lundi 29 septembre 2014

La rentrée: petits et grands bouleversements chez nos enfants...


Ce mois de septembre est passé à toute allure.
C'est un mois génial sur la Côte puisque le temps est toujours estival, l'air plus sec, la lumière plus belle, et la mer toujours bonne... même s'il n'y a plus de cigales, tout y est plus agréable qu'en plein été.
Les week-ends ont été rythmés par les sorties à la plage, deux anniversaires (dont un organisé sur un site d'accrobranche, Pitchoun Forest à Villeneuve-Loubet très sympa!), des balades en tout genre.

MAIS ça a été aussi un mois difficile, éprouvant pour tout le monde, car la rentrée, chaque année, est un vraie bouleversement.

Nos trois enfants, après des vacances d'été vraiment top, ont réagi chacun à sa manière, dans le plus pur style créatif et anarchique, dont les enfants sont les spécialistes (c'est à dire, de manière relativement épuisante). Et nous, parents, avons tenté de su(rv)ivre ce rythme en essayant d'etre là pour chacun.
Ca commence à s'arranger.

 Petit cas pratique...






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L'ainée:

Rentrée au CP, toute heureuse de retrouver ses copines, de découvrir sa maîtresse, d'utiliser ses fournitures scolaires... au taquet depuis le milieu des vacances, surexcitée à l'idée d'apprendre plein de choses, à vouloir faire mille choses en même temps, comme à son habitude.

A peine rentrée à l'école, elle est SUPER enthousiaste. Elle ADORE faire ses devoirs (et heureusement car il y en a pas mal...). Elle ADORE bien faire. Elle en veut toujours plus: lire un peu plus l'histoire du soir, apprendre un peu mieux à compter, faire des travaux manuels dans sa chambre à 20h00, acheter tel livre sur les dinosaures, etc...
Elle a, en même temps, commencé le piano cette année, ce qui a tendance à en rajouter en terme de choses à faire (on est sensés lui faire travailler le piano ET la formation musicale un peu chaque jour).

Le problème:

Contrairement à son frère, qui est plus dans l'économie, se connait, sait se reposer de lui-même, elle ne sait pas débrancher. Chaque soir, le moment du coucher est un drame pour elle, car il signifie STOP. Arrêt des activités, arrêt des pensées, arrêt des projets... elle n'aime pas s'arrêter pour dormir, et ce, depuis toute petite.
Il faut qu'on arrive à gérer ce moment le plus doucement possible, et ce n'est pas évident, car on doit donner aussi du temps aux autres.
Elle a aussi, depuis la rentrée, développé quelques tics, ce qui est nouveau. De légers tics aux épaules, au cou (le retour de Sarkozy la bouleverse peut-etre un peu?). Renseignements pris, j'ai compris que c'étaient souvent les enfants perfectionnistes et angoissés qui expriment les choses à travers des tics, le stress se libère de cette manière par le corps.

La réaction parentale:

au départ, on était un peu désemparés: on a l'impression de ne pas lui mettre de pression du tout: je ne stimule pas trop les choses chez elle sur le plan scolaire, j'ai plutôt tendance à répondre à ses besoins, à ses demandes, très nombreuses. Même si, évidemment, les chiens ne font pas des chats, elle voit qu'on s'intéresse à des choses, qu'on est curieux d'idées, de voyages, de lectures, de découvertes.
 Le piano, c'est elle qui a voulu en faire (même si, c'est sûr, il y a eu une proposition des parents à un moment), mais sinon, je tiens à ce qu'elle ait plein de moments de calme, propices à l'ennui, pour qu'elle se détende, parte dans l'imaginaire. Elle n'est pas surchargée d'activités. Parfois, même, je l'aide à déconnecter d'une activité très prenante pour l'inciter à souffler, trainasser, ne rien faire de spécial, se reposer.
Je ne la fais pas bosser son piano chaque jour, même si sur le papier, "il faudrait", pour ne pas ajouter de contraintes trop fortes en cette année scolaire chargée.

Mais ma fille, c'est moi petite. Je me reconnais pas mal en elle, j'étais bonne élève, perfectionniste et angoissée aussi.
La maitresse nous a rappelés, à la réunion de rentrée, de ne pas mettre trop de pression à nos enfants, parceque, même si on avait l'impression de ne pas leur demander grand-chose, ils se mettent d'abord la pression tout seuls; eh oui, ils veulent nous ressembler, et surtout, nous plaire. Dès tout-petits.

