!
Si on regarde deux minutes les expressions des acteurs, et si on lit bien le titre et les sous-titre de chacune des affiches, on se rend assez vite compte que les femmes ne sont pas particulièrement ridiculisées par ces photos... mais plutôt les hommes, spécialement les machos-beauf-séducteurs-qui se la pètent, assez magnifiquement incarnés, sur ces images, par Jean Dujardin et Gilles Lellouche, héros pathétiques. Il n'est pas question de la domination hommes-femmes ici, mais de l'infidélité. Et les infidèles, sur cette affiche, passent plutôt pour des gros cons.
Je ne trouve même pas ces photos beaufs, je les trouve simplement rigolotes, puisque elles se moquent justement des beaufs! Et personnellement, moi, le "j'entre dans un tunnel"... eh bien ça me fait marrer (je suis du genre potache, j'avoue)... car ce qui est drôle ici, c'est justement l'air prétentieux et complètement idiot du type qui sort ça à sa femme au téléphone.

Objectivement, ces photos n'ont rien de véritablement choquant, elles ne sont ni porno ni violentes... Elles représentent simplement des hommes ayant un rapport sexuel, et encore, de manière discrète! On est plus dans l'interprétation, l'imagination, que dans une description précise de l"activité" présentée!

Apparemment, certaines féministes outrées par ces images considèrent que les femmes représentées "en dessous" sont soumises. Heuh... c'est un peu sinistre de considérer que les femmes ne peuvent pas avoir de relations sexuelles consenties, non? Elles seraient présumées soumises et victimes? Le rapport sexuel hétéro serait nécessairement égal à "Homme dominant/Femme dominée"?
 Tout en étant lucide et réaliste sur le sexisme, la domination et la violence de certains hommes exercées sur certaines femmes, les situations terribles que certaines femmes peuvent vivre... on peut aussi continuer à voir le sexe entre deux individus comme quelque chose de léger, sympa, ne portant pas forcément à des conséquences dramatiques, non?

Je ne sais évidemment pas comment ça se passe chez les autres... Mais du haut de ma petite expérience, je n'ai pas l'impression que ces images soient de la pure fiction. j'ai beau retourner le sujet dans tous les sens... il y a des positions du Kama Sutra qui ne laissent pas forcément la possibilité d'être, disons... les yeux dans les yeux... l'agenouillement pouvant être une option, sans que cela signifie pour autant qu'on se soumette à son homme. Je me trompe? (à moins que certains hommes soient, par un miracle/erreur de la nature, "équipés" au niveau du front et pas sous la ceinture... permettant aimablement et très égalitairement à leur épouse de rester à leur niveau d'altitude... je n'en ai encore jamais rencontrés. Mais je m'égare, hé hé).

Dans la réalité des chambres à coucher, est-ce qu'il y a beaucoup de femmes, a priori tout à fait consentantes et emballées par une partie de jambes en l'air, qui, une fois confortablement installées sous leur partenaire pour quelques échanges tout à fait cordiaux, stoppent tout net en disant: "excuse moi, mon chéri, mais, en tant que femme, je suis dans une position de soumission... tu es donc en train de me dénigrer. Je me vois dans l'obligation d'interrompre notre contact poussé, pourtant et au demeurant fort agréable. Je vais d'ailleurs, de ce pas, m'indigner (et me rhabiller). Car je suis une femme digne, et pas un objet sexuel jetable comme un vulgaire bout de Sopalin -oui je t'en rapporte un rouleau-".

Sérieusement... On est en France, un pays assez libre et encore pas trop puritain, permettant de montrer des images de ce type! On peut les apprécier ou pas, y voir une soumission ou pas, les trouver drôles ou plutôt moches et de mauvais goût... le ressenti de chacun est tellement subjectif que cela ne peut pas justifier une censure! On se croirait au couvent, là!
Ou alors je n'ai pas saisi que le débat visait en fait à rétablir une "morale"... et que le nouveau combat de certaines féministes était désormais de se battre contre l'adultère, carrément? (parce que tromper sa femme, c'est pas bien! pas bien pas bien! )

Il y a, si l'on veut comparer, des images de femmes à poil bien plus choquantes, dans des pubs pour des bagnoles ou de la bouffe, dans les kiosques à journaux, à hauteur d'enfant.
Ou alors on va finir par interdire toutes les représentations de femmes, sous le prétexte qu'elles seraient une incitation à la domination de l'homme sur la femme. Super féminisme!
 Quelle triste image de l'homme (forcément un dangereux chasseur), et de la femme (une pauvre petite chose, forcément soumise et victime lorsqu'elle a un rapport sexuel)

Cette censure est incompréhensible pour moi... puisque ces images critiquent, justement, les comportements ridicules de certains "séducteurs" beaufs!
Cela me fait penser à la censure de la formidable photo de couverture de l'album de Saez (par Mondino)... interdite car montrant la femme comme objet... alors que c'était justement le concept de la femme-marchandise que la photo critiquait!


Quelqu'un peut m'expliquer? J'ai le cerveau monté à l'envers ou bien? Je suis une vieille libertaire des années 70 qui s'ignore dans le corps d'une maman bien sage et respectable de 2012?

