vendredi 18 octobre 2013

Le petit troisième...



C'est étonnant, de faire un petit troisième.
Les premiers mois de ma grossesse, je ne me suis pas posé une seule question. J'étais dans la zénitude et la confiance absolue en l'avenir. Profitant à fond de l'harmonie familiale, et de ce nouveau bonheur.
Je me disais: je connais, j'ai déjà vécu ça, je vais gérer.

Et là, à mesure que le terme approche, de plus en plus de doutes et de questions m'assaillent, comme une débutante: vais-je pouvoir aimer ce nouveau petit être, autant que ses frère et sœur? Aurai-je une place à lui faire, alors que notre système familial est si bien huilé? Serai-je prête? Le bouleversement ne sera-t-il pas trop dur?
Jean-Chou, en face, est d'une stabilité et d'un calme qui me rassurent... Et qui me font vraiment défaut! Je suis toute en ambivalence, en sensibilité. J'ai l'impression parfois que l'arrivée de ce futur bébé modifiera la famille, plutôt que de s'y ajouter comme une richesse supplémentaire... Un peu comme un "annule et remplace". J'ai du mal à faire dans la nuance.

Lorsque je vais rendre visite à mes copines qui viennent d'accoucher, dont une du troisième et qui nage dans le bonheur, je reste là, admirative devant leurs nouveaux-nés qui sentent si bon, et leur relation à deux, comme incapable de me souvenir à quel point j'ai vécu les mêmes sentiments, les mêmes instincts.

Alors, je replonge dans les archives de ma mémoire, dans les textes que j'avais écrits pendant ma deuxième grossesse... Et je prends du recul en m'apercevant que je me posais les mêmes questions... Pour finalement aimer comme une folle le deuxième autant que le premier.
Finalement, qu'on attende son premier enfant ou son huitième, les questions sont peut-être toujours les mêmes?

Qu'en dit votre expérience?


mardi 24 septembre 2013

Delphine de Vigan, sa mère... Et moi.


Je suis en train de terminer la lecture de "Rien ne s'oppose à la nuit", de Delphine de Vigan...
Bon alors, ce livre est terriblement bien écrit, mais je précise qu'il vaut mieux avoir à peu près le moral et confiance en la vie pour l'aborder.
Je ne sais pas ce qui me prend, à chaque fin de grossesse je tombe sur des chefs-d'œuvre bien plombants... (La dernière fois c'était "La fenêtre panoramique" ("revolutionnary road") de Richard Yates (ayant inspiré le film "les Noces Rebelles" avec Leonardo DiCaprio et Kate Winslet)

Le livre de Delphine de Vigan a pour thème la vie de sa mère, Lucile, élevée dans une famille nombreuse parisienne un peu loufoque, bobo avant l'heure, sous l'autorité d'une mère lumineuse et enjouée, et d'un patriarche fort en gueule, séducteur, passionnant mais aussi destructeur. 
Divers drames viendront émailler la vie familiale, et la maladie de Lucile va se révéler; elle est bi-polaire.

L'auteur raconte la vie de sa mère, belle et cultivée, de son enfance à sa mort. Ses errements, ses crises, ses périodes d'apaisement, et ses replongées dans les ténèbres de la folie, de l'angoisse.
La lecture de ce livre m'a remuée, car approcher ce monde psychiatrique, dont j'ai la chance d'être éloignée, n'est pas facile. Il fait réfléchir sur la "maladie" de la bi-polarité, son impact sur la vie familiale entière, et sur la possibilité que l'on a finalement peut être tous de la subir, finalement... À la faveur de quelques événements déclencheurs terribles (choc psychologique, violence, etc...)
On se dit que l'harmonie, l'équilibre qu'on construit jour après jour, ne tient peut être à pas grand-chose... C'est troublant.

