mercredi 17 décembre 2014

Le conservatoire, le CP, l'esprit de compétition, les devoirs, Amy Chua, la fatigue, mon role de mère, et... mon avis sur tout ça.



J'avais inscrit ma fille au conservatoire un peu par hasard: le critère principal était qu'il était à 5 minutes à pied de la maison...
j'avais choisi naïvement "piano" et "guitare", sans réaliser que ce seraient les instruments les plus demandés.
Pour je ne sais quelles raisons, ma fille a réussi à intégrer le conservatoire en cours de piano, alors que les statistiques de réussite étaient déjà infimes (pire que médecine, presque).

Déjà, j'ai trouvé ces scores un peu fous. Mais voilà, ma fille ayant eu la chance d'être admise, on a quand même trouvé ça super, et on s'est dit que ce serait un moyen reconnu, de qualité, pour apprendre un instrument.




Cette année, en même temps que le CP donc, elle devait aller à la musique deux fois par semaine; un cours particulier de piano de 20 minutes, et un cours de formation musicale, en groupe, de 45 minutes.
Les profs étaient, objectivement, géniaux. Super sympas, souriants, sachant parler aux enfants, les faire rire et les intéresser. Ma fille était donc plutôt contente d'y aller.

Oui mais voilà. Ce qu'on ne savait pas forcément en commençant, c'était à quel point le conservatoire était exigeant. Les cours hebdomadaires ne sont là que pour vérifier l'évolution de l'enfant: entre temps, il est sensé "travailler" son piano une demi-heure par jour minimum, sans compter le solfège.
Evidemment que ma fille, a 6 ans, déjà bien crevée le soir en rentrant à la maison, avec des devoirs assez importants à faire, n'avait aucune envie de s'y mettre.
Evidemment que moi, avec deux autres enfants de 4 ans et 1 an, c'était assez compliqué de la faire travailler (rien que les allers et retours sont, en soi, un peu compliqués, avec les autres enfants à occuper en silence pendant le cours).
(je précise que leur père, aussi merveilleux et magnifique soit-il, n'est pas intégré dans notre agenda de la semaine, ses horaires de boulot ne lui permettant pas de s'engager de manière régulière dans l'accompagnement aux activités extra-scolaires. 
Je précise aussi aux égalitaristes enflammés que cette organisation nous convient très bien ainsi ;-)

J'ai parlé de mes interrogations à un copain prof de musique au conservatoire; il m'a dit que même avec ses filles il avait ces difficultés. Aucun enfant n'est content, de lui-même, d'aller travailler son instrument au quotidien. C'est à ses parents de savoir comment le motiver, le pousser pour qu'il s'y mette, et savoir jusqu'où ils peuvent aller.

Parfois je réussissais à faire travailler ma fille, mais je n'ai jamais trop aimé faire ça: cette impression de la contraindre, d'ajouter des devoirs aux devoirs, de l’empêcher d'aller enfin souffler et se reposer après une journée très chargée... je ne l'ai pas très bien vécu. C'était presque de la maltraitance (de mon point de vue). En fait, je trouvais ça vain, et contre-nature.
Je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas ambitieuse pour mes enfants au point de trouver la motivation de les contraindre à se mettre au piano, comme certains parents savent le faire.
Je n'ai pas d'ambition personnelle à assouvir non-plus, n'étant pas musicienne je ne suis pas animée par la transmission de ma passion... ça complique certainement plus la tache. Et puis, je n'ai pas de rêves de pianiste brisés que j'aimerais projeter sur mes enfants. Non.
Peut-être qu'avec un enfant unique j'aurais pu mettre toute mon énergie et tous mes espoirs sur le même cheval... mais voilà, ce n'est vraiment pas ma conception de la maternité, et puis on a fait plusieurs enfants, notamment pour cette idée de ne pas mettre toute une pression sur un seul enfant, pour les laisser vivre, et jouer, s'occuper entre eux, sans intervention parentale sur tout (là encore, c'est simplement ma vision personnelle de la fratrie, je conçois qu'on pense différemment).
Bon et puis le PLAISIR, dans une activité qu'on choisit, c'est important, le plaisir! Je n'en ressentais pas particulièrement.

