mardi 4 juin 2013

Silence, ça pousse (II)

                        


J'annonce!
Mon fils, a deux ans et huit mois précisément, est enfin propre!
Sa sœur l'était à deux ans et deux mois... Alors je me demandais quand -et comment- ça viendrait. J'avais moyennement envie qu'on se stresse une semaine avant la rentrée.

Après une visite chez le pédiatre, celui-ci m'a prévenue que pour les petits derniers, biens souvent assez éveillés sur tout un tas de points, garder la couche était un de leurs derniers petits privilèges, une de ces choses qui leur permettait de rester bébés plus longtemps. Il a ajouté que parfois, même après être entrés à l'école, les garçons pouvaient continuer à réclamer la couche en rentrant, pour tout ce qui concernait autre chose que le pipi (je tiens à rester distinguée sur ce blog en n'employant pas le mot caca. Hé merde, trop tard)
À ces mots, j'ai fait les yeux ronds. J'ai observé mon fils en exécutant une rapide petite prière païenne intérieure: "dis-moi que tu ne vas pas me faire ce coup-là, mon chéri. Tu vas être propre, et pas qu'à moitié, hein".

En rentrant à la maison, comme souvent depuis quelques semaines, je lui ai présenté le pot, tranquillement. Compte tenu de ses hurlements de hyène à la simple évocation de s'assoir sur cette chose froide en plastique, je n'ai pas insisté, comme d'habitude. J'ai de la psychologie tout de même, je sais bien que c'est complètement anti-productif de forcer son enfant à aller sur le pot, je ne veux pas en faire un frustré-constipé-psychopathe-dénataliste-nudiste-torturé-scato-fan-de-quand-y-pète-y-troue-son-slip plus tard (comme toute mère suffisamment bonne, en somme).
J'ai continué à tenter de lui présenter sa collection de petits boxers DIM pour être "élégant, digne et magnétique comme papa"... échec encore.

C'est après une sortie scolaire à Marineland avec sa grande sœur que j'ai eu une nouvelle idée: 
En observant bien les otaries, et la manière qu'avaient les dresseurs de s'adresser à elles, en associant toute la journée "comportement" (= fait coucou au public sale bête) et "récompense" (= c'est bien, tiens voilà un poisson ma grande), je suis rentrée le soir à la maison avec une certitude: mon fils n'étant certainement pas plus con qu'une otarie, j'allais donc appliquer sur lui cette méthode. 

En effet, j'avais toujours entendu que les enfants avaient, normalement, eux-mêmes le déclic pour devenir propres, que rien ne servait de leur mettre la pression puisqu'un beau jour, ils décideraient tout seuls de ne plus porter de couche. C'est d'ailleurs tout à fait ce qui s'était passé avec ma fille.
Mais pour mon fils, que j'observais en coin depuis un bout de temps, je commençais à me dire qu'il se moquait peut-être un tout petit peu de moi, le fourbe... Qu'il était, dans sa tête, complètement prêt à être propre, mais qu'il n'en avait juste pas envie. Le déclic, cette fois, il n'est pas venu de lui... Mais de moi.

Des le lendemain matin, donc, J'ai proposé, en échange d'un tour sur le pot, un petit bonbon en guise de récompense, à chaque fois que j'obtenais un pipi réalisé dans les règles de l'art. Accompagné d'encouragements, de bravos démesurés, félicitations chaleureuses, déclarations d'amour à mon génie de fils, chants tribaux de remerciement aux esprits, danse de la joie et salutations au soleil. Et envoi de photos du chef-d'œuvre à Jean-Chou.
Je suis évidemment, en théorie, formellement contre toute méthode de chantage, promesse et manipulation... (Voyons, je suis une mère évoluée et toute acquise aux théories progressistes et respectueuses de l'enfant en tant que personne, je ne fais pas de dressaaaaage avec mes enfants, madaaaame!)
 Mais en pratique il faut bien reconnaître que c'est parfois très efficace.

À la fin de la journée, donc, mon fils était propre. Grace aux Smarties. Je l'ai envoyé des le lendemain à la crèche, sans couche, en croisant les doigts. Et c'était bon! Depuis deux semaines, pas un accident à signaler!

C'était tout simple, en fait, cette histoire. (Bien sur des le lendemain j'ai remplacé les bonbons par un simple encouragement verbal. Ça lui a fait bizarre au départ, mais finalement, voir sa pauvre mère fière comme un pou vaut bien mieux qu'une banale sucrerie, non?)

Et vous? Des méthodes ou expériences à nous faire partager?












15 commentaires:

  1. Je ne crois pas qu une recompense soit necessaire. Ton fils aurait ete propre un jour de lui meme c est sur. Le mien l a ete a 2 ans et 10 mois un jour je lui ai presente le pot comme chaque fois et cette fois la il a accepté. En une semaine il a eu 2 accidents c est tout et il a ete propre
    Il attendait d etre pret et j ai attendu aussi.
    Faut pas desesperer.

