vendredi 29 août 2014

Nos soirées parisiennes...



Je viens de voir le film Babysitting.
Contre toute attente, j'ai beaucoup rigolé. Comédie et bons sentiments sont certes, au départ, gentiment mêlés, mais les gags, la réalisation, les successions de scènes et de petits rôles complètement dingues (Vincent Desagnat, je t'aime!), ainsi que les nombreuses références à notre génération (course-poursuite style Super Mario Kart, karaoké sur Michael Jackson), dans une ambiance parisienne version banlieue de la Bande à Fifi, font vraiment mouche dans un film de plus en plus déjanté. Un peu comme un Very Bad Trip sauce parigo.
Un film populaire sympa donc, plutôt familial et fédérateur, mais réussi.


Ce film a été aussi l'occasion de me refaire penser à toutes nos soirées avec Jean-Chou et nos copains, durant nos jeunes années parisiennes.
Du temps où nous étions insouciants, et où il ne nous paraissait pas complètement fou de nous coucher à 6h du matin. Du temps où nous ne rechignions pas à inviter une trentaine de personnes dans notre petit 2 pièces de 40 m2 du XIVème arrondissement (une quinzaine dans le salon, une dizaine dans la chambre, et le reste de la population disséminée sur les balcons minuscules, dans la salle-de-bain, les toilettes et la cuisine, NORMAL).
Du temps où notre unique relation avec nos voisins du dessous consistait en des coups de balai, administrés invariablement sous notre plancher à partir de 21h00 chaque samedi -que nous invitions une seule vieille tante aphone, menue et fatiguée, ou une équipe de rugbymen en surpoids et sérieusement avinés-.




Avec Jean-Chou et notre bande, plutôt cosmopolite, nous avions, comme dans le film, une façon assez créative de nous amuser... et finalement si ces films sont aussi réussis, c'est parce que les gags qui y sont présentés sont souvent des faits réels.


Je me souviens de notre première soirée tous ensemble, peu après ma rencontre avec Jean-Chou: une quinzaine de potes, dans l'appartement parental parisien. Tout le monde chantant à tue-tête "je ne suis pas un héros", de Balavoine.
A un moment tardif, on sonne à la porte.  En ouvrant, des flics (jusque là, NORMAL), qui nous lancent, avec un accent du sud bien prononcé: "alors, c'est qui le héros?". Appelés pour tapage nocturne, les deux compères se sont présentés à nous comme "l'agent Talu" et "l'agent Bambois". Ils nous ont un peu sermonnés, ont discuté une petite demi-heure avec quelques nanas, puis sont repartis en service. A la fin de leur nuit de travail, ils ont sonné à nouveau chez nous vers 6h du matin, pour nous apporter les croissants et retrouver les deux nanas célibataires avec qui ils avaient fait connaissance.
Nous avons donc fini notre soirée en compagnie des policiers venus nous verbaliser pour tapage. Et c'est d'ailleurs simplement au bout de ces longues heures que nous avons compris qu'ils ne s'étaient pas présentés sous leurs vrais noms.

Jean-Chou vivait dans un studio du 6ème arrondissement, juste à côté d'une boite échangiste. Ses copains s'amusaient parfois à organiser des planques, pour observer les allées et venues des habitués, dont certains très célèbres. Un soir, n'y tenant plus, ils ont décidé de maquiller et déguiser l'un d'eux en fille (de très, très mauvaise vie), tout en revêtant la tenue du beauf dans toute sa splendeur: perruque à bouclettes, moustache, survêt Adidas, chemisette ouverte et chaine en or, téléphone portable accroché à la ceinture, chaussettes blanches, Gitane au bec. La mission étant de leurrer le vigile pour pouvoir entrer... qui était évidemment mort de rire à chaque fois qu'ils se présentaient devant lui... en changeant régulièrement de style vestimentaire.

Il y avait aussi des soirées "plage": un des copains les plus excessifs n'hésitait pas, pour que la soirée soit réussie, en l'absence de ses parents, à bâcher entièrement le parquet de l'appartement familial boulevard Montparnasse (en prenant soin de faire remonter les bâches assez haut sur les murs) pour le recouvrir de centaines de kilos de sable, commandé préalablement chez des fournisseurs spécialisés du bâtiment. Ainsi, il était fin prêt à accueillir ses convives, exhortés à venir en maillot de bain pour siroter des cocktails sur sa plage privée, en plein mois de janvier.
A lui ensuite de se débrouiller pour remettre l'appartement en état... ce qui était un peu compliqué mais cela, selon lui, en valait la chandelle!
 Dans la même veine et plus simples à organiser, les soirées "petit-déjeuner" étaient aussi au programme, tout le monde venant en pyjama, et se sustentant d'un dîner à  base de croissants et tartines de confiture, l'alcool étant généreusement servi dans des bols à côté du Nesquick.

En été, nous nous retrouvions dans le sud, chez moi, ou dans les maisons des copains qui avaient une piscine, pour y passer la nuit et jouer au Trivial Pure-Cuite, en toute simplicité. Le nombre de couchages disponibles dans les maisons étant un détail, puisque la plupart des invités finissaient par dormir dehors, à même les matelas pneumatiques, ou lamentablement échoués sur une bouée à moitié dégonflée, ronflant tout près d'un reste du fromage de la veille, ou bavant légèrement sur une serviette encore imbibée de substances liquides mystérieusement alcoolisées, tout près de laquelle une guêpe, sonnée, voltigeouillait péniblement de traviole.
Nous étions ensuite très pro pour tout nettoyer parfaitement et accueillir, frais et dispo, les parents revenus de week-end.