J'avais juste inscrit ma fille au conservatoire pour qu'elle se fasse PLAISIR, donc, et apprenne un instrument.
Je me suis un peu trompée, puisque, de semaine en semaine, je commençais à sentir qu'on me mettait, en tant que mère, la pression. Et ça, franchement, dans nos vies déjà bien chargées en contraintes, je n'ai vraiment, mais vraiment aucune envie qu'on me reproche de ne pas assez faire "travailler" ma puce de 6 ans, qu'on me fasse culpabiliser de partir en week-end, et qu'on me dise qu'à ce rythme-là, elle ne sera pas admise dans la classe supérieure. Je pense qu'on aura tout un tas de soucis qui vont nous tomber dessus au fur et à mesure que la scolarité de nos enfants avancera, autant ne pas se faire du mal inutilement dès maintenant.

En fait je n'avais pas tout à fait saisi que la musique au conservatoire était une école en plus de l'école: des devoirs, des sélections, des concours, des horaires aménagés pour les plus grands, de la pression (la parfaite définition du mot cauchemar, à mes yeux).
Je n'ai pas eu besoin de réfléchir beaucoup pour comprendre que je ne me projetais pas du tout dans un avenir comme celui-ci: ma petite puce de 6 ans, à l'aise à l'école et en société, n'a pas particulièrement besoin, pour satisfaire ses parents, d'être, en plus, un petit prodige en piano (ou en quoi que ce soit d'autre).

Je ne juge pas les parents qui font ce choix du conservatoire, je pense que tout dépend des enfants... (il y a des enfants réellement brillants qui peuvent mener de front école de bon niveau et activité extra-scolaire exigeante) mais je me sens tout de même un peu extra-terrestre: je ne me reconnais pas du tout dans ces mères-tigres, à l'américaine, à mi chemin entre des sergents-instructeurs zélés et des éleveuses de pur-sangs, qui stimulent, poussent, jusqu'à l'excès selon moi, leurs rejetons dans la compétition dès le plus jeune âge.
Tout ça pour quoi? Pour qu'ils soient, dès 6 ans, prêts à devenir concertistes professionnels? Pour être fières dans les diners, quitte à en baver la journée? Parce que ça fait bien, comme les jolies familles des magazines bobo sur papier-glacé?

Encore une fois tout dépend de la personnalité des parents, il en faut aussi, des parents comme ça, ce sont ceux qui enseignent le dépassement de soi, l'effort, la pugnacité... et qui font de grands sportifs ou de grands musiciens. Procter et Gamble, dans sa pub pour les Jeux Olympiques, ne s'y est pas trompé en rendant hommage à ces mères dévouées (et ambitieuses) qui mettent tout en œuvre pour que leur enfant sorte du lot (et donc, par ricochet, pour sortir elles-même du lot, en tant que mères, soyons honnêtes)
Ces grands tennismen ou violoncellistes jamais lâchés par leurs parents à l'adolescence sont-ils heureux ensuite? c'est encore une autre question...

A part si l'enfant est réellement passionné par son instrument, réclame d'en faire et s'éclate dans ce milieu, je me demande si c'est bien utile, en tant que parent, de projeter ses rêves de perfection sur ses enfants de cette manière.
Je n'ai aucun but précis pour mes enfants, j'ai simplement envie de les élever du mieux que je peux en leur proposant une vie intéressante... mais il me parait impossible, pour moi, de les visualiser dans 15 ans, qui en star de la télé, qui en énarque, qui en génie du piano. J'ai certainement, aux yeux de certains, un manque d'ambition, une vision assez peu poussée du mot "réussite".
C'est donc finalement moi, en tant que mère, que le système du conservatoire gêne le plus.
Je suis déjà un peu réfractaire aux cadres, du moins ceux que je juge inutiles pour des tout-petits, je ne me vois pas continuer à jouer la mère qui instruit, qui entraine, qui tape sur les doigts et qui punit, ambiance "bête à concours".
Etre parent n'est déjà pas si évident, il va déjà falloir bien cadrer nos enfants avec l'école et les devoirs, et d'ailleurs j'y tiens beaucoup, au fait de travailler à l'école... si je dois endosser en plus ce rôle de répétiteuse en chef, je vais mal le vivre.