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  2. Moi je dis bravo! Et effectivement ton fils n'est pas plus con qu'une otarie (quoique... l'otarie continue à avoir sa récompense alors que ton fils non...). :)

    Je suis d'accord que "en théorie", mieux vaudrait se passer de récompense quand on éduque son enfant à ça comme à autre chose d'ailleurs. Mais franchement, si ça a permis le déclic nécessaire, je vois pas où est le problème.

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  3. Bon, faut avouer que depuis que les enfants sont en âge de comprendre, on fonctionne, souvent malgré nous, à la récompense! Qui réussit à ne pas le faire?
    Tu auras ça si tu es sage, si tu te comportes bien on ira au manège, si tu continues ce caprice je ne suis pas sûre que telle personne vienne pour nous voir, etc...
    Et d'ailleurs, adultes, on marche aussi beaucoup à la récompense, non? Sans parler de l'école, du monde du travail... Les choses qu'on fait gratuitement sont assez rares...(et donc on encore plus de valeur)

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  4. J'adore les commentaires (automatiques of course) précédents! Non on va pas aller les voir vos blogs de fenêtre PVC et autre lame de terrasse composite pas cher!

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  5. J'essaie la propreté avec mon petit loup de 2 ans et 3 mois.
    Il n'est pas du tout fâché avec le pot ou le réducteur des toilettes et s'y rend pour y faire ses besoins sans difficulté, quand on lui propose.
    Par contre, il ne demande pas à y aller pour le pipi, comme s'il ne ressentait pas l'envie. Il demande à mettre des slips et plus des couches, mais la nounou est un peu lassée de passer la serpillère toute la journée derrière lui, parce qu'il ne lui demande pas les toilettes. Bref, je sais pas trop comment aborder le truc. Si vous avez des conseils, je suis preneuse !

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  6. bon, marine j'ai essayé ta méthode hier (ma fille a 2 ans et 8 mois) en me disant que , gourmande comme elle est, c'était LA solution ! Et bien échec total... je ne sais pas si elle n'en a rien à faire ou si elle se fout de moi. Je crois les 2...
    Je suis un peu à court d'idée là. J'ai essayé de la valoriser (tu es graaaaaaande ! bravo !) la motiver (pour l'école, pas de couche !) flatter sa coquetterie (oh, les belles culottes hello Kitty !) et là les bonbons, ben... elle s'en fout alors qu'elle est capable de se rouler par terre pour un morceau de chocolat.
    Bon, on va y arriver, comme dit ma grand-mère, on a pas vu un enfant mettre des couchez pour passer son bac...

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  7. De notre côté, avec Samuel, 2 ans et 8 mois, après des semaines d'encouragements appuyés, nous venons de nous débarrasser des couches depuis 3 jours, et pour le dodo aussi!!!! La totale! Enfin, pas vraiment...car il a encore du mal pour tout ce qui concerne autre chose que le pipi ;-) Il ne veut plus le faire nulle part : arghhh! Que faire? Espérons que ça ne dure pas...
    En tout cas, selon mon humble avis, je ne suis pas sûre que la perspective d'une récompense soit suffisante pour qu'un enfant devienne propre. Cela peut être le déclencheur final mais il faut quand même que le chemin soit fait dans sa tête.
    Pour répondre à Toumpite de manière un peu plus concrète, il y a effectivement une différence entre faire ses besoins sur le pot et en ressentir le besoin. Chez nous aussi, ça faisait un moment qu'on mettait Samuel régulièrement sur le pot et qu'il faisait un pipi mais c'est seulement il y a 3 jours qu'il s'est réveillé en nous disant qu'il n'avait pas fait pipi dans sa couche et qu'il demande maintenant à y aller. Ton loulou n'est pas encore à cette étape mais ça ne devrait pas tarder à arriver. Courage!

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  8. j'adore!
    De mon côté, c'est beaucoup plus long et ça me fait rire. Enfin, je parle pour la nuit. Ma fille adorée n'a eu aucun pb à aller sur le pot la journée, elle voulait être grande et a commencé autour de 2 ans mais pour les couches la nuit....
    Pas encore trouvé la solution. Et elle a 3 ans et demi!!
    La carotte, ni le baton d'ailleurs, ne marche pas. Parait que le fait d'avoir eu une petite soeur (il y a peu) n'arrange pas les choses mais jusqu'à quand ça va durer cette histoire??

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  9. @ madeleine:

    Pour la nuit c'est très différent, rien ne sert de vouloir "éduquer" l'enfant à la propreté, ça vient tout seul, et ça peut venir tard, jusuq´à 5 ans et demi il n'y a pas lieu de s'en inquiéter.
    En fait ce n'est pas une question de volonté, d'apprentissage comme pour le jour, mais de acquisition de réflexes au niveau des sphincters.
    On a beau changer les draps 2 fois par nuits pendant 2 semaines en se disant que ça viendra, ça ne marchera pas.
    Mon pédiatre m'a expliqué ça et ça nous a changé la vie: on a laissé tranquille notre fille la nuit, et elle est devenue propre à 4 ans (alors que le jour c'était à 2 ans et des poussières).

