jeudi 13 décembre 2012

L'hypermesis gravidarum, Kate Middleton et moi



Entre deux déballages de cartons, j'ai réussi à trouver un peu de connexion pour copier-coller sur mon iphone et publier ce témoignage que m'a envoyé Adeline, une lectrice.
Je le trouve super intéressant.
Le voici:
L'Hypermesis gravidarum, Kate Middleton et moi

Depuis quelques jours on parle beaucoup des nausées de grossesse et de l' Hypermesis Gravidarum à cause de l'hospitalisation de Kate Middleton. En particulier en Angleterre, où j'habite en ce moment, c'est une véritable avalanche d'articles et de reportages dans les quotidiens et à la télévision pour expliquer cette pathologie au nom bizarre. L' Hypermesis gravidarum  c'est en fait  une gastro géante, sans fin, qui peut parfois durer toute la grossesse. Quand on en vient à ne plus savoir quoi faire de son corps…… ce n'est plus l'inconfort passager des nausées matinales, mais une véritable maladie et une souffrance du matin jusqu'au soir; il faut imaginer une grosse crise de foie pendant plusieurs plusieurs semaines, voire plusieurs mois : cela devient un véritable calvaire.

J'ai souffert d'une Hypermesis gravidarum pendant toute ma grossesse l'année dernière, et au-delà de la vraie souffrance physique que j'ai découverte pour la première fois, ce qui m'a le plus choquée c'est l'attitude des médecins.
Les gynécologues, les infirmières et particulièrement les médecins à l'hôpital insinuent que c'est dans la tête, parce que l'on est anxieuse, parce que l'on n'accepte pas sa grossesse etc….: réaction typique lorsqu'ils ne savent pas expliquer ou traiter une maladie. Ils reconnaissent bien que plusieurs facteurs peuvent être à l'origine (hérédité, extrême sensibilité aux hormones de la pilule par exemple, sexe féminin du bébé ou nombre d'embryons) mais comme "rien n'a été prouvé" et qu'aucun traitement réellement efficace n'existe, il a été décidé officiellement en France que c'était dans la tête des patientes. Là non plus, rien n'a été effectivement prouvé mais c'est bien commode de le dire plutôt que d'admettre l' ignorance ou l'impuissance de la médecine.
Donc officiellement cette maladie n'existe pas, c'est dans la tête des femmes qui vomissent.

Le résultat est qu'on vit encore plus mal cette gastro qui s'éternise 9 longs mois en culpabilisant parce qu'on n'est pas capable d'avoir une grossesse "normale", et on finit par vivre un véritable enfer à la fois physique et psychologique. On vomit tous les jours - à tel point qu'on fait le même poids le jour de l'accouchement qu'au moment où on est tombée enceinte - et en plus on nous fait culpabiliser! Une véritable double peine.

Extraits :

"Ah oui c'est pas drôle de vomir mais c'est pour la bonne cause !" Y a-t-il des bonnes causes quand on souffre ?
"Maintenant Il faut positiver Madame, j'ai vu que vous aviez eu une grossesse anxieuse, vous avez beaucoup vomi"  Faux : J'ai beaucoup vomi pendant ma grossesse, donc j'ai été anxieuse !
"C'est normal, ça va passer!" Non ça n'est pas normal de perdre 6 kilos pendant une grossesse et non ça ne passe pas.
"Ma pauvre chérie, buvez du coca, il n'y a vraiment rien d'autre à faire!" Si, il ya beaucoup d'autre choses à faire et à essayer; des médicaments, des thérapies alternatives pour soulager. Toutes les femmes réagissent différemment donc il faut essayer.
"Vous vous êtes déjà demandé pourquoi vous refaisiez exactement la même chose que votre mère ?" Pourquoi infliger de la psychologie de café du commerce aux patientes ?
"Votre bébé va bien Madame, pensez aux mamans qui perdent leur bébé" quand on a l'audace de dire qu'on en peut plus de vomir tous les jours depuis 6 mois.

Bien sûr, il y a des maladies psychosomatiques, il arrive que le corps parle avec des symptômes. Mais est ce que c'est honnête intellectuellement d'utiliser ce cache-misère à chaque fois qu'on ne sait pas d’où vient une maladie et comment la soigner ? Or quand j'ai lu tous les témoignages des femmes qui en ont souffert, ce qui m'a beaucoup frappé c'est qu'on leur a systématiquement collé cette étiquette, et évidemment toutes ces femmes le vivent très mal. Car une fois l'insinuation faite, on nous laisse nous débrouiller toute seule avec.

J'aimerais donc donner un sens à cette épreuve et éventuellement aider d'autres femmes en témoignant ou en échangeant. Car au fond la seule personne qui m'a comprise pendant cette période c'est ma mère, qui a vécu la même chose pour ses deux grossesses. J'écris parce que je pense aux femmes qui sont seules, qui ne sont pas entourées comme je l'ai été par mon mari et ma famille, et aux femmes tout simplement plus fragiles : oui cela arrive de souffrir d'une Hypermesis Gravidarum, oui même quand on donne la vie ce n'est pas facile de souffrir, oui c'est une vraie maladie et pas un des simples "maux" de la grossesse et NON ce n'est pas psychosomatique.

En tous les cas, en tant que femme je plains sincèrement Kate. Mais je parie que personne n'a osé lui dire à elle que les vomissements, c'était dans sa tête que ça se passait !

3 commentaires:

  1. Merci pour ce témoignage. Il se trouve que pour ma première grossesse, j'ai subi ce calvaire également 3 mois seulement mais quels 3 mois : j'ai perdu 10 kg le premier mois de ma grossesse. Et il se trouve que je suis à nouveau enceinte, j'ai eu beaucoup de mal à tomber enceinte de ce n°2 que j'attendais avec tant d'impatience et oui, il est vrai aussi un peu d'anxiété de revivre la grossesse abominable de la première fois. Et ça n'y manque pas, je pose le pied par terre le matin avec l'envie de vomir qui ne me quitte que le soir au moment ou je m'endors. Et il faut faire bonne figure, avoir l'air d'aller bien au boulot, avoir l'air d'aller bien pour ma grande chérie que je ne veux pas effrayer, personne ne semble comprendre la différence entre les nausées matinales et ça, ça qui ne s'arrête jamais et qui semble être une éternité de souffrance. Merci donc encore, même si je n'ai pas moins la nausée, au moins je me sens moins seule.

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  2. J'ai perdu 6 kilos pendant mon premier trimestre...A la fin de ma grossesse, j'étais tellement épuisée que du coup j'avais des "impatiences" intolérables, je ne pouvais plus dormir, je faisais des tours de maison en pleine nuit pour pouvoir m'épuiser physiquement pour pouvoir enfin dormir, et j'éclatais en sanglot hystérique en pleine nuit tellement j'étais épuisée de ne pas pouvoir dormir. Pourtant je suis une grosse migraineuse, du genre à aller aux urgences et à vouloir se taper la tête contre les murs, j'ai une tolérance très grande à la fatigue et la douleur.

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  3. Excellent article. I'm facing some of these issues as well..

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