Enceinte, je me sens vulnérable, un peu sur le fil, comme en transition d'un monde à un autre... Tiraillée entre l'impression de réaliser quelque chose d'énorme; créer une vie supplémentaire, rien de moins... et prise de vertige devant l'infini qui m'attend, et le côté paradoxal, presque "vain", banal, de l'opération.
J'ai reçu cette lecture comme une découverte passionnante et bouleversante... Un livre faisant réfléchir à la famille, son fonctionnement, ses failles, ses zones d'ombres, à la domination de certains de ses membres sur d'autres... 

Une lecture incontournable!




jeudi 18 juillet 2013

"Maman Bulle": centre de bien-être pour les futures et jeunes mamans, à Nice


Salut les touristes!

En ce mois de juillet, placé sous le signe de la piscine, de la cigale et du rythme au ralenti, la vache crevée, enfin, la sylphide et épanouie jeune et future maman que je suis, va vous parler d'un concept génial:
Maman Bulle, à Nice.




J'ai découvert cet endroit il y a quelques semaines, et j'ai fait connaissance avec la fondatrice, dynamique et super sympa, Julie Pourbaix, mère de trois enfants, qui m'a présenté son centre (très beau!), fait visiter les lieux.



"J’ai créé ce que j’aurais adoré trouver pendant et après mes grossesses.
Attendre un enfant est un moment unique et privilégié dans une vie.
Une grossesse peut être la plus belle période pour certaines femmes mais aussi particulièrement "bouleversante" sur le plan émotionnel. Le corps se transforme et une multitude de questions se posent alors.
La femme, que ce soit pendant sa grossesse ou après la naissance de son enfant, a besoin d’être accompagnée, entourée, et chouchoutée, de s’octroyer du temps pour elle et son bébé, de se mettre comme dans « une bulle » en la partageant éventuellement avec d'autres mamans.
Cette étape est importante et il est essentiel de bien la vivre."


Julie POURBAIX - Créatrice de Maman Bulle

mardi 16 juillet 2013

Where My Children Sleep































Cet été, je vais faire un peu de Tetris dans les chambres des enfants... Tout mesurer en long en large et en travers, pour installer un troisième petit lit!
On va commencer par faire dormir la petite dernière avec son frère... Les deux "petits" ensemble pour laisser son univers à ma fille aînée, qui me semble avoir plus besoin d'indépendance, de place pour travailler, jouer.
Puis on changera peut-être avec le temps, selon les affinités, les rythmes de chacun, un éventuel nouveau déménagement...
Comme d'habitude, on prendra les choses comme elles viennent, étape par étape... on verra bien!






















vendredi 7 juin 2013

"Et ils eurent beaucoup d'enfants", de Marielle Blanchier et PascaleKremer


 J'ai acheté ce livre après avoir lu un article dans Elle, et après avoir parcouru le Blog de Sceaux (blog du Monde suivant plusieurs français pendant la campagne présidentielle, "Une année en France").


J'aime bien lire certains blogs de mères de famille nombreuses, comme 8 à la maison ou La mère l'Oie.
Ces familles dégagent souvent une joie de vivre, une intelligence, une sagesse, que je trouve inspirantes.

mercredi 10 avril 2013

La révolution du plaisir féminin: sexualité et orgasme (Elisa Brune)


Il y a quelques semaines, après que j'avais publié sur ma page facebook une intervention de la gynécologue Odile Buisson, une des rares à s'intéresser aux recherches sur le clitoris ("cet inconnu"), Stephanie, une de mes lectrices, m'a envoyé un livre que j'ai dévoré:



(Vous trouverez plus de détails sur le livre sur le site d'Elisa Brune, journaliste scientifique, essayiste et romancière, et sur Amazon en cliquant ici)

J'ai trouvé ce livre passionnant, car il aborde le plaisir féminin sous une multitude d'aspects. Je ne lis pas beaucoup de bouquins "pratiques" comme ceux-ci mais je l'ai trouvé extrêmement complet et instructif, sources de nouvelles connaissances et apportant de multiples points de vue.
Basé sur des interviews de sexologues, gynécologues, chirurgiens spécialisés, psy, kinés spécialistes de la rééducation du périnée... mais aussi sur des témoignages de femmes, toutes très diverses dans leur sexualité, leur rapport au corps, leurs blocages ou au contraire leur assurance, et leurs expériences.

vendredi 11 janvier 2013

L'attachée de presse, tueuse des beaux quartiers.