J'essaie de me rappeler ça, et je me suis aperçue d'une chose: ma fille nous rapporte toujours de bons devoirs, propres et soignés, avec toujours de très bonnes évaluations: à chaque fois avec son père on lui dit, donc, qu'on est super fiers d'elles... normal. Oui mais finalement, ça ne lui donne pas l'occasion de savoir si, en cas de mauvaise note, on serait toujours aussi fiers d'elle (et donc, si on l'aimerait tout autant). C'est peut-être de la psychologie de comptoir mais, pour être passée par là petite, je pense que ce point d'interrogation peut suffire à l'inquiéter.
Je lui ai donc dit, un matin: "tu sais ma puce, si un jour tu nous ramènes une mauvaise note, ou que tu as mal travaillé, ou que tu n'y arrives pas parceque tu es mal lunée, ca ne changera rien au fait qu'on t'aime fort! ce n'est pas grâce à tes bonnes notes qu'on t'aime, mais juste parceque tu es notre fille d'amour!".
Voilà. Au moins c'est dit... je vais éviter d'insister aussi là dessus pour ne pas faire la mère trop relou... peut-être que le meilleur moyen de vérifier tout ça, et de lui montrer que tout ira bien, c'est qu'un jour elle nous ramène une vraie et concrète mauvaise note!

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Le cadet: 

Petit garçon chou au possible à son habitude, une crème, un chat, un amour d'enfant, drôle, sympa, obéissant, pas compliqué, passionné par "les trucs qui roulent". Un p'tit gars cool, donc, qui a une qualité intéressante: il exprime facilement et justement, par la parole, ses émotions.
Il est rentré, cette année, en moyenne section.

Le problème:

Depuis la rentrée, chaque matin pendant les premières semaines, lorsqu'on le laissait dans la petite cour des maternelles, était un drame.
Impossible pour lui d'aller jouer sur les super toboggans de la cour, il regardait son père ou moi partir, en pleurant toutes les larmes de son corps. Ses copains ne l'intéressaient pas plus que ça, et même son joli tablier en Liberty bleu, imprimé de petites voitures, tout spécialement cousu par sa grand-mère, ne lui a pas donné de superpouvoirs.
Et après l'école, il me faisait la guerre: bouder, taper, râler, pleurer... que des comportements très nouveaux entre lui et moi, qui ne le rendaient pas du tout heureux (et moi de même)

La réaction parentale:

Bien embêtés, on se demandait un peu quoi faire, à part laisser du temps au temps...
l'après-midi, avec lui, je devais tenir bon: me faire respecter, le punir quand il devenait odieux avec moi (ben oui, forcément, tout était de ma faute, il était tellement bien avec maman pendant les vacances), mais aussi lui montrer que j'étais là pour lui... trouver un équilibre, pas facile, fatigant.

Et puis on a compris, petit à petit, quelque chose d'évident; cette année, pour la première fois, il n'est plus dans la même cour que sa sœur, qui est passée dans la "grande" cour.
Lui qui était en totale fusion avec elle, qui jouait beaucoup avec elle dans la cour l'année dernière, se retrouve seul, livré à lui même dans cette jungle: il faut qu'il s'y fasse sa place petit à petit, et, entre les bagarreurs, les casse-cou et les plus calmes, se trouve des potes, des vrais alliés (on dirait que je décris une cour de prison, mais non... nous sommes bien en maternelle, huhu).

Il a vécu sa première épreuve de séparation...
depuis quelques jours, tout rentre peu à peu dans l'ordre: il travaille bien à l'école, le maître me dit qu'il va bien, il est redevenu adorable avec nous, et même s'il a encore un peu le menton qui tremble le matin quand on le laisse, il essaie de "se contrôler", cette volonté d'y arriver par lui-même nous touche. Ce week-end, de lui-même, il nous a dit qu'on pouvait cesser de mettre son doudou dans son cartable, car le maître avait dit en classe que les moyennes sections n'en avaient plus besoin.
Heureusement, l'après-midi, le mercredi et le week-end existent encore (Si si, il vérifie ça presque tous les jours en nous le demandant), ils sont synonymes pour lui de bonheur total: il retrouve ce qu'il possède de plus cher: ses Lego (avec roues!), ses sœurs, ses parents, son doudou... son cocon.
Il grandit... (pas trop vite, hein!)

