lundi 13 février 2012

Mes enfants, leur Père... et Moi



Je ne parle jamais de mon Jean-Chou, ici. Du moins jamais de notre relation à tous les deux, de notre couple. Le pauvre, quand j'écris sur lui dans un billet c'est bien souvent pour parler de l'Equipe.fr ou d'une soirée bières. Ou de Timbersport. Et c'est à peu près tout.


En vrai, si vous saviez... il est tellement plus intéressant. Je pourrais vous parler plus de lui...  Je pourrais vous raconter nos passions communes trépidantes (comme regarder les débats de l'Assemblée Nationale le mercredi après-midi devant LCP), de son niveau exceptionnel en tennis, de sa connaissance poussée de tous les sports existant sur terre (et même au delà), de nos décisions de faire des enfants (pays étranger, hotel sur la plage, usage forcené du mini-bar, Champagne au p'tit déj... et voilà le travail!), de nos doutes, de nos certitudes, de sa coupe de cheveux, de nos engueulades, de son boulot, de son humour, de son côté rital, de son intelligence de la vie, de son intelligence tout court.
Mais non en fait, je ne vais pas vous en parler parce que c'est à lui, et pas mal à moi, aussi. C'est secret, c'est caché. J'aurais une drôle d'impression si je rendais publique notre intimité. Non mais.

Je voulais simplement parler un peu de lui ici, en tant que père. C'est fou comme, depuis que je suis devenue mère, son rôle est important. Il est très présent avec les enfants, et même si ses semaines sont parfois très chargées, il réussit souvent à prendre une matinée par-ci par là, travailler un peu à la maison, pour accompagner sa fille à une sortie d'école, ou à son cours de danse, par exemple.
J'assure le gros du boulot avec les enfants pendant la semaine, le rythme est parfois difficile, il y a des jours où je me lève en me disant; est-ce que je vais arriver au bout de ma journée sans finir complètement crevée? Mais en fait, si j'y arrive (parce que j'y arrive très bien, qu'est-ce que vous croyez), ce n'est pas parce que mes enfants me comblent entièrement de bonheur, où que j'arrive uniquement à puiser la force nécessaire dans leurs regards purs et encourageants, du style "maman, la patrie serait fière de toi, tu sais -en me désignant de l'index, par un léger tapotement sur ma poitrine- Tu es une maman extraordinaire, tu m'entends? Ne laisse jamais, je dis bien JAMAIS personne te faire croire le contraire, Mummy" (ça, c'est seulement dans les films américains).

Si j'assure, que je suis motivée, que j'arrive à être une assez bonne mère pour mes enfants, c'est surtout grâce à lui. A son soutien, à ses encouragements, à sa façon d'être toujours de mon côté.... mais aussi à sa présence, au fait qu'il prenne du temps sur son boulot, sur ses activités personnelles, pour s'occuper de ses enfants le plus possible, parce qu'il adore ça, qu'il y tient, qu'il considère qu'être père est une mission énorme, et pas simplement un hobbie de 19h à 20h, pas un CDD qui le ferait juste jouer à la ba-balle avec les nains 1h le week-end entre son squash et sa sieste.
Je trouve qu'on a de la chance, parce qu'on a un équilibre, parce qu'il est là, on se partage pas mal les tâches, et quand il fait parfois dîner les enfants, il ne me dit pas "tu as vu, je t'ai aidée, là" en s'affalant sur le canapé, épuisé par cet effort surhumain qui mériterait bien une médaille. Pour ça je lui suis reconnaissante.

Lorsqu'il part 3 jours pour le boulot, il me manque, en tant qu'homme mais aussi en tant que père de mes enfants. Sans lui je suis plus faible, j'ai moins d'autorité avec les enfants, je suis en minorité. Je gère l'éducation plus difficilement, je brasse un peu plus de vent, je crie davantage dans le vide, je dépense de l'énergie inutilement.
Quand il est là, il en impose naturellement, même s'il a aussi des difficultés à se faire entendre, évidemment... je crois que les pères sont comme ça. En tant que mère, on se fait plus facilement bouffer. Enfin chez moi ça se passe comme ça. La grosse voix du papa, c'est efficace.
A chaque fois que je me retrouve seule, je me dis: mais comment font les mères célibataires? Celles dont les maris sont souvent absents? Et je croise les doigts.