Depuis la rentrée, j'avais souvent la sensation de trop souvent crier, de dire sans cesse aux enfants "dépêchez-vous", "on va être en retard", "si tu ne travailles pas assez ton piano le prof ne sera pas content" (intérieurement je me trouvais nulle à chaque fois que je disais ça)... et pourtant, nous n'avons pas une vie de fous. Oui mais voilà, le temps nous manque, c'est la course tous les soirs entre le bain les devoirs et le diner, j'ai trois petits aux besoins assez différents... j'ai déjà la sensation qu'ils ont peu de temps, en semaine, pour vivre leur enfance, rêver, jouer!
Ce n'est pas comme ça que je voyais mon rôle de mère.

Ma priorité est que mes enfants soient en forme, pas trop surchargés d'activités. J'en ai marre de la course le mercredi, de la course tous les soirs. J'ai envie de pouvoir leur consacrer plus de moments de calme, pouvoir leur faire un câlin même si on doit courir à un RDV, les écouter me raconter leurs histoires sans leur couper la parole "tu me raconteras après on est pressés", j'ai envie de pouvoir à nouveau faire des choses sympa, des balades, recevoir des copains ou improviser un resto le mercredi, j'ai envie que notre vie de famille continue à être sereine et cool le week-end sans contraintes supplémentaires... que leur père décide au dernier moment de les emmener à la piscine, ou qu'on parte tous découvrir avec lui, passionné de montagne, la faune et la flore à 20 minutes de la maison, en suivant les balises sur les cailloux... j'ai envie qu'on se retrouve plus souvent autour d'activités conviviales, comme les dessin ou les travaux manuels qui me plaisent beaucoup et que mes enfants adorent faire avec moi...
Je n'ai pas envie de devenir une mère flippée complètement control-freak avec son planning surchargé, sa french manucure et ses cheveux raides de laque, qui saoule ses gosses dès qu'ils passent la porte de la maison en leur rappelant la montagne de trucs qu'il leur reste à faire.

BREF.
Ni une, ni deux, après quelques jours de remise en question, j'ai pris rapidement une décision (comme toujours, inutile de tergiverser): On arrête le conservatoire!

Ma fille aime bien le piano donc je vais essayer de trouver un autre moyen d'apprendre en s'amusant, quand ça lui chante, et pas "quand il le faut". Peut-être bientot, peut-être plus tard, on verra.
Pour l'heure, à nous les mercredi plus zen, un peu de légèreté, les dessins-animés, les balades et les trucs improvisés! Je continuerai à organiser des stages de sport pendant les vacances (tennis, natation, voile l'été prochain), j'aime bien ce concept des stages, alliant les côtés dépaysant/intensif/plaisir qui changent un peu de la routine bien huilée du reste de l'année, mais pour le reste... RIEN! pas de RDV strict et précis dans l'emploi du temps...
ce qui nous soulage... TOUS!

Et bon vent à Amy Chua!

"Why Chinese Mothers are superior?" (The Wall Street Journal)

à lire aussi:
 article de Libération: "Cours de musique: l'univers impitoyable. Les conservatoires et écoles subventionnées cherchent avant tout à détecter les élites".


15 commentaires:

  1. Mon père étant musicien, nous avons été inscrits dès notre plus jeune âge au conservatoire.
    J'ai eu beaucoup de mal à suivre ce rythme imposé: travail, cours, bulletins... Tout cela venait grignoter mon temps libre et mes "loisirs", car non, à force, ce n'en était plus un.
    J'ai fini par me faire exclure car on n'avait pas le droit de redoubler.
    Mon frère, qui pourtant n'était pas du tout scolaire mais était et est très doué (il est musicien également) a toujours beaucoup apprécié.
    Je ne sais pas ce que je ferai avec mon fils. Ce que je sais, c'est que je ne le forcerai pas!