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La petite dernière:

10 mois! Je vous ai déjà dit qu'on était complètement fous d'elle? depuis qu'elle est là c'est dingue comme on a le sentiment que notre famille DEVAIT être composée de trois enfants (au moins? ;-). Sa présence est indispensable à la fratrie, à ses parents, elle a trouvé toute sa place, et passe la journée, avec ses milliers de sourires, à nous faire fondre (et à nous épuiser aussi, puisqu'elle cavale partout dans l'appartement à quatre pattes et fait mille bêtises). Il est loin le temps où on nous demandait "mais comment vous allez faire avec trois enfants?". On fait... et on y arrive!

 Le problème:

 Bon. Déjà que depuis le début de l'été elle ne faisait pas exactement "ses nuits"... à partir de la rentrée, c'est devenu l'anarchie. D'un réveil vers 4h du matin, elle est passée à deux réveils. Ou trois, tiens, parfois.

La réaction parentale:

Habituellement je suis plutôt pour la laisser chouiner un peu... mais les chouinements duraient, duraient, puis devenaient de vrais pleurs et je la retrouvais, à 2h du mat', après une heure de râles en tous genres, ambiance brame du cerf, debout dans son lit, accrochée aux barreaux, les yeux écarquillés, telle un pilier de bar soudé au comptoir implorant bruyamment une dernière Suze pour la route (vision d'horreur s'il en est).

Et puis ça finissait par réveiller son frère, aussi (avec qui elle partage sa chambre). Et puis on finissait par s'engueuler un peu avec Jean-Chou, aussi. "Non, n'y va pas, laisse-là un peu. Bon, j'y vais, là, tu ne crois pas? Je ne sais pas si c'est une bonne idée, le biberon à 1h du matin, là, on se fait bouffer... oui mais j'ai mis moins de doses de lait dedans! et sinon le réveil sera encore plus dur demain!". Bref... des discussions de couple tout à fait fascinantes, à 4h du matin...

Ça a donc beau être notre troisième enfant, c'est, finalement, toujours aussi compliqué à comprendre, un bébé. On a essayé un peu tout, et avec la rentrée, on a laissé tomber les principes, et décidé de parer au plus urgent: l'empêcher de trop réveiller son frère, et réussir, en tant que parents, à avoir des nuits à peu près correctes (6h de sommeil, c'est trop demandé?), pour tenir le coup la journée.
Le week-end dernier on a gracieusement confié ces trois plaies, heuh, MERVEILLES, à leurs grands-parents, qui se sont pris de pitié pour nous. Résultat, ce sont eux qui avaient des cernes jusqu'au menton quand ils nous les ont ramenés... mais ça nous a permis de dormir enfin une nuit complète, ce qui ne nous était pas arrivé depuis de loooongs, longs mois.

Depuis, les choses se remettent en place tout doucement. Je sais qu'en théorie, vers 9-10 mois, le sommeil d'un bébé se complique, avec des phases de sommeil léger vers 1h et 5h (exactement les moments critiques chez nous). En théorie toujours, il faudrait essayer de laisser son bébé apprendre par lui meme à replonger dans le sommeil profond, sans venir le chercher à la minute (ce qui achèverait de le réveiller complètement). MAIS en pratique, et selon les contraintes de la vie de famille, des chambres et du sommeil des autres enfants, tout ça n'est pas si simple. On fait comme on peut...
On se dit que tout ça finira par passer... comme tout.
 En attendant, au réveil, et chaque matin sans exception, elle recommence à nous faire fondre avec des grands sourires... ah ils sont forts ces nains!

Pour les curieux, voici un site que mon pédiatre m'a conseillé et qui regorge d'infos sur le sommeil des enfants:
 "le Petit Train du Sommeil" 
http://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/challamel/prosom/train2.php



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Voilà pour ce bilan de rentrée...
un petit instantané de notre vie familiale, avec ses bonheurs et ses emmerdes (plus il y a d'enfants, plus ces deux choses là sont intensifiées), celle qui nous rend chèvres, et fous de bonheur à la fois!
et qui nécessite surtout, selon nous, une solidarité parentale sans faille, beaucoup d'énergie, de présence, et de temps à consacrer à l'observation, l'écoute de chacun... car c'est en passant du temps auprès d'eux, ce temps anodin et banal du quotidien, qu'on apprend à les comprendre. J'en suis persuadée.
C'est passionnant!

Je vous laisse avec quelques photos de ce mois de septembre, et surtout ce beau texte qui nous a été distribué par la maitresse de ma fille ainée:
"Prière secrète d'un enfant à ses parents", de Jacques Salomé.























le "Café-séjour"









2 commentaires:

  1. Bravo à la maîtresse d'avoir distribué ce texte. Je sens que je vais faire pareil l'année prochaine !

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  2. Génial le texte de la maitresse. Exactement mon point de vue...
    Aude

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