samedi 29 novembre 2014

Toulon-Clermont a l'Allianz Riviera: mon premier match de rugby!



Pour finir cette année en beauté et entamer cette période de l'Avent avec sérénité, Jean-Chou et moi avons prévu tout un tas de sorties en amoureux pendant les week-ends à venir.

Notre première activité à consisté, pour moi, en la découverte du nouveau stade niçois, l'Allianz Riviera, ainsi que d'un match de rugby. 
Je suis plutôt réticente à aller voir des marches de foot; je n'aime pas beaucoup l'esprit, l'ambiance, les supporters. Le seul match de foot auquel j'ai assisté dans ma vie, c'était en Italie (Udinese contre Sporting de Lisbonne) et je crois que, même si l'expérience sociologique et anthropologique, voire stylistique, m'a intéressée, j'ai eu ma dose de mères de famille hystériques qui crient "va f´enculo" à tout bout de champ à l'arbitre, en compagnie de leur sémillant mari en jogging qui a pris soin d'enregistrer le truc chez lui pour refaire le match tranquillement devant sa VHS en rentrant. Non, franchement, ce sport n'est définitivement pas fait pour moi.


En revanche, j'étais plutôt attirée par l'esprit rugby, le physique impressionnant des joueurs, leur côté "homme préhistorique" assez attirant, et l'apparence plutôt bon enfant des supporters, dans un sport moins politique, plus "culturel", me semblait-il, que le foot. J'étais donc assez partante pour vivre un match en live.

Je n'ai pas été déçue. La séance de Pilou-pilou du début, cette espèce de Haka provençal criée par un aboyeur Toulonnais avant le match, m'a tout à fait fascinée. Il faut vraiment que j'aille chercher la signification de cette... chose.

Autant dans les gradins du match de foot j'avais littéralement honte d'être assimilée à ces bonnes femmes qui hurlaient tout leur fiel et toute leur frustration en patois frioulain, et à leurs maris bedonnants qui donnaient vraiment l'impression de Vivre leur propre vie par procuration, à travers les réalisations des joueurs qu'ils n'hésitent pas à s'accaparer, autant je me suis vraiment amusée en regardant du rugby: 
déjà, je suis tombée sur un match plutôt génial pour m'initier, rassemblant les 2 meilleures équipes d'Europe du moment, avec un maximum d'action: même si je ne comprends globalement rien au machin, j'ai tout de même essayé de suivre un peu: les mêlées, mêlées ouvertes, essais, poteaux, en-avant, et autres chandelles ont encore bien des secrets pour moi, mais je dois avouer, c'était beau. Et rapide. 

J'ai bien vu que mon esprit divaguait un peu parfois alors que le supporters étaient tous fous autour de moi (j'étais fascinée de voir ces 30 mastodontes, merveilles de la nature, demi-dieux au physique et au mental supérieurs à ceux de tous les spectateurs réunis autour du gazon, je trouvais ça assez esthétique et vertigineux, limite métaphysique, oui oui), mais je parvenais à me remettre régulièrement dans le match en me raccrochant aux passionnées et néanmoins patientes explications de Jean-Chou. 

Même si, ne nous y trompons pas, au fond, je m'en fous un peu de toutes ces règles, et je serais bien incapable de vous les expliquer d'ailleurs, ce que j'aime dans le sport c'est plutôt l'aventure du moment, l'esthétisme, les couleurs, les bruits de la foule, l'odeur de l'herbe et les mottes de terre qui se retournent, la ola, ces cœurs d'hommes qui battent à l'unisson, qui donnent un supplément d'âme à la pure technique du jeu... C'est toujours un peu mystérieux pour moi et je pense que ça le restera. 

Ah oui, et ce que j'aime aussi, enfin, ce qui avait achevé de me convaincre quand Jean-Chou m'avait annoncé avoir deux places pour le match, c'est quand même les loges, les petits fours et boire un petit coup à l'heure du goûter. Le salon VIP, oui franchement, pour une novice comme moi qui ne rechigne jamais devant une coupe de Champagne, ça compte.