"Pour ce faire, j'enfile des mitaines rigides en plastique confectionnées à cet effet par mon conseil en manucure (il travaille au Ritz). Une fois mes doigts minutieusement installés dans leur support, les mitaines, préalablement fixées au matelas de mon lit par un astucieux stratagème, se referment doucement sur mes poignets, pour les maintenir solidement fixés au dessus de ma couette en lin.
Ainsi, je peux m'endormir correctement.

samedi 5 janvier 2013

Le YOGA: ma nouvelle drogue



Depuis que je suis devenue maman, je me suis longtemps creusé la tête pour trouver un sport qui me convienne (cliquer ici pour lire mes égarements psycho-sportifs post-grossesse d'autrefois: "après bébé: quelle activité sportive?")
J'ai fait 15 ans de danse avant, à un rythme assez soutenu, et dans chaque sport que je fais, j'ai toujours besoin de retrouver ce que cette pratique m'a enseignée; cette exigence, cette discipline, ce dépassement de soi, ce plaisir physique durement mérité qu'on obtient après l'effort; l'adrénaline mais aussi la satisfaction de voir les progrès réalisés, un réel bien-être physique, presque jouissif, difficilement explicable puisqu'il est aussi lié à la souffrance, aux étirements, à la sensation très aiguë que chaque muscle de son corps travaille.


jeudi 3 janvier 2013

La vie est une bougie dans le vent (proverbe japonais)



L'année dernière, ma fille faisait sa première rentrée à l'école.

J'ai fait, en même temps, la connaissance de M., la maman d'une des copines de ma fille. Nous avons fait plusieurs sorties ensemble, accompagné quelques sorties de sa classe, nous sommes rencontrées lors d'anniversaires.
Elle était japonaise, et s'était installée définitivement en France après y avoir rencontré son mari. Elle avait mon âge. Elle était jolie, très coquette, toujours tirée à quatre épingles et très souriante.
L'été dernier, avant que je parte en vacances, on s'était quittées après avoir passé une journée à papoter dans l'herbe, en maillot de bain, pique-niquer avec les enfants, discuter du Japon, de sa famille, de l'école/centre de loisirs que sa fille fréquenterait là-bas pendant toutes les vacances d'été, de son envie de faire un deuxième enfant. Je lui ai promis que je lui enverrai les photos de mon mariage.



Le jour de la rentrée scolaire, cette année, c'est son mari que j'ai vu. Après les embrassades enjouées, de rigueur lors des retrouvailles après ces longues semaines de repos, il m'a simplement dit que sa femme était à l'hopital, qu'on lui avait diagnostiqué une tumeur pendant l'été, au Japon, qu'elle était cancéreuse et qu'on allait commencer la chimiothérapie.
Par SMS, M. m'a précisé qu'elle reviendrait amener et rechercher sa fille à l'école, comme avant, dès qu'elle pourrait ressortir, dans une dizaine de jours normalement.
Les jours ont passé et je ne l'ai plus revue à l'école. Son mari assurait, et lorsque son travail l'en empêchait (il a des déplacements réguliers), je voyais le grand-père. Puis la mère de sa femme, qui avait fait le voyage du Japon pour être auprès de sa fille et de sa petite-fille.