Je me souviens de soirées dans notre nid d'amour parisien: Il n'était pas rare que nos amis aient tout le mal du monde à rentrer chez eux... L'un d'entre eux, qui a aujourd'hui un poste très sérieux et très ren vue en politique, a raconté avoir courageusement rampé toute la nuit, entre le XIVème et le Vème arrondissement, pour rejoindre difficilement mais vaillamment son domicile. Il avait, en chemin, perdu ses chaussures, et n'a jamais réussi à se souvenir comment.
Il n'était pas rare qu'un invité laisse des traces de son passage. Une bouteille de pastis avait une fois été renversée par mégarde, devant notre palier, sur le tapis traditionnel recouvrant l'escalier de tout l'immeuble haussmanien. Ainsi, à chaque fois que nous passions la porte cochère, notre voisinage et nous-mêmes étions plongés, plusieurs mois durant, dans une ambiance "cabanon à Cassis, cigales et guarrigue". Exotique, donc, en hiver à Paris. Mais c'est vrai qu'il faut aimer l'odeur de l'anis.

Parfois, nos voisins du dessus, tout aussi farfelus, s'amusaient à faire des soirées pétanque sur leur parquet du 6ème étage, à l'aide de billes (certainement des nostalgiques de leur région PACA, tout comme moi). Nous y avions été conviés deux ou trois fois. Mais nous les avions prévenus de nos dates d'examen, puis de reprise de boulot, afin de conserver avec eux des liens de voisinage corrects,  distants mais conviviaux.
Une autre fois, plusieurs copains se sont mis à plusieurs, en fin de soirée, pour déplacer la twingo d'un de leurs comparses, et la mettre en travers de la route où elle était garée. Je ne me souviens pas de la raison précise de ce mouvement collectif absurde. Ni de son dénouement (certainement que la police est, encore une fois, intervenue. NORMAL).

Dans la bande, il y avait un copain portugais. Il s'amusait à réaliser un documentaire sur une équipe de foot fictive, le documentaire étant tourné par ses soins, avec des acteurs amateurs: ses potes.
Pour les besoins du tournage d'O Cloub', donc, plusieurs jeunes hommes de notre groupe d'amis se retrouvèrent, le plus naturellement du monde, seulement vêtus d'un léger string panthère, à devoir déambuler sur tout le Boulevard Montparnasse, de bas-en-haut, puis en sens inverse, en pleine nuit (ce qui fait une trotte). La mère de l'un d'entre eux avait d'ailleurs eu une petite frayeur, plusieurs semaines après, en tombant sur des photos de son fils en petite tenue.
Il y a eu aussi une soirée "Traversée de Paris": plusieurs d'entre nous ayant pour but de traverser Paris à pied en une nuit, en s'arrêtant dans les hauts lieux de la fête, mais très peu de temps à chaque fois... certains faisant parfois des haltes pour piquer un petit somme ou/et reprendre des forces, dans des endroits tranquilles et confortables comme...au hasard, le parvis de Notre-Dame ou celui d'une Gare. Là encore, NORMAL.


C'est bon de se souvenir de nos années étudiantes à Paris... sans contraintes familiales, sans enfants en bas-âge! Et poser ses souvenirs par écrit, c'est se replonger dans une époque révolue.
Beaucoup d'étude, pas que de l'insouciance, mais pas mal de fête aussi... dans les boites, dans les beaux quartiers ou en banlieue, sur le champs de Mars en plein été, dans les appartements sublimes duplex avec terrasse dignes de magazines de déco, ou dans des toutes petites loges de concierge... avec tout un tas de copains complètement différents, certains très farfelus, d'autres plus tradi... ce qui nous unissait étant de s'amuser de manière... créative et ludique, toujours autour d'un thème fort pour signer la soirée, et toujours dans la gaieté! Une sorte de mix entre "Tout ce qui brille" et "Very Bad Trip".

Dire qu'un jour nos enfant s'amuseront aussi... ;-)
Nostalgie!


Tous les faits relatés ici sont des faits ayant réellement existé. Aux personnes qui s'y reconnaitront, et qui ont désormais, pour la plupart, une vie posée et réfléchie de bon père de famille, je leur fais un petit coucou!





5 commentaires:

  1. Ah souvenirs souvenirs! Il est vrai qu'on a mis quelques heures à comprendre le subtil jeu de mot des agents Talu et Bambois.., peut être un peu trop de glaçons dans le rosé..,

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  2. Merci pour ce billet qui m'a permis de faire un clin d'oeil à notre vie d'avant : une autre ville, pas une Twingo mais ma C3 bloquée à 4h du mat, pas de sable mais du bouillon cube caché dans le pommeau de douche...

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  3. Très franchement, rien qu'à la vue de l'image qui illustre l'article, je n'ai même pas envie de voir le film. J'ai l'impression que c'est un monde de débauche et d'irresponsabilités.

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  4. Vous aviez quel âge quand vous sortiez le soir comme ça? Personnellement, j'ai des parents très stricts et jusqu'à maintenant, je ne suis jamais sortie avec des amis tard le soir, uniquement avec des membres de la famille en qui ils ont totalement confiance.

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    1. À partir de 18/20 ans...
      J'ai eu des parents relativement stricts, mais avec qui on fonctionnait sur la confiance, et qui m'ont laissé pas mal de liberté, aussi.
      Et à partir de 18 ans, ben de toutes façons j'ai toujours pu faire ce que je voulais... Mais je n'ai jamais été une grosse fetarde assoiffée d'excès... J'ai aimé faire la fête mais j'ai toujours adoré passer mes week-end avec mes parents!
      J'ai été une fille assez sage et studieuse, tout en aimant bien s'amuser!

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