Bon, en fait de coupes de Champagne, il y avait surtout de la bière qui coulait à flot, joliment présentée sur des tonneaux, et du vin à profusion. Un charmant groupe de rock-métal accompagnait le tout, et on a été agréablement surpris, l'ambiance était chouette. Les mecs autour avaient un peu tous des têtes d'étudiants en informatique, mais j'aime bien ce genre de physique, ćest rassurant. Ça faisait un peu "soirée au pub aux sports d'hiver", et vu que du stade on voyait les montagnes enneigées, et que la virée ski fait partie de nos prochains week-ends, ça me plaisait bien. Mais... je m'égare.
C'était surtout bon de se retrouver tous les deux comme deux jeunes cons sans responsabilités parentales, avec le sourire au lèvres et la blagounette facile, sans d'autre ambition que de passer un bon moment en disant des trucs moyennement intelligents.

Fidèle à mon côté fine-bouche, j'ai choisi d'entamer la mi-temps avec un petit verre de vin blanc, suivi quasiment immédiatement par un petit verre de rosé du Var (on est pour Toulon oui ou non?), que, fébrile j'ai emporté avec moi, tel le Précieux, jusqu'à ma place dans les tribunes.
N'ayant pas mangé grand-chose depuis la veille au soir, le vin était le premier aliment que j'ingérais de la journée, vers 15h30. J'avoue que la deuxième mi-temps s'est déroulée de manière un peu différente de la première: je posais beaucoup moins de questions, j'avais la banane en sirotant mon petit rosé, usant de moult jeux de mots plus réjouissants les uns que les autres avec un Jean-Chou non moins guilleret à mes côtés.

On s'est donc bien marrés, et même si mes gestes étaient un peu tressaillants et ma clairvoyance moins nette ("y' en a deux des Armitage dans l'équipe ou je vois double?"), j'ai bien senti que tout le monde était un peu dans le même état autour de moi: une vraie ambiance de fête, super sympathique. Tous ces gars en rouge et noir autour de moi avaient l'air de vraiment kiffer, je me suis adaptée très vite à leur univers, elle était plutôt agréable, leur grand-messe.
Tout occupée à me marrer (toute seule ou avec l'époux), j'ai un peu moins bien suivi tout ce qui s'est passé (j'ai tout de même poussé un Oh d'admiration devant la belle tignasse cro-magnonne de Castro Giovanni, ou devant les jolies gambettes de Bastarreaud), mais j'ai vraiment passé un bon moment.

J'ai trouvé plutôt croquignolette cette tradition, manifestement spécifiquement niçoise, du jet de journal, signifiant que le match est plié, et je m'y suis prêtée de bon cœur. J'ai jeté mon Var-Matin avec toute l'énergie que j'ai pu déployer, compte tenu de mes capacités physiques et intellectuelles du moment, un soupçon amoindries par vous-savez-quoi.

Nous sommes sortis du stade enchantés (je passerai sur les deux heures de bouchons à la con à la sortie du stade et l'accès à l'autoroute fermé à la sortie St Isidore -débile le truc- qui nous ont fait arriver avec plus d'une heure de retard chez la mère d'une copine qui nous gardait les enfants, mais BREF, mille merci à elle, c'est un amour).

Ci-dessous un petit photo-reportage instagramesque de toute beauté:






   Le bracelet VIP qui sert à se la péter 


    Les mecs du GIGN qui arrivent en cordée par le toit du stade et qui viennent faire un coucou à Camille Muffat, qui a donné le coup d'envoi (toute cette virilité a du plaire au peu de nanas, dont moi, qui figureraient au rang des spectateurs)

   L'élégance varoise, mondialement reconnue.

Les fils de Toto, Kurt Cobain et Smashing Pumpkins.

   La cervoise.


Mon bras gauche, reposant innocemment sur un extrait de Var-Matin consacré à une assertion du grand philosophe Mourad Boudjellal, sobrement surmonté d'un verre de rosé. 


   La cérémonie du jet de journal, qui a impressionné la ménagère simplette que je suis.


   Un tapis de Var-Matin.


   Le buffet, revigorant pour éponger l'apéro.



    Le somptueux stade.


Ah ! Nous les terribles guerriers du Pilou-Pilou
Pilou-Pilou !
Qui descendons de la Montagne vers la Mer
Pilou-Pilou !
Avec nos femmes échevelées allaitant nos enfants
A l'ombre des grands cocotiers blancs
Pilou-Pilou !
Nous les terribles guerriers poussons notre terrible cri de guerre
AAAARRRGGGGHHHHH !
J'ai dit "NOTRE TERRIBLE CRI DE GUERRE" !
AAAARRRGGGGHHHHH !
Parce que TOULON
ROUGE !
Parce que TOULON
NOIR !
Parce que TOULON
ROUGE ET NOIR !

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