En novembre, j'ai croisé son mari. Il m'a dit qu'il gardait espoir, même si les médecins étaient pessimistes. M. refusait les visites, et même sa fille y allait moins souvent, pour ne pas trop la fatiguer.
Le lendemain, j'accompagnais une sortie au théatre, je gardais plus particulièrement sa fille, la mienne, et une autre copine. J'ai vu la maitresse répondre au téléphone en marchant, devant nous, puis elle s'est approchée de moi et m'a dit: "ça y est, elle est morte".

Nous avons continué à marcher, sous le choc de la nouvelle, et à surveiller toutes ces petites têtes blondes enjouées, dont la propre fille de M.
Une jolie petite métisse de 4 ans, aux cheveux noirs bouclés, coquine et turbulente, pleine de vie dans ses petites tenues kawaï rapportées de son pays du bout du monde. Nous sommes arrivés dans la cour et les enfants ont couru vers les toboggans.

Voilà. Une "longue" maladie a emporté cette maman en deux mois, et je suis bouleversée pour son mari, veuf à trente ans, et pour cette petite fille qui va devoir se débrouiller sans sa maman.

J'ai longtemps hésité avant d'écrire. Je me suis d'abord dit:
 "Je ne suis pas légitime, je n'en ai pas le droit. C'est terriblement impudique d'écrire ses difficultés à supporter cet évènement, alors que je suis loin d'être la première concernée. Nous n'étions pas des amies si proches que ça, une distance s'impose. Moi, ma vie continue, j'ai de la chance. Ce serait malsain, comme si je m'accaparais la souffrance de ces personnes pour la transformer en texte. Surtout que la mort de quelqu'un, ça nous rassure souvent sur le fait que nous, on est en vie. Je déteste la guimauve, le mielleux, les violons, le voyeur et le mélo. Écrire sur ce drame, ce serait tomber précisément là-dedans, ce serait d'abord me mettre en scène... pire, me rassurer... c'est indécent. Je dois respecter le deuil de son mari et de sa fille, je dois me taire".
C'est aussi pour ça que je n'ai pas beaucoup écrit sur mon blog ces derniers temps. Il me semblait que je n'avais rien à dire d’intéressant.

J'ai plusieurs fois croisé son mari ensuite. J'ai pris de ses nouvelles, je lui ai demandé à chaque fois comment il allait. Je lui ai proposé mon aide, notamment pour la logistique avec sa fille. J'ai essayé de ne pas l'éviter, j'ai eu parfois honte d'aller bien, et d'être là, devant lui, entourée de mes enfants. Il était encore plus souriant qu'avant, comme s'il avait besoin de plus de vie, plus de contacts avec les enfants. Plusieurs fois, je me suis arrêtée quelques secondes pour observer sa fille, de loin, jouer et rire avec ses copains dans la cour.
 Le jour de l'enterrement, il a dit à sa fille, qui lui demandait pourquoi il pleurait: "tu sais, papa ne va pas très bien, il est triste que maman soit partie". Elle lui a simplement répondu: "mais papa, ne t'inquiète pas, je suis là, moi!".

Aujourd'hui j'ai eu envie d'écrire.
Parce que cela fait un mois et demi que c'est arrivé, et que j'y pense très souvent. Que l'annonce du décès de cette amie m'a choquée, m'a rendue triste, m'a révoltée et me révolte encore. Je regarde souvent mes enfants et Jean-Chou en y pensant.
C'est trop tôt, c'est injuste, c'est banal, c'est absurde, c'est la vie et ce n'est pas normal.
 Il n'y a rien à faire, rien à dire, mais j'ai pourtant besoin de le formuler. J'ai besoin d'écrire, de raconter l'histoire pourtant très simple qui nous liait elle et moi, de dire comment on s'était rencontrées, et les petites choses qu'on a partagées. Pour qu'elle ne soit pas simplement "passée" dans ma vie. Parce que je veux qu'il en reste une trace.


Je vous souhaite à tous une très, très bonne année 2013. Suivie d'une ribambelle d'années encore plus belles les unes que les autres.