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  10. Tu me rassures. C'est drôle, aucune des mes copines mamans ne m'avait dit ça. Je suis contente de n'avoir pas insisté. ce qui m'embêtait c'était surtout le décalage entre ses demandes (pas de couche maman) et la réalité (drap trempé).
    C'est marrant d'ailleurs parce que j'oublie régulièrement de lui mettre sa couche ces derniers temps et c'est elle qui m'appelle vers 21h pour me signaler mon oubli!

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  11. Ton billet me fait penser à ça : http://www.youtube.com/watch?v=bBw8WSTC2-0
    Il ne ressemble pas à ton fils ?!

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  12. @madeleine: pareil pour ma fille, propre de jour vers 2 ans et demi, de nuit à presque 6 ans!!
    Notre pédiatre nous avait expliqué que c'est une question de maturité cérébrale. En gros, en schématisant beaucoup, à partir d'un certain âge, le cerveau envoie un petit signal aux reins pour leur "dire" de moins filtrer pendant le sommeil, ce qui fait que la vessie est moins pleine et que l'enfant peut supporter une nuit sans lever. En prime les petits ont souvent une phase de sommeil très profond et ne sentent pas qu'ils ont envie d'uriner.

    Surtout NE PAS confondre avec l'énurésie (beaucoup de gens se trompent): un enfant contient jour et nuit qui se met à s'oublier la nuit. Ça n'a rien à voir.
    Et ne pas non plus essayer de réveiller l'enfant (ni même le poser sur les toilettes à moitié endormi), ça va juste flinguer ses rythmes de sommeil (et c'est précieux!!) sans régler le reste.

    Donc attendre et ne pas prendre ça au tragique. Pour ma fille, on avait remarquer que la couche de nuit était de moins en moins lourde, jusqu'au jour où elle ne faisait plus rien.
    On lui a proposé de tenter une nuit "sans filet": succès total! Bien sûr, on "balise" le circuit pour accéder au pot ou aux toilettes (pot pour nous, la sdb étant juste à côté de sa chambre les toilettes à l'autre bout de l'appart!), en lui montrant où allumer la lumière par exemple (ma fille a une lampe de poche, c'est le coté ludique en plus!).
    Il y a eu un accident quelques semaines plus tard, puis plus rien.

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  13. Un enfant "continent", pas contient!!!
    D'ailleurs, on devrait parler de continence, pas de propreté :-)
    Et ne pas dire comme je l'entends souvent (au parc par exemple) ne touche pas à ça, c'est caca"! Ben, non le caca, c'est pas sale, si on le gardait au lieu de l'évacuer, on serait drôlement malade. C'est comme ça qu'on arrive à des enfants terrorisés à l'idée de se lâcher dans un pot et d'y faire un truc "sale".

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  14. Intéressant ! 3 enfants et 3 histoires complètement différentes. La 1ère, propre à 2 ans jour et nuit sans aucun accident et du jour au lendemain ("moi allé école, moi plus couche"). La 2ème, propre la journée du jour au lendemain, quelques semaine après la naissance du 3ème, à 2ans1/2, et parce que je lui ai expliqué, un jour excédée, que je ne voulais plus du tout du tout changer des couches d'un très gros bébé comme elle... En revanche, à 4ans1/2, elle est loin d'être propre la nuit ("je dors trop profondément maman"), et je ne vais pas la stresser... ce que me confirme le pédiatre... Pour le petit dernier... je comprends parfaitement le syndrome "faire durer le plaisir d'être le petit dernier"... Nous avons donc encore 6 mois pour le rendre propre avant la rentrée, mais pour l'instant c'est pas gagné : il s'assied sur le pot tout habillé, patiente quelques minutes et se relève "ah y est fini !!!" Mais bien sûr petit loup... Courage !

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  15. ouh la la, grande histoire chez nous la propreté... ou la "continence". Nos jumeaux (3 ans 1/2) sont devenus propres pour le pipi 2 jours avant la rentrée en maternelle... oui, chez nous, on aime entretenir le suspense et jouer avec les nerfs de maman ! Par contre, pour la selle (terme plus élégant s'il en est), c'est toujours pas gagné, ils ne font que dans la couche le soir (enfin... quand j'ai de la chance, sinon, c'est dans la culotte... super !)... et encore, ils ont finalement compris après les vacances de la Toussaint que faire leur selle dans la culotte à l'école, ça n'était vraiment plus possible... Aujourd'hui, doucement, l'un des deux arrive 1 jour sur 2 à faire dans les toilettes quand à l'autre, ça ne lui est arrivé qu'une seule fois... Si quelqu'un a une idée... je suis preneuse, pour l'instant, j'ai juste abandonné toute tentative et j'attends un miracle

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