Si mon homme n'est pas là pour me rassurer sur mon travail de mère, je me remets vite en question, et si je suis fatiguée/malade/mal lunée, ça peut me miner, je me sens comme diminuée.
A l'inverse, s'il n'est pas là pour me valoriser, me montrer qu'il veut partager des moments à deux, qu'il a plein de projets avec moi, plein d'envies, je me sens une moins bonne mère, moins efficace, moins enjouée, moins vivante.

Son rôle est hyper important dans la famille. Parfois je constate qu'il apporte comme un équilibre; en étant heureux ensemble, en passant du temps rien que tous les deux (ce qui est difficile en ce moment... mais tout de même faisable), c'est l'ensemble de la famille qui en bénéficie. Pour moi c'est vital. Ma vie de femme, avec mes plaisirs, mes passions... doit être complète pour que je puisse me sentir en confiance dans mon rôle de mère. Afin de pouvoir me donner autant à mes enfants, j'essaie, pour contrebalancer, de toujours rester un peu égoïste, c'est le seul moyen de reprendre un peu sa respiration, de se régénérer.

J'ai vu une émission des Maternelles sur les Pères au Foyer. Une étude m'a intéressée, on y expliquait qu'en Suède, depuis que le congé maternité avait été remplacé par un congé parental long à prendre par la mère ET le père, le nombre de divorces avait chuté.
Je le constate au quotidien; malgré notre équilibre, malgré la présence et l'implication de Jean-Chou dans son rôle de père, dans la vie de notre famille, (malgré ma "chance", donc)... parfois notre couple est fragilisé, on a du mal à trouver du temps, pour se parler, souffler, se retrouver. Des frustrations peuvent apparaitre. Il ne faut pas se leurrer, être parents c'est laisser de côté beaucoup de ce qui faisait la légèreté de notre vie d'avant. Mais il vaut mieux accepter que les choses aient changé, plutôt que de lutter de façon assez immature contre les responsabilités... et puis les choses s'arrangent vite (un dîner au resto, un petit week-end à deux... suffisent à nous faire retrouver nos anciennes habitudes, à nous faire "réaliser" qu'on est vraiment bien ensemble, et c'est trop bon).

Compte tenu des bouleversements apportés par l'arrivée d'un bébé, mais aussi de la difficulté à l'élever année après année, il me parait logique, compréhensible, que tout un tas de couples divorcent, notamment durant la première année suivant la naissance d'un enfant. J'ai toujours ça en tête... et je pense aussi que plus l'homme s'investit dans sa vie de famille (en temps mais surtout en qualité... on n'a pas le choix il faut bien être réaliste), moins la femme se sent lésée (Car statistiquement, c'est bien elle qui s'occupe majoritairement des enfants et tâches domestiques... et qui, statistiquement là-aussi, en bave un peu plus que son mari dans ce domaine). Et que le couple aura moins de difficultés à surmonter les frustrations de la vie quotidienne.
J'ai entendu que pour qu'une femme puisse se réaliser personnellement et progresser professionnellement, il fallait avoir commencé par le commencement: avoir dès le départ, bien choisi son mari. Cette affirmation peut faire sourire, est un peu difficile à appliquer concrètement... mais elle me paraît assez judicieuse. Et puis, quand on s'engage avec un homme, au fond, c'est qu'on le connait... et qu'on sait à peu près quel père il fera.

Je ne serais pas grand-chose sans mon homme... et bien que mon humeur, ma façon de faire, ne soient pas entièrement dépendantes des siennes (heureusement!)... je ne pourrais pas faire grand-chose de bien en tant que mère s'il n'était pas là...
Ma vision est très personnelle, chaque couple est unique, on a tous un fonctionnement, un équilibre, bien à nous.
Et vous, quelle est votre organisation? Comment voyez-vous les choses? Avez-vous identifié les sources de tension, de conflit, dans votre couple parental? Réussissez-vous à sortir de l'engrenage pour vous réserver des moments à deux?