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  2. c'est dommage qu'à l'heure actuelle, certains conservatoires appliquent encore ces méthodes et fassent subir une telle pression, même aux plus jeunes. Nous avons la chance que notre conservatoire soit complètement à l'opposé. Ma grande de 8 ans commence sa 2ème année d'instrument (après 3 années d'éveil/initiation dans le même conservatoire). Sa prof d'instrument est géniale, bienveillante, le conservatoire un peu rigide sur les questions de présence aux cours etc.. mais en 5 ans il n'a jamais été fait mention de concours, ni de résultat, ni d'excellence (en tout cas pas encore...),.
    J' aurais adoré avoir les cours de solfège qu'elle a, hyper adapté aux plus jeunes sans rogner sur l'excellence des apprentissages. Elle travaille à la maison 2x 1/2h son instrument sur toute la semaine, et 1/4h le solfège par semaine. je ne pense pas que cela soit insurmontable. Tout ce que demande le conservatoire, c'est une assiduité aux cours et les profs sont heureux quand il y a progression. Mais pas de challenge particulier, pas de pression ni sur les enfants, ni sur les parents. Ma deuxième de 6 ans commencera son instrument l'année prochaine, cette année le conservatoire lui propose des initiations dans beaucoup d'instruments différents tout au long de l'année pour l'aider à faire son choix. Je suis musicienne moi même (amateur), donc mes filles ont une motivation supplémentaires - jouer avec maman, mais jamais sous la contrainte. Quand je vois qu'elle s'énerve sur l'instrument, je lui rappelle que la musique doit être avant tout un amusement et donc on arrête, on reprend le lendemain. Pourtant elle a aussi beaucoup de fatigue et d'autres activités en plus des 3 disciplines de conservatoire (instrument, solfège et chorale). mais j'insiste pour que la musique soit pratiquée en "loisir" et j'ai la chance que mon conservatoire aille dans le même sens.
    Les conservatoires ont toujours eu la réputation que vous dépeignez, l'article que vous mettez en référence a plus de 15 ans... Mais je trouve qu'il est important de ne pas généraliser et qu'ils se sont beaucoup améliorés et que même si leur objectif est toujours de former des jeunes à la musique pour une carrière professionnelle, ils savent avoir une approche plus ludique pour ceux qui n'ont pas cette ambition. Enfin, c'est juste mon expérience, que je voulais partager.
    je vous souhaite de trouver une structure plus adaptée à vos besoins puisque votre fille semble adhérer au piano. il serait dommage d'abandonner.

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  3. Bonjour,
    Je viens vous faire part, brièvement, de mon expérience de l'apprentissage de la musique. Tout d'abord il faut savoir que, de plus en plus, les conservatoires s'orientent fortement vers la professionnalisation (moins de subventions pour les amateurs...), ce qui nécessite effectivement de commencer jeune et de répéter tous les jours car le niveau y est très élevé. Moi j'ai démarré la musique déjà "tard" à 8 ans en école de musique. En principe en école de musique il y a moins d'exigences : un cour de solfège par semaine, l'instrument démarré la deuxième année le temps d'assimiler les bases, sachant que parfois solfège et cours d'instrument ont lieu en même temps. La seule contrainte que j'avais était celle des examens annuels, qui servaient plus à évaluer mon niveau qu'autre chose. Quoi qu'il en soit, pour progresser il faut répéter je dirais au moins deux fois par semaine...mais non y prend goût petit à petit. Pour le piano il existe la possibilité de faire venir un professeur à la maison (en plus c'est en partie déductible des impôts en service à la personne), et il existe également la méthode dite suzuki pour apprendre à jouer sans maitriser le solfège, ce qui peut motiver les enfants. Aujourd'hui j'ai 34 ans et je n'ai jamais arrêté la musique, même quand je passais le bac ou mes examens universitaires, et je pense que c'est une vraie richesse de savoir jouer d'un instrument, même si l'on n'en fait pas sa profession. Donc si votre fille aime le piano, il y a sûrement quelque chose à faire pour qu'elle puisse continuer à son rythme sans que cela devienne trop lourd...et peut-être après qu'elle ait passé le cap du CP qui est assez difficile en soi. Bonne journée. Cécile