Allez, pour se détendre, on va regarder un extrait des Valseuses, et puis on va se souvenir qu'on vit dans un pays où, entre gens de bonne compagnie (et consentants), on fait ce qu'on veut de ses fesses, qu'on a encore le droit de mettre ses jambes autour du cou ou de tailler des pipes à son époux (ou son voisin) sans se manquer de respect à soi-même (ni pute ni soumise quoi...juste une femme libre), et que cette liberté, c'est globalement un concept assez sympa.

Mes hommages et bonne soirée.

11 commentaires:

  1. Je suis on ne peut plus d'accord avec toi ! Et sidérée par ces combats tellement a coté de la plaque...

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  2. A ce rythme de puritanisme-là, tu vas voir qu'on va nous la coller, la burqa! Il y a une sacrée régression dans le moralisme féministe actuel, qui confond tout et ne se bat pas sur l'essentiel (création de crèches suffisantes, par exemple). S'il y a soumission, c'est plutôt celle de certaines féministes mononeuronales, victimes de leur soumission à la bêtise !

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  3. J'applaudirais bien des deux mains, mais elles sont occupées... Ok je sors.

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  4. Enfin !!!!

    Je cherchais avec désespoir quelqu'un qui partage ce point de vue. J'aurais du me douter (vu que quand je te lis, j'ai l'impression que j'aurais pu écrire ce que tu écris, avec certes moins de talent mais en tout cas, exactement le même ressenti).

    Bravo pour cet article salvateur.

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  5. Je suis on ne peut plus d'accord avec ton article ! Ces réactions, qu'on ne sait plus classé (puritaine ou féministe?), montre à quel point on peut faire d'une vraie question un faux débat...

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  6. (classer plutôt ! pardon pour la faute)

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  7. Super article ! Quelle bêtise féministe, elles se trompent de combat les braves...

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  8. Mdr la discussion pendant les échanges cordiaux.

    C'est marrant car j'ai eu une discussion sur le sujet où j'abordais un peu les mêmes notions que toi par rapport à la position haut/bas, dominé/dominant...

    En tout cas ça fait jaser..

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  9. Salut,
    Je me demandais si tu avais vu le film. Car autant je suis d'accord pour dire que la polémique autour des affiches est stérile, autant le film est vraiment nul. Le millième degré de lecture ne prend pas et on tombe dans le miso et l'homophobe, à mon avis.

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  10. Bonjour, je suis tout à fait d'accord avec toi, cette polémique est inutile et il y a des combats bien plus importants que celui-là. Avec ce qu'on voit à la télé et dans les publicités ça me fait doucement rigoler qu'on puisse autant se scandaliser pour une affiche en fin de compte rigolote et loin d'être scandaleuse, violente ou sexiste.

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  11. Je viens de poster un commentaire sur un article ancien du blog, mais je vois que les sempiternelles resucées sur la bêtise, le manque d'humour, la maladresse, le moralisme, l'insignifiance de la critique féministe prospèrent ici.

    Je ne suis pas un partisan de quelque censure que ce soit: et face à ces affiches, je suis justement favorable à ce que la critique ait droit de cité. Que l'on tombe sur le râble des amateurs de censure, c'est une chose. (A propos, j'aime beaucoup quand les consommateurs volent au secours de pauvres publicités injustement attaquée: cela m'évoque irrésistiblement des poissons ventant la qualité des filets qu'on leur tend).
    Je ne doute pas que ces infidèles méritent de passer pour des "gros cons". Le problème, cependant, c'est que justement cette "grosse connerie" là occupe déjà tout l'espace public ou presque avec des images similaires à celle de ces affiches, et quelle s'en porte très bien.
    Que l'on nie le sens de ces affiches publicitaires, qu'on prétende les justifier au nom de l' "humour", que l'on refuse, au prétexte de cette censure, de regarder en face le patriarcat, que l'on s'en prenne à quiconque essaie de faire remarquer ce que ces affiches publicitaires choisissent encore et toujours de montrer - des femmes réduites à des paires de jambes, à des jouets sexuels - dans un contexte où, c'est bien connu, cela n'arrive qu'exceptionnellement, hein - c'est autre chose, et assurément pas du "féminisme".

    Il est certes plaisant de se croire libre. Il est plaisant de croire que ce que l'on vit mérite le nom de liberté. Non seulement c'est flatteur pour l'ego, mais cela dispense de se fatiguer à penser, et à se demander quelles oeillères on peut porter soi-même.

    Il restera pour expliquer le malheur lorsqu'il survient par l'exceptionnelle méchanceté des uns, l'ahurissante bêtise des autres, et à se fournir dans le catalogue de reproches énoncé ci dessus (bêtise, manque d'humour, inutile, stérile, moraliste, hystérique, etc.) pour qualifier quiconque menacera de déstabiliser ces confortables certitudes.

    Il est en apparence moins confortable pour l'ignorance de commencer de prendre conscience de ce que le patriarcat est un système, au sein duquel nous sommes tous et toutes pris(es), qu'il ne se résume pas à un problème de personne, avec les bons d'un côté, les méchants de l'autre, et des féministes hystériques et castratrices (qui se trompent toujours de combat, ces abruties).

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