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Pour finir, et pour extrapoler un peu, je vous propose d'aller lire le billet de Till The Cat, blogueur Père au Foyer... qui répondait aux clichés machistes sur l'activité de Papa en Congé parental.
Regardez dans ce billet la petite video des journalistes de GQ, intervenant sur le sujet, qui vaut son pesant d'or. Des hommes comme ça, complètement macho à l'ancienne derrière leur petit style branché bobo, ça doit être un véritable cauchemar, pour leurs femmes (s'ils en ont). Des bon vieux papas du temps des dinosaures. Leur intervention est détestable... et tellement ridicule!



Joyeuse Saint Valentin à tous ;-)

sur le même thème, ici: Etre parents, rester un couple.
et puis mon impression sur le film Un Heureux Evènement... qui, à mon avis, malgré quelques défauts, donne une image assez réaliste des difficultés pour le couple juste après l'arrivée d'un bébé.

9 commentaires:

  1. Quel bel hommage au père de tes enfants!!
    Moi, je suis chaque jour plus convaincue que mes enfants ont le meilleur père qu ils pourraient avoir avec la mère qu'ils ont: on se coordonne, on se complète et on leur propose deux modèles de tempéraments bien différents pour qu'ils se construisent leur personnalité en s identifiant à l'un ou a l'autre ou aux deux.
    Et j au une confiance aveugle dans ses capacités de père.
    Merci pour cet article et bonne s'y Valentin!!!

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  2. ca, c'est une belle déclaration de Saint Valentin !!

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  3. Je me retrouve/nous retrouve tout à fait dans ta description du père/papa :) Et effectivement, combien de fois me suis-je demandé comment les parents solo s'en sortaient...
    Superbe article !

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  4. Je nous retrouve complètement dans ton article et c'était un vrai plaisir de te lire car on a tendance a oublier, à se perdre dans le quotidien pourquoi on a choisi cet homme et ce pourquoi on l'aime tous les jours etc... Merci donc pour ce message ! Pour avoir été une maman solo avant de connaître les joies de la famille, je peux dire que c'est extrêmement difficile d'élever un enfant seule et evidemment pas seulement parce que c'est épuisant physiquement. C'est surtout moralement et psychologiquement que c'est le plus dur : pas de regard dans lequel se plonger quand l'enfant nous fait rire, progresse, est merveilleux tout simplement. Une responsabilité pour tout qu'on porte seule et le danger de la toute puissance et de la fusion délétère à éviter... Bonne St Valentin...

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  5. Vive toi et Jean-Chou! Z'êtes une belle famille tiens!

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  6. Bravo. J'aurais pu écrire la même chose ! A part que je dois râler quand même quelques fois pour pas qu'il fuit vers autre chose (et même si c'est des fuites pour faire des choses pour le bien de la famille). Mais il a su répondre à mes appels au secours. Je me questionne chaque jour sur les femmes qui ont choisit de faire un enfant seule (dans mon pays c'est autorisé (et même remboursé!)d'aller dans une banque de sperme alors qu'on est toute seule. Et j'ai connu trois filles qui l'ont fait. Quand je les croise tout semble aller à merveille mais je ne peux pas y croire... Il doit y avoir des moments difficiles + quelle tristesse de ne rien partager avec un homme, depuis la conception ! Et pour l'enfant est-ce dommageable ? Bon Ok c'est mieux qu'un père qui bat sa femme et ses enfants, mais là il s'agit de choix de femme, qui se mettent toutes seules dans cette situation, pass de femmes divorcés qui ont eu leur raison de le faire... Enfin, je m’interroge souvent quoi...

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  7. J'ai eu un doute "ils sont extra-terrestres pour avoir eu des enfants qui leur disent "la patrie est fière de toi"" ;-)
    Belle déclaration et encore une fois c'est rassurant de lire que ce qu'on imagine pour soi existe chez des vrais gens :-)

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