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  4. Évidemment, on sent la conclusion de ce post poindre assez rapidement !...
    Dommage que les conservatoires aient pris le pire de l'école... je me rappelle avoir observé la transition dans notre petite école de musique de campagne quand j'étais gamine, je faisais un peu de solfège et puis tout à coup il y a eu des devoirs et un carnet de notes avec des BILLETS D'ABSENCE comme au collège ! Argh ! J'ai dû arrêter à peu près à ce moment-là, je trouvais ridicule qu'ils se prennent ainsi au sérieux, et surtout moi qui trouvais que je passais déjà beaucoup trop de temps à l'école, je n'avais pas tellement envie qu'elle se rappelle ainsi à moi à l'extérieur...
    Heureusement comme tout le monde le dit, il y a d'autres façons d'apprendre la musique !

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  5. J'ai du aller chez le pédiatre pour un des enfants et faire louper pour la première fois un cours la semaine dernière.
    J'ai reçu un mail super froid de l'administration me demandant de justifier immédiatement mon absence. Je me suis crue chez les flics, ça m'a gonflee. Et puis la pression chaque semaine.... Même si le prof , je le sens, aimerait être plus cool, on voit bien qu'il a pour ordre d'ecremer. Ça ne convient évidemment pas du tout à ma personnalité!

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  6. Bonsoir,
    essayez de frapper aux portes des magasins de musique, des profs y sont parfois rattachés. Cela ne semble pas être votre quartier, mais il y a par exemple une école de musique attenante au magasin Music 3000 à Cap 3000.
    Rebutée par ma propre expérience de solfège très scolaire avortée au bout de 3 mois (mince, j'entre dans la catégorie de ceux qui ont des regrets et projettent sur leurs enfants ;-)...), nous y avons trouvé pour notre fille de 6 ans une jeune femme qui donne des cours particuliers, une demi heure par semaine avec petits exercices ludiques à faire à la maison. Ça a l'air d'accrocher sans que ça devienne un stress familial, nous poursuivons l'expérience...

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  7. Bonjour Marine,
    Ma petite expérience aussi : dans ma famille on est pas mal de musiciens qui, sans prétention, nous en sortons pas mal dans notre domaine. Mon frère et moi, on s'y est mis "vraiment" à 10 ans passés, sans solfège parce que le conservatoire était pour ceux "de la ville" à côté et que c'était trop cher pour nous les villageois. A 10 ans c'était de notre part un choix et une vraie passion, moi pour devenir aussi forte que mon frère. Et je suis vraiment contente de ce côté plaisir qui est toujours resté (je me suis toujours méfiée de la contrainte dans un loisir ; d'ailleurs j'avais pris l'option musique au bac puis finalement je ne l'ai pas passé parce que je ne voulais pas me prendre un vent dans une activité qui m'apporte, avant tout, du bonheur). Avant cela, l'éveil musical s'est fait naturellement dans une famille qui écoutait des disques, voilà tout.
    Je m'interroge pas mal, moi aussi, sur tout cet arsenal d'activités qui visent à développer quelque chose chez l'enfant. Je pense qu'on ne peut qu'encourager, éveiller, mais je privilégie avant tout l'envie naturelle qu'a un enfant de se tourner vers quelque chose qui lui plaît : raconter des histoires,etc. Et surtout dans le respect de leur rythme et du nôtre ; tu as raison, combien de fois par jour leur répétons-nous "dépêche-toi !!!", certains le vivent peut-être bien, enfants comme parents, mais chez nous on préfère se poser et profiter les uns des autres.
    Honnêtement ni moi ni beaucoup de gens de notre génération n'ont reçu une éducation aussi "pointue" et je ne me sens pas plus bête que les autres ? Ou bien est-ce que je devrais ? Ca rejoint aussi un peu pour moi le thème des parents dans mon école maternelle qui frôlent l'ulcère à l'estomac parce que les mômes, pendant les nouveaux TAP, font "seulement" des arts plastiques libres et de la danse, pas du collage indien ou autre...
    Bref, bon courage à ta minette, si ça lui a plu elle y reviendra !

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    1. Merci beaucoup pour ton témoignage!
      Petite, et jusqu'à 18 ans, j'ai fait de la danse, au minimum tous les mercredi après midis, puis en grandissant, aussi le mardi soir, le vendredi soir...
      Mes parents me motivaient un peu les jours où j'avais la flemme.. Mais la grande différence, c'était que j'´ADORAIS ça! Et en plus, contrairement à la musique', pas de travail entre les séances!
      Adulte, je farde cette idée qu'une activité "passion" est bénéfique pour l'enfant, car elle le défoule, lui permet de souffler par rapport à l'école, et en plus, le cadre, une fois ado, en lui offrant une occupation pouvant l'empêcher d'aller traîner et faire n'importe quoi.
      Oui mais voilà, si l'activité extra-scolaire est une contrainte ressemblant en bien des points au travail scolaires avec notes, pression, etc (et encore, au collège il n'y a pas de "concours", on ne lutte que contre soi même)

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    2. ... Eh bien ça ne fera pas de bien à l'enfant!

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  8. Même constat que toi...En plus, je ne sais pas si mes enfants ne comprennent pas ce qui est attendu ou si c'est mal expliqué, le fait est que j'en ai un qui se prend des taules sans comprendre pourquoi on ne lui a pas expliqué !
    Bref...Je sens que je vais lâcher l'affaire très très bientôt !

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  9. Bien d'accord avec ce billet. Les enfants sont déjà sur-sollicités à l'école. Je suis effrayée des exigences de ce conservatoire! Heureusement, il y a des façons plus light d'apprendre, notamment avec des profs particuliers. Après, c'est sûr qu'il faut pratiquer un minimum entre deux cours, ne serait-ce que pour entretenir ce qui a été vu, mais pourquoi tous les soirs 30 minutes? C'est torp contraignant. Et puis je pense qu'il vaut mieux dire "pratiquer le piano" que "travailler le piano". C'est bête, mais rien que le changement d'approche aide. Il faut que ça reste un plaisir et si elle tombe amoureuse de son instrument, elle réclamera d'elle même de le pratiquer davantage.
    Bon allez, il est temps d'emmener Mamerveille à son cours de russe médiéval. A plus! ;)

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  10. Les conservatoires ont pour but de former des musiciens professionnels, les écoles de musique des musiciens amateurs. C'est une des choses à savoir quand on doit ou peut choisir entre les deux. Le piano c'est bien, c'est très complet comme instrument mais il y en tellement d'autre plus accessible pour les petits : flute traversière, cornet, percussions, clarinette ou saxophone ou même guitare et peut-être plus conviviaux (on peut très rapidement( 3-6 mois de pratique) jouer en duo ou en petite formation et ça c'est très très motivant).
    Je fais de la flute depuis 24 ans, j'ai commencé l'eveil musical à 4 ans (mon papa projetait sa déception de ne pas avoir appris la musique) et j'ai commencé les cours de flute et de solfège à 6 ans. J'aimais la flute moins le solfège et je ne pratiquais que deux ou trois fois dans la semaine et pas ou peu le solfège... Jusqu'à mes 10 ans et l'entrée à l'harmonie et là par envie et passion je me suis mise à pratiquer tous les jours pendant 3/4 d'heures même les week-end. mais c'était facile je pouvais l'emmener partout.... Je suis même devenue "bonne" et on m'a conseillé d'aller aux conservatoire mais je savais que ce n'était pas pour moi . Aujourd'hui avec deux enfants en bas age un boulot à temps plein et un petit troisième en route je n'en fait que rarement et je suis frustrée à chaque fois par mes doigts un peu gourds. Mais en même temps je sais qu'un jour je pourrais en refaire plus et que le niveau que j'ai pu acquérir me permettra de m'y remettre vraiment sans trop de difficulté.
    Pour mes enfants en maternelle je sens déjà une pression tellement forte des enseignants (ils ont limites des devoirs à faire déjà...) que j’attends de voir comment ça tournera avec le cp et les classes supérieures et les initient doucement en les emmenant écouter des concerts ou de la musique à la maison... Après ici pas d'école de musique ni de conservatoire à coté et donc un très gros investissement financier... mais si un jour ils me demandent j'essaierais de les inscrire à des cours....

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  11. Mes enfants (du moins les 3 premiers pour l'instant) sont au conservatoire d'une toute petite ville de province (musique et danse). S'il est vrai qu'on leur demande une certaine discipline/ assiduité/ pratique quotidienne de quelques minutes à la maison, jamais ils n'ont ressenti cette pression dont tu parles. Ils acquièrent le goût de l'effort, la récompense étant une grande bande de copains qu'ils ont énormément de plaisir à retrouver chaque semaine, voir plus lors des projets spécifiques (concerts etc).
    Désolée de voir que ce n'est pas partout pareil (et je mesure donc notre chance).

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  12. Pour ça comme pour tous les autres domaines de la parentalité, ce n'est pas parce qu'on nous "met la pression" qu'on est obligés de la suivre... 3 de mes 5 enfants ont fait ou font de la musique dans un conservatoire (les autres n'en ont pas eu envie et je ne force personne), et aucun n'a jamais travaillé tous les jours, même si les profs nous le répètent volontiers.
    Il faut toujours les pousser pour en faire 2 fois dans la semaine (en dehors des cours), mais en même temps, une fois que c'est démarré (càd qu'ils ont accepté de lâcher le jeu video sur lequel ils étaient depuis parfois plusieurs heures, on est loin du martyr !), ça se passe très bien et on voit que ça leur plait.
    Ce sont des enfants qui n'ont aucune difficulté à l'école (collège, lycée), donc c'est un peu le seul truc pour lequel on demande un petit effort, pour le principe. Et il faut avouer qu'ils sont les premiers à être fiers de leurs progrès. Qui sont notables, contrairement à l'école où les enfants ont rarement l'impression de progresser, à part l'apprentissage de la lecture au CP, seul point marquant. C'est valorisant (ils aiment aussi beaucoup se sentir progresser dans leurs jeux videos, je crois que c'est un des points forts de ce loisir, que j'apprécie aussi beaucoup.. )
    L'avantage du conservatoire sur le cours particulier, ce sont les pratiques d'ensemble : chorale et orchestre. Cela apporte vraiment beaucoup à tous points de vue, je trouve : écoute des autres, et surtout à la fois solidarité et complémentarité. Et puis ce côté jouer pour un public, et pas seulement pour soi et son propre plaisir, c'est une jolie chose aussi...
    Et je n'y mets aucune ambition, aucun espoir de je ne sais quoi, c'est bizarre ces jugements sur les supposées motivations des autres, ou leur supposée recherche de perfection : pourquoi ?

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  13. Je comprends ton point de vue Oel, mais je crois que ça dépend vraiment des conservatoires. Ici, en piano surtout, il me semblait impossible de continuer "pour le plaisir" en ne travaillant que 2 ou 3 fois par semaine. La pression hebdomadaire mise sur une enfant de 6 ans me paraissait disproportionnée.
    Le fait d'avoir 2 enfants en bas âge en plus à gérer ne facilite certainement pas les choses. Je le reconnais, en tant que mère, je souhaite que les enfants s'épanouissent mais pas en sacrifiant notre vie quotidienne, notre vie de famille (pour résumer, si ma vie devient un enfer pour les activités des enfants, ça ne